Livre Seconde Guerre Mondiale WWII

FALLSCHIRMJÄGER DANS LES ARDENNES

Toujours l'élite de la Wehrmacht?

Les célèbres clichés pris dans le sillage du Kamfgruppe Peiper nous montrent des parachutistes coiffés du casque standard de l’armée allemande. Cette réalité n’est pas tant le signe d’un manque d’équipement des fourriers des unités parachutistes que du rôle qui est désormais dévolu à ces formations, à savoir celui d’unités terrestres, soi-disant d’élite. Pourtant, les Fallschirmjäger constituent l’une des troupes d’élite les plus fameuses de la Wehrmacht. Certains de leurs faits d’armes sont passés à la postérité : Eben Emaël, la Crète, Monte Cassino. Qu’en est-il de leur participation à l’opération « Herbstnebel », la bataille des Ardennes ? Premier constat évident et lourd de conséquences : la bataille de Normandie et les combats de la retraite et de l’automne ont saigné à blanc les formations de Fallschirmjäger.

« Stösser »

            Cette opération consiste en un largage de parachutistes afin de faciliter la progression de la 6. Panzerarmeevers la Meuse. Depuis le largage au-dessus de Leros à l’automne 1943, aucune formation de l’arme aéroportée allemande n’a effectué de saut opérationnel (on a bien un temps songé au Heeresgruppe B de parachuter des Fallschirmjäger sur Cherbourg pour y renforcer la garnison isolé en juin 1944 avant d’abandonner cette idée saugrenue). Malgré sa demande, Von der Heydte ne reçoit pas l’autorisation d’employer « son » FJR 6. Ses supérieurs craignent que le départ de cette formation de la ligne de front n’alerte les Alliés. Il ne réussit qu’à rassembler 250 vétérans. Il doit compléter avec des recrues pour atteindre l’effectif de 870 hommes. L’échec retentissant : s’emparer d’un important carrefour dans le Hohes Venn ne sera pas une sinécure. De fait, le parachutage de Fallschirmjäger à Baraque Michel tournera au fiasco. Alors que le Transport-Geschwader 30 largue des mannequins en guise de diversion, les Ju 52 du II./Transport-Geschwader 3 embarquent les hommes de von der Heydte : les pilotes, novices, font des calculs erronés sur la vitesse de leurs appareils en raison du vent de face.  Il en résulte de nombreuses erreurs de parachutage. 200 hommes sont largués près du Rhin à Bonn, les autres sont dispersés sur 60 kilomètres, 220 entre Bonn et les lignes allemandes et 450 dans le Hohes Venn, dont à peine une centaine sur la zone prévue. A 8 heures du matin, von der Heydte n’a pu regrouper que 150 hommes autour de lui et il ne dispose que d’un unique mortier. Si ses hommes sont en mesure de glaner de précieux renseignements sur les positions américaines, ils se montrent dans l’incapacité de les transmettre à la 6. Panzerarmee ! Le 17 au soir, il a rassemblé 300 hommes. 200 seront finalement capturés. A l’actif de l’intervention des Fallschirmjäger de von der Heydte, quelques embuscades et bien des soucis pour plusieurs unités de GI’s de la 1st US ID occupés à traquer les parachutistes ennemis.

5. Fallschirmjäger-Division dans l’offensive

Les pertes essuyées en Normandie sont sévères (8 000 hommes sur les 12 800 engagés). Les remplaçants proviennent pour l’essentiel d’unités terrestres de la Luftwaffe et de personnels non-naviguant des unités aériennes. Du personnel de la Kriegsmarine est également versé à l’unité. Tous manquent d’entraînement parachutiste et d’expérience du combat terrestre (le cas de beaucoup d’officiers). Lors de la réorganisation en octobre 44, les paras regardent avec suspicion les hommes de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine qui, à leurs yeux, manquent d’enthousiasme. Il n’y a pas d’entraînement parachutiste en vue et la fourniture d’armements et d’équipements modernes se fait attendre. Eduard Krüger, un des hommes de la 5. FJD, ne perçoit son MP 44 que le 15 décembre –la veille de l’offensive- et découvre à cette occasion cette arme pour la première fois ! L’offensive qui devait être lancée en novembre est repoussée mais, le 1er décembre, il manque encore des vêtements d’hiver, des Pak, des radios, des mortiers… Le manque de mobilité handicapera de fait les batteries d’artillerie à plusieurs reprises car elles ne pourront ainsi pas fournir le soutien demandé.

