Erigé au niveau de corps d’élite par la postérité, le Deutsches Afrika-Korps compte lui-même en son sein diverses unités mobiles particulièrement efficaces. Parmi elles, la Kampstaffel Rommel, en quelque sorte une unité d’élite parmi l’élite.
Les origines
Des groupes de combat, Kampfstaffel ou Kasta (en abrégé), sont affectés à la protection des états-majors. La nature fluide de la guerre du désert avec ses combats de rencontre et la notion toute relative de zone arrière. Ces unités spéciales constituent donc des forces de combat rapides née de la guerre en Afrique. La Panzerarmee Afrika se voit ainsi dotée d’une Armeekampfstaffel. Au début de son épopée africaine, Rommel indique dans ses carnets qu’il fait intervenir sa Kampstaffel du DAK le 5 avril 1941 en direction d’El Ganina. Le « Renard du Désert » indiquer en fait ainsi une force de protection rapprochée constituée ad hoc sans être institutionnalisée. Le fait que des hommes armés escortent les officiers supérieurs lorsqu’ils se déplacent avec leur Befehlsstaffel fait évidemment sens. Au cours de l’opération « Crusader », bataille très disputée caractérisée par un front très mouvant pour les formations motorisées ainsi que des retours spectaculaires de situation , le QG du DAK est lui-même submergée par les Britanniques qui surprennent. Pis, au cours de cette même bataille, le General von Ravnestein, brillant Kommandeur de la 21. Panzer, tombe entre les mains de l’adversaire et devient ainsi le premier général allemand capturé au cours du conflit. Rommel lui-même est isolé dans son Dorchester de prise à l’est du « Wire » et manque de finir sa carrière prématurément si n’était les Britanniques qui n’ont vus qu’un engin de leur armée. Coïncidence incroyable et très éloquente du risque qu’encourent les plus hauts gradés dans cette guerre sans ligne de front apparente, Rommel ne doit son salut qu’à l’arrivée impromptue du camion de commandement de Crüwell, le commandant du DAK en personne ! Un désastre assuré pour les forces de l’Axe en Afrique si une patrouille anglaise saisie l’aubaine qui est à portée de main de la 8th Army…
Une telle situation porteuse de danger pour le haut-commandement ne peut durer. C’est le 12 février 1942 qu’est enfin issu l’ordre de constituer ce « détachement de combat » à l’intention du QG de la Panzerarmee Afrika. Le DAK se voit également pourvu d’un Korpskampfstaffel. La demande est formulée auprès de l’OKH le 14 avril 1942. La première Kampfstaffel prend le nom de Kampfgruppe Kiehl, du nom de son commandant. C’est en effet l’Oberleutnant Kiehl, de l’Aufkl. Abt. 3, qui est chargé de mettre sur pied l’unité. Le 28 mars 1942, Kiehl, promu entretemps au rang de Hauptmann, reçoit officiellement le commandement de la Kampfstaffel O.B. Pz.A.O.K. Afrika. Il est aussi fait mention du Begleit_Kommando de Rommel, soit le groupe d’escorte le plus proche du « Renard du Désert » au sein de la Kampfstaffel, même si le terme est aussi employé comme un équivalent de celle-ci. Bref, il sera avant tout question ici de l’Armeekampstaffel, encore appelée Kampstaffel Kiehl, Kampfrgruppe Kiehl, Begleitkommando Rommel ou encore abrégée Kasta, tout en sachant qu’il existe une autre Kasta –celle du DAK- qui sera également évoquée aussi dans les lignes qui suivent.
L’organisation de l’unité
L’Armeekampstaffel doit être initialement doté de personnel et de véhicules du 1./Flak-Bataillon. 606, des Panzer-Regimenter 5 et 8 ainsi que des Panzer-Aufklärungs-Abteilungen 3 et 33. La dotation prévue selon le tableau théorique d’organisation est la suivante : l’unité de commandement – Gruppe Führer- doit comprendre un véhicule blindé léger de reconnaissance équipé de radio, 5 Kübelwagen et 5 camions (voire des voitures tout terrain à l’instar des Horch Sdkfz 15). S’y ajoute un Panzerbefehlstaffel avec 3 Pz III, 2 s.Pz.Späh-Wagen et 5 SPW. La Panzerkompanie aligne 5 Pz III ou IV, 3 s.Pz.Späh-Wagen et 8 Beute Panzer. Une compagnie Pak/Flak compte 3 Marder III équipés de pièces russes de 7.62, 6 pièces de Flak de 2 cm automotrices, 6 Pak 38 ou 6 canons antichars de 2 pounder de prise ainsi que 10 Volkswagen et 12 camions. Le train est constitué d’une trentaine de véhicules tout-terrain. La Kampstaffel du DAK devrait de son côté inclure 5 Pz III, le 2./Flak-Bataillon 606, des éléments du 39. Panzerjäger-Abteilung (mot.), un Zug du 1./Pionier Bataillon 33 (mot.) et un PzSpah Zug du Panzeraufklarungs Abteilung 3. Dans un souci d’efficacité et de rapidité, mais aussi par nécessité, les Kampstaffel, tout comme d’ailleurs le Befehlsstaffel de Rommel, n’utilisent que les radios en clair et non les messages codés ou le téléphone.
Tout ceci n’est que théorie même si le cadre sera globalement respecté. Elle aligne un temps seulement 3 Sdkfz 222, 5 Sdkfz 10, 4 Sdkfz 10/4, 3 Pak 38 et 108 hommes. Il semblerait toutefois qu’au moment de sa constitution la Kasta Kiehl aligne, outre des chars très particuliers dont il est question plus loin, 5 Pz II dans son QG, 8 Sdkfz 10/4 et 2 Sdkfz 7/1 avec le 2./606. Heer Flak Abteilung (sfl) en provenance de la 90 leichte Afrika Division, 3 Pak 38 d’un Zug du 39. Panzerjäger-Abteilung (mot.) et 4 Sdkfz 222 d’un PzSpah Zug du Panzeraufklarungs Abteilung 3 de la 21. Panzer-Division, un Zug du 33. Pionier Bataillon (mot.) de la 15. Panzer-Division.
Les pertes et la nécessité de renvoyer des éléments à leur unité d’origine expliquent aussi la nature très fluctuante de la dotation de cette formation si particulière. L’unité de protection de Rommel est équipée de nombreux véhicules saisis sur l’adversaire ainsi que des engins bricolés, voire des prototypes dont la carrière opérationnelle sera des plus limitée.
Ainsi, les pièces russes de 7.62 sont finalement cédées au Panzerjäger-Abteilung 605 de la 90. Leichte Division qui, en échange, laisse 2 Pz.Sfl.II-7.5 cm Kanone L/41 auf Zgkw. 5t (HKP 902). Le 16 mars, le Kampfgruppe Burckhardt (des Fallschirmjäger) reçoit l’ordre de fournir 3 « Portees » de 2 pounder à la Kampstaffel. Celle-ci est officiellement autorisée par l’OKH trois jours plus tard. Aux côtés de la Kasta, l’état- major de la Panzerarmee et celui du DAK sont dotés d’engins comme les 2 Aec Dorchester « Max » et « Moritz » ou encore des Sdkfz 250 et 253.
