L’Oberstleutnant Werner Marcks, chef du Schtz.Rgt 155 de la 15. Panzer-Division décoré le 2 février 1942 des feuilles de chênes pour son action lors de la contre-offensive menée par Rommel en janvier 1942, qui constitue en quelque sorte les derniers soubresauts des suites de l’opération « Crusader ».
Le 21 janvier 1942, sans prévenir l’OKW ni les Italiens en qui il n’a aucune confiance, Rommel repart à l’attaque avec environ 200 chars et affronte la 1st Armoured Division, forte de 150 chars, à Agedabia. Bien que le sable mou leur cause quelques difficultés, les Allemands, favorisés par une tempête de sable, démontrent à nouveau leur supériorité sur le terrain. L’avancée de Rommel apparaît aussi irrésistible que lors de sa première offensive de mars-avril 1941. Rommel rappelle à l’Oberstleutnant Marcks l’objectif qu’il lui a assigné : « Ne perdez pas de vue que votre objectif est Agedabia ». Le Kampfgruppe Marcks, composé d’unités de la 90. Leichte-Afrika-Division, ainsi que des 15. et 21. Panzer-Divisionen, s’ébranle à nouveau vers l’est. Marcks s’empare d’Agedabia 24 heures après avoir percé le front à Mersa el Brega. Le MG-Bataillon 8 suit Marcks. Le premier jour de l’attaque, ce dernier parcourt 25 kilomètres à l’est d’Agedabia. Les mitrailleurs doivent s’emparer de Saunnu et de son point d’eau avec le soutien de 25 Panzer de la 21. Panzer-Division ainsi que de deux Flak de 88 mm. Les Allemands se heurtent à une centaine de blindés britanniques. Pourtant, ces derniers ne sont guère enclins à résister jusqu’au bout et ne cessent de manoeuvrer sous le couvert d’un rideau de fumée. Ce dernier ne les préserve aucunement des frappes des 88 mm : 32 engins sont incendiés. De leur côté, les mitrailleurs empêchent toute tentative de débordement britannique. Sous l’œil attentif de Rommel présent sur les lieux, la coopération interarmes démontre une fois de plus toute son efficacité. Les soldats de l’Afrika-Korps poursuivent leur progression sur un terrain ondulant avant de parvenir au sommet d’une crête. De là, les hommes de Marcks, après une avancée de 135 kilomètres en une seule journée, découvrent la dépression de Saunnu occupée par une cinquantaine de tanks, deux batteries d’artillerie et un certain nombre d’autres véhicules. Soudain, dix blindés anglais se dirigent vers la crête. Mais les mitrailleurs allemands appuyés par des pièces antichars les attendent de pied ferme. Mouvement pour le moins téméraire. Les Pak du 2./Panzerjäger-Abteilung 39 ont vite fait de repousser cette attaque risquée mais une deuxième tentative britannique parvient à ses fins. Trois canons allemands sont même broyés sous les chenilles des tanks anglais tandis que les tracteurs sont criblés de balles par les mitrailleuses de bord. Pendant ce temps, les Panzer ont fait mouvement pour attaquer la cuvette depuis l’ouest. Le puits de Saunnu est pris par les Allemands. Le matin du 24 janvier, ne soupçonnant rien, un convoi britannique venu faire le plein d’eau tombe, pénètre dans la dépression sans précaution et tombe dans une souricière : 5 camions sont détruits et 12 autres capturés. Après un bref repos la nuit, Marcks est envoyé vers le sud pour bloquer la retraite de l’ennemi vers le nord-est.
Le 24 janvier, le Kamfgruppe Marcks reçoit l’ordre de s’emparer de Msus. Les Britanniques parviennent in extremis à détruire les stocks d’essence mais abandonnent 127 canons et 600 véhicules aux Allemands. Ces derniers découvrent en outre 50 blindés dans un atelier qui n’a pu être évacué à temps. Les Allemands estiment par ailleurs les pertes ennemies du 21 au 24 janvier à 143 tanks et automitrailleuses ainsi que 80 canons. Le 25 janvier, le butin de l’Afrika Korps se monte à 96 chars, 38 canons antichars. Selon la 8th Army, les pertes britanniques du 21 janvier au 6 février se monteraient à 1 390 hommes, 72 chars détruits ou abandonnés ainsi que 40 pièces d’artillerie (hors antichars)[1]. La victoire de Rommel est obtenue à moindre frais : 1 tué et 13 blessés au Kampfgruppe Marcks du 27 au 29 janvier et 5 morts et 10 blessés au sein de l’Afrika Korps[2]. Les combats de chars ont encore une fois tourné à l’avantage des Allemands. Leur supériorité en la matière est incontestée depuis les affrontements de « Battleaxe » en juin 1941. Auchinleck ne peut qu’amèrement transmettre à Churchill que le personnel du Royal Armoured Corps a perdu confiance en son équipement.
