Emilie Martinet, Femmes de Pouvoir dans l’Egypte antique, Passés/Composés, 2026
La couverture est magnifique et ne fait que renforcer l’attrait que suscite l’ouvrage par son simple titre annonçant un thème des plus passionnants.
Les femmes de l’Égypte ancienne. Que n’a-t-on dit à leur sujet. On affirme souvent qu’elles ont joui d’un espace de liberté et bénéficié de droits interdits à leurs sœurs grecques et romaines, ce qui est largement vraie, encore qu’il faille bien entendu nuancer selon le rang social, ainsi que, cela va de soi, la condition de la femme considérée (libre ou servile).
Il en est question dans l’ouvrage de Florence Quentin, recensé ici, ainsi que dans ce livre consacré aux souveraines, mais Emilie Martinet y consacre, elle, l’intégralité de son propos, et dépasse le cadre des reines et princesses.
Emilie Martinet nous dresse le portrait d’un certain nombre de femmes ayant occupé des postes éminents, un impératif pour disposer d’un minimum de documentation, encore celle-ci reste-t-elle relativement ténue, voire décevante, même pour les plus illustres. C’est précisément à l’étude des informations pouvant être fournies par cette documentation incomplète et éparse que nous invite Emilie Martinet, qui nous explique comment on en vient à affirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse. On suit donc le cheminement de la réflexion de l’historienne, qui n’avance aucun fait sans qu’il repose sur des éléments dûment étudiés. On y découvre de nombreux détails éclairants sur la société de l’Egypte ancienne.
Il est question de femmes de pouvoir, au sommet de la hiérarchie : pharaonnes, régentes, épouses de rois, haut responsable administratif ou religieux…
Il a bien entendu fallu procéder à des choix pour nous présenter une sélection de destins exceptionnels.
,La pharaonne la plus célèbre est Hatschepsout et, sans surprise, un chapitre lui est consacrée. Moins connues du grand public, le destin de la reine Méryt-Neith ouvre ce livre passionnant qui suit la chronologie de l’histoire de l’Egypte ancienne. Le lecteur découvrira aussi la mère de Khéops, ainsi que Ankhésenpépi I et II, de même que Néferousobek, “le premier pharaon féminin”. Ce faisant, le lecteur apprend beaucoup sur la conception de la monarchie en Egypte, ainsi que sur les rivalités de pouvoir et l’existence de complots à la cour.
Il est question aussi de la « Young Lady », une fameuse momie dont nous explique s’il faut penser ou non s’il s’agit de la non-moins fameuse Néfertiti.
Quant à la plus illustre des femmes de l’Antiquité, Cléopâtre VII, la reine d’Égypte, il se pose certes la question si on est à même de la compter pleinement comme pharaonne, puisqu’elle règne avec son frère puis avec son fils. La question de savoir si elle est grecque ou égyptienne ne se pose pas : elle est les deux, les Romains étant d’ailleurs plus clairs à ce sujet que le sont certains historiens, dont je soupçonne de replacer dans un contexte antique leur propre concept contemporain de la nationalité et de qui il convient de l’exclure.
L’auteure ne se cantonne pas aux seules reines, mais nous présente plusieurs récits de vies d’autres femmes remarquables : Péseshet, à la tête d’une confrérie médecins, au destin exceptionnel de Maâtkarê, prêtresse d’Amon, et Naunakhte, l’épouse d’un artisan de Deir el Medineh.
Emilie Martinet, Femmes de Pouvoir dans l’Egypte antique, Passés/Composés, 2026
La couverture est magnifique et ne fait que renforcer l’attrait que suscite l’ouvrage par son simple titre annonçant un thème des plus passionnants.
Les femmes de l’Égypte ancienne. Que n’a-t-on dit à leur sujet. On affirme souvent qu’elles ont joui d’un espace de liberté et bénéficié de droits interdits à leurs sœurs grecques et romaines, ce qui est largement vraie, encore qu’il faille bien entendu nuancer selon le rang social, ainsi que, cela va de soi, la condition de la femme considérée (libre ou servile).
Il en est question dans l’ouvrage de Florence Quentin, recensé ici, ainsi que dans ce livre consacré aux souveraines, mais Emilie Martinet y consacre, elle, l’intégralité de son propos, et dépasse le cadre des reines et princesses.
Emilie Martinet nous dresse le portrait d’un certain nombre de femmes ayant occupé des postes éminents, un impératif pour disposer d’un minimum de documentation, encore celle-ci reste-t-elle relativement ténue, voire décevante, même pour les plus illustres. C’est précisément à l’étude des informations pouvant être fournies par cette documentation incomplète et éparse que nous invite Emilie Martinet, qui nous explique comment on en vient à affirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse. On suit donc le cheminement de la réflexion de l’historienne, qui n’avance aucun fait sans qu’il repose sur des éléments dûment étudiés. On y découvre de nombreux détails éclairants sur la société de l’Egypte ancienne.
Il est question de femmes de pouvoir, au sommet de la hiérarchie : pharaonnes, régentes, épouses de rois, haut responsable administratif ou religieux…
Il a bien entendu fallu procéder à des choix pour nous présenter une sélection de destins exceptionnels.
,La pharaonne la plus célèbre est Hatschepsout et, sans surprise, un chapitre lui est consacrée. Moins connues du grand public, le destin de la reine Méryt-Neith ouvre ce livre passionnant qui suit la chronologie de l’histoire de l’Egypte ancienne. Le lecteur découvrira aussi la mère de Khéops, ainsi que Ankhésenpépi I et II, de même que Néferousobek, “le premier pharaon féminin”. Ce faisant, le lecteur apprend beaucoup sur la conception de la monarchie en Egypte, ainsi que sur les rivalités de pouvoir et l’existence de complots à la cour.
Il est question aussi de la « Young Lady », une fameuse momie dont nous explique s’il faut penser ou non s’il s’agit de la non-moins fameuse Néfertiti.
Quant à la plus illustre des femmes de l’Antiquité, Cléopâtre VII, la reine d’Égypte, il se pose certes la question si on est à même de la compter pleinement comme pharaonne, puisqu’elle règne avec son frère puis avec son fils. La question de savoir si elle est grecque ou égyptienne ne se pose pas : elle est les deux, les Romains étant d’ailleurs plus clairs à ce sujet que le sont certains historiens, dont je soupçonne de replacer dans un contexte antique leur propre concept contemporain de la nationalité et de qui il convient de l’exclure.
L’auteure ne se cantonne pas aux seules reines, mais nous présente plusieurs récits de vies d’autres femmes remarquables : Péseshet, à la tête d’une confrérie médecins, au destin exceptionnel de Maâtkarê, prêtresse d’Amon, et Naunakhte, l’épouse d’un artisan de Deir el Medineh.
Une belle lecture sur un très beau sujet.
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