Seconde Guerre Mondiale WWII

Aux origines d’une passion

La Seconde Guerre mondiale et moi...

Ce n’est pas la Résistance, l’épopée des FFL ou encore un attrait malsain pour les Waffen SS qui m’ont orienté vers la Seconde Guerre mondiale…

Aux origines d’une grande passion pour la bataille de Normandie

Le superbe cimetière d’Omaha Beach, mon site préféré parmi les espaces du souvenir de la bataille de Normandie.

Ci-dessus: le musée de Sainte-Mère-Eglise, comme tous les musées normands, a considérablement évolué depuis sa première mouture que je visitais étant enfant, et ce pour le plus grand bénéfice des amateurs d’Histoire.

Né à Caen en 1973, mon intérêt pour la bataille de Normandie se comprend aisément, bien plus que si j’avais grandi dans toute autre région de France, plus particulièrement à cette époque.  Les jeunes des années 50 à 70 ont connu à cet égard une atmosphère particulièrement propice pour s’intéresser à la chose militaire.

Rien qui soit bien original ici: je pense que cette situation est celle d’un très grand nombre de passionnés, qu’ils soient auteurs, collectionneurs, maquettistes ou autres…

J’ai baigné dans une atmosphère du souvenir des événements tragiques des années 1940 (mais aussi de l’autre guerre), écoutant les récits des heures sombres de l’Occupation que me faisaient mes grands-parents, mais aussi mon père et ma mère, qui ont vécu le Jour J et la bataille de Normandie. Le premier a connu la poche de Falaise, la seconde a perdu sa maison le 6 juin…

La proximité des plages du Débarquement, les musées et les innombrables vestiges (blockhaus à profusion, blindés…), visités presque chaque week-end, a évidemment tenu un rôle de premier plan.  

Ci-dessus: le Jour le Plus Long, dont la diffusion était attendue avec impatience en un temps où même les magnétoscopes n’existaient pas… 

Les Alliés, en particulier les Américains, étaient des héros, auxquels on s’identifiait dans nos jeux, particulièrement aux lendemains de soirées consacrées à une fresque militaire hollywoodienne : Le Jour le Plus Long, Les Douze Salopards, De l’Or pour les Braves, Patton… Des séries TV comme “Ike” avec Robert Duvall ne faisaient qu’accentuer cet intérêt, de même que émissions de la télévision qui, alors, n’hésiter pas à proposer de la culture en “Prime Time”. Dois-je préciser l’évidence : pas plus que mes camarades de jeux, je ne percevais pleinement l’horreur et la cruauté de la guerre, d’ailleurs fort aseptisées dans les représentations du petit et du grand écran de l’époque.

Quant aux Allemands, bien que conscient très tôt de l’horreur du nazisme et de l’existence de camps, d’extermination (on disait à l’époque “Holocauste” et non “Shoah”), j’étais dans le mythe –simpliste et erroné- des seuls « méchants SS » et des soldats de la Wehrmacht « comme les autres » (j’ignorais alors combien cette armée était elle-aussi criminelle), ces derniers fascinants parce que les plus beaux dans leur apparence.

Si la Pacifique a également retenu mon attention (grâce aux Américains et aux australiens, très charismatiques avec leurs chapeaux, mais aussi -merci de nouveau Hollywood- avec ses films, mais aussi le petit écran avec “Les Têtes Brûlées”), a contrario, aucun intérêt pour la guerre à l’Est, un rejet de la Waffen SS et des prétendus exploits militaires (de Koursk aux Ardennes).

Ci-dessus: Airfix représente pour moi LA marque mythique, même s’il fallait compter aussi avec de belles boîtes Matchbox, Esci et, dans une moindre mesure, Italeri.

Les jeux et jouets dont disposaient les garçons à l’époque n’ont fait que renforcer cette tendance : c’était le temps des « petits soldats » et des poupées « Action Joe » et autres maquettes en nombre ou engins militaires Solido. Tous mes amis, sans exception, même ceux désormais très marqués “à gauche”, étaient  des inconditionnels des jeux de guerre, qui nous emmenaient de l’Antiquité à la Seconde Guerre mondiale.  

Ci-dessus: ce numéro d'”Attack” avec des SAS était l’un de mes préférés…

Chez les marchands de journaux, l’arrivée régulière de bande-dessinées présentant la guerre de façon héroïque, le plus souvent avec des soldats britanniques comme protagonistes de ces aventures, participait à cet engouement pour la Seconde Guerre mondiale.  

Plus tard, à un âge où les passions étaient déjà ancrées, l’ampleur prise par les festivités du Débarquement, mais aussi le développement de musées, n’ont fait qu’accentuer l’intérêt pour cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale.  

Mon attrait pour la guerre du désert  

Erwin Rommel, un personnage qui explique largement ma passion pour la guerre du désert.

Parallèlement, mon intérêt pour la guerre du désert, de 1940 à 1943, n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur, au point où, étant adolescent, cet épisode mythique de la Seconde Guerre mondiale est devenu mon centre d’intérêt principal en ce qui concerne ce conflit.  

Ci-dessus: Un Taxi pour Tobrouk, sans doute mon film préféré, à tout le moins l’un de mes favoris.

C’est la bataille de Normandie qui a en partie guidée cette orientation vers l’Afrique du Nord, en raison de la participation d’Erwin Rommel aux deux campagnes. De belle allure, jouissant alors de la réputation (non fondée) d’être un anti-nazi, d’avoir mené une « guerre sans haine » et considéré comme, un comploteur contre Hitler, Rommel avait tout pour séduire. L’aspect exotique du désert, le soleil et des soldats aux uniformes attrayant ont fait le reste… en particulier l’incroyable aventure des « raiders du désert », immortalisée par un superbe film qui fascinait tous mes copains et moi-même au premier chef : « Un Taxi pour Tobrouk ».  

Ci-dessus: mes panoplies préférés des “Action Joe” étaient les deux du désert…

De nouveau, les jouets de l’époque ont tenu un rôle primordial et décisif : pas question de manquer une boîte de modèles réduits « Afrikakorps » ou « 8th Army ». Le plus beau souvenir reste à cet égard le kit Matchbox avec un Chevrolet du LRDG et une jeep du SAS.  Mes bandes-dessinées « Attack » préférées étaient celles qui avaient le désert pour cadre.

Ci-dessus: la BD qui m’a donné la première approche globale de la guerre du désert.

Et il y eu, tout jeune encore, la découverte de la BD « Afrikakorps » de Dupuis, qui laissait un parfum d’aventure et de guerre sans haine.  

Après Rommel, Montgomery a longtemps retenue mon attention (il fût un temps mon général favori), ainsi que Patton (découvert, comme pour la plupart, avec les le film éponyme qui lui est consacré), sans doute mon général préféré de la Seconde Guerre mondiale.

Patton, Eisenhower, Montgomery: des leaders d’exception, qui ont servi le monde libre. Des héros bien plus fascinants que les Nazis ou les Soviétiques.

A l’adolescence, les rares ouvrages disponibles en français (je devais en acheter en anglais, outre un ouvrage découverte en Allemagne) m’ont permis de découvrir le rôle de celui qui, depuis, est resté l’officier le plus captivant et le plus intéressant de ces deux années et demi de guerre en Afrique du Nord : Claude Auchinleck.  

Je me souviens qu’à 17 ans, je rêvais, sans croire la chose possible, de devenir le spécialiste français de l’Afrikakorps et de la guerre du désert et de consacrer des livres à ce sujet…  

Je mesure désormais le chemin accompli…