L’utilisation de véhicules et de matériel de prise est une caractéristique mais aussi une nécessité pour les Afrika-Kampfer, contraints d’affronter en permanence un adversaire sans bénéficier d’une logistique et d’approvisionnements adéquats. Rommel ordonne la mise sur pied d’un Beute Panzerabteilung avec le butin de la seconde chevauchée à travers la Cyrénaïque mais ce n’est en fait que l’équivalent d’une compagnie qui rejoint l’unité de protection. C’est le 28 mars que le quartier-maître-général de l’armée fournit les engins. Cette unité (12 Crusader et 2 Stuart), complétée par une une Panzerjäger Kompanie, constitue le noyau de la Kasta qui, on l’a vu, est levée en mars-avril 1942. Un cliché nous montre un Crusader Mk I détourellé affecté à l’unité de protection de Rommel, probablement en qualité de transport de munitions. Plutôt qu’un Abteilung, c’est plutôt une Beute Panzer Kompanie qui est ainsi intégrée à Kampfstaffel. Les tanks qu’elle retourne contre leurs anciens propriétaires varient en nombre et en modèles, la difficulté de s’approvisionner en pièces détachées et en munitions n’étant pas un des moindres problèmes de l’intendance. Elle sera dotée un temps de 12 M3 Stuart. Il y a fort à parier qu’elle réutilisera aussi pour son propre compte une partie du butin saisi à Tobrouk en juin 1942, dont une trentaine de Valentine. En l’absence de la certitude d’appartenance d’unité des hommes saisi pour la postérité, l’étude des clichés n’est pas forcément informative car la Kasta n’est pas la seule à réemployer les Beute Panzer, que ce soit un Matilda ou un Grant.
Juste avant l’opération Theseus/Venezia, les deux compagnies de l’Armeekampfstaffel d’origine (une compagnie de Panzer et un compagnie Pak/Flak) sont complétées sur ordre de Rommel par la 13./ Lehr Regiment Brandenburg ainsi que la 3. Kompanie I./ Flak Abteilung 43. L’unité aligne alors 530 hommes. De même, les deux Kasta sont renforcés par de puissantes pièces de 88 : le Regimenstab et le 1./ Flak-Regt 43 rejoignent la DAK Kasta tandis que le 3./ Flak-Rgt 43 est affecté au Kampfgruppe Kiehl.
Premiers engagements au printemps 1942
Si la plupart des Landser de la Kasta ont connu le baptême du feu, l’entrée en lice de la KG Kiehl en tant qu’unité s’opère au cours de l’offensive Theseus/Venezia, autrement dit la bataille de Gazala. Elle se distingue dès la première journée de combat lorsque l’état-major de Rommel est menacé par le 10th Hussars. L’attaque anglaise tourne court grâce à l’action énergique de la Kasta et avec le concours de l’Ariete. Ce constat d’efficacité ne saurait surprendre devant la qualité du personnel impliqué ainsi que la puissance de feu mise à leur disposition. Les combats se poursuivent le lendemain dans le secteur de Bir el Aslagh où les blindés britanniques des 2nd et 22nd Armoured Brigades se brisent les dents sur de formidables positions d’artillerie germano-italiennes. Après l’épreuve du « Chaudron », la KG Kiehl, relativement puissant, est appelé à la rescousse pour emporter la décision à Bir Hacheim. La lutte est âpre. Après la chute de la place forte, l’unité occupe la position avec l’Aufklärungs-Kompanie 580 ainsi que des éléments de la Pavia. La tâche de la garnison est de sécuriser la zone en lançant des patrouilles pendant que les combats décisifs se déroulent à Knightsbridge. Unité de protection du Kommandeur de la Panzerarmee, c’est logiquement à la tête de cette unité que Rommel serait entré dans Tobrouk.
La Kampstaffel n’a pas brillé à chaque engagement. Elle ne débute la bataille qu’avec un unique Sfl. 7.5 cm en état. L’autre Panzerjäger demeure opérationnel au moins entre le 30 mai et le 2 juin. Un engin est déclaré perdu à la date du 5 juin. Le score attribué à ce chasseur de char hors du commun reste pourtant des plus modestes puisque l’unité n’est créditée que de 3 tanks alliés détruits. A Bir Hacheim, lors d’un assaut, sur 11 chars, la Kasta Kiehl en perd six sous les tirs antichars adverses et quatre du fait des mines.
Les difficultés éprouvées et les pertes passent au second plan avec l’euphorie consécutive à la chute de Tobrouk. L’entrée en Egypte ! Tous les rêves sont permis au cours de ce qui s’apparente d’abord à une course-poursuite vers le Delta et le Nil. Le DAK ne poursuit cette avance qu’à la faveur du butin considérable saisi à Tobrouk, en particulier en camions mais aussi en uniformes. De quoi favoriser les quiproquos et l’effet de surprise. « Il devenait impossible de nous distinguer des Britanniques, écrit le « Renard du Désert ». La Kampfstaffel Kiehl, grâce à son « chic anglais », réussit de la sorte à tromper de nombreux traînards britanniques ». Au cours de la brève et téméraire bataille de Mersa Matrouh, la Kampfgruppe d’élite est en pointe du combat aux côtés de la 90. Leichte Afrika-Division, elle-même délicatement au cœur du dispositif britannique. La fuite épique des Néo-Zélandais dans la nuit du 27 au 28 juin surprend Rommel qui aurait fort bien pu être tué ou capturé à ce moment-là. « Il en résultat une mêlée insensée. Mon propre quartier général, situé au sud de la place forte, se trouva pris dans le tourbillon. La Kampstaffel Kiehl et des éléments de la « Littorio » entrèrent en branle. L’intensité du feu atteignit un degré exceptionnel et mon quartier général fut entouré bientôt par une masse de véhicules enflammés ». La place forte est cependant encore solidement tenue, toutes les unités n’ayant pas été avisées du départ des Néo-Zélandais pas plus que celui des tanks. Parmi les troupes engagées dans l’assaut final à partir de la fin de l’après-midi, la Kasta. A l’aube du 29 juin, la Kampfgruppe Kiehl, l’Aufklärungs-Abt 580 et les régiments d’infanterie de la 90. Leichte forcent le passage et s’emparent de Mersa Matrouh avec des troupes italiennes. Cette victoire ne signifie nullement un moment de repos : il faut repartir aussitôt vers l’est.
El Alamein : le chant du cygne des Kastas de Rommel
Début juillet, le destin du DAK se joue à El Alamein. Il est désormais confronté à une dure réalité qu’il ne cessera désormais de subir : la domination du ciel par les escadrilles alliées. La puissance de l’artillerie britannique devient également une donnée avec laquelle il faut compter. La Gefechtsstaffel de Rommel et sa Kampstaffel, en position au nord-est de son PC, sont visés. Dès le 1er juillet, le « box » d’El Alamein tenu par les Sud-Africains à l’extrémité nord de la ligne de front s’avère être un objectif hors de portée par une 90. Leichte Afrika-Division épuisée et à cours d’effectifs. Soumise à un intense barrage d’artillerie qui paralyse toute progression, elle lance des appels à l’aide. Rommel, qui n’a aucune réserve autre que sa Kasta, rejoint en personne le front de la 90. leichte pour relancer l’attaque. « « J’ordonnai immédiatement à la Kampfstaffel Kiehl d’avancer au sud du secteur tenu par la 90. Leichte, et je me rendis sur place en automitrailleuse pour me faire une idée de la situation et prendre les décisions qui s’imposeraient. En chemin, mon véhicule fut pris sous un bombardement d’artillerie britannique tellement violent que je dus renoncer à rejoindre le front ».
