La nature de la guerre du désert a conféré une place majeure aux AA, qui sont associés à tous les récits de bataille. En effet, les vastes flancs ouverts font de ce théâtre des opérations celui par excellence des unités de reconnaissance. Rommel est passé à la postérité comme un spécialiste des débordements. Dès lors, la reconnaissance en profondeur acquiert une importance primordiale. C’est à la découverte de ces unités du DAK que nous consacrons ce premier article.
La reconnaissance dans le désert
L’Aufklärungs-Abteilung (AA) constituant les yeux d’une Panzer-Division, sa mission première n’est pas le combat mais la reconnaissance tactique. Mais, puisqu’il faut parer à toute éventualité, les unités suivent un entraînement au combat, y compris de nuit. La doctrine allemande préconise également l’emploi de l’unité de reconnaissance comme réserve générale et son engagement dans les contre-attaques menées dans des opérations défensives.
Souvent laissé à lui-même, le responsable d’une formation de reconnaissance doit faire montre d’initiative : les missions d’un AA dans le désert sont le domaine de l’Aufftragstaktik par excellence. La liberté et l’esprit d’indépendance semblent caractériser les unités de reconnaissance. Hellmuth Schroetter, de l’AA 3, l’affirme sans équivoque : « Rien n’était pire pour les hommes d’une unité de reconnaissance blindée que de devoir combattre en tant que partie d’une formation ou encore de devoir avancer au sein d’une colonne. Nous étions habitués à mener des missions reposant sur nos propres décisions et notre responsabilité. Nous étions les « individualistes » du champ de bataille ».
Comme la dispersion est de mise dans un environnement le plus souvent dépourvu du moindre relief notable, il faut tenir compte de la portée des radios, que ce soit le contact entre véhicules ou entre les différents niveaux de QG. Il convient de sauvegarder les batteries et d’éviter l’épuisement des opérateurs radios, aussi seule la radio du bataillon est constamment allumée en mode réception. Une patrouille doit compter toujours au moins deux véhicules, dont un radio. Indispensable pour la transmission rapide des infos. Et au cas où un serait perdu. On n’envoie pas un engin en solitaire au-delà de la distance où il peut être vu.
Otto Henning (AA 580) rapporte une anecdote intéressante à propos de l’utilisation des radios. « Nous avions déjà été en position dans un avant-poste avec notre véhicule à 8 roues pendant trois jours. Le terrain était collinaire et accidenté. L’un d’entre nous était toujours en veille. En raison de la chaleur, nous observions à tour de rôle toutes les heures. Les autres éclaireurs sommeillaient de manière apathique. Seul l’opérateur radio n’avait pas la vie facile : il devait rester assis à son poste dans la boîte. » La mission est moins celle de combattre que de faire écran et de transmettre les rapports en temps. Si le poste de 80 watt du Sdkfz 232 a une portée de 150 km, Henning rappelle qu’un système permettait une communication radio entre les véhicules de la patrouille jusqu’à 8-10 km. Cela supposait s’encombrer d’un micro, de fils et d’écouteurs, toutes choses qu’Henning et ses compagnons n’employèrent pas, en Afrique comme en Europe, de peur de perdre quelques secondes fatales s’il fallait évacuer l’engin en urgence.
Mener une mission de reconnaissance dans le désert requiert des compétences autres que celles habituellement attendues en Europe. Il faut certes savoir situer l’ennemi mais savoir aussi se situer sur une carte, ce qui est parfois impossible dans un environnement dépourvu du moindre repère évident. Se déplacer dans le désert n’a rien d’une sinécure. L’historique du Pz. AA 33 s’en fait l’écho. Le 7 mai 1941, à 7 heures, le Pz. AA 33 quitte sa zone de repos, sise à proximité du carrefour de la route Tobrouk-Acroma. C’est en suivant une piste défoncée que l’unité parvient au fortin d’Acroma. L’unité poursuit ensuite en direction du sud-est, se maintenant en permanence dans un rayon de 10 km du périmètre extérieur de Tobrouk. Arrivé à El Adem, où se rejoignent plusieurs pistes, direction Gambut où est établi un aérodrome. Les difficultés reprennent après avoir dépassé Sidi Rezegh. Les soldats du Pz. AA 33, pas encore accoutumés à la navigation dans le désert, s’égarent dans l’étendue désolée, sans piste, ni arbre ni quoi que ce soit pour repère, d’autant qu’une tempête de sable a effacé toute traces de véhicules… Les illusions d’optique liées aux grandes chaleurs ne font qu’accroître la confusion. Par nécessité, et contrairement à ce qui a cours en Europe, les Allemands procèdent souvent à des patrouilles de véhicules de reconnaissance de nuit.
Opérer des reconnaissances en profondeur dans le désert de Libye et le désert libyque, c’est aussi jouer un peu « au chat et à la souris ». Et, à cet effet, l’étude des traces laissées par la progression des véhicules tient une place majeure. Selon la profondeur des marques et la direction dans laquelle le sable a été rejeté, il est possible de déterminer qui, quand et vers où. Une fois l’ennemi repéré, c’est une partie de cache-cache mettant à profit les aspérités du terrain dans laquelle on essaye de contourner l’adversaire. On procède parfois à des courses-poursuites.
Les rapports doivent contenir de nombreux renseignements : estimation de la situation de l’ennemi (forces, existence ou non de brèches, présence de canons, de tanks, localisation, direction des mouvements) ; une estimation du terrain (déterminer difficultés du terrain et les obstacles éventuels, découvrir des passages : des éléments cruciaux dans le désert) ; estimation des troupes amies (localisation notamment, ce qui est parfois une gageure dans le désert). Ces reconnaissances ne sont pas toujours couronnées de succès puisque l’ennemi sait mettre à profit le terrain pour se dissimuler, se défendre et contrecarrer les missions d’éclairage tactique.
En théorie, dans des conditions favorables (pas d’opposition, carburant suffisant et terrain favorable), on estime qu’une unité de reconnaissance peut progresser de 200 à 250 km. Un bataillon de reconnaissance motorisé peut s’avancer de 30km/h tandis qu’on peut espérer qu’une patrouille de reconnaissance blindée avance à la vitesse de 40 km/h. A la nuit tombée ou en cas de tempête de sable, ces estimations doivent être revues à la baisse.
Wolfgang Everth explique comment on procédait dans le désert : « Si le terrain le permet, nous roulons en colonne. Les véhicules de reconnaissance évoluent à vue, à l’avant et sur les flancs, comme des destroyers en mer. Dans un groupe à l’avant, les Pak et l’unité de QG, l’artillerie au centre et le train ainsi qu’un groupe antichar à l’arrière. La vitesse est d’environ 30-40 km/h, selon le terrain. La nuit, on avance d’ordinaire sur trois colonnes rapprochées à environ 8-15 km/h. » La progression de nuit est périlleuse en raison des aspérités du terrain : trous, blocs de pierre, sable… Quant au commandant, il doit alors tant bien que mal garder un œil sur le compas et donner ses instructions au chauffeur.
Les vastes espaces du désert offre un terrain idéal à la reconnaissance, puisqu’on estime qu’une unique section peut opérer sur une largeur de 25 km, mais se dissimuler à l’ennemi qui lance lui-même ses reconnaissances aériennes et terrestres est des plus malaisé. Par ailleurs, si le moindre mouvement de véhicules est repérable à des lieues à la ronde en raison des nuages de poussière soulevés, l’identification des engins concernées est délicate, particulièrement aux heures les plus chaudes où la vision devient distordue, sans compter que nombre de colonnes germano-italiennes sont composées essentiellement de véhicules de prise.
