Caroline Fourgeaud-Laville et François Lefèvre, Graver pour l’éternité. La Grèce aux fil des écritures, Les Belles Lettres, 2025
Rien ne m’enchante plus qu’une lecture portant sur la civilisation la plus fascinante à mes yeux : la Grèce ancienne. Plus d’un texte évoqué dans cet ouvrage a fait écho à mes années de faculté… Evoquer l’épigraphie grecque m’a en effet tout de suite fait songer à ma professeure d’Histoire grecque de l’Université de Caen, Françoise Ruzé, dont l’ouvrage co-écrit avec Henri van Effenterre.
Ce livre est remarquable et, élément essentiel, fort bien écrit. Il est l’oeuvre de deux spécialistes qui nous font partager leurs connaissances de la civilisation grecque, refaisant vivre des instantanées de vie en redonnant la parole à des inscriptions (car il est en effet des inscriptions qui “parlent”…).
La première partie, bénéficiant de la plume agréable et inimitable de Caroline Fourgeaud-Laville, est captivante. Elle vous emmène à la découverte de l’écrit dans le monde grec ancien, du passage d’une civilisation de la parole à l’écriture, à la variété des supports et des usages de l’écrit (tout y passe, jusqu’aux tablettes de malédiction!), à la façon, émouvante, dont des moments furtifs de vies passés deviennent éternité, mais l’auteure nous emmène aussi sur les traces des érudits et des savants qui ont tracé le chemin de la connaissance en matière d’épigraphie grecque. On découvre au fil de ces pages une multitude de faits et d’éléments dont je vous laisse la primeur de la découverte, car il y a toujours des découvertes à faire, même pour un féru de cette civilisation. Les choix opérés sont pertinents, les réflexions bienvenues et sensées : j’ai beaucoup appris.
La seconde partie, introduite de façon fort didactique, nous emmène sur des rivages et des espaces parfois fort lointains, en embrassant l’intégralité de l’Histoire de la Grèce antique, selon une logique remarquable : François Lefèvre, à travers les textes sélectionnés, nous fait découvrir de nombreux aspects de la civilisations grecque en décortiquant chacune des inscriptions retenues. Elles sont suffisamment variées dans leur type, support et destination pour traiter une multitude d’éléments des plus variés touchant le quotidien ou la vie politique de ces lointains Grecs. On apprécie aussi que la période romaine n’ait pas été oubliée: après tout, la civilisation grecque perdure sous la domination de Rome. François Levèvre n’oublie pas non plus l’Asie centrale, l’Egypte et l’Ukraine actuelle, ce qui est également appréciable. L’auteur, qui écrit fort bien lui aussi, initie de la sorte le lecteur à la méthode de restitution des textes anciens, avec son lot de logiques, de déductions, d’hypothèses…
Fascinant.Bref, un très bon livre et un très bon moment de lecture. Il est suffisamment clair pour les néophytes et suffisamment érudit pour les passionnés avertis et, dans tous les cas, d’une écriture qui rend la lecture très agréable.
Je vous recommande aussi ce livre de François Lefèvre. Pour apprendre le grec ancien, c’est en direction des ouvrages de Caroline Fourgeaud-Laville qu’il faut se tourner.
Caroline Fourgeaud-Laville et François Lefèvre, Graver pour l’éternité. La Grèce aux fil des écritures, Les Belles Lettres, 2025
Rien ne m’enchante plus qu’une lecture portant sur la civilisation la plus fascinante à mes yeux : la Grèce ancienne. Plus d’un texte évoqué dans cet ouvrage a fait écho à mes années de faculté… Evoquer l’épigraphie grecque m’a en effet tout de suite fait songer à ma professeure d’Histoire grecque de l’Université de Caen, Françoise Ruzé, dont l’ouvrage co-écrit avec Henri van Effenterre.
Ce livre est remarquable et, élément essentiel, fort bien écrit. Il est l’oeuvre de deux spécialistes qui nous font partager leurs connaissances de la civilisation grecque, refaisant vivre des instantanées de vie en redonnant la parole à des inscriptions (car il est en effet des inscriptions qui “parlent”…).
La première partie, bénéficiant de la plume agréable et inimitable de Caroline Fourgeaud-Laville, est captivante. Elle vous emmène à la découverte de l’écrit dans le monde grec ancien, du passage d’une civilisation de la parole à l’écriture, à la variété des supports et des usages de l’écrit (tout y passe, jusqu’aux tablettes de malédiction!), à la façon, émouvante, dont des moments furtifs de vies passés deviennent éternité, mais l’auteure nous emmène aussi sur les traces des érudits et des savants qui ont tracé le chemin de la connaissance en matière d’épigraphie grecque. On découvre au fil de ces pages une multitude de faits et d’éléments dont je vous laisse la primeur de la découverte, car il y a toujours des découvertes à faire, même pour un féru de cette civilisation. Les choix opérés sont pertinents, les réflexions bienvenues et sensées : j’ai beaucoup appris.
La seconde partie, introduite de façon fort didactique, nous emmène sur des rivages et des espaces parfois fort lointains, en embrassant l’intégralité de l’Histoire de la Grèce antique, selon une logique remarquable : François Lefèvre, à travers les textes sélectionnés, nous fait découvrir de nombreux aspects de la civilisations grecque en décortiquant chacune des inscriptions retenues. Elles sont suffisamment variées dans leur type, support et destination pour traiter une multitude d’éléments des plus variés touchant le quotidien ou la vie politique de ces lointains Grecs. On apprécie aussi que la période romaine n’ait pas été oubliée: après tout, la civilisation grecque perdure sous la domination de Rome. François Levèvre n’oublie pas non plus l’Asie centrale, l’Egypte et l’Ukraine actuelle, ce qui est également appréciable. L’auteur, qui écrit fort bien lui aussi, initie de la sorte le lecteur à la méthode de restitution des textes anciens, avec son lot de logiques, de déductions, d’hypothèses…
Fascinant.Bref, un très bon livre et un très bon moment de lecture. Il est suffisamment clair pour les néophytes et suffisamment érudit pour les passionnés avertis et, dans tous les cas, d’une écriture qui rend la lecture très agréable.
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