L’intervention du « Renard du Désert » est donc vaine, d’autant que son esprit est tout autant accaparé par la réduction du « box » de Deir-el-Shein qui nécessite l’action conjointe des 15. et 21. Panzer. Ce n’est donc qu’en fin d’après-midi que son regard se retourne vers le « box » d’El Alamein : « Je pris la décision de soutenir avec toutes les forces disponibles la tentative de percée sur le flanc sud de la 90. Leichte. Pour cela, j’amalgamai ma Gefechtsstaffel à la Kampfstaffel Kiehl. » La punition est identique à celle subie dans la matinée : le DAK, pilonné sans retenu, est stoppé net dans sa progression. Rommel en fait lui-même l’amère expérience en compagnie de Fritz Bayerlein puisque les deux hommes doivent rester blottis dans le sable deux heures durant sans pouvoir bouger… La Kampstaffel reste une unité solide sur laquelle il sait pouvoir compter, au-delà du fait qu’il n’a alors que quelques milliers de combattants allemands en ligne : « Dans la soirée, comme l’intensité du feu ennemi commençait à diminuer, je donnai ordre au détachement de sécurité de décrocher au plus vite et de rallier l’ancien PC. Ma Kampfstaffel était chargée de tenir le secteur que nous avions conquis ».
Ultime formation de réserve motorisée de puissance relative, la Kasta est sans cesse sollicitée au cours des nombreux affrontements qui ponctuent le mois de juillet 1942. Après quelques jours de remise en condition de ses troupes, Rommel s’estime assez fort pour tenter de reprendre la marche en avant en direction du Caire. Mais, dans la nuit du 10 juillet, alors qu’il dort dans le point fort de Kaponga, abandonné par les Néo-Zélandais, dans la partie sud du front, le « Renard du Désert » est réveillé par la canonnade qui annonce l’entrée en lice des Australiens près de la route côtière, sur Tell el Eisa. Rommel ordonne immédiatement le rassemblement de sa Kasta (et apparemment également celle du DAK) puis se rend à Sanyet el Miteiriya où il est rejoint par un Kampfgruppe de la 15. Panzer. Les deux unités sont ensuite promptement dirigées vers le nord pour voler au secours des troupes germano-italiennes bousculées par la nouvelle offensive. Les combats s’y éternisent pendant plus d’une semaine, les pertes étant lourdes dans les deux camps.
L’unité de protection de Rommel n’en a pas pour autant fini avec les Australiens. Fin juillet, la Kampstaffel se distingue en effet une nouvelle fois lors de la contre-attaque qui met un terme à l’opération “Splendour”, l’ultime offensive lance par Auchinleck contre les lignes germano-italiennes. Ce sont les Australiens, mal soutenus par les blindés, qui font les frais de l’intervention de la Kampstaffel, qui n’est certes pas être la seule à devoir être crédité du succès germano-italien. Rommel rapporte: “Une contre-attaque pleine de vigueur, lance par le Kampfgruppe Briehl et par la Kampfstaffel Kiehl, réussit à écraser le saillant australien et rejeta l’ennemi dans ses lignes avec de Lourdes pertes”.
S’ensuit alors un long mois de période statique au cours duquel les deux camps refont leur force. L’unité d’escorte a été renforcée courant août par une Beutebatterie dotée de six pièces de 25 pounder. Touché pendant une attaque aérienne, le valeureux Kiehl tombe au cours de la bataille d’Alam Halfa, la dernière tentative de Rommel pour forcer le destin et parvenir à envahir l’Egypte.
Une dernière période de calme relatif avant une nouvelle offensive s’étend maintenant sur la ligne d’El Alamein. A la mi-octobre, les deux Kampstaffel sont déployées au sud du front, aux con de la dépression de Qattara, secteur du front au terrain tourmenté et dominé par le mont Himeimat. La Kasta du DAK disparaît quand les deux unités fusionnent en une seule. Le 23 octobre, c’est sur cette extrémité méridionale des lignes défensives de la Panzerarmee que la Kampstaffel affronte son destin lorsque Montgomery déclenche l’opération « Lightfoot ». L’unité se distingue à nouveau, au détriment notamment des Français Libres. L’interrogatoire d’un prisonnier mené en novembre 1942 permet de connaître la composition de la Kampfstaffel au moment de la 2e bataille d’El Alamein. La compagnie de commandement aligne 8 automitrailleuses à 8 roues et une autre à 4 roues. La compagnie antichar témoigne de la nature composite de l’unité puisqu’elle aligne 4 Pak 38, 2 Pak 36/37, 2 pièces de 2 pounder et 2 ou 3 canons de 25 pounder. L’unité antiaérienne dispose de 4 à 6 pièces de 2 cm servies par une soixantaine d’hommes. Les beute Panzer sont au nombre de 20 : 3 Crusader, en atelier au 23 octobre, et 17 Stuart, dont 12 opérationnels. La Kampstaffel compterait environ 60 camions ainsi qu’au moins 200 hommes, plus probablement 400. Le 24 octobre, les Français Libres sont à la peine dans le secteur de l’Himeimat en raison de la résistance déterminée des Paracadutisti dela « Folgore ». A 7h, la contre-attaque des unités de reconnaissance allemandes contraint au repli la 2e BLE, qui s’est attaquée aux pentes du Naqb Rala avant d’effectuer un décrochage dans des conditions difficiles. Une seconde contre-attaque frappe les Français environ 1h30 après la première. Elle est l’œuvre de la Kampstaffel et touche cette fois-ci la 1ère DBLE.
Le 26 octobre, la Desert Air Force effectue une remarquable démonstration de son efficacité en soutien des FFL qui peinent devant l’Himeimat. Les 12 Stuart sont touchés au cours d’une attaque menée par des Hurricanes chasseurs de chars. 6 sont définitivement détruits tandis que les autres sont ramenés avec peine vers les lignes germano-italiennes, mais les dommages infligés sont tels qu’aucun ne pourra être remis en état. L’un des beute Panzer a ainsi été touché à 6 reprises sans être détruit. Sa tourelle a notamment été percée de part en part par un obus. Les Français revendiquent également une participation au score obtenu grâce à l’intervention des quelques Crusader dont ils disposent. Ils auraient détruits 8 blindés, affirmant que les Allemands auraient engagés des Crusader, des Stuart et même des Grant. La lutte est plus disputée qu’il n’y paraît puisque la colonne volante des Français Libres doit laisser sept automitrailleuses sur le terrain.