Des missions diverses pour le compte de l’armée de Rommel
Devant l’incapacité de tenir un front continue et complètement étanche malgré les mines et les barbelés disposés à profusion dans certains secteurs, les patrouilles entre points d’appuis deviennent nécessaires : elles étaient les yeux et les oreilles des états-majors. En période de guerre statique, les AA peuvent opérer des patrouilles entre les points forts si besoin, comme ce sera le cas sur la frontière égypto-libyenne au cours de l’été 1941.
Lors des progressions au cours des offensives, les unités de reconnaissance peuvent être engagées comme éléments de couverture en flanc-garde, mais aussi pour leurrer l’ennemi ou encore menacer les flancs de celui-ci. Une unité de reconnaissance doit mettre à profit sa mobilité pour manœuvrer et remporter des succès même en cas d’infériorité par rapport à l’ennemi. Elle peut ainsi mener des attaques limitées contre les ailes, les flancs ou les arrières de l’ennemi, et ce avec le bénéfice de la surprise. Mais, comme le rappelle des documents officiels de la Wehrmacht, les blindés des AA ne ne sont pas des Panzer et n’ont pas à être engagés comme tels.
Les AA tiennent à plusieurs reprises un rôle d’arrière-garde en raison de leur mobilité et de la nécessité d’opérer par bonds successifs, ce qui suppose donc de disposer d’une force d’arrêt suffisante, donc des Pak, voire de l’artillerie. A partir de la retraite d’El Alamein, même s’il y aura des retours offensifs (Kasserine, Médenine), l’emploi des unités de reconnaissance comme unités d’arrière-garde devant ralentir l’ennemi devient la norme plutôt que l’exception. Ceci suppose un accroissement du contact avec l’ennemi et, donc, de façon corollaire, une augmentation des pertes. Lorsque le secteur à couvrir est trop vaste, ce qui est récurrent en Egypte et en Libye, il n’est malheureusement pas possible de garder la moindre section en réserve, ce qui constitue un écueil tactique majeur car il est alors impossible d’accorder le moindre repos aux troupes ni de disposer de réserves.
Il apparaît donc clairement que les AA ont donc bien souvent s’acquitter de tâches autres que la fonction traditionnelle de reconnaissance. Pour cela, elles sont souvent parties intégrantes d’un Kampfgruppe quand les circonstances l’exigent. Les trois principales unités sont ainsi fréquemment associées en un seul groupement pour mener certaines opérations
Terminons cette revue des missions dévolues aux unités de reconnaissance en abordant le cas des bataillons de motocyclistes. Un Kradschützen-Bataillon n’est pas conçu comme une force de reconnaissance supplémentaire mais, dans les faits, il souvent employé de la sorte, plus particulièrement au sein de la 10. Panzer en Tunisie où l’unité de reconnaissance porte la dénomination de Kradschützen-Bataillon 10. Tout autre est le destin du Kradschützen-Bataillon 15 de l’Oberleutnant Knabe qui débarque en Afrique avec la 15. Panzer, en avril 1941, pour, dès l’été 1941, intègrer le Schützen-Rgt 104.
L’évolution de l’ordre de bataille des Aufklärungs-Abteilungen en Afrique
Bien souvent, l’organisation des formations de reconnaissance en Afrique est une organisation ad hoc, « du terrain », les ordonnances des Panzertruppen concernant les changements de tables d’organisation n’étant jamais appliqués par le DAK. La guerre en Afrique est ainsi pour certaines unités le cadre d’une organisation spécifique. Ainsi, le KStN 1113 (Afrika) en date du 23 avril 1942 est elle unique. La compagnie de reconnaissance motorisée (ce qui sera le cas pour l’AA 3) doit s’organiser de la façon suivante : un état-major avec 4 motos et 3 VW ; une section de mitrailleurs avec 7 VW et 2 MG lourdes ; trois sections de reconnaissance, chacune avec un état major (1 moto, 2 VW), trois pelotons de reconnaissance (4 VW, 1 MG), un peloton antichar (1 Sdkfz 10 tractant un Pak 38 et un Kfz 70 tractant un 2,8 cm), un peloton de maintenance (1 sidecar, 1 VW), une unité du train (1 Kfz 1) et 11 camions de 3 tonnes).
La KStN 1163 pour une compagnie de reconnaissance mixte date du 25 juin 1941 et ne sera appliquée que pour l’Aufklärungs-Kompanie 580 : état-major (Gruppe Führer): une section de commandement (3 motos, 2 Kfz 15), un peloton de transmissions téléphoniques (KFz 15), deux pelotons de radios portatives (Kfz 2) ; une section de reconnaissance (Aufklärungs-Zug): un état-major (1 moto, 3 VW), un peloton de MG (7 VW avec 2 MG lourdes), 3 groupes de combat de reconnaissance (chacun avec 4 VW et 2 MG), un peloton antichar (3 Kfz 70, 3 Pak de 2,8 cm et 3 MG) ; une section d’auto-blindées (Pz.Spähtrupp): 6 automitrailleuses moyennes (Sdkfz 222) et 2 automitrailleuses de transmissions radios (Sdkfz 223) ; une section antichar (Panzerjäger-Zug): état-major (1 moto, 1 sidecar, 1 Kfz 15), un peloton de canons (5 Sdkfz 10, 3 Pak 38, 2 caissons à munitions et 3 MG) ; une section de défense anti-aérienne (Flak-Zug) : un état-major (3 motos, 2 Kfz 15), un peloton de canons (6 Kfz 70, 4 pièces de Flak de 2 cm et 2 caissons à munitions) ; un peloton de maintenance (1 sidecar, 1 VW) et une unité du train (2 motos, 1 sidecar, 1 Kfz 15, un camion léger, 5 camions de 2 tonnes, 1 camion de 3 tonnes).
En fait, les demandes de réorganisation se succèdent, et ce peu de temps après l’entrée en lice du DAK. Ainsi, dès juillet 1941, les effectifs des deux unités de reconnaissance, considérées comme trop faibles pour assumer leur rôle, devraient être doublés. A la mi-février 1942, une 4e (Beute) Batterie est adjointe. En mars 1942, une proposition est faite d’intégrer 24 Pz II dans une leichte Pz Kompanie au sein de l’AA 33. En avril 1942, les tentatives pour renforcer les Pz AA en leur adjoignant une 2e Panzerspäh Kompanie échouent bien que les Kradschützen Kompanie sont équipées désormais de SPW et transformées en Schützen Späh Kompanien. En septembre de la même année, l’OKH accepte l’organisation d’un ordre de bataille similaire pour les Pz AA 3, 33, 220 et 580 : Abt.Stab ; Pz.Späh-Kp.(Rad) avec schw.Pz.Späh-Zug (7,5 cm) ; le.Schtz.Kp.(gp.) ; gem.Aufkl.Kp. (Pi-, s.Pz.Jg.-, Nachr.Zug) ; Beute-Bttr. (8,76 cm) ; le.Nachschub-Kolonne.
Aufklärungs-Abteilung 3 (mot), 5. Leichte-Division puis 21. Panzer-Division
Kommandeure : Oberstleutnant Freiherr von Wechmar, Hauptmann/Major von Luck, Hauptmann Everth.