Toutefois, les hommes ont une moyenne d’âge de 20 ans et ont un bon esprit combatif. Début novembre, la majeure partie de la division est dans le secteur d’Oldenburg. Le commandement est confié au General-Major Heilmann. Le 1er décembre, celui-ci la jauge à “Valeur de Combat IV”, c’est-à-dire capable de missions défensives. En fait, elle se battra bien, d’où un jugement seulement en partie justifié de la part de von Gersdorff, le chef d’état-major de la 7. Armee « faible valeur combattive en raison d’un manque d’entraînement, leadership de faible qualité et une mobilité réduite. Armement plutôt satisfaisant, lourdement armé en Panzerfaust ».

Les effectifs sont portés à 16 000 hommes pour l’offensive. Elle comprend les Fallschirmjäger Regiment 13, 14 et 15. , l’Artillerie-Regiment 5 (en partie motorisée), un bataillon de mortiers lourds (36  mortiers 12 cm 42), une unité Panzerjager avec des  Pak 40, une unité Flak para avec 3 batteries 8.8 cm, une de Flakvierling 38 et une cinquième de 12 canons 3.7 cm entièrement motorisée, un bataillon du génie, une unité de reconnaissance ainsi que les unités de soutien habituelles. La division peut également compter sur l’appui des canons d’assaut de la Sturmgeschütze Brigade 11 qui lui est rattachée. 

La 5 FJD doit attaquer l’ennemi de Roth sur l’Our à Stolzembourg  sur les hauteurs à l’ouest de l’Our, percer les positions ennemies, notamment à Vianden, et foncer jusqu’à la Sauer afin d’atteindre la ligne Martelange-Rosières-Sibret. Il est prévu d’envoyer des troupes jusqu’à Neufchâteau, St Hubert et Libramont. Comme pour l’ensemble de la 7. Armee, la mission principale dévolue à la 5 FJD est d’assurer le flanc sud de la 5. Panzerarmee qui attaque Bastogne. 

Le FJR 13 du Major Wahl compte 2 500 hommes. Le ravitaillement en armes, équipement et rations est satisfaisant au début. Quand au matériel radio, les pertes obligeront vite de recourir à des messagers. Sur ordre du LXXXV AK, ce régiment, mis à disposition de la 352. VGD comme flanc-garde le 17 décembre, est placé sur l’aile droite (revient à la 5 FJD le 20-21 décembre), joue un rôle essentiel en éliminant une multitude de poches de résistance américaines dans le secteur Fouhren-Walsdorf-Bastendorf qui ont été isolés par la division voisine (la 352. VGD), ouvrant ainsi une voie sécurisée. Le FJR 15 de l’Oberst Gröschke est mieux équipé que le FJR 13, notamment en moyens de communications, ce qui favorise le commandement de l’unité. Gröschke doit percer à Roth, prendre Vianden et s’assurer de maintenir ouvert le passage à Boursheid sur la Sauer. La Sturmgeschütze Brigade 11 et le bataillon de reconnaissance avanceront vers Hoscheid et Bourscheid dès que pont sera construit à Roth. Le FJR 13 le suivra aussi en coopérant avec la 352. VGD et en éliminant toute défense résiduelle de l’ennemi. Le FJR 14 progressera d’abord vers Hosheid.

Le 15 décembre au soir, les premières vagues traversent l’Our entre 5h30 et 6 heures sans rencontrer d’opposition majeure. L’ennemi semble écrasé par l’artillerie. Le bataillon du génie s’empare rapidement de Vianden. Ce n’est que l’après midi que les communications sont rétablies avec le QG de la division. Les rapports sont peu clairs et sont jugés peu satisfaisants par le LXXXV AK. Certes, les fallschirmjâger ont mis à profit le brouillard pour s’infiltrer dans les lignes ennemies et contourner les môles de résistance. Le FJR 14 est alors à Pütscheid. De Walsdorf, le FJR 13annonce par radio de sérieux combats avec l’ennemi. Fouhren n’est pas encore pris par la 352. VGD. La construction d’un pont en bois à Roth est gênée par les mortiers américains en provenance de Fouhren. Le 17 décembre, le FJR 14prend Weiler et le FJR 15 donne enfin signe de vie : il s’est emparé du passage sur la Sauer de Bourscheid intact. Mais des ennemis se trouvent encore sur ses arrières à Landscheid et Gralingen. Avec son voisin de gauche, le FJR 13 est toujours pris dans de violents combats dans et aux alentours de Fouhren. Le 18 décembre, le pont à Roth est fini mais toujours soumis aux tirs de l’adversaire. La Sturmgeschütze Brigade 11 de l’Hauptmann Holländer a cependant déjà franchi l’Our sur un déversoir près de Vianden car des Sherman sont annoncés à Pütscheid et Walsdorf et il faut soutenir le FJR 14 qui parvient devant Hosheid. Hoscheid est nettoyé en soirée du 18 décembre et le génie y est envoyé. 