Une autre unité de protection participe à la bataille puisqu’il est question d’un Kasta DAK dotée de 7 Pz III, dont 2 Lang. Il s’agit sans doute d’un détachement blindé de la 15. Panzer déployé au plus près du QG de Thomas plutôt que d’un nouvel équivalent de la Kampfgruppe Kiehl. C’est vraisemblablement cette Kasta du DAK qui, le 26 octobre, elle est redéployée au nord avec la 90. Leichte, épargnée par les premiers combats, dans l’affrontement visant à reprendre le Point 28 aux Australiens, la situation dans le secteur nord du front, près de la côte, étant jugée particulièrement dangereuse par le « Renard du Désert ». Le 4 novembre, alors que la situation est devenue désespérée à la suite de l’opération « Supercharge » et de l’ordre du Führer de tenir les lignes jusqu’à « la victoire ou la mort », la Kasta est de nouveau sur la brèche. « A 13 heures, écrit Rommel, l’Oberst Bayerlein, qui revenait des lignes, arriva au PC du DAK. Au centre, près de Tell el Mampsra, la Kampfstaffel du DAK avait été engagée, cependant que le secteur nord était tenu par la 21. Panzer et le secteur sud par la 15.. Ces deux unités étaient parvenues à se retrancher d’une manière relativement satisfaisante. L’Oberst Bayerlein poursuivit son exposé annonçant que la Kampstaffel avait été anéantie et qu’il avait été impossible de persuader le General von Thoma, le commandant du DAK irrité par l’ordre reçu d’Hitler de combattre jusqu’au bout, de quitter les lignes avancées, où il avait apparemment voulu mourir sur place. Il cherche aussi avant tout à assurer le repli de la Panzerarmee en organisant ce combat d’arrière-garde au cours duquel les Pak font une nouvelle fois montre de dangerosité pour les blindés alliés. Au dernier moment, Bayerlein avait réussi à s’échapper, à pied, à l’instant où des chars britanniques s’apprêtaient à submerger la colline de Tell el Mampsra- sur laquelle le matériel et les véhicules de la Kampstaffel détruite achevaient de se consumer- et à exécuter une percée. » Indubitablement, la Kasta dont il est question ici est vraisemblablement le groupe de Panzer attaché au QG de Thomas et non l’ancienne unité de Kiehl, restée déployée à l’extrémité sud du front. Cette dernière, réduite à quelques 200 hommes, entreprend la difficile retraite qui va la mener jusqu’en Tunisie.
Pompier du front en Tunisie
La Kasta participe à la fameuse offensive passée à la postérité sous le nom de « bataille de Kasserine ». La Kampfgruppe Afrika-Korps commence son avancée sur Gafsa le 15 février, un jour après le premier assaut lancé à Sidi bou Zid par la PzAOK5. Rommel entre lui-même à Gafsa le 16. « Entre-temps, écrit-il, j’avais envoyé la compagnie d’état-major à Metlaoui, dans le sud-ouest, pour y faire sauter le tunnel du chemin de fer. Elle y mit la main sur de grandes réserves d’essence, sur une quantité considérables de wagons de chemin de fer, et sur 200 000 tonnes de phosphates accumulées dans le secteur, matériel et denrées qui nous auraient bien été utiles en Europe si seulement on avait pu les y transporter ».
Début mars, à la veille de l’opération Capri, le DAK met sur pied l’Aufklärungsgruppe Luck, chargé d’assurer le flanc de la 10. Panzer qui attaque en direction de Médenine. Luck dispose des Aufklärungs-Abteilungen 3 et 33 mais aussi d’une batterie du I./ Flak-Rgt 53 ainsi que de la Kampfstaffel Rommel. A l’extrémité méridionale du front d’attaque, sur le flanc droit de la 1a Armata, la Kasta (avec 9 Panzer, probablement beute), est tenue en échec par la Free French Flying Column à 19 km au sud de Médenine, le long de la route qui mène à Foum Tatahouine. Deux interventions dans un cadre offensif en l’espace de trois semaines, les restes de la Kasta n’opèreront désormais que sur la défensive.
La troupe d’élite du DAK s’illustre une nouvelle fois en mars 1943 comme pompier du front lorsque la 1st US Armoured Division s’efforce de s’emparer des hauteurs à proximité de Maknassy, avec le secret espoir pour Patton de déboucher ensuite vers la plaine côtière et couper les lignes de communications de la 1°Armata. La tentative américaine s’avère pourtant vaine, contre toute probabilité, et ce grâce à l’efficacité de l’Oberst Lang et des combattants du Kampfgruppe éponyme. Si l’apport des Italiens (la 50a Brigata Speciale), en partie ralliés par des officiers de la Flak sur ordre de Lang, ne doit aucunement être négligé, surtout au stade initial des combats, le mérite en revient avant tout aux combattants allemands et en premier lieu à 80 hommes de la Begleitkompanie de la Kampfstaffel Rommel qui tiennent fermement la passe, épaulés une pièce de Pak 38 et un Flak de 8.8 cm. Sous la direction du Major Medicus, les anciens gardes du corps du « Renard du Désert » tiennent bon sous le choc. Heureusement pour Medicus, les tanks américains sont empêtrés dans un champ de mines et les GI, qui ont emporté les premières positions, peu combattifs alors que la partie semble entendue, sont repoussés par l’ultime réserve allemande constituée par un groupe de pionniers et de troupes des transmissions. Une deuxième percée est enrayée à la faveur d’un corps à corps acharnée. Une troisième tentative américaine échoue in extremis lorsqu’un sous-officier décide de manier lui-même le Pak 38 dont les occupants ont été neutralisés. Les soldats de Medicus, épuisés, reçoivent enfin vers 18 heures le renfort du I./ Panzergrenadier-Rgt 69 du Major Friedrich-Wilhelm Buschhausen tandis que le I./ Panzergrenadier-Rgt de l’Hauptmann Haut prend position au nord de la passe jusqu’à Wadi el Leben. Avec les Italiens de la Brigata Imperiali, don’t le commandant n’a cessé de s’exposer au feu pour rallier ses homes, les Allemands interdisent le passage à la 1st US Armoured Division d’Orlando Ward. Un soutien supplémentaire prend la forme d’un bataillon de marche mais surtout d’un Staffel de Stukas ainsi que l’arrivée opportune de puissants Tiger I ainsi que de pièces lourdes de 17 cm. Un autre élément de la Kampstaffel Rommel entre en lice et se déploie sur le flanc, au Wadi el Leben. Les attaques de Patton cessent le 29 mars alors même que Lang est à court de munitions… Notons que la KG Lang contient aussi la Kampfstaffel O.B. (Luftwaffe), soit 30 hommes, ainsi que la Kompanie/Kesselring-Stabswache (Luftwaffe).
En avril 1943, les restes de la Kampstaffel sont intégrés au Panzer-Aufklärungs 33 de la 15. Panzer-Division. La Kasta Rommel n’existe plus.
En guise de conclusion
Le grand nombre de décorations octroyées aux membres de cette unité pourtant relativement réduite pourrait porter témoignage de l’habitude de Rommel à se trouver sur la ligne de front. On dénombre ainsi trois récipiendiaires de la Ritterkreuz : l’Hauptmann Rudolph Kiehl (le 7 juillet 1942), le Major Franz Medicus (le 16 avril 1943, alors qu’il est le nouveau commandant de l’unité) et le Leutnant Harro Brenner(le 16b avril 1943, en qualité de commandant de l’Infanterie-Kompanie de la Kampfstaffel). Pourtant, ces décorations n’ont pas forcément été attribuée dans le cadre d’un service au plus près du Feldmarschall favori du Führer. Cette unité de valeur a fait office de réserve générale pour le « Renard du Désert » ainsi qu’unité d’éclairage, au même titre que les trois Aufklärungs_Abteilungen de la Panzerarmee. Mobile et relativement bien armée, la Kasta ne tient plus le rôle d’escorte d’état-major à partir d’El Alamein. Rommel se soucie pourtant de ces hommes qui ont été chargé de sa sécurité. Début mars 1943, avant de quitter le sol africain, sachant que la partie est définitivement perdue pour les forces de l’Axe sur ce théâtre des opérations, Rommel prend des dispositions pour assurer l’évacuation des treize survivants de la 2nde Pz Kompanie de sa Kampfstaffel. Celle-ci disparaît avec l’Afrika-Korps dans la fournaise de la Tunisie.