Activée en 1935, cette unité combat en Afrique au sein de la 5. leichte Division puis de la 21. Panzer-Division, qui n’est autre que la 5. leichte réorganisée en Panzer-Division. Elle est finalement transférée à la 90. Leichte Division en février 1943, pendant la campagne de Tunisie, et devient alors la Panzer-Aufklärungs-Abteilung 90.
L’urgence relative de la constitution du Sperrverband Libyen aboutit à quelques anomalies. La Panzerspäh-Kompanie de la 5. Leichte est ainsi est renforcée et totalise 25 auto-blindées et le bataillon est lui-même renforcé par une section montée sur Volkswagen. L’unité aligne en février 1941 : une compagnie légère blindée dont un Zug avec VW (3 Pak de 3,7 cm et 25 MG) ; une Kradschütze-Kompanie (3 mortiers de 50, 2 PzBu 39, 18 MG) ; une schwere-Kompanie (mot) avec une section du génie (3 MG), une section antichar (3 Pak35/36 et 1 MG), une section de canons d’infanterie de soutien avec 2 pièces de 75 ; 1 colonne légère de la logistique avec 3 MG
Au 31 mars 1941, outre une section du génie, elle aligne une Kompanie d’auto-blindées avec 10 AM lourdes, 15 AM Légères, 1 section de VW ; une Kradschütze-Kompanie avec 20 MG et 3 mortiers de 5 cm ; une schwere-Kompanie de soutien (2 pièces de 75 mm LeIG et 3 Pak 35/36)
En août 1941, l’unité est organisée comme suit : un état-major, une 2e compagnie de reconnaissance blindée, une 3e compagnie d’infanterie motorisée et une 4e compagnie lourde. Les auto-blindées semblent plus nombreuses que la normale puisqu’on dénombre la présence de 20 canons de 2 cm. En février 1942, on dénombre 25 halftracks dans une compagnie d’auto blindées avec 3 PzBu41, 6 Pak 38 et 3 mortiers de 8 cm. En avril 1942, l’AA 3 est complété par la simple adjonction d’une batterie d’antichars de 6 pounder (beute). En juillet 1942, une réorganisation majeure l’affecte comme suit : un état-major, une 1ère compagnie de reconnaissance blindée dotée d’une section d’auto-blindées lourdes (des Sdkfz 233), une 2e compagnie blindée montée sur SPW (il s’agit de l’ancienne 3e compagnie de la mouture de 1941), une 3e compagnie lourde et une 4e composante qui est en fait une batterie de 25 pounder britanniques.
Kommandeure : Hauptmann von Meyer, Heraucourt, von HöBlin et Lienau puis par le Rittmeister von Helldorf.
L’unité de reconnaissance de la 15. Panzer-Division est activée le 10 novembre 1940. Le 29 avril 1943, peu avant sa reddition, elle est rebaptisée Panzer-Aufklärungs-Abteilung 15.
L’ordre de bataille du Pz AA 33 est le suivant en 1941: Stab (mot), Nachrichtenzug (mot), 1. Panzerspäh Komp. (mot), 2. Kradschützen Kompanie (mot), 3.schwere Kompanie (mot), leichte Kolonne (mot). En mai 1942, l’organisation est la suivante :1Stab (mot), 1. Panzerspäh Komp. (mot), 2. Leichte Schützen Späh Kompanie (mot) avec notamment des blindés de prise, 3.schwere Kompanie (mot), 4. (Beute) Batterie (mot), leichte Kolonne (mot).
Le 15 août 1942, l’AA 33 aligne 17 officiers et 432 hommes ; une section de transmission (mot) ; une compagnie d’automitrailleuses, une compagnie de reconnaissance montée sur halftracks (47 MG et 5 Pak 38), 1 batterie avec 6 pièces de 25 pounder et une colonne de reconnaissance (avec 3 MG). Théoriquement en octobre 42, devrait avoir 4 canons de 10,5 cm leFH.
D’abord levée en Allemagne comme Kompanie le 1er août 1941 (l’ordre de création par l’OKH date de début juillet), l’unité ne parvient en Afrique qu’en janvier 1942 où elle est immédiatement rattachée à la 90. Leichte (après être brièvement passée sous les ordres de la 15. Panzer). Elle est réorganisée au niveau d’un Abteilung pendant le printemps 1942 (ou en août à El Daba selon certaines sources), peu avant la bataille de Gazala. Le 28 avril 1943, cédée à la 21. Panzer, elle devient logiquement le Panzer-Aufklärungs-Abteilung 21. C’est donc sous cette appellation qu’elle rend les armes le 12 mai 1943.
Otto Henning, un ancien de l’unité, rapporte l’organisation suivante : un état-major avec des véhicules radios et 40 Opel Blitz ; 1ère section d’auto-blindées mixte avec des engins à 8 roues et d’autres à 4 roues ; 2e section : peloton de reconnaissance léger sur SPW ; 3e section : antichar avec des Pak 38 tractés par des Sdkfz 10 ; 4e section : Flak avec des pièces de 2 cm montées sur Sdkfz 10. Au total, 105 véhicules et 300 hommes. Henning rapporte qu’une batterie de 25 pounder (beute) complètera les effcetifs. En juin 1942 lui sont adjoints 4 pièces de 88 et des Flak de 2 cm automoteurs du Flak-Btl 612.
Lorsqu’elle devient Abteilung, la nouvelle organisation de l’unité est comme suit :
-1. Kompanie avec des automitrailleuses à 4 et 8 roues.
-2. Kompanie avec un Zug de Panzergrenadiere sur SPW, un Zug de Panzerpioniere également sur SPW, un Zug de Panzerjäger avec des Pak 36/37.
-3. Kompanie Panzerabwher avec trois Züge chacun à 3 Pak 38.
-4. Kompanie Artillerie avec 6 pièces de 25 pounder.
-5. Kompanie Artillerie avec 6 pièces de 25 pounder.
-6. Kompanie Fliegerabwehr avec trois Züge chacun à 3 Flak de 2 cm.
-7. Kompanie Versorgungskompanie
L’état-major compte une section de commandement avec Kübelwagen et Kfz-17. une section de transmission dotée notamment d’un blindé à 8 roues et d’un camion équipés de radios et un Zug de reconnaissance légère monté sur VW.
Panzer-Aufklärungs-Abteilung 220 (mot)
Activée en février 1942 (l’épithète Panzer apparaît en octobre), les premiers éléments arriveraient à la 164. leichte Afrika-Division dès le 10 octobre même s’il est estimé, de façon qui semble bien hasardeuse, qu’une trentaine d’autoblindées à 4 ou 8 roues seraient arrivées à Triploi en août 1942. Elle apparaît dans le KTB de la 164. leichte Afrika-Division qu’en janvier 1943. L’unité, assez faible, sera équipée de nombreux véhicules de prise. Des Marder III aurait combattu en son sein, ce qui n’est pas impossible en admettant qu’ils proviennent du Panzerjäger-Abteilung de la division. En mars 1943, elle devient Panzer-Aufklärungs-Abteilung 164. Tout porte à croire que l’unité ne fut jamais réellement mise sur pied, si ce n’est qu’à l’état embryonnaire et sans le matériel lourd spécifique aux AA.
