Le 23 mars dans la nuit, l’Oberst Rudolph Lang se présente au QG du général von Arnim, alors Kommandeur du Heeresgruppe Afrika, sis à proximité de Sousse. L’officier, qui s’est distingué au sein de la 334. ID au cours de divers engagements, se voit confier la tâche d’endiguer les blindés du II Corps américain qui viennent de s’emparer de Sened (le 21 mars). La situation est grave : Maknassy tombée, si les GI contrôlent les hauteurs avoisinantes de la Dorsale Orientale, George Patton n’aurait aucune difficulté à pousser jusqu’à la côte et, ainsi, isoler le Pz. AOK 5 de la IaArmata (ex-Deutsch-Italienische Panzerarmee). Patton, qui n’est plus qu’à une cinquantaine de kilomètres de la mer, veut absolument percer, pour ensuite lancer deux colonnes effectuer deux raids, le premier contre l’aérodrome de Mazzouna, et le second sur la route côtière. Lang apprend que le général Imperiali, commandant de l’unité italienne éponyme, reste injoignable. Il est donc dépêché de toute urgence pour restaurer la situation et endiguer le flux de la 1st US Armored Division.
Lang découvre une situation alarmante. Des troupes sont en fuite et nulle trace d’Imperiali… Il rallie quelques hommes, dont des officiers de la Flak qui s’assurent que plus aucun fuyard ne se replie vers l’est. S’approchant du col de Maknassy, toujours entre les mains des forces de l’Axe, le véhicule de Lang est touché par un obus américain. L’Oberst est indemne. Il découvre alors que le groupe de défenseurs se résume à 80 hommes, les restes de la Kampstaffel Rommel, commandés par le Major Medicus, soutenus par une unique pièce de 8,8 cm, ainsi qu’un Pak et quelques Italiens. Un mince cordon établi au Djebel Naemia, hâtivement mis en défense, qui à lui seul frustre les espoirs de George Patton qui ignore combien le général Orlando Ward, le chef de la 1st US Armored Division, devrait logiquement l’emporter facilement…
Par chance pour Medicus, les tanks américains ont subi des pertes dans un champ de mines, ce qui a refroidi leur ardeur, mais les GI sont toutefois parvenus à s’emparer d’une position. Alors que la situation semblait désespérée, elle est rétablie par la contre-attaque énergique de l’unique –et maigre- réserve, qui consiste en une poignée de Pioniere et de quelques soldats des transmissions. Le groupe d’Allemands se paye le luxe de repousser les Américains. Ces énergiques vétérans de l’Afrika-Korps parviennent à refouler une seconde tentative ennemie, non sans en être venus au corps-à-corps. A la troisième tentative adverse, la situation n’est sauvée in extremis que par le sang-froid d’un Unteroffizier qui bondit pour manier le Pak dont tous les servants viennent d’être fauchés par l’ennemi. Patton fulmine et envoie Ward en première ligne où il est blessé en menant ses hommes à l’attaque.
Lang arrive donc à point nommé car les anciens gardes du corps de Rommel, épuisés, sont parvenus au bout de leurs ressources. Il leur faut tenir encore un peu… Dès lors, les renforts ne vont cesser d’affluer. Bien au fait de la guerre en montagne depuis son expérience dans la Caucase, ainsi que du secteur de « Longstop Hill » dans le nord tunisien (près de Medjez-el-Bab), Lang a le coup d’oeil ainsi que l’expertise pour déterminer comment organiser la défense. La troupe se retranche avec soin, y compris en ayant recours aux explosifs ou au marteau-piqueur pour aménager des positions. Parmi les premiers à parvenir à a rescousse, les deux batteries de 8,8 cm des officiers de Flak auxquels il avait ordonné de stopper le flux de fuyards, ainsi que ces derniers, des soldats italiens désormais prêts à retourner au feu. Les renforts cédés par le général von Vaerst, Kommandeur de la Pz. AOK 5 sont nettement plus considérables. In fine, l’Oberst Lang aura sous ses ordres des Italiens et des Allemands, ces derniers issus de trois régiments différents de Panzergrenadiere (un bataillon du Panzergrenadier-Regiment 86, un du Panzergrenadier-Regiment 69 et un du Panzergrenadier-Regiment 104), le Marsch-Bataillon 26, mais aussi des tankistes et leurs Tiger (de huit à quinze engins des s.Pz. Abt. 501 et 504), des artilleurs de plusieurs unités dont la seule de Nebelwerfer déployée en Afrique, mais aussi des éléments de la Kesselring-Stabwache, la Kampfstaffel O.B. (Luftwaffe), soit 30 hommes, ainsi que les restes de la Kampstaffel Rommel. Ce faisant, Vaerst se prive quasiment de toute marge de manoeuvre par ailleurs, d’autant que la 10. Panzer-Division contre-attaque sur El Guettar ce même jour.