Benoît Rondeau Copyright
KAMPFSTAFFEL ROMMEL
Erigé au niveau de corps d’élite par la postérité, le Deutsches Afrika-Korps compte lui-même en son sein diverses unités mobiles particulièrement efficaces. Parmi elles, la Kampstaffel Rommel, en quelque sorte une unité d’élite parmi l’élite.
Les origines
Des groupes de combat, Kampfstaffel ou Kasta (en abrégé), sont affectés à la protection des états-majors. La nature fluide de la guerre du désert avec ses combats de rencontre et la notion toute relative de zone arrière. Ces unités spéciales constituent donc des forces de combat rapides née de la guerre en Afrique. La Panzerarmee Afrika se voit ainsi dotée d’une Armeekampfstaffel. Au début de son épopée africaine, Rommel indique dans ses carnets qu’il fait intervenir sa Kampstaffel du DAK le 5 avril 1941 en direction d’El Ganina. Le « Renard du Désert » indiquer en fait ainsi une force de protection rapprochée constituée ad hoc sans être institutionnalisée. Le fait que des hommes armés escortent les officiers supérieurs lorsqu’ils se déplacent avec leur Befehlsstaffel fait évidemment sens. Au cours de l’opération « Crusader », bataille très disputée caractérisée par un front très mouvant pour les formations motorisées ainsi que des retours spectaculaires de situation , le QG du DAK est lui-même submergée par les Britanniques qui surprennent. Pis, au cours de cette même bataille, le General von Ravnestein, brillant Kommandeur de la 21. Panzer, tombe entre les mains de l’adversaire et devient ainsi le premier général allemand capturé au cours du conflit. Rommel lui-même est isolé dans son Dorchester de prise à l’est du « Wire » et manque de finir sa carrière prématurément si n’était les Britanniques qui n’ont vus qu’un engin de leur armée. Coïncidence incroyable et très éloquente du risque qu’encourent les plus hauts gradés dans cette guerre sans ligne de front apparente, Rommel ne doit son salut qu’à l’arrivée impromptue du camion de commandement de Crüwell, le commandant du DAK en personne ! Un désastre assuré pour les forces de l’Axe en Afrique si une patrouille anglaise saisie l’aubaine qui est à portée de main de la 8th Army…
Une telle situation porteuse de danger pour le haut-commandement ne peut durer. C’est le 12 février 1942 qu’est enfin issu l’ordre de constituer ce « détachement de combat » à l’intention du QG de la Panzerarmee Afrika. Le DAK se voit également pourvu d’un Korpskampfstaffel. La demande est formulée auprès de l’OKH le 14 avril 1942. La première Kampfstaffel prend le nom de Kampfgruppe Kiehl, du nom de son commandant. C’est en effet l’Oberleutnant Kiehl, de l’Aufkl. Abt. 3, qui est chargé de mettre sur pied l’unité. Le 28 mars 1942, Kiehl, promu entretemps au rang de Hauptmann, reçoit officiellement le commandement de la Kampfstaffel O.B. Pz.A.O.K. Afrika. Il est aussi fait mention du Begleit_Kommando de Rommel, soit le groupe d’escorte le plus proche du « Renard du Désert » au sein de la Kampfstaffel, même si le terme est aussi employé comme un équivalent de celle-ci. Bref, il sera avant tout question ici de l’Armeekampstaffel, encore appelée Kampstaffel Kiehl, Kampfrgruppe Kiehl, Begleitkommando Rommel ou encore abrégée Kasta, tout en sachant qu’il existe une autre Kasta –celle du DAK- qui sera également évoquée aussi dans les lignes qui suivent.
L’organisation de l’unité
L’Armeekampstaffel doit être initialement doté de personnel et de véhicules du 1./Flak-Bataillon. 606, des Panzer-Regimenter 5 et 8 ainsi que des Panzer-Aufklärungs-Abteilungen 3 et 33. La dotation prévue selon le tableau théorique d’organisation est la suivante : l’unité de commandement – Gruppe Führer- doit comprendre un véhicule blindé léger de reconnaissance équipé de radio, 5 Kübelwagen et 5 camions (voire des voitures tout terrain à l’instar des Horch Sdkfz 15). S’y ajoute un Panzerbefehlstaffel avec 3 Pz III, 2 s.Pz.Späh-Wagen et 5 SPW. La Panzerkompanie aligne 5 Pz III ou IV, 3 s.Pz.Späh-Wagen et 8 Beute Panzer. Une compagnie Pak/Flak compte 3 Marder III équipés de pièces russes de 7.62, 6 pièces de Flak de 2 cm automotrices, 6 Pak 38 ou 6 canons antichars de 2 pounder de prise ainsi que 10 Volkswagen et 12 camions. Le train est constitué d’une trentaine de véhicules tout-terrain. La Kampstaffel du DAK devrait de son côté inclure 5 Pz III, le 2./Flak-Bataillon 606, des éléments du 39. Panzerjäger-Abteilung (mot.), un Zug du 1./Pionier Bataillon 33 (mot.) et un PzSpah Zug du Panzeraufklarungs Abteilung 3. Dans un souci d’efficacité et de rapidité, mais aussi par nécessité, les Kampstaffel, tout comme d’ailleurs le Befehlsstaffel de Rommel, n’utilisent que les radios en clair et non les messages codés ou le téléphone.
Tout ceci n’est que théorie même si le cadre sera globalement respecté. Elle aligne un temps seulement 3 Sdkfz 222, 5 Sdkfz 10, 4 Sdkfz 10/4, 3 Pak 38 et 108 hommes. Il semblerait toutefois qu’au moment de sa constitution la Kasta Kiehl aligne, outre des chars très particuliers dont il est question plus loin, 5 Pz II dans son QG, 8 Sdkfz 10/4 et 2 Sdkfz 7/1 avec le 2./606. Heer Flak Abteilung (sfl) en provenance de la 90 leichte Afrika Division, 3 Pak 38 d’un Zug du 39. Panzerjäger-Abteilung (mot.) et 4 Sdkfz 222 d’un PzSpah Zug du Panzeraufklarungs Abteilung 3 de la 21. Panzer-Division, un Zug du 33. Pionier Bataillon (mot.) de la 15. Panzer-Division.
Les pertes et la nécessité de renvoyer des éléments à leur unité d’origine expliquent aussi la nature très fluctuante de la dotation de cette formation si particulière. L’unité de protection de Rommel est équipée de nombreux véhicules saisis sur l’adversaire ainsi que des engins bricolés, voire des prototypes dont la carrière opérationnelle sera des plus limitée.
Ainsi, les pièces russes de 7.62 sont finalement cédées au Panzerjäger-Abteilung 605 de la 90. Leichte Division qui, en échange, laisse 2 Pz.Sfl.II-7.5 cm Kanone L/41 auf Zgkw. 5t (HKP 902). Le 16 mars, le Kampfgruppe Burckhardt (des Fallschirmjäger) reçoit l’ordre de fournir 3 « Portees » de 2 pounder à la Kampstaffel. Celle-ci est officiellement autorisée par l’OKH trois jours plus tard. Aux côtés de la Kasta, l’état- major de la Panzerarmee et celui du DAK sont dotés d’engins comme les 2 Aec Dorchester « Max » et « Moritz » ou encore des Sdkfz 250 et 253.