Un matériel varié et hétéroclite
Le 5 février 1942, l’AA 3 compte 674 hommes contre 779 en théorie. Il manque 15 off et sous-officiers sur 147. Ces carences dans les effectifs se doublent de dotations en armes, véhicules et équipement souvent incomplètes. Absence d’uniformité, pragmatisme et récupération : une constante au sein du parc de véhicules et dans l’armement des unités de la Wehrmacht. Les Aufklärungs-Abteilungen engagés en Afrique ne font pas exception. Les automitrailleuses et les engins blindés engagés en Afrique sont les mêmes modèles que ceux déployés en Europe, théâtre des opérations pour lequel ils ont été pensés.
Ainsi, à l’automne 1941, l’AA 3 aligne en théorie du parc de véhicules suivants : 10 Sdkfz 221, 14 Sdkfz 222, 4 Sdkfz 223, 3 Sdkfz 231, 3 Sdkfz 232, 2 Sdkfz 247 de commandement à 6 roues, 1 Sdkfz 260, 4 Sdkfz 261 avec radio, 3 Sdkfz 263 avec radio, 130 motos, 75 voitures, 81 camions, 3 ambulances Kfz 31, 1Sdkfz 7, 3 Sdkfz 10. Plus tardif, le Sdkfz 233, équipé d’une MG et d’un canon court de 7,5 cm L/24 est doté des mêmes performances que le Sdkfz 231. Il fait son baptême du feu en Tunisie où 18 engins sont expédiés.
Les véhicules conçus pour l’Europe s’avèrent peu adaptés aux difficiles conditions du désert. Le DAK et Berlin en prennent conscience dès le mois d’avril 1941 avec la triste expérience du Trigh el Abd. Une étude est donc lancée pour concevoir et mettre en production un véhicule spécifiquement prévu pour ce théâtre des opérations. Ce leichter Panzerspähwagen 7 Rad Tropen doit peser 7 t, rouler à 85 km/h, doté d’un moteur à refroidissement par air ainsi qu’être doté d’un blindage de 30 mm et d’une tourelle rappelant celle du Sdkfz 222. Une commande portant sur 1 000 engins est passée après la chute de Tobrouk mais la défaite de Tunisie survient avant qu’elle ne soit honorée : seuls deux châssis seront achevés… Les compagnies devraient abandonner leurs mortiers au bénéfice de canons antichars automoteurs, en l’occurrence des Marder.
Au sein des 15. et 21. Panzer, les motos sont finalement remplacées, par des SPW si possible. Ceci s’explique par leur meilleure adaptation aux conditions du terrain et au climat. La 2. Kompanie de l’AA 33 troque ses motos avec des VW et des camions. En mai 1942, le bataillon motorisé de motocyclistes a en fait été remplacé par une formation motorisée ad hoc dotée de nombreuses armes lourdes.
Les engins à 8 roues sont particulièrement bien adaptés à leur rôle, d’autant qu’ils offrent une plate-forme idéale pour observer le terrain alentour. En revanche, le Sdkfz 222 mal armé et trop léger s’avère peu adapté à la guerre du désert, au contraire des SPW, mais le défaut majeur de ces derniers est le bruit du cliquetis des chenilles, peu discret pour qui veut opérer une reconnaissance dans les conditions les plus sécurisées. En mai 1942, l’AA 33 perçoit ainsi 10 Sdkfz 250/1 équipés de 25 mm Hotchkiss, organisés en deux Zuge dans sa schwere Kompanie. Ce sont en effet les nouveaux leichte Schützen Späh Kompanie qui perçoivent les Sdkfz 250 : l’AA 33 en reçoit 25, les seuls dont disposeront les fantassins, les autres Sdkfz 250 servant comme engins de commandements. A l’instar des Sdkfz 251, ces engins seront trop rares au sein du DAK.
Quelques bricolages dont les Allemands ont le secret ont aussi fait leur chemin jusqu’au sein des AA. Devant la difficulté à remplacer les engins perdus au combat, sans parler l’usure due aux conditions climatiques, les mécanos deviennent des experts en cannibalisation d’épaves. Outre les Sdkfz 250 bricolés avec des Hotchkiss de 25 mm dont il a été question, on trouve aussi des engins armés de Breda 20/65 ou encore de Solothrum de 20 mm. Un Sdkfz 232 ayant perdu sa tourelle est même doté d’un Pak 38. Un cliché nous montre même un Sdkfz 221 avec des 2,8 cm s. Pz B. 41, une version d’usine sortie en 1942. En novembre 1941, l’AA 3 possède vraisemblablement des Pak de 2,8 cm s. Pz B. 41 dans la section antichar de sa compagnie lourde. L’armement antichar des AA est donc bigarré, puisqu’on y trouve également des canons anglais et, de façon plus conforme, des Pak 35/36 et des Pak 38.
Tout ces expédients ne suffisant pas à assurer une dotation satisfaisante en véhicules blindés. Certes, au 20 mai 1942, bien que l’AA 33 ne soit qu’à 85% de ses effectifs en hommes et ne possède que 70% de ses véhicules, la Panzerarmee Afrika possèderait 65 automitrailleuses allemandes et 76 italiennes. A partir d’août 1942, au sein de l’AA 33, le manque d’engins oblige à organiser les reconnaissances avec parfois une unique autoblindée accompagnée d’une Kübelwagen ou de tout autre engin léger, mais si un véhicule comme la Volkswagen se montre à l’aise en terrain désertique, il reste peu protégé. La disponibilité en véhicules blindés de reconnaissance à El Alamein en novembre 1942 est éloquente : 4 Sdkfz 221, 12 Sdkfz 222, 4 Sdkfz 223, 2 Sdkfz 231, 2 Sdkfz 232, 0 Sdkfz 247 de commandement à 6 roues, 2 Sdkfz 260, 12 Sdkfz 261 avec radio, 2 Sdkfz 263…
En raison des difficultés pour remplacer les engins perdus, une grande importance est accordée au matériel capturé sur l’ennemi. Cela s’effectue sans difficulté auprès de la hiérarchie. Ainsi, lorsque des 6 pounder sont adjoints au Pz AA 3, l’opération se fait selon la chaîne de commandement requise. L’autorisation administrative suit et la batterie devient ensuite officiellement partie intégrante de l’unité. L’adjonction de batterie de 25 pounder est généralisée au sein des trois bataillons de l’armée de Rommel. Plusieurs clichés montrent des Marmon-Herrington ou des Humber (cette automitrailleuse est appelée « Guy » par les Allemands) au sein des unités, notamment un engin sans canon au sein de l’Auf-Komp 580. Une section de unité alignera conjointement 4 Sdkfz 222, 3 engins à 8 roues et deux automitrailleuses de prise. En janvier 1942, lorsque M’sus est prise, la compagnie d’Everth (AA 3) a certes deux 25 pounder de prise en soutien (Kiehl) mais n’aligne plus que 3 automitrailleuses (2 en ateliers et la dernière au pc de Rommel !), un camion radio allemand et deux camions anglais ! Apparemment, au printemps 1942, la compagnie de reconnaissance légère doit être équipée de véhicules de prise.