Les premiers éléments à renforcer la position et à entrer dans la bataille en fin d’après-midi sont les bataillons des Panzergrenadier-Regimenter 69 et 86, issus du propre Kampfgruppe de Lang (alors déployé près de Medjez-el-Bab). Le I./Panzergrenadier 86 commandé par l’Hauptmann Haut est déployé au nord de la passe, jusqu’au niveau de l’oued el Leben. Ces appoints renforcent les défenseurs et permettent d’endiguer de nouveau les GI de la 1st US Armored Division, qui jouissent pourtant d’une confortable supériorité numérique et matérielle. Quant à Imperiali, il rallie enfin les lignes de l’Axe après être demeuré au front toute la journée. L’adjonction dans le système défensif du poids des Tiger et de celui de pièces à longue portée de 17 cm sonne le glas des espoirs de percée rapide de Patton. Le Marsch-Bataillon 26 parvient aussi sur la ligne et se déploie sur la gauche.
Le général von Vaerst rapportera combien le commandement de Lang s’est avéré énergique, un camp puis l’autre prenant l’ascendant au cours des affrontements, le Kampfgruppe n’hésitant pas à mener des contre-attaques quand bien même il a adopté une posture défensive conformément à ses ordres. Si les tirs de l’artillerie américaine s’avèrent précis, Lang bénéficie aussi du soutien des Stuka basés dans des aérodromes. Les Tiger doivent cependant être redirigé en direction du nord, en appui de la Division « Herman Goering », mais Lang ne perd pas tout soutien blindé puisque quelques Panzer de la 10. Panzer-Division assurent la relève. Toutefois, le 29 mars, les munitions viennent à manquer, un mal endémique au Heeresgruppe Afrika qui ne va cesser d’empirer.
Par chance, Patton a alors jeté l’éponge : les attaques américaines cessent ce même 29 mars, alors même qu’un nouvel effort vigoureux n’aurait pu être endigué par un Kampfgruppe affaibli et souffrant d’une pénurie de munitions. 1 700 GI et 40 tanks ont été perdus en quelques jours. Les Américains commentent l’erreur de prélever une partie de la 1st US Armored Division pour l’expédier dans le secteur d’El Guettar avec pour intention… d’atteindre la mer mais à Gabès. L’exploit de Lang ne passe pas inaperçu et l’Oberst reçoit les félicitations de tous ses supérieurs : Albert Kesselring, Hans-Jürgen von Arnim, Gustav von Vaerst. Le fait d’armes et consigné dans le journal de guerre de l’OKW.
Benoît Rondeau Copyright
Maknassy, 23-29 Mars 1943
Le 23 mars dans la nuit, l’Oberst Rudolph Lang se présente au QG du général von Arnim, alors Kommandeur du Heeresgruppe Afrika, sis à proximité de Sousse. L’officier, qui s’est distingué au sein de la 334. ID au cours de divers engagements, se voit confier la tâche d’endiguer les blindés du II Corps américain qui viennent de s’emparer de Sened (le 21 mars). La situation est grave : Maknassy tombée, si les GI contrôlent les hauteurs avoisinantes de la Dorsale Orientale, George Patton n’aurait aucune difficulté à pousser jusqu’à la côte et, ainsi, isoler le Pz. AOK 5 de la Ia Armata (ex-Deutsch-Italienische Panzerarmee). Patton, qui n’est plus qu’à une cinquantaine de kilomètres de la mer, veut absolument percer, pour ensuite lancer deux colonnes effectuer deux raids, le premier contre l’aérodrome de Mazzouna, et le second sur la route côtière. Lang apprend que le général Imperiali, commandant de l’unité italienne éponyme, reste injoignable. Il est donc dépêché de toute urgence pour restaurer la situation et endiguer le flux de la 1st US Armored Division.
Lang découvre une situation alarmante. Des troupes sont en fuite et nulle trace d’Imperiali… Il rallie quelques hommes, dont des officiers de la Flak qui s’assurent que plus aucun fuyard ne se replie vers l’est. S’approchant du col de Maknassy, toujours entre les mains des forces de l’Axe, le véhicule de Lang est touché par un obus américain. L’Oberst est indemne. Il découvre alors que le groupe de défenseurs se résume à 80 hommes, les restes de la Kampstaffel Rommel, commandés par le Major Medicus, soutenus par une unique pièce de 8,8 cm, ainsi qu’un Pak et quelques Italiens. Un mince cordon établi au Djebel Naemia, hâtivement mis en défense, qui à lui seul frustre les espoirs de George Patton qui ignore combien le général Orlando Ward, le chef de la 1st US Armored Division, devrait logiquement l’emporter facilement…
Par chance pour Medicus, les tanks américains ont subi des pertes dans un champ de mines, ce qui a refroidi leur ardeur, mais les GI sont toutefois parvenus à s’emparer d’une position. Alors que la situation semblait désespérée, elle est rétablie par la contre-attaque énergique de l’unique –et maigre- réserve, qui consiste en une poignée de Pioniere et de quelques soldats des transmissions. Le groupe d’Allemands se paye le luxe de repousser les Américains. Ces énergiques vétérans de l’Afrika-Korps parviennent à refouler une seconde tentative ennemie, non sans en être venus au corps-à-corps. A la troisième tentative adverse, la situation n’est sauvée in extremis que par le sang-froid d’un Unteroffizier qui bondit pour manier le Pak dont tous les servants viennent d’être fauchés par l’ennemi. Patton fulmine et envoie Ward en première ligne où il est blessé en menant ses hommes à l’attaque.