Le 19 décembre, la division forme trois colonnes et se met en route vers ses objectifs. Wiltz tombe et, finalement la 5. FJD peut s’estimer satisfaite car l’avance a été rapide et ses objectifs sont en grande partie atteints : il faut maintenant se mettre sur la défensive et se préparer à repousser la contre-attaque ennemie qui ne manquera pas de survenir depuis le sud. En effet, si la 5. FJD marche sur Sibret pour participer à l’encerclement de Bastogne, la tâche première qui incombe à l’unité est de constituer une flanc-garde. Quelques Sherman capturés sont réutilisés au sein de la division. Ils représentent un appoint bienvenu pour une unité dont la capacité antichar reste somme toute limitée. Comme sur tous les fronts, les soldats allemands, y compris ceux des unités d’élite, doivent faire flèche de tout bois et réemploient du matériel ennemi de tout sorte, y compris de l’équipement individuel, y compris des effets d’hiver et des chausures comme ce sera le cas dans les Ardennes.

Témoignage du Major Wahl du FJR 13

Wahl rapporte que l’avance se fait d’abord de manière assez aisée puisque son régiment n’est confronté qu’à une faible opposition. Il observe même que, de toute la guerre, il n’a jamais observé tant de confusion chez un adversaire. C’est ainsi qu’une quantité de matériel a été abandonné intact par les Américains en retraite. En quelques jours, plus de 1 000 GI’s sont capturés par le FJR 13. Bien plus, avec le matériel tombé entre ses mains, son escadron cycliste est en mesure de s’équiper de jeeps. Toutefois, la neige met beaucoup d’hommes hors de combat à cause du gel. Tout ne va pas pour le mieux non plus sur le front de l’intendance. Lors de la prise du PC du FJR 13, les Américains capturent ainsi un document concernant la nourriture envoyé à l’Oberinspektor responsable du ravitaillement. Wahl s’y plaignait que si les hommes des services mangent bien, ceux du front reçoivent de la nourriture tout juste bonne pour les porcs et froide de surcroît. Les Américains ne manquent pas de se saisir de l’aubaine pour leur propagande et jeter des tracts dans les lignes allemandes.

La 5. Fallschirmjäger-Division frappée en force par la contre-attaque de Patton

            Quelques jours plus tard, la 5. FJD est confrontée à la 4th US Armored Division du général Gaffey qui a pour mission de rétablir le contact avec la garnison de Bastogne isolée. Le 23 décembre, la progression du CCA d’Earnest sur la route d’Arlon et celle du CCB de Dager un peu plus à l’ouest s’avèrent moins satisfaisantes qu’escompté. Les destructions effectuées par le génie américain lors du repli et les intempéries gênent l’avance des blindés. Les parachutistes allemands font également preuve de ténacité et s’avèrent être de sérieux adversaires. A proximité de Martelange, une compagnie de Fallschirmjäger retarde avec brio la pointe du CCA. Les combats durent toute l’après-midi et se poursuivent dans la nuit. Lorsqu’une tête de pont est enfin établie au-delà des deux ponts –que les Allemands n’ont pas manqué de détruire- on se rend compte que l’aspect escarpé des rives nécessite de poser un pont Bailey : impossible de construire un pont de bateaux Tradeway ou une portière. Il faudra donc attendre jusqu’à l’après-midi du 23 décembre : les paras allemands ont donc fait perdre 24 heures à Patton ! Dans le même temps, le CCB avance sans difficulté majeure jusqu’à Burnon, où le pont est également détruit. Il ne reste plus que 10 kilomètres à couvrir jusqu’à Bastogne. 