Benoît RONDEAU Copyright
LES UNITES DE RECONNAISSANCE DU DAK (Partie 1)
La nature de la guerre du désert a conféré une place majeure aux AA, qui sont associés à tous les récits de bataille. En effet, les vastes flancs ouverts font de ce théâtre des opérations celui par excellence des unités de reconnaissance. Rommel est passé à la postérité comme un spécialiste des débordements. Dès lors, la reconnaissance en profondeur acquiert une importance primordiale. C’est à la découverte de ces unités du DAK que nous consacrons ce premier article.
La reconnaissance dans le désert
L’Aufklärungs-Abteilung (AA) constituant les yeux d’une Panzer-Division, sa mission première n’est pas le combat mais la reconnaissance tactique. Mais, puisqu’il faut parer à toute éventualité, les unités suivent un entraînement au combat, y compris de nuit. La doctrine allemande préconise également l’emploi de l’unité de reconnaissance comme réserve générale et son engagement dans les contre-attaques menées dans des opérations défensives.
Souvent laissé à lui-même, le responsable d’une formation de reconnaissance doit faire montre d’initiative : les missions d’un AA dans le désert sont le domaine de l’Aufftragstaktik par excellence. La liberté et l’esprit d’indépendance semblent caractériser les unités de reconnaissance. Hellmuth Schroetter, de l’AA 3, l’affirme sans équivoque : « Rien n’était pire pour les hommes d’une unité de reconnaissance blindée que de devoir combattre en tant que partie d’une formation ou encore de devoir avancer au sein d’une colonne. Nous étions habitués à mener des missions reposant sur nos propres décisions et notre responsabilité. Nous étions les « individualistes » du champ de bataille ».
Comme la dispersion est de mise dans un environnement le plus souvent dépourvu du moindre relief notable, il faut tenir compte de la portée des radios, que ce soit le contact entre véhicules ou entre les différents niveaux de QG. Il convient de sauvegarder les batteries et d’éviter l’épuisement des opérateurs radios, aussi seule la radio du bataillon est constamment allumée en mode réception. Une patrouille doit compter toujours au moins deux véhicules, dont un radio. Indispensable pour la transmission rapide des infos. Et au cas où un serait perdu. On n’envoie pas un engin en solitaire au-delà de la distance où il peut être vu.
Otto Henning (AA 580) rapporte une anecdote intéressante à propos de l’utilisation des radios. « Nous avions déjà été en position dans un avant-poste avec notre véhicule à 8 roues pendant trois jours. Le terrain était collinaire et accidenté. L’un d’entre nous était toujours en veille. En raison de la chaleur, nous observions à tour de rôle toutes les heures. Les autres éclaireurs sommeillaient de manière apathique. Seul l’opérateur radio n’avait pas la vie facile : il devait rester assis à son poste dans la boîte. » La mission est moins celle de combattre que de faire écran et de transmettre les rapports en temps. Si le poste de 80 watt du Sdkfz 232 a une portée de 150 km, Henning rappelle qu’un système permettait une communication radio entre les véhicules de la patrouille jusqu’à 8-10 km. Cela supposait s’encombrer d’un micro, de fils et d’écouteurs, toutes choses qu’Henning et ses compagnons n’employèrent pas, en Afrique comme en Europe, de peur de perdre quelques secondes fatales s’il fallait évacuer l’engin en urgence.
Mener une mission de reconnaissance dans le désert requiert des compétences autres que celles habituellement attendues en Europe. Il faut certes savoir situer l’ennemi mais savoir aussi se situer sur une carte, ce qui est parfois impossible dans un environnement dépourvu du moindre repère évident. Se déplacer dans le désert n’a rien d’une sinécure. L’historique du Pz. AA 33 s’en fait l’écho. Le 7 mai 1941, à 7 heures, le Pz. AA 33 quitte sa zone de repos, sise à proximité du carrefour de la route Tobrouk-Acroma. C’est en suivant une piste défoncée que l’unité parvient au fortin d’Acroma. L’unité poursuit ensuite en direction du sud-est, se maintenant en permanence dans un rayon de 10 km du périmètre extérieur de Tobrouk. Arrivé à El Adem, où se rejoignent plusieurs pistes, direction Gambut où est établi un aérodrome. Les difficultés reprennent après avoir dépassé Sidi Rezegh. Les soldats du Pz. AA 33, pas encore accoutumés à la navigation dans le désert, s’égarent dans l’étendue désolée, sans piste, ni arbre ni quoi que ce soit pour repère, d’autant qu’une tempête de sable a effacé toute traces de véhicules… Les illusions d’optique liées aux grandes chaleurs ne font qu’accroître la confusion. Par nécessité, et contrairement à ce qui a cours en Europe, les Allemands procèdent souvent à des patrouilles de véhicules de reconnaissance de nuit.
Opérer des reconnaissances en profondeur dans le désert de Libye et le désert libyque, c’est aussi jouer un peu « au chat et à la souris ». Et, à cet effet, l’étude des traces laissées par la progression des véhicules tient une place majeure. Selon la profondeur des marques et la direction dans laquelle le sable a été rejeté, il est possible de déterminer qui, quand et vers où. Une fois l’ennemi repéré, c’est une partie de cache-cache mettant à profit les aspérités du terrain dans laquelle on essaye de contourner l’adversaire. On procède parfois à des courses-poursuites.
Les rapports doivent contenir de nombreux renseignements : estimation de la situation de l’ennemi (forces, existence ou non de brèches, présence de canons, de tanks, localisation, direction des mouvements) ; une estimation du terrain (déterminer difficultés du terrain et les obstacles éventuels, découvrir des passages : des éléments cruciaux dans le désert) ; estimation des troupes amies (localisation notamment, ce qui est parfois une gageure dans le désert). Ces reconnaissances ne sont pas toujours couronnées de succès puisque l’ennemi sait mettre à profit le terrain pour se dissimuler, se défendre et contrecarrer les missions d’éclairage tactique.
En théorie, dans des conditions favorables (pas d’opposition, carburant suffisant et terrain favorable), on estime qu’une unité de reconnaissance peut progresser de 200 à 250 km. Un bataillon de reconnaissance motorisé peut s’avancer de 30km/h tandis qu’on peut espérer qu’une patrouille de reconnaissance blindée avance à la vitesse de 40 km/h. A la nuit tombée ou en cas de tempête de sable, ces estimations doivent être revues à la baisse.
Wolfgang Everth explique comment on procédait dans le désert : « Si le terrain le permet, nous roulons en colonne. Les véhicules de reconnaissance évoluent à vue, à l’avant et sur les flancs, comme des destroyers en mer. Dans un groupe à l’avant, les Pak et l’unité de QG, l’artillerie au centre et le train ainsi qu’un groupe antichar à l’arrière. La vitesse est d’environ 30-40 km/h, selon le terrain. La nuit, on avance d’ordinaire sur trois colonnes rapprochées à environ 8-15 km/h. » La progression de nuit est périlleuse en raison des aspérités du terrain : trous, blocs de pierre, sable… Quant au commandant, il doit alors tant bien que mal garder un œil sur le compas et donner ses instructions au chauffeur.
Les vastes espaces du désert offre un terrain idéal à la reconnaissance, puisqu’on estime qu’une unique section peut opérer sur une largeur de 25 km, mais se dissimuler à l’ennemi qui lance lui-même ses reconnaissances aériennes et terrestres est des plus malaisé. Par ailleurs, si le moindre mouvement de véhicules est repérable à des lieues à la ronde en raison des nuages de poussière soulevés, l’identification des engins concernées est délicate, particulièrement aux heures les plus chaudes où la vision devient distordue, sans compter que nombre de colonnes germano-italiennes sont composées essentiellement de véhicules de prise.
