Seconde Guerre Mondiale WWII

Deutsch-Arabische-Lehr-Abteilung (janvier 1943)

Des Arabes aux côtés des Germano-Italiens

Benoît Rondeau Copyright

Kommandeur

Oberstleutnant Meyer-Ricks

2 à 3 000 Arabes, pour la plupart nord-africains, participent à la campagne dans les rangs allemands. Le Reich a en effet pleinement conscience du parti qu’il peut tirer du ressentiment existant dans une partie du monde arabe à l’encontre des puissances coloniales, essentiellement le Royaume-Uni en l’occurrence car il convient de ménager le gouvernement de Vichy activement entré dans la Collaboration avec l’Allemagne. Puisque Pétain et les autorités françaises en Tunisie ne se sont pas opposés à l’arrivée des premiers contingents germano-italiens à Bizerte et à Tunis, Berlin pense en effet pouvoir faire intervenir à son profit dans la tête de pont ses quelques éléments arabes intégrés dans la Wehrmacht. Au 1er mars, le Pz AOK 5 compte ainsi 5 bataillons au sein d’un Abschnitt Deutsche-Arabische Truppen (on parlera de KODAT Kommando Deutsche-Arabische Truppen). Ces bataillons tirent leur origine d’éléments détachés de la Deutsche-Arabische-Lehr-Abteilung dépêchés en Tunisie pour recruter et encadrer les volontaires parmi les populations arabes locales, hâtivement équipés d’uniformes et de matériels français de l’armée d’Afrique. Les clichés d’époque montrent cependant des hommes équipés de coiffures allemandes. Les cadres sont tous des Allemands. La Deutsche-Arabische-Lehr-Abteilung, une unité appartenant officiellement à la Wehrmacht, a vu le jour en Grèce en juillet 1941. Les premiers éléments à rejoindre l’unité sont des étudiants arabophones d’Allemagne, des réfugiés d’Irak et de Syrie ainsi que des ex-soldats des troupes coloniales françaises et britanniques. En janvier-février 1943, certains éléments du Sonderverband 287 (levé pour servir au Moyen-Orient à l’instar du Sonderverband 288), en l’occurrence son III. Bataillon commandé par l’Hauptmann Schober, rallient l’unité et deviennent partie intégrante de la formation. Les quelques hommes de la Deutsche-Arabische-Lehr-Abteilung et du Sonderverband 287 qui rejoignent l’Afrique du Nord combattent donc aux côtés de centaines de recrues levées localement sur la base du volontariat. Le 20 janvier, le Major Witzig va chercher une vingtaine d’Arabes, dont quelques anciens légionnaires, dans un camp près de Tunis. Il les incorpore auprès de ses Fallschirmjäger dans les compagnies de soutien. Mais ils ne combattront pas. En février 1943, le KODAT rassemble deux bataillons de Tunisiens, un bataillon d’Algériens et un bataillon de Marocains. Entre janvier et mai 1943, ces unités sont d’abord dévolues à des tâches de surveillance de la côte entre Hammamet et Enfidaville. En avril, elles participent à la fortification de la position d’Enfidaville aux côtés de troupes italiennes. Le 1er mai, le bataillon est rattaché quelques jours au Kampfgruppe Witzig. Leur contribution aux combats menés en Tunisie sera assez négligeable pour les forces de l’Axe. La plupart des membres sont capturés lors de la chute de Tunis.