Benoît Rondeau Copyright
Saunnu, janvier 1942
L’Oberstleutnant Werner Marcks, chef du Schtz.Rgt 155 de la 15. Panzer-Division décoré le 2 février 1942 des feuilles de chênes pour son action lors de la contre-offensive menée par Rommel en janvier 1942, qui constitue en quelque sorte les derniers soubresauts des suites de l’opération « Crusader ».
Le 21 janvier 1942, sans prévenir l’OKW ni les Italiens en qui il n’a aucune confiance, Rommel repart à l’attaque avec environ 200 chars et affronte la 1st Armoured Division, forte de 150 chars, à Agedabia. Bien que le sable mou leur cause quelques difficultés, les Allemands, favorisés par une tempête de sable, démontrent à nouveau leur supériorité sur le terrain. L’avancée de Rommel apparaît aussi irrésistible que lors de sa première offensive de mars-avril 1941. Rommel rappelle à l’Oberstleutnant Marcks l’objectif qu’il lui a assigné : « Ne perdez pas de vue que votre objectif est Agedabia ». Le Kampfgruppe Marcks, composé d’unités de la 90. Leichte-Afrika-Division, ainsi que des 15. et 21. Panzer-Divisionen, s’ébranle à nouveau vers l’est. Marcks s’empare d’Agedabia 24 heures après avoir percé le front à Mersa el Brega. Le MG-Bataillon 8 suit Marcks. Le premier jour de l’attaque, ce dernier parcourt 25 kilomètres à l’est d’Agedabia. Les mitrailleurs doivent s’emparer de Saunnu et de son point d’eau avec le soutien de 25 Panzer de la 21. Panzer-Division ainsi que de deux Flak de 88 mm. Les Allemands se heurtent à une centaine de blindés britanniques. Pourtant, ces derniers ne sont guère enclins à résister jusqu’au bout et ne cessent de manoeuvrer sous le couvert d’un rideau de fumée. Ce dernier ne les préserve aucunement des frappes des 88 mm : 32 engins sont incendiés. De leur côté, les mitrailleurs empêchent toute tentative de débordement britannique. Sous l’œil attentif de Rommel présent sur les lieux, la coopération interarmes démontre une fois de plus toute son efficacité. Les soldats de l’Afrika-Korps poursuivent leur progression sur un terrain ondulant avant de parvenir au sommet d’une crête. De là, les hommes de Marcks, après une avancée de 135 kilomètres en une seule journée, découvrent la dépression de Saunnu occupée par une cinquantaine de tanks, deux batteries d’artillerie et un certain nombre d’autres véhicules. Soudain, dix blindés anglais se dirigent vers la crête. Mais les mitrailleurs allemands appuyés par des pièces antichars les attendent de pied ferme. Mouvement pour le moins téméraire. Les Pak du 2./Panzerjäger-Abteilung 39 ont vite fait de repousser cette attaque risquée mais une deuxième tentative britannique parvient à ses fins. Trois canons allemands sont même broyés sous les chenilles des tanks anglais tandis que les tracteurs sont criblés de balles par les mitrailleuses de bord. Pendant ce temps, les Panzer ont fait mouvement pour attaquer la cuvette depuis l’ouest. Le puits de Saunnu est pris par les Allemands. Le matin du 24 janvier, ne soupçonnant rien, un convoi britannique venu faire le plein d’eau tombe, pénètre dans la dépression sans précaution et tombe dans une souricière : 5 camions sont détruits et 12 autres capturés. Après un bref repos la nuit, Marcks est envoyé vers le sud pour bloquer la retraite de l’ennemi vers le nord-est.
Le 24 janvier, le Kamfgruppe Marcks reçoit l’ordre de s’emparer de Msus. Les Britanniques parviennent in extremis à détruire les stocks d’essence mais abandonnent 127 canons et 600 véhicules aux Allemands. Ces derniers découvrent en outre 50 blindés dans un atelier qui n’a pu être évacué à temps. Les Allemands estiment par ailleurs les pertes ennemies du 21 au 24 janvier à 143 tanks et automitrailleuses ainsi que 80 canons. Le 25 janvier, le butin de l’Afrika Korps se monte à 96 chars, 38 canons antichars. Selon la 8th Army, les pertes britanniques du 21 janvier au 6 février se monteraient à 1 390 hommes, 72 chars détruits ou abandonnés ainsi que 40 pièces d’artillerie (hors antichars)[1]. La victoire de Rommel est obtenue à moindre frais : 1 tué et 13 blessés au Kampfgruppe Marcks du 27 au 29 janvier et 5 morts et 10 blessés au sein de l’Afrika Korps[2]. Les combats de chars ont encore une fois tourné à l’avantage des Allemands. Leur supériorité en la matière est incontestée depuis les affrontements de « Battleaxe » en juin 1941. Auchinleck ne peut qu’amèrement transmettre à Churchill que le personnel du Royal Armoured Corps a perdu confiance en son équipement.
[1] Playfair I.S.O., p 151-152
[2] KTB OKW, volume 2, I 30/01/1942
« JAKE » EASONSMITH
ENRICO FRATTINI
HENRY FOOTE
GEORGE GUNN
GIACOMO COLOTTO