Des missions diverses pour le compte de l’armée de Rommel
Devant l’incapacité de tenir un front continue et complètement étanche malgré les mines et les barbelés disposés à profusion dans certains secteurs, les patrouilles entre points d’appuis deviennent nécessaires : elles étaient les yeux et les oreilles des états-majors. En période de guerre statique, les AA peuvent opérer des patrouilles entre les points forts si besoin, comme ce sera le cas sur la frontière égypto-libyenne au cours de l’été 1941.
Lors des progressions au cours des offensives, les unités de reconnaissance peuvent être engagées comme éléments de couverture en flanc-garde, mais aussi pour leurrer l’ennemi ou encore menacer les flancs de celui-ci. Une unité de reconnaissance doit mettre à profit sa mobilité pour manœuvrer et remporter des succès même en cas d’infériorité par rapport à l’ennemi. Elle peut ainsi mener des attaques limitées contre les ailes, les flancs ou les arrières de l’ennemi, et ce avec le bénéfice de la surprise. Mais, comme le rappelle des documents officiels de la Wehrmacht, les blindés des AA ne ne sont pas des Panzer et n’ont pas à être engagés comme tels.
Les AA tiennent à plusieurs reprises un rôle d’arrière-garde en raison de leur mobilité et de la nécessité d’opérer par bonds successifs, ce qui suppose donc de disposer d’une force d’arrêt suffisante, donc des Pak, voire de l’artillerie. A partir de la retraite d’El Alamein, même s’il y aura des retours offensifs (Kasserine, Médenine), l’emploi des unités de reconnaissance comme unités d’arrière-garde devant ralentir l’ennemi devient la norme plutôt que l’exception. Ceci suppose un accroissement du contact avec l’ennemi et, donc, de façon corollaire, une augmentation des pertes. Lorsque le secteur à couvrir est trop vaste, ce qui est récurrent en Egypte et en Libye, il n’est malheureusement pas possible de garder la moindre section en réserve, ce qui constitue un écueil tactique majeur car il est alors impossible d’accorder le moindre repos aux troupes ni de disposer de réserves.
Il apparaît donc clairement que les AA ont donc bien souvent s’acquitter de tâches autres que la fonction traditionnelle de reconnaissance. Pour cela, elles sont souvent parties intégrantes d’un Kampfgruppe quand les circonstances l’exigent. Les trois principales unités sont ainsi fréquemment associées en un seul groupement pour mener certaines opérations
Terminons cette revue des missions dévolues aux unités de reconnaissance en abordant le cas des bataillons de motocyclistes. Un Kradschützen-Bataillon n’est pas conçu comme une force de reconnaissance supplémentaire mais, dans les faits, il souvent employé de la sorte, plus particulièrement au sein de la 10. Panzer en Tunisie où l’unité de reconnaissance porte la dénomination de Kradschützen-Bataillon 10. Tout autre est le destin du Kradschützen-Bataillon 15 de l’Oberleutnant Knabe qui débarque en Afrique avec la 15. Panzer, en avril 1941, pour, dès l’été 1941, intègrer le Schützen-Rgt 104.
L’évolution de l’ordre de bataille des Aufklärungs-Abteilungen en Afrique
Bien souvent, l’organisation des formations de reconnaissance en Afrique est une organisation ad hoc, « du terrain », les ordonnances des Panzertruppen concernant les changements de tables d’organisation n’étant jamais appliqués par le DAK. La guerre en Afrique est ainsi pour certaines unités le cadre d’une organisation spécifique. Ainsi, le KStN 1113 (Afrika) en date du 23 avril 1942 est elle unique. La compagnie de reconnaissance motorisée (ce qui sera le cas pour l’AA 3) doit s’organiser de la façon suivante : un état-major avec 4 motos et 3 VW ; une section de mitrailleurs avec 7 VW et 2 MG lourdes ; trois sections de reconnaissance, chacune avec un état major (1 moto, 2 VW), trois pelotons de reconnaissance (4 VW, 1 MG), un peloton antichar (1 Sdkfz 10 tractant un Pak 38 et un Kfz 70 tractant un 2,8 cm), un peloton de maintenance (1 sidecar, 1 VW), une unité du train (1 Kfz 1) et 11 camions de 3 tonnes).
La KStN 1163 pour une compagnie de reconnaissance mixte date du 25 juin 1941 et ne sera appliquée que pour l’Aufklärungs-Kompanie 580 : état-major (Gruppe Führer): une section de commandement (3 motos, 2 Kfz 15), un peloton de transmissions téléphoniques (KFz 15), deux pelotons de radios portatives (Kfz 2) ; une section de reconnaissance (Aufklärungs-Zug): un état-major (1 moto, 3 VW), un peloton de MG (7 VW avec 2 MG lourdes), 3 groupes de combat de reconnaissance (chacun avec 4 VW et 2 MG), un peloton antichar (3 Kfz 70, 3 Pak de 2,8 cm et 3 MG) ; une section d’auto-blindées (Pz.Spähtrupp): 6 automitrailleuses moyennes (Sdkfz 222) et 2 automitrailleuses de transmissions radios (Sdkfz 223) ; une section antichar (Panzerjäger-Zug): état-major (1 moto, 1 sidecar, 1 Kfz 15), un peloton de canons (5 Sdkfz 10, 3 Pak 38, 2 caissons à munitions et 3 MG) ; une section de défense anti-aérienne (Flak-Zug) : un état-major (3 motos, 2 Kfz 15), un peloton de canons (6 Kfz 70, 4 pièces de Flak de 2 cm et 2 caissons à munitions) ; un peloton de maintenance (1 sidecar, 1 VW) et une unité du train (2 motos, 1 sidecar, 1 Kfz 15, un camion léger, 5 camions de 2 tonnes, 1 camion de 3 tonnes).
En fait, les demandes de réorganisation se succèdent, et ce peu de temps après l’entrée en lice du DAK. Ainsi, dès juillet 1941, les effectifs des deux unités de reconnaissance, considérées comme trop faibles pour assumer leur rôle, devraient être doublés. A la mi-février 1942, une 4e (Beute) Batterie est adjointe. En mars 1942, une proposition est faite d’intégrer 24 Pz II dans une leichte Pz Kompanie au sein de l’AA 33. En avril 1942, les tentatives pour renforcer les Pz AA en leur adjoignant une 2e Panzerspäh Kompanie échouent bien que les Kradschützen Kompanie sont équipées désormais de SPW et transformées en Schützen Späh Kompanien. En septembre de la même année, l’OKH accepte l’organisation d’un ordre de bataille similaire pour les Pz AA 3, 33, 220 et 580 : Abt.Stab ; Pz.Späh-Kp.(Rad) avec schw.Pz.Späh-Zug (7,5 cm) ; le.Schtz.Kp.(gp.) ; gem.Aufkl.Kp. (Pi-, s.Pz.Jg.-, Nachr.Zug) ; Beute-Bttr. (8,76 cm) ; le.Nachschub-Kolonne.
Aufklärungs-Abteilung 3 (mot), 5. Leichte-Division puis 21. Panzer-Division
Kommandeure : Oberstleutnant Freiherr von Wechmar, Hauptmann/Major von Luck, Hauptmann Everth.