            Le 23 décembre, l’accrochage est sérieux à Chaumont. Un début de panique s’empare de certains éléments de la 5. FJD, débandade accentuée par les mitraillages des chasseurs américains. Il faut toute l’énergie du général Kokott, le commandant de la 26. VGD chargée du siège de Bastogne, pour rétablir l’ordre et la discipline. Globalement toutefois, les Fallschirmjäger tiennent le choc, d’autant que les Sherman s’enlisent dans la boue et que des canons sont astucieusement disposés sur les collines aux alentours. 11 Sherman et 65 hommes sont perdus. Une contre-attaque soutenue par 10 Sturmgeschütze et 5 Tiger Elephant du s.Panzerjäger Abteilung 653 permet aux paras allemands de reprendre Chaumont (peut-être également des Panther de la Panzer Lehr). Le 24 décembre, le CCA s’est emparée de  Warnach, distant de 15 kilomètres de Bastogne. Mais les Fallschirmjäger reçoivent des renforts, dont la Führer Grenadier Brigade. Les combats dans Warnach sont acharnés. Dissimulés dans les bâtiments, les paras laissent passer les premiers Sherman avant de détruire soudainement des half-tracks. Les Américains ont du batailler pour chaque maison au corps à corps. Les Fallschirmjäger s’accrochent, se faufilant même de nouveau dans les maisons que les GI’scroient avoir sécurisés. Un tankiste de la 4th US Arm Div écrit à propos de ces paras : « Je veux décrire ces bâtards car certains observateurs les ont sous-estimés. Ils étaient, a n’en pas douter, inexpérimentés, mais je n’ai pu m’en rendre compte plus tard qu’à la lecture de documents significatifs. Le fait est qu’il ne se sont pas comportés comme des soldats inexpérimentés ». Finalement, Warnach a coûté 68 pertes aux vainqueurs, contre 135 Allemands tués et autant capturés.

C’est finalement le CCR du colonel Blanchard qui réalisera la jonction avec Bastogne, non sans mal. Le 24 décembre, le CCR s’empare de Bigonville après un combat de rues très disputé. 328 Fallschirmjäger sont faits prisonniers. Le CCR doit roquer autour de la division pour finalement attaquer sur le flanc gauche de celle-ci. L’avance du CCR ne commence que le 25 décembre (il est en effet usuel de garder le CCR en réserve au sein de la 4th Arm Div). La prise de Remonville est ardue car le bataillon de Fallschirmjäger qui s’y trouve oppose une vive résistance. Cependant, les paras d’un bataillon du FJR 14 sont si durement matraqué par l’artillerie, les tirs de mitrailleuses et les grenades des Américains que le bataillon est anéanti sans coup férir. 327 hommes sont capturés. L’avance se poursuit le lendemain : Clochimont est prise et Assenois est traversée sans coup férir par une petite colonne américaine qui parvient jusqu’à Bastogne.

La 5. FJD poursuit les combats au sud du saillant et n’est pas au bout de ses peines. Le 9 janvier, elle est doublement surprise par une attaque américaine et par l’entrée en lice d’une nouvelle division de Patton : la 90th US ID. La tempête de neige ne représente pas un handicap suffisant pour les « Tough Ombres » de la 90th. Le lendemain, ils parviennent à s’emparer des hauteurs dominant la seule voie de repli de l’ennemi en dehors du saillant. Dans la nuit du 10 au 11, les Allemands évacuent. La 25th US ID, attaquant depuis le nord-ouest, réalise sa jonction avec la 90th US ID : un millier d’Allemands sont capturés.

La 3. Fallschirmjäger-Division

            La 3. FJD, également étrillée en Normandie, est reconstituée de la même manière que la 5. FJD, mis à part le fait qu’elle ne se voit pas adjoindre une brigade de Sturmgeschütze. Alors que cette unité s’est plus brillamment illustrée que sa consoeur la 5. FJD en Normandie, c’est plutôt le constat inverse qui est fait dans les Ardennes. De concert avec la 12. VGD, la 3. FJD du général Wadehn doit percer le front américain afin de permettre au Kampfgruppe Peiper d’exploiter en profondeur jusqu’à la Meuse. Peiper combat plus particulièrement aux côtés du FJR 9. Ce dernier ne brille pas particulièrement. Pendant toute la première journée de bataille, le régiment est bloqué par un unique peloton américain. Peiper se plaint que, à trois reprises, les Américains repoussent les Fallschirmjäger attaquant Honsfeld. Peu après, dans la forêt de Büllingen, c’est un champ de mines qui cause des soucis aux parachutistes. Bien plus, au soir du 16 décembre, alors que Peiper est bloqué près de Lanzerath, l’Oberst von Hoffmann, chef du FJR Rgt 9est peu désireux de continuer à progresser sans soutien d’artillerie. Plus au sud, la division de parachutistes est apparemment plus chanceuse face au 14th Cavalry Group appuyé par quelques pièces antichars. Le FJR 5 écrase les avant-postes américains. C’est alors que les Fallschirmjäger, décidemment bien peu professionnels, avancent vers Manderfeld, l’arme à la bretelle, en rangs serrés et en chantant ! Les GI’s s en donnent à cœur joie et déciment les rangs de ces soldats allemands qui négligent les précautions les plus élémentaires. Près de 200 paras sont tués… La division ne progressera guère et restera sur la brèche au nord du saillant. Elle doit tenir le front entre Büllingen et Waimes. Les combats y sont violents, décisifs puisque le maintien sur la crête d’Elsenborn sera une des raisons majeures du succès final de l’US Army. En tout état de cause, la 3. FJD n’a pas fait montre de grandes qualités combatives.