Lang arrive donc à point nommé car les anciens gardes du corps de Rommel, épuisés, sont parvenus au bout de leurs ressources. Il leur faut tenir encore un peu… Dès lors, les renforts ne vont cesser d’affluer. Bien au fait de la guerre en montagne depuis son expérience dans la Caucase, ainsi que du secteur de « Longstop Hill » dans le nord tunisien (près de Medjez-el-Bab), Lang a le coup d’oeil ainsi que l’expertise pour déterminer comment organiser la défense. La troupe se retranche avec soin, y compris en ayant recours aux explosifs ou au marteau-piqueur pour aménager des positions. Parmi les premiers à parvenir à a rescousse, les deux batteries de 8,8 cm des officiers de Flak auxquels il avait ordonné de stopper le flux de fuyards, ainsi que ces derniers, des soldats italiens désormais prêts à retourner au feu. Les renforts cédés par le général von Vaerst, Kommandeur de la Pz. AOK 5 sont nettement plus considérables. In fine, l’Oberst Lang aura sous ses ordres des Italiens et des Allemands, ces derniers issus de trois régiments différents de Panzergrenadiere (un bataillon du Panzergrenadier-Regiment 86, un du Panzergrenadier-Regiment 69 et un du Panzergrenadier-Regiment 104), le Marsch-Bataillon 26, mais aussi des tankistes et leurs Tiger (de huit à quinze engins des s.Pz. Abt. 501 et 504), des artilleurs de plusieurs unités dont la seule de Nebelwerfer déployée en Afrique, mais aussi des éléments de la Kesselring-Stabwache, la Kampfstaffel O.B. (Luftwaffe), soit 30 hommes, ainsi que les restes de la Kampstaffel Rommel. Ce faisant, Vaerst se prive quasiment de toute marge de manoeuvre par ailleurs, d’autant que la 10. Panzer-Division contre-attaque sur El Guettar ce même jour.
Les premiers éléments à renforcer la position et à entrer dans la bataille en fin d’après-midi sont les bataillons des Panzergrenadier-Regimenter 69 et 86, issus du propre Kampfgruppe de Lang (alors déployé près de Medjez-el-Bab). Le I./Panzergrenadier 86 commandé par l’Hauptmann Haut est déployé au nord de la passe, jusqu’au niveau de l’oued el Leben. Ces appoints renforcent les défenseurs et permettent d’endiguer de nouveau les GI de la 1st US Armored Division, qui jouissent pourtant d’une confortable supériorité numérique et matérielle. Quant à Imperiali, il rallie enfin les lignes de l’Axe après être demeuré au front toute la journée. L’adjonction dans le système défensif du poids des Tiger et de celui de pièces à longue portée de 17 cm sonne le glas des espoirs de percée rapide de Patton. Le Marsch-Bataillon 26 parvient aussi sur la ligne et se déploie sur la gauche.
Le général von Vaerst rapportera combien le commandement de Lang s’est avéré énergique, un camp puis l’autre prenant l’ascendant au cours des affrontements, le Kampfgruppe n’hésitant pas à mener des contre-attaques quand bien même il a adopté une posture défensive conformément à ses ordres. Si les tirs de l’artillerie américaine s’avèrent précis, Lang bénéficie aussi du soutien des Stuka basés dans des aérodromes. Les Tiger doivent cependant être redirigé en direction du nord, en appui de la Division « Herman Goering », mais Lang ne perd pas tout soutien blindé puisque quelques Panzer de la 10. Panzer-Division assurent la relève. Toutefois, le 29 mars, les munitions viennent à manquer, un mal endémique au Heeresgruppe Afrika qui ne va cesser d’empirer.
Par chance, Patton a alors jeté l’éponge : les attaques américaines cessent ce même 29 mars, alors même qu’un nouvel effort vigoureux n’aurait pu être endigué par un Kampfgruppe affaibli et souffrant d’une pénurie de munitions. 1 700 GI et 40 tanks ont été perdus en quelques jours. Les Américains commentent l’erreur de prélever une partie de la 1st US Armored Division pour l’expédier dans le secteur d’El Guettar avec pour intention… d’atteindre la mer mais à Gabès. L’exploit de Lang ne passe pas inaperçu et l’Oberst reçoit les félicitations de tous ses supérieurs : Albert Kesselring, Hans-Jürgen von Arnim, Gustav von Vaerst. Le fait d’armes et consigné dans le journal de guerre de l’OKW.
GIACOMO COLOTTO
GILBERT ELLMAN
JOHN « JOCK » CAMPBELL
KEITH EllIOTT
LALBAHADUR THAPA