Seconde Guerre Mondiale WWII

Division « von Broich »/« von Manteuffel » (novembre 1942)

Une division ad-hoc de valeur

Benoît Rondeau Copyright

Kommandeure

18 novembre 1942-5 février 1943 : Oberst Fritz Freiherr von Broich

7 février 1943-31 mars 1943 : Oberst Hasso von Manteuffel

31 mars 1943-9 mai 1943 : Generalleutnant Bülowius (POW)

Composition de l’unité (30 janvier 1943) :
Luftwaffe-Regiment Barenthin 
10º Reggimento Bersaglieri
Tunis Feldbataillon T3

et 12/Afrika-Art Rgt 2 IV Artillerie Regiment Afrika 2

4/Art Rgt 190
Fallschirm Pionier Abteilung 11 

Pz-Späh-Zug 220
Panzer-Nachrichten- Zug (mot) 190

Unités de soutien

            Dotée d’un ordre de bataille de configuration unique au sein de la Wehrmacht, la Division « von Broich » est créée le 15 novembre 1942, au tout début de la campagne, à partir de la Schüten-Brigade von Broich formée le 10 novembre à partir de l’Ortskommandeur II/960, comprenant des éléments disparates chargés d’assurer la défense de Tunis et Bizerte. L’une de ses composantes les plus redoutables, peut-être la meilleure unité allemande à laquelle les Alliés furent confrontés en Tunisie selon Sir Harold Alexander, est le Luftwaffe-Regiment-Barenthin, un régiment de Fallschirmjäger commandé par l’Oberst Barenthin. L’unité est créée à partir de la Kraftfahrschule Helmstedt (l’école de conduite Helmstedt) et le Segelflieger-Ergänzgruppe Posen (Groupe de remplaçants de pilotes de planeurs de Posen). En mars 1943, l’organigramme de l’unité indique le 160. Panzergrenadier-Regiment. Ce dernier rassemble trois bataillons de remplacements présents en Tunisie dès novembre 1942 : les Tunis Feldbataillone T3 et T4 ainsi que l’Afrika Marsch Bataillon A 30.

          Arrivés avec les premiers contingents débarqués en Tunisie, le Fallschirm-Pionier-Abteilung (mot)11 du MajorWitzig, soit 716 hommes appuyés par des Panzer et quelques canonsprofite de l’absence d’opposition de la part des Français pour progresser vers l’ouest. Un premier accrochage a lieu près du Djebel Abiod le 17 novembre 1942. Les Britanniques, établis autour d’un pont, subissent des pertes sensibles avant que Witzig, dont les paras s’étaient retranchés dans un champ de cactus, renonce. Quelques jours plus tard, les Fallschirmjäger stoppent la poussée alliée au niveau des Djebel Azag et Ajred. Les Anglais perdent plus de 300 hommes contre 35 à Witzig. La compagnie qui avait rejoint la Brigade Ramcke retrouve enfin son unité-mère, ce qui représente un renfort bienvenu (une cinquantaine d’hommes). Au centre, devant Mateur, Barenthin (et la 3e compagie de Witzig) freine également l’avance alliée avant de participer en soutien à la bataille de Tébourba, début décembre 1942. Les combats menés du 17 novembre au 15 décembre coûtent 542 soldats allemands (dont 125 tués) à la Division « von Broich ». En janvier 1943, de sévères combats sont menés au nord du front, notamment face aux « Red Devils », mais toutes les attaques sont repoussées. 

          A la fin du mois de février, la Division « von Manteuffel » (Broich est passé à la 10. Panzer) lance l’opération« Ausladung » en soutien à « Ochsenkopf ». Après une progression en terrain difficile, les Bersaglieri atteignent la route reliant le Cap Serrat à Sedjenane. Les pionniers parachutistes de Witzig s’emparent intact du pont de Sedjenane. La localité tombe le 4 mars. Le 6 mars, au Djebel Munchar, les Allemands revendiquent la destruction de 2 Churchill puis de 12 véhicules de reconnaissance. Plus au sud, dans le secteur de Barenthin, l’offensive démarre aussi sous de bons auspices. Toutefois, le 8 mars, le régiment échoue face aux paras anglais retranchés sur des hauteurs couvertes d’arbres et de broussailles. Les Britanniques doivent finalement concéder le terrain en raison du repli du Corps Franc d’Afrique durement pressé sur leur flanc gauche. Le 17 mars, Tamera est prise par les Allemands. Manteuffel, parvenu à capturer de nombreux prisonniers (plus de 1 200 selon un premier bilan) et à repousser l’ennemi sur une distance non négligeable, aura donc obtenu les plus beaux résultats de l’opération voulue par Arnim. 

            La division poursuit ensuite sa mission défensive jusqu’à la fin de la campagne dans le secteur nord de la tête de pont, de la côte jusqu’à la route qui joint Sidi Nsir à Chouigui. Le 25 avril, les 5 000 fantassins de Manteuffel sont certes nettement surclassés par le IInd US Corps de Bradley mais le relief montagneux avec ses crêtes, oueds et ravins favorise le défenseur. La division résiste avec acharnement sur des positions fortifiées depuis des mois. Il ne faut pas moins de cinq jours à Bradley pour la repousser des hauteurs qu’elle défend, la colline 609 ne tombant que le 30 avril. Les GI’s sont montés à l’assaut grimpés sur les superstructures de leurs Sherman, 4 blindés étant détruits mais les autres permettant d’emporter la décision. Les Fallschirmjäger se sont même permis le luxe de contre-attaquer, occasionnant de lourdes pertes aux Américains et leur capturant 150 hommes. Un GI dira que l’affrontement était similaire à des combats de rue. La colline 523, toute proche, change trois fois de mains en 24 heures. Chaque minute, 300 pièces d’artillerie américaines expédient 11 tonnes d’obus sur les lignes allemandes. La Division « von Manteuffel » se replie lentement –plus par manque de motorisation qu’en raison de la pression des Alliés- en direction de Mateur et de Bizerte, opérant ça et là des destructions et semant des mines pour retarder l’adversaire. Début mai, elle ancre son flanc droit sur l’éminence du Djebel Achkel. Le front d’étend ensuite le long de crêtes surplombant de la vallée de la Tine jusqu’au collines au nord-ouest du col de Chouigui. En parvenant au port de La Goulette, les Américains libèrent, à bord d’un navire italien endommagé, 500 prisonniers alliés, dont beaucoup avaient été capturés par la Division «von Manteuffel ». L’après-midi du 8 mai, isolés avec le GQG du Pz AOK 5 dans les collines au nord de Garaet el Mabtouha et d’El Alia, les restes de la Division « von Manteuffel » et de la 15. Panzer-Division (avec quelques éléments de la 10. Panzer-Division) sont passés sous le commandement direct du General von Vaerst. La reddition survient peu après.