            Des Fallschirmjäger sont aussi de l’équipée de Peiper. De fait, la 3. FJD prête un bataillon à l’officier SS, aide qui se réduit ensuite à une unique compagnie, rendue célèbre par les fameux clichés montrant des paras montés sur le Tiger II n°222 ou profitant du butin capturé à Stoumont. Peiper ou plus encore les autres formations de la 1. SS Panzer Division ont pu compter aussi sur des paras du « Gruppe Solar », les hommes de Skorzeny. La moitié de ses hommes sont en effet des paras : 800 de la Luftwaffe et 380 du SS Fallschirmjäger Abteilung 600.

Les Bleus de l’US Army déciment l’élite de la Wehrmacht

Le 16 décembre, avant le lever du soleil, au niveau d’un carrefour essentiel, les I et R platoons du First LieutenantLyle J.Bouck du 394th IR de la 99th US ID sont pilonnés par l’artillerie allemande. Bientôt, les silhouettes des Panzeret des StuG deviennent visibles sur les collines environnant Losheim. Bouck reçoit l’ordre d’expédier une patrouille en direction de Lanzerath. Le lieutenant s’exécute et assure lui-même cette mission avec trois hommes. Bien qu’il demande un soutien d’artillerie, celui-ci ne se matérialise pas. Bouck décide alors de disposer sa section en embuscade. Ses hommes sont à l’abri dans des foxholes. Pour tout arme de soutien, il n’a que deux mitrailleuses de calibre 30 et une de calibre 50. La scène à laquelle assistent des GI’s pourtant inexpérimentés va alors les stupéfier. Ils observent en effet une colonne de 500 Fallschirmjäger appartenant au FJR 9, donc en théorie des soldats d’élite, s’avançant sans prendre garde, comme à la parade, sans aucune flanc-garde ni reconnaissance. Bouck décide de laisser passer 300 hommes avant d’ouvrir le feu. Alors qu’il s’apprête à donner l’ordre de tirer, il a la déconvenue de voir une petite fille quitter une maison pour prévenir les Allemands du danger qui menace. L’effet de surprise est perdu ! Toutefois, bien protégés et bien disposés, les Américains combattent avec acharnement et opèrent des coupes sombres dans les rangs d’un adversaire qui n’hésite pas à charger! Ce petit groupe d’Américains se défend jusqu’à épuisement des munitions avant de se résigner à se rendre. La captivité est amère. Mais il lui reste la satisfaction d’avoir décimé l’adversaire. Le bilan est en effet sans appel : 1 mort et 14 blessés chez les Américains, 92 pertes chez les Allemands, dont 16 tués.

Conclusion:

            Le bilan de l’intervention des Fallschirmjäger dans les Ardennes est pour le moins mitigé. L’opération “Stosser”échoue lamentablement, faute d’avoir été préparée et menée dans des conditions acceptables pour espérer le moindre succès, sans parler de l’incapacité des forces de la 6. Panzerarmee à effectuer une percée des lignes américaines. Au sein de cette 6. Panzerarmee, la 3. FJD fait bien pâle figure en regard de sa combativité et de sa ténacité lors des combats menés au cours de l’été 1944 pour Saint-Lô, Vire ou de la poche de Falaise. Les combats pour Lanzerath dénotent un amateurisme incompatible avec le statut d’élite usuellement accolé au mot Fallschirmjäger. Le bilan de la 5. FJD est plus nuancé. Comme sa consoeur, bien qu’unité théoriquement d’élite, elle ne semble pas non plus favorisée pour sa dotation en matériel. La percée initiale n’a pas toujours été aisée en dépit d’un rapport de force favorable. Mais les objectifs ont été atteints. Elle offre une remarquable défense face à la contre-offensive de la 3rd Army de Patton mais le front dévolu à ses régiments est trop étiré et la défense manque de profondeur et de moyens blindés pour parvenir à obtenir plus qu’un ralentissemnt ou un arrêt temporaire de la progression américaine. L’unité reste cependant combative jusqu’au bout et, au final, comparativement à la bataille de Normandie au cours de laquelle, sous-équipée, elle est engagée de façon dispersée, la 5. FJD se comporte de façon honorable au feu pendant la bataille des Ardennes. On ne peut cependant que constater que les unités d’élite aéroportées allemandes, contrairement à leurs homologues américaines au cours de cette même bataille, n’ont pas été à même de répondre aux attentes mises en elles par le haut-commandement.