Activée en 1935, cette unité combat en Afrique au sein de la 5. leichte Division puis de la 21. Panzer-Division, qui n’est autre que la 5. leichte réorganisée en Panzer-Division. Elle est finalement transférée à la 90. Leichte Division en février 1943, pendant la campagne de Tunisie, et devient alors la Panzer-Aufklärungs-Abteilung 90.
L’urgence relative de la constitution du Sperrverband Libyen aboutit à quelques anomalies. La Panzerspäh-Kompanie de la 5. Leichte est ainsi est renforcée et totalise 25 auto-blindées et le bataillon est lui-même renforcé par une section montée sur Volkswagen. L’unité aligne en février 1941 : une compagnie légère blindée dont un Zug avec VW (3 Pak de 3,7 cm et 25 MG) ; une Kradschütze-Kompanie (3 mortiers de 50, 2 PzBu 39, 18 MG) ; une schwere-Kompanie (mot) avec une section du génie (3 MG), une section antichar (3 Pak35/36 et 1 MG), une section de canons d’infanterie de soutien avec 2 pièces de 75 ; 1 colonne légère de la logistique avec 3 MG
Au 31 mars 1941, outre une section du génie, elle aligne une Kompanie d’auto-blindées avec 10 AM lourdes, 15 AM Légères, 1 section de VW ; une Kradschütze-Kompanie avec 20 MG et 3 mortiers de 5 cm ; une schwere-Kompanie de soutien (2 pièces de 75 mm LeIG et 3 Pak 35/36)
En août 1941, l’unité est organisée comme suit : un état-major, une 2e compagnie de reconnaissance blindée, une 3e compagnie d’infanterie motorisée et une 4e compagnie lourde. Les auto-blindées semblent plus nombreuses que la normale puisqu’on dénombre la présence de 20 canons de 2 cm. En février 1942, on dénombre 25 halftracks dans une compagnie d’auto blindées avec 3 PzBu41, 6 Pak 38 et 3 mortiers de 8 cm. En avril 1942, l’AA 3 est complété par la simple adjonction d’une batterie d’antichars de 6 pounder (beute). En juillet 1942, une réorganisation majeure l’affecte comme suit : un état-major, une 1ère compagnie de reconnaissance blindée dotée d’une section d’auto-blindées lourdes (des Sdkfz 233), une 2e compagnie blindée montée sur SPW (il s’agit de l’ancienne 3e compagnie de la mouture de 1941), une 3e compagnie lourde et une 4e composante qui est en fait une batterie de 25 pounder britanniques.
Panzer-Aufklärungs-Abteilung 33, 15. Panzer-Division
Kommandeure : Hauptmann von Meyer, Heraucourt, von HöBlin et Lienau puis par le Rittmeister von Helldorf.
L’unité de reconnaissance de la 15. Panzer-Division est activée le 10 novembre 1940. Le 29 avril 1943, peu avant sa reddition, elle est rebaptisée Panzer-Aufklärungs-Abteilung 15.
L’ordre de bataille du Pz AA 33 est le suivant en 1941: Stab (mot), Nachrichtenzug (mot), 1. Panzerspäh Komp. (mot), 2. Kradschützen Kompanie (mot), 3.schwere Kompanie (mot), leichte Kolonne (mot). En mai 1942, l’organisation est la suivante :1Stab (mot), 1. Panzerspäh Komp. (mot), 2. Leichte Schützen Späh Kompanie (mot) avec notamment des blindés de prise, 3.schwere Kompanie (mot), 4. (Beute) Batterie (mot), leichte Kolonne (mot).
Le 15 août 1942, l’AA 33 aligne 17 officiers et 432 hommes ; une section de transmission (mot) ; une compagnie d’automitrailleuses, une compagnie de reconnaissance montée sur halftracks (47 MG et 5 Pak 38), 1 batterie avec 6 pièces de 25 pounder et une colonne de reconnaissance (avec 3 MG). Théoriquement en octobre 42, devrait avoir 4 canons de 10,5 cm leFH.
Aufklärungs-Abteilung 580 (mot), 90. leichte Afrika-Division
Kommandeure : von Homeyer, Hauptmann/Major Voss
D’abord levée en Allemagne comme Kompanie le 1er août 1941 (l’ordre de création par l’OKH date de début juillet), l’unité ne parvient en Afrique qu’en janvier 1942 où elle est immédiatement rattachée à la 90. Leichte (après être brièvement passée sous les ordres de la 15. Panzer). Elle est réorganisée au niveau d’un Abteilung pendant le printemps 1942 (ou en août à El Daba selon certaines sources), peu avant la bataille de Gazala. Le 28 avril 1943, cédée à la 21. Panzer, elle devient logiquement le Panzer-Aufklärungs-Abteilung 21. C’est donc sous cette appellation qu’elle rend les armes le 12 mai 1943.
Otto Henning, un ancien de l’unité, rapporte l’organisation suivante : un état-major avec des véhicules radios et 40 Opel Blitz ; 1ère section d’auto-blindées mixte avec des engins à 8 roues et d’autres à 4 roues ; 2e section : peloton de reconnaissance léger sur SPW ; 3e section : antichar avec des Pak 38 tractés par des Sdkfz 10 ; 4e section : Flak avec des pièces de 2 cm montées sur Sdkfz 10. Au total, 105 véhicules et 300 hommes. Henning rapporte qu’une batterie de 25 pounder (beute) complètera les effcetifs. En juin 1942 lui sont adjoints 4 pièces de 88 et des Flak de 2 cm automoteurs du Flak-Btl 612.
Lorsqu’elle devient Abteilung, la nouvelle organisation de l’unité est comme suit :
-1. Kompanie avec des automitrailleuses à 4 et 8 roues.
-2. Kompanie avec un Zug de Panzergrenadiere sur SPW, un Zug de Panzerpioniere également sur SPW, un Zug de Panzerjäger avec des Pak 36/37.
-3. Kompanie Panzerabwher avec trois Züge chacun à 3 Pak 38.
-4. Kompanie Artillerie avec 6 pièces de 25 pounder.
-5. Kompanie Artillerie avec 6 pièces de 25 pounder.
-6. Kompanie Fliegerabwehr avec trois Züge chacun à 3 Flak de 2 cm.
-7. Kompanie Versorgungskompanie
L’état-major compte une section de commandement avec Kübelwagen et Kfz-17. une section de transmission dotée notamment d’un blindé à 8 roues et d’un camion équipés de radios et un Zug de reconnaissance légère monté sur VW.
Panzer-Aufklärungs-Abteilung 220 (mot)
Activée en février 1942 (l’épithète Panzer apparaît en octobre), les premiers éléments arriveraient à la 164. leichte Afrika-Division dès le 10 octobre même s’il est estimé, de façon qui semble bien hasardeuse, qu’une trentaine d’autoblindées à 4 ou 8 roues seraient arrivées à Triploi en août 1942. Elle apparaît dans le KTB de la 164. leichte Afrika-Division qu’en janvier 1943. L’unité, assez faible, sera équipée de nombreux véhicules de prise. Des Marder III aurait combattu en son sein, ce qui n’est pas impossible en admettant qu’ils proviennent du Panzerjäger-Abteilung de la division. En mars 1943, elle devient Panzer-Aufklärungs-Abteilung 164. Tout porte à croire que l’unité ne fut jamais réellement mise sur pied, si ce n’est qu’à l’état embryonnaire et sans le matériel lourd spécifique aux AA.