L’utilisation de véhicules et de matériel de prise est une caractéristique mais aussi une nécessité pour les Afrika-Kampfer, contraints d’affronter en permanence un adversaire sans bénéficier d’une logistique et d’approvisionnements adéquats. Rommel ordonne la mise sur pied d’un Beute Panzerabteilung avec le butin de la seconde chevauchée à travers la Cyrénaïque mais ce n’est en fait que l’équivalent d’une compagnie qui rejoint l’unité de protection. C’est le 28 mars que le quartier-maître-général de l’armée fournit les engins. Cette unité (12 Crusader et 2 Stuart), complétée par une une Panzerjäger Kompanie, constitue le noyau de la Kasta qui, on l’a vu, est levée en mars-avril 1942. Un cliché nous montre un Crusader Mk I détourellé affecté à l’unité de protection de Rommel, probablement en qualité de transport de munitions. Plutôt qu’un Abteilung, c’est plutôt une Beute Panzer Kompanie qui est ainsi intégrée à Kampfstaffel. Les tanks qu’elle retourne contre leurs anciens propriétaires varient en nombre et en modèles, la difficulté de s’approvisionner en pièces détachées et en munitions n’étant pas un des moindres problèmes de l’intendance. Elle sera dotée un temps de 12 M3 Stuart. Il y a fort à parier qu’elle réutilisera aussi pour son propre compte une partie du butin saisi à Tobrouk en juin 1942, dont une trentaine de Valentine. En l’absence de la certitude d’appartenance d’unité des hommes saisi pour la postérité, l’étude des clichés n’est pas forcément informative car la Kasta n’est pas la seule à réemployer les Beute Panzer, que ce soit un Matilda ou un Grant.
Juste avant l’opération Theseus/Venezia, les deux compagnies de l’Armeekampfstaffel d’origine (une compagnie de Panzer et un compagnie Pak/Flak) sont complétées sur ordre de Rommel par la 13./ Lehr Regiment Brandenburg ainsi que la 3. Kompanie I./ Flak Abteilung 43. L’unité aligne alors 530 hommes. De même, les deux Kasta sont renforcés par de puissantes pièces de 88 : le Regimenstab et le 1./ Flak-Regt 43 rejoignent la DAK Kasta tandis que le 3./ Flak-Rgt 43 est affecté au Kampfgruppe Kiehl.
Premiers engagements au printemps 1942
Si la plupart des Landser de la Kasta ont connu le baptême du feu, l’entrée en lice de la KG Kiehl en tant qu’unité s’opère au cours de l’offensive Theseus/Venezia, autrement dit la bataille de Gazala. Elle se distingue dès la première journée de combat lorsque l’état-major de Rommel est menacé par le 10th Hussars. L’attaque anglaise tourne court grâce à l’action énergique de la Kasta et avec le concours de l’Ariete. Ce constat d’efficacité ne saurait surprendre devant la qualité du personnel impliqué ainsi que la puissance de feu mise à leur disposition. Les combats se poursuivent le lendemain dans le secteur de Bir el Aslagh où les blindés britanniques des 2nd et 22nd Armoured Brigades se brisent les dents sur de formidables positions d’artillerie germano-italiennes. Après l’épreuve du « Chaudron », la KG Kiehl, relativement puissant, est appelé à la rescousse pour emporter la décision à Bir Hacheim. La lutte est âpre. Après la chute de la place forte, l’unité occupe la position avec l’Aufklärungs-Kompanie 580 ainsi que des éléments de la Pavia. La tâche de la garnison est de sécuriser la zone en lançant des patrouilles pendant que les combats décisifs se déroulent à Knightsbridge. Unité de protection du Kommandeur de la Panzerarmee, c’est logiquement à la tête de cette unité que Rommel serait entré dans Tobrouk.
La Kampstaffel n’a pas brillé à chaque engagement. Elle ne débute la bataille qu’avec un unique Sfl. 7.5 cm en état. L’autre Panzerjäger demeure opérationnel au moins entre le 30 mai et le 2 juin. Un engin est déclaré perdu à la date du 5 juin. Le score attribué à ce chasseur de char hors du commun reste pourtant des plus modestes puisque l’unité n’est créditée que de 3 tanks alliés détruits. A Bir Hacheim, lors d’un assaut, sur 11 chars, la Kasta Kiehl en perd six sous les tirs antichars adverses et quatre du fait des mines.
Les difficultés éprouvées et les pertes passent au second plan avec l’euphorie consécutive à la chute de Tobrouk. L’entrée en Egypte ! Tous les rêves sont permis au cours de ce qui s’apparente d’abord à une course-poursuite vers le Delta et le Nil. Le DAK ne poursuit cette avance qu’à la faveur du butin considérable saisi à Tobrouk, en particulier en camions mais aussi en uniformes. De quoi favoriser les quiproquos et l’effet de surprise. « Il devenait impossible de nous distinguer des Britanniques, écrit le « Renard du Désert ». La Kampfstaffel Kiehl, grâce à son « chic anglais », réussit de la sorte à tromper de nombreux traînards britanniques ». Au cours de la brève et téméraire bataille de Mersa Matrouh, la Kampfgruppe d’élite est en pointe du combat aux côtés de la 90. Leichte Afrika-Division, elle-même délicatement au cœur du dispositif britannique. La fuite épique des Néo-Zélandais dans la nuit du 27 au 28 juin surprend Rommel qui aurait fort bien pu être tué ou capturé à ce moment-là. « Il en résultat une mêlée insensée. Mon propre quartier général, situé au sud de la place forte, se trouva pris dans le tourbillon. La Kampstaffel Kiehl et des éléments de la « Littorio » entrèrent en branle. L’intensité du feu atteignit un degré exceptionnel et mon quartier général fut entouré bientôt par une masse de véhicules enflammés ». La place forte est cependant encore solidement tenue, toutes les unités n’ayant pas été avisées du départ des Néo-Zélandais pas plus que celui des tanks. Parmi les troupes engagées dans l’assaut final à partir de la fin de l’après-midi, la Kasta. A l’aube du 29 juin, la Kampfgruppe Kiehl, l’Aufklärungs-Abt 580 et les régiments d’infanterie de la 90. Leichte forcent le passage et s’emparent de Mersa Matrouh avec des troupes italiennes. Cette victoire ne signifie nullement un moment de repos : il faut repartir aussitôt vers l’est.
El Alamein : le chant du cygne des Kastas de Rommel
Début juillet, le destin du DAK se joue à El Alamein. Il est désormais confronté à une dure réalité qu’il ne cessera désormais de subir : la domination du ciel par les escadrilles alliées. La puissance de l’artillerie britannique devient également une donnée avec laquelle il faut compter. La Gefechtsstaffel de Rommel et sa Kampstaffel, en position au nord-est de son PC, sont visés. Dès le 1er juillet, le « box » d’El Alamein tenu par les Sud-Africains à l’extrémité nord de la ligne de front s’avère être un objectif hors de portée par une 90. Leichte Afrika-Division épuisée et à cours d’effectifs. Soumise à un intense barrage d’artillerie qui paralyse toute progression, elle lance des appels à l’aide. Rommel, qui n’a aucune réserve autre que sa Kasta, rejoint en personne le front de la 90. leichte pour relancer l’attaque. « « J’ordonnai immédiatement à la Kampfstaffel Kiehl d’avancer au sud du secteur tenu par la 90. Leichte, et je me rendis sur place en automitrailleuse pour me faire une idée de la situation et prendre les décisions qui s’imposeraient. En chemin, mon véhicule fut pris sous un bombardement d’artillerie britannique tellement violent que je dus renoncer à rejoindre le front ».
