Paul Cartledge, Les Spartiates, Passés Composés, 2026
J’ai vraiment apprécié la lecture de ce livre.
Paul Cartledge est un grand nom dans l’historiographie consacrée à la Grèce ancienne. Je vous recommande vivement son ouvrage (en anglais) portant sur la cité de Thèbes, sujet rarement couvert. Je vous renvoie également à cet autre ouvrage, traduit et publié chez Passés Composés:
Le présent livre, Les Spartiates, est un texte de 260 pages offrant une synthèse de l’histoire de cette population fascinante. Le récit se focalise sur le Ve siècle avant J.-C. ainsi que les premières décennies du IVe siècle avant J.-C., soit la période au cours de laquelle Sparte semble atteindre l’acmé de sa puissance, avec certes le VIe siècle avant J.-C.
Il va de soi qu’il est dès lors impossible d’entrer dans les détails, mais, pourtant, le récit est efficace et l’essentiel y est, la narration suit un style qui captive et on se plonge dans l’histoire de Sparte avec plaisir, même si, comme moi, on la connaît bien.
Si l’auteur accentue son propos sur l’époque classique, il n’en néglige pas pour autant les prémices et les débuts de cette cité de Sparte (une partie intéressante), fascinante entre toutes, en expose les particularisme et consacre 25 pages à la chute et au déclin, de l’affrontement contre Thèbes jusqu’à la période augustéenne.
Cartledge questionne sans surprise l’historicité de l’existence de Lycurgue lorsqu’il expose les institutions de la cité. L’auteur met aussi un point d’honneur à nous livrer, au fil du récit, des biographies succinctes mais éclairantes, de diverses personnalités spartiates, y compris des femmes. Une idée qui permet de mieux appréhender les faits en prenant connaissance des acteurs cités, mais qui pousse à des redites lorsqu’on reprend le cours du récit.
J’ai été surpris que Cartlegde ne replace pas le récit des Tyrannoctones (Harmodios et Aristogiton, qui ont assassiné le tyran Hipparque) dans le cadre réel de leur action, à savoir une rivalité amoureuse, pour épouser celui, erroné, de la propagande athénienne de l’époque classique. Autre constat surprenant, la traduction de Lacédemone en rapprochant damos/démos de la notion de “dème” plutôt que de traduire par “peuple”.
Les spécificités de la société spartiate sont évidemment mises en relief, l’auteur accentuant en particulier son propos sur la condition féminine à Sparte, nettement plus favorable qu’à Athènes, sans qu’il faille enjoliver à l’excès ni opérer une schématisation trop rapide d’une situation athénienne contrastée, bien que, indéniablement, les femmes et les filles de Sparte bénéficient de droits, prérogatives et libertés ignorées de leurs soeurs athéniennes.
Il est souvent question de guerres, récurrentes dans la Grèce ancienne. Leur récit est bien mené. Nous avons donc là un bel ouvrage sur Sparte.
Certes, pour approfondir et avoir un descriptif détaillé et poussé sur la société spartiate, la religion, ses moeurs et son évolution, il faut aller plus loin. Il faut pour cela lire Françoise Ruzé (mon ancienne professeur), Edmond Lévy et Nicolas Richer.
Je rappelle que Passés Composés a publié un autre livre consacré à Sparte, cette fois-ci dans sa confrontation face à Athènes, la focale portant sur la même période que dans l’ouvrage de Cartlegde. Ma recension est ici :
Paul Cartledge, Les Spartiates, Passés Composés, 2026
J’ai vraiment apprécié la lecture de ce livre.
Paul Cartledge est un grand nom dans l’historiographie consacrée à la Grèce ancienne. Je vous recommande vivement son ouvrage (en anglais) portant sur la cité de Thèbes, sujet rarement couvert. Je vous renvoie également à cet autre ouvrage, traduit et publié chez Passés Composés:
Le présent livre, Les Spartiates, est un texte de 260 pages offrant une synthèse de l’histoire de cette population fascinante. Le récit se focalise sur le Ve siècle avant J.-C. ainsi que les premières décennies du IVe siècle avant J.-C., soit la période au cours de laquelle Sparte semble atteindre l’acmé de sa puissance, avec certes le VIe siècle avant J.-C.
Il va de soi qu’il est dès lors impossible d’entrer dans les détails, mais, pourtant, le récit est efficace et l’essentiel y est, la narration suit un style qui captive et on se plonge dans l’histoire de Sparte avec plaisir, même si, comme moi, on la connaît bien.
Si l’auteur accentue son propos sur l’époque classique, il n’en néglige pas pour autant les prémices et les débuts de cette cité de Sparte (une partie intéressante), fascinante entre toutes, en expose les particularisme et consacre 25 pages à la chute et au déclin, de l’affrontement contre Thèbes jusqu’à la période augustéenne.
Cartledge questionne sans surprise l’historicité de l’existence de Lycurgue lorsqu’il expose les institutions de la cité. L’auteur met aussi un point d’honneur à nous livrer, au fil du récit, des biographies succinctes mais éclairantes, de diverses personnalités spartiates, y compris des femmes. Une idée qui permet de mieux appréhender les faits en prenant connaissance des acteurs cités, mais qui pousse à des redites lorsqu’on reprend le cours du récit.
J’ai été surpris que Cartlegde ne replace pas le récit des Tyrannoctones (Harmodios et Aristogiton, qui ont assassiné le tyran Hipparque) dans le cadre réel de leur action, à savoir une rivalité amoureuse, pour épouser celui, erroné, de la propagande athénienne de l’époque classique. Autre constat surprenant, la traduction de Lacédemone en rapprochant damos/démos de la notion de “dème” plutôt que de traduire par “peuple”.
Les spécificités de la société spartiate sont évidemment mises en relief, l’auteur accentuant en particulier son propos sur la condition féminine à Sparte, nettement plus favorable qu’à Athènes, sans qu’il faille enjoliver à l’excès ni opérer une schématisation trop rapide d’une situation athénienne contrastée, bien que, indéniablement, les femmes et les filles de Sparte bénéficient de droits, prérogatives et libertés ignorées de leurs soeurs athéniennes.
Il est souvent question de guerres, récurrentes dans la Grèce ancienne. Leur récit est bien mené. Nous avons donc là un bel ouvrage sur Sparte.
Certes, pour approfondir et avoir un descriptif détaillé et poussé sur la société spartiate, la religion, ses moeurs et son évolution, il faut aller plus loin. Il faut pour cela lire Françoise Ruzé (mon ancienne professeur), Edmond Lévy et Nicolas Richer.
Voir ma recension ici :
Je rappelle que Passés Composés a publié un autre livre consacré à Sparte, cette fois-ci dans sa confrontation face à Athènes, la focale portant sur la même période que dans l’ouvrage de Cartlegde. Ma recension est ici :
TOBROUK 1941 : UN ETE D’ENFER POUR LES AUSTRALIENS
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Recension de “Le pont de la victoire. L’Iran dans la Seconde Guerre mondiale”
LES OCCASIONS MANQUEES DE L’AFRIKA KORPS
WILHELM BACH