Un matériel varié et hétéroclite
Le 5 février 1942, l’AA 3 compte 674 hommes contre 779 en théorie. Il manque 15 off et sous-officiers sur 147. Ces carences dans les effectifs se doublent de dotations en armes, véhicules et équipement souvent incomplètes. Absence d’uniformité, pragmatisme et récupération : une constante au sein du parc de véhicules et dans l’armement des unités de la Wehrmacht. Les Aufklärungs-Abteilungen engagés en Afrique ne font pas exception. Les automitrailleuses et les engins blindés engagés en Afrique sont les mêmes modèles que ceux déployés en Europe, théâtre des opérations pour lequel ils ont été pensés.
Ainsi, à l’automne 1941, l’AA 3 aligne en théorie du parc de véhicules suivants : 10 Sdkfz 221, 14 Sdkfz 222, 4 Sdkfz 223, 3 Sdkfz 231, 3 Sdkfz 232, 2 Sdkfz 247 de commandement à 6 roues, 1 Sdkfz 260, 4 Sdkfz 261 avec radio, 3 Sdkfz 263 avec radio, 130 motos, 75 voitures, 81 camions, 3 ambulances Kfz 31, 1Sdkfz 7, 3 Sdkfz 10. Plus tardif, le Sdkfz 233, équipé d’une MG et d’un canon court de 7,5 cm L/24 est doté des mêmes performances que le Sdkfz 231. Il fait son baptême du feu en Tunisie où 18 engins sont expédiés.
Les véhicules conçus pour l’Europe s’avèrent peu adaptés aux difficiles conditions du désert. Le DAK et Berlin en prennent conscience dès le mois d’avril 1941 avec la triste expérience du Trigh el Abd. Une étude est donc lancée pour concevoir et mettre en production un véhicule spécifiquement prévu pour ce théâtre des opérations. Ce leichter Panzerspähwagen 7 Rad Tropen doit peser 7 t, rouler à 85 km/h, doté d’un moteur à refroidissement par air ainsi qu’être doté d’un blindage de 30 mm et d’une tourelle rappelant celle du Sdkfz 222. Une commande portant sur 1 000 engins est passée après la chute de Tobrouk mais la défaite de Tunisie survient avant qu’elle ne soit honorée : seuls deux châssis seront achevés… Les compagnies devraient abandonner leurs mortiers au bénéfice de canons antichars automoteurs, en l’occurrence des Marder.
Au sein des 15. et 21. Panzer, les motos sont finalement remplacées, par des SPW si possible. Ceci s’explique par leur meilleure adaptation aux conditions du terrain et au climat. La 2. Kompanie de l’AA 33 troque ses motos avec des VW et des camions. En mai 1942, le bataillon motorisé de motocyclistes a en fait été remplacé par une formation motorisée ad hoc dotée de nombreuses armes lourdes.
Les engins à 8 roues sont particulièrement bien adaptés à leur rôle, d’autant qu’ils offrent une plate-forme idéale pour observer le terrain alentour. En revanche, le Sdkfz 222 mal armé et trop léger s’avère peu adapté à la guerre du désert, au contraire des SPW, mais le défaut majeur de ces derniers est le bruit du cliquetis des chenilles, peu discret pour qui veut opérer une reconnaissance dans les conditions les plus sécurisées. En mai 1942, l’AA 33 perçoit ainsi 10 Sdkfz 250/1 équipés de 25 mm Hotchkiss, organisés en deux Zuge dans sa schwere Kompanie. Ce sont en effet les nouveaux leichte Schützen Späh Kompanie qui perçoivent les Sdkfz 250 : l’AA 33 en reçoit 25, les seuls dont disposeront les fantassins, les autres Sdkfz 250 servant comme engins de commandements. A l’instar des Sdkfz 251, ces engins seront trop rares au sein du DAK.
Quelques bricolages dont les Allemands ont le secret ont aussi fait leur chemin jusqu’au sein des AA. Devant la difficulté à remplacer les engins perdus au combat, sans parler l’usure due aux conditions climatiques, les mécanos deviennent des experts en cannibalisation d’épaves. Outre les Sdkfz 250 bricolés avec des Hotchkiss de 25 mm dont il a été question, on trouve aussi des engins armés de Breda 20/65 ou encore de Solothrum de 20 mm. Un Sdkfz 232 ayant perdu sa tourelle est même doté d’un Pak 38. Un cliché nous montre même un Sdkfz 221 avec des 2,8 cm s. Pz B. 41, une version d’usine sortie en 1942. En novembre 1941, l’AA 3 possède vraisemblablement des Pak de 2,8 cm s. Pz B. 41 dans la section antichar de sa compagnie lourde. L’armement antichar des AA est donc bigarré, puisqu’on y trouve également des canons anglais et, de façon plus conforme, des Pak 35/36 et des Pak 38.
Tout ces expédients ne suffisant pas à assurer une dotation satisfaisante en véhicules blindés. Certes, au 20 mai 1942, bien que l’AA 33 ne soit qu’à 85% de ses effectifs en hommes et ne possède que 70% de ses véhicules, la Panzerarmee Afrika possèderait 65 automitrailleuses allemandes et 76 italiennes. A partir d’août 1942, au sein de l’AA 33, le manque d’engins oblige à organiser les reconnaissances avec parfois une unique autoblindée accompagnée d’une Kübelwagen ou de tout autre engin léger, mais si un véhicule comme la Volkswagen se montre à l’aise en terrain désertique, il reste peu protégé. La disponibilité en véhicules blindés de reconnaissance à El Alamein en novembre 1942 est éloquente : 4 Sdkfz 221, 12 Sdkfz 222, 4 Sdkfz 223, 2 Sdkfz 231, 2 Sdkfz 232, 0 Sdkfz 247 de commandement à 6 roues, 2 Sdkfz 260, 12 Sdkfz 261 avec radio, 2 Sdkfz 263…
En raison des difficultés pour remplacer les engins perdus, une grande importance est accordée au matériel capturé sur l’ennemi. Cela s’effectue sans difficulté auprès de la hiérarchie. Ainsi, lorsque des 6 pounder sont adjoints au Pz AA 3, l’opération se fait selon la chaîne de commandement requise. L’autorisation administrative suit et la batterie devient ensuite officiellement partie intégrante de l’unité. L’adjonction de batterie de 25 pounder est généralisée au sein des trois bataillons de l’armée de Rommel. Plusieurs clichés montrent des Marmon-Herrington ou des Humber (cette automitrailleuse est appelée « Guy » par les Allemands) au sein des unités, notamment un engin sans canon au sein de l’Auf-Komp 580. Une section de unité alignera conjointement 4 Sdkfz 222, 3 engins à 8 roues et deux automitrailleuses de prise. En janvier 1942, lorsque M’sus est prise, la compagnie d’Everth (AA 3) a certes deux 25 pounder de prise en soutien (Kiehl) mais n’aligne plus que 3 automitrailleuses (2 en ateliers et la dernière au pc de Rommel !), un camion radio allemand et deux camions anglais ! Apparemment, au printemps 1942, la compagnie de reconnaissance légère doit être équipée de véhicules de prise.
Recension de “Kôgun”
RECENSION “LES VIKINGS” DE LUCIE MALBOS
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Independant Tank Battalions en Normandie. Premiers combats, juin 1944.