L’intervention du « Renard du Désert » est donc vaine, d’autant que son esprit est tout autant accaparé par la réduction du « box » de Deir-el-Shein qui nécessite l’action conjointe des 15. et 21. Panzer. Ce n’est donc qu’en fin d’après-midi que son regard se retourne vers le « box » d’El Alamein : « Je pris la décision de soutenir avec toutes les forces disponibles la tentative de percée sur le flanc sud de la 90. Leichte. Pour cela, j’amalgamai ma Gefechtsstaffel à la Kampfstaffel Kiehl. » La punition est identique à celle subie dans la matinée : le DAK, pilonné sans retenu, est stoppé net dans sa progression. Rommel en fait lui-même l’amère expérience en compagnie de Fritz Bayerlein puisque les deux hommes doivent rester blottis dans le sable deux heures durant sans pouvoir bouger… La Kampstaffel reste une unité solide sur laquelle il sait pouvoir compter, au-delà du fait qu’il n’a alors que quelques milliers de combattants allemands en ligne : « Dans la soirée, comme l’intensité du feu ennemi commençait à diminuer, je donnai ordre au détachement de sécurité de décrocher au plus vite et de rallier l’ancien PC. Ma Kampfstaffel était chargée de tenir le secteur que nous avions conquis ».
Ultime formation de réserve motorisée de puissance relative, la Kasta est sans cesse sollicitée au cours des nombreux affrontements qui ponctuent le mois de juillet 1942. Après quelques jours de remise en condition de ses troupes, Rommel s’estime assez fort pour tenter de reprendre la marche en avant en direction du Caire. Mais, dans la nuit du 10 juillet, alors qu’il dort dans le point fort de Kaponga, abandonné par les Néo-Zélandais, dans la partie sud du front, le « Renard du Désert » est réveillé par la canonnade qui annonce l’entrée en lice des Australiens près de la route côtière, sur Tell el Eisa. Rommel ordonne immédiatement le rassemblement de sa Kasta (et apparemment également celle du DAK) puis se rend à Sanyet el Miteiriya où il est rejoint par un Kampfgruppe de la 15. Panzer. Les deux unités sont ensuite promptement dirigées vers le nord pour voler au secours des troupes germano-italiennes bousculées par la nouvelle offensive. Les combats s’y éternisent pendant plus d’une semaine, les pertes étant lourdes dans les deux camps.
L’unité de protection de Rommel n’en a pas pour autant fini avec les Australiens. Fin juillet, la Kampstaffel se distingue en effet une nouvelle fois lors de la contre-attaque qui met un terme à l’opération “Splendour”, l’ultime offensive lance par Auchinleck contre les lignes germano-italiennes. Ce sont les Australiens, mal soutenus par les blindés, qui font les frais de l’intervention de la Kampstaffel, qui n’est certes pas être la seule à devoir être crédité du succès germano-italien. Rommel rapporte: “Une contre-attaque pleine de vigueur, lance par le Kampfgruppe Briehl et par la Kampfstaffel Kiehl, réussit à écraser le saillant australien et rejeta l’ennemi dans ses lignes avec de Lourdes pertes”.
S’ensuit alors un long mois de période statique au cours duquel les deux camps refont leur force. L’unité d’escorte a été renforcée courant août par une Beutebatterie dotée de six pièces de 25 pounder. Touché pendant une attaque aérienne, le valeureux Kiehl tombe au cours de la bataille d’Alam Halfa, la dernière tentative de Rommel pour forcer le destin et parvenir à envahir l’Egypte.
Une dernière période de calme relatif avant une nouvelle offensive s’étend maintenant sur la ligne d’El Alamein. A la mi-octobre, les deux Kampstaffel sont déployées au sud du front, aux con de la dépression de Qattara, secteur du front au terrain tourmenté et dominé par le mont Himeimat. La Kasta du DAK disparaît quand les deux unités fusionnent en une seule. Le 23 octobre, c’est sur cette extrémité méridionale des lignes défensives de la Panzerarmee que la Kampstaffel affronte son destin lorsque Montgomery déclenche l’opération « Lightfoot ». L’unité se distingue à nouveau, au détriment notamment des Français Libres. L’interrogatoire d’un prisonnier mené en novembre 1942 permet de connaître la composition de la Kampfstaffel au moment de la 2e bataille d’El Alamein. La compagnie de commandement aligne 8 automitrailleuses à 8 roues et une autre à 4 roues. La compagnie antichar témoigne de la nature composite de l’unité puisqu’elle aligne 4 Pak 38, 2 Pak 36/37, 2 pièces de 2 pounder et 2 ou 3 canons de 25 pounder. L’unité antiaérienne dispose de 4 à 6 pièces de 2 cm servies par une soixantaine d’hommes. Les beute Panzer sont au nombre de 20 : 3 Crusader, en atelier au 23 octobre, et 17 Stuart, dont 12 opérationnels. La Kampstaffel compterait environ 60 camions ainsi qu’au moins 200 hommes, plus probablement 400. Le 24 octobre, les Français Libres sont à la peine dans le secteur de l’Himeimat en raison de la résistance déterminée des Paracadutisti dela « Folgore ». A 7h, la contre-attaque des unités de reconnaissance allemandes contraint au repli la 2e BLE, qui s’est attaquée aux pentes du Naqb Rala avant d’effectuer un décrochage dans des conditions difficiles. Une seconde contre-attaque frappe les Français environ 1h30 après la première. Elle est l’œuvre de la Kampstaffel et touche cette fois-ci la 1ère DBLE.
Le 26 octobre, la Desert Air Force effectue une remarquable démonstration de son efficacité en soutien des FFL qui peinent devant l’Himeimat. Les 12 Stuart sont touchés au cours d’une attaque menée par des Hurricanes chasseurs de chars. 6 sont définitivement détruits tandis que les autres sont ramenés avec peine vers les lignes germano-italiennes, mais les dommages infligés sont tels qu’aucun ne pourra être remis en état. L’un des beute Panzer a ainsi été touché à 6 reprises sans être détruit. Sa tourelle a notamment été percée de part en part par un obus. Les Français revendiquent également une participation au score obtenu grâce à l’intervention des quelques Crusader dont ils disposent. Ils auraient détruits 8 blindés, affirmant que les Allemands auraient engagés des Crusader, des Stuart et même des Grant. La lutte est plus disputée qu’il n’y paraît puisque la colonne volante des Français Libres doit laisser sept automitrailleuses sur le terrain.
Une autre unité de protection participe à la bataille puisqu’il est question d’un Kasta DAK dotée de 7 Pz III, dont 2 Lang. Il s’agit sans doute d’un détachement blindé de la 15. Panzer déployé au plus près du QG de Thomas plutôt que d’un nouvel équivalent de la Kampfgruppe Kiehl. C’est vraisemblablement cette Kasta du DAK qui, le 26 octobre, elle est redéployée au nord avec la 90. Leichte, épargnée par les premiers combats, dans l’affrontement visant à reprendre le Point 28 aux Australiens, la situation dans le secteur nord du front, près de la côte, étant jugée particulièrement dangereuse par le « Renard du Désert ». Le 4 novembre, alors que la situation est devenue désespérée à la suite de l’opération « Supercharge » et de l’ordre du Führer de tenir les lignes jusqu’à « la victoire ou la mort », la Kasta est de nouveau sur la brèche. « A 13 heures, écrit Rommel, l’Oberst Bayerlein, qui revenait des lignes, arriva au PC du DAK. Au centre, près de Tell el Mampsra, la Kampfstaffel du DAK avait été engagée, cependant que le secteur nord était tenu par la 21. Panzer et le secteur sud par la 15.. Ces deux unités étaient parvenues à se retrancher d’une manière relativement satisfaisante. L’Oberst Bayerlein poursuivit son exposé annonçant que la Kampstaffel avait été anéantie et qu’il avait été impossible de persuader le General von Thoma, le commandant du DAK irrité par l’ordre reçu d’Hitler de combattre jusqu’au bout, de quitter les lignes avancées, où il avait apparemment voulu mourir sur place. Il cherche aussi avant tout à assurer le repli de la Panzerarmee en organisant ce combat d’arrière-garde au cours duquel les Pak font une nouvelle fois montre de dangerosité pour les blindés alliés. Au dernier moment, Bayerlein avait réussi à s’échapper, à pied, à l’instant où des chars britanniques s’apprêtaient à submerger la colline de Tell el Mampsra- sur laquelle le matériel et les véhicules de la Kampstaffel détruite achevaient de se consumer- et à exécuter une percée. » Indubitablement, la Kasta dont il est question ici est vraisemblablement le groupe de Panzer attaché au QG de Thomas et non l’ancienne unité de Kiehl, restée déployée à l’extrémité sud du front. Cette dernière, réduite à quelques 200 hommes, entreprend la difficile retraite qui va la mener jusqu’en Tunisie.
Pompier du front en Tunisie
La Kasta participe à la fameuse offensive passée à la postérité sous le nom de « bataille de Kasserine ». La Kampfgruppe Afrika-Korps commence son avancée sur Gafsa le 15 février, un jour après le premier assaut lancé à Sidi bou Zid par la PzAOK5. Rommel entre lui-même à Gafsa le 16. « Entre-temps, écrit-il, j’avais envoyé la compagnie d’état-major à Metlaoui, dans le sud-ouest, pour y faire sauter le tunnel du chemin de fer. Elle y mit la main sur de grandes réserves d’essence, sur une quantité considérables de wagons de chemin de fer, et sur 200 000 tonnes de phosphates accumulées dans le secteur, matériel et denrées qui nous auraient bien été utiles en Europe si seulement on avait pu les y transporter ».
Début mars, à la veille de l’opération Capri, le DAK met sur pied l’Aufklärungsgruppe Luck, chargé d’assurer le flanc de la 10. Panzer qui attaque en direction de Médenine. Luck dispose des Aufklärungs-Abteilungen 3 et 33 mais aussi d’une batterie du I./ Flak-Rgt 53 ainsi que de la Kampfstaffel Rommel. A l’extrémité méridionale du front d’attaque, sur le flanc droit de la 1a Armata, la Kasta (avec 9 Panzer, probablement beute), est tenue en échec par la Free French Flying Column à 19 km au sud de Médenine, le long de la route qui mène à Foum Tatahouine. Deux interventions dans un cadre offensif en l’espace de trois semaines, les restes de la Kasta n’opèreront désormais que sur la défensive.
La troupe d’élite du DAK s’illustre une nouvelle fois en mars 1943 comme pompier du front lorsque la 1st US Armoured Division s’efforce de s’emparer des hauteurs à proximité de Maknassy, avec le secret espoir pour Patton de déboucher ensuite vers la plaine côtière et couper les lignes de communications de la 1°Armata. La tentative américaine s’avère pourtant vaine, contre toute probabilité, et ce grâce à l’efficacité de l’Oberst Lang et des combattants du Kampfgruppe éponyme. Si l’apport des Italiens (la 50a Brigata Speciale), en partie ralliés par des officiers de la Flak sur ordre de Lang, ne doit aucunement être négligé, surtout au stade initial des combats, le mérite en revient avant tout aux combattants allemands et en premier lieu à 80 hommes de la Begleitkompanie de la Kampfstaffel Rommel qui tiennent fermement la passe, épaulés une pièce de Pak 38 et un Flak de 8.8 cm. Sous la direction du Major Medicus, les anciens gardes du corps du « Renard du Désert » tiennent bon sous le choc. Heureusement pour Medicus, les tanks américains sont empêtrés dans un champ de mines et les GI, qui ont emporté les premières positions, peu combattifs alors que la partie semble entendue, sont repoussés par l’ultime réserve allemande constituée par un groupe de pionniers et de troupes des transmissions. Une deuxième percée est enrayée à la faveur d’un corps à corps acharnée. Une troisième tentative américaine échoue in extremis lorsqu’un sous-officier décide de manier lui-même le Pak 38 dont les occupants ont été neutralisés. Les soldats de Medicus, épuisés, reçoivent enfin vers 18 heures le renfort du I./ Panzergrenadier-Rgt 69 du Major Friedrich-Wilhelm Buschhausen tandis que le I./ Panzergrenadier-Rgt de l’Hauptmann Haut prend position au nord de la passe jusqu’à Wadi el Leben. Avec les Italiens de la Brigata Imperiali, don’t le commandant n’a cessé de s’exposer au feu pour rallier ses homes, les Allemands interdisent le passage à la 1st US Armoured Division d’Orlando Ward. Un soutien supplémentaire prend la forme d’un bataillon de marche mais surtout d’un Staffel de Stukas ainsi que l’arrivée opportune de puissants Tiger I ainsi que de pièces lourdes de 17 cm. Un autre élément de la Kampstaffel Rommel entre en lice et se déploie sur le flanc, au Wadi el Leben. Les attaques de Patton cessent le 29 mars alors même que Lang est à court de munitions… Notons que la KG Lang contient aussi la Kampfstaffel O.B. (Luftwaffe), soit 30 hommes, ainsi que la Kompanie/Kesselring-Stabswache (Luftwaffe).
En avril 1943, les restes de la Kampstaffel sont intégrés au Panzer-Aufklärungs 33 de la 15. Panzer-Division. La Kasta Rommel n’existe plus.
En guise de conclusion
Le grand nombre de décorations octroyées aux membres de cette unité pourtant relativement réduite pourrait porter témoignage de l’habitude de Rommel à se trouver sur la ligne de front. On dénombre ainsi trois récipiendiaires de la Ritterkreuz : l’Hauptmann Rudolph Kiehl (le 7 juillet 1942), le Major Franz Medicus (le 16 avril 1943, alors qu’il est le nouveau commandant de l’unité) et le Leutnant Harro Brenner(le 16b avril 1943, en qualité de commandant de l’Infanterie-Kompanie de la Kampfstaffel). Pourtant, ces décorations n’ont pas forcément été attribuée dans le cadre d’un service au plus près du Feldmarschall favori du Führer. Cette unité de valeur a fait office de réserve générale pour le « Renard du Désert » ainsi qu’unité d’éclairage, au même titre que les trois Aufklärungs_Abteilungen de la Panzerarmee. Mobile et relativement bien armée, la Kasta ne tient plus le rôle d’escorte d’état-major à partir d’El Alamein. Rommel se soucie pourtant de ces hommes qui ont été chargé de sa sécurité. Début mars 1943, avant de quitter le sol africain, sachant que la partie est définitivement perdue pour les forces de l’Axe sur ce théâtre des opérations, Rommel prend des dispositions pour assurer l’évacuation des treize survivants de la 2nde Pz Kompanie de sa Kampfstaffel. Celle-ci disparaît avec l’Afrika-Korps dans la fournaise de la Tunisie.
Division « von Broich »/« von Manteuffel » (novembre 1942)
Novembre 1942, premiers combats pour Tunis (1)
GEORG BRIEL
JOHN COMBE
MARIO BALOTTA