L’arrivée en Tunisie, sur la ligne « Mareth », de la Panzerarmee Afrika modifie la donne pour la campagne. La tête de pont de l’Axe et certes étroite, mais les Germano-italiens peuvent désormais combiner leurs forces pour lancer une offensive, tandis que la 8th Army et la 1th Army demeurent encore séparées par l’ennemi. Kesselring est le premier à comprendre qu’une opportunité s’offre d’attaquer successivement les forces alliées sur et au-delà du col du Faïd, avant de frapper la 8th Army en force. Approuvée par le Comando Supremo, puis par l’OKW, cette stratégie voit un début de mise en œuvre avec Eilbote II, mais alors que le Comando Supremo lui ordonne de contrôler la zone de Gafsa et de détruire les Américains à Tébessa, Arnim repousse ce plan au motif qu’il est impossible à mener à bien. De son côté, soucieux de voir les Alliés le couper de la Pz AOK 5 en poussant jusqu’à la mer depuis Gafsa, Rommel propose le 4 février de lancer une attaque préventive avec les deux armées germano-italiennes. Toutefois, les Italiens et Arnim estiment que l’objectif majeur doit être la destruction des forces alliées et non la conquête de nouveaux territoires, faute de disposer des munitions et du carburant nécessaire pour viser des objectifs plus ambitieux, ce qui ne semble alors pas encore préconisé par Rommel. Kesselring souhaite confier la direction des opérations à ce dernier, qui est de toute façon le seul maréchal en Afrique, mais le Comando Supremo, contrarié par l’abandon de Tripoli et jugeant la retraite du « Renard du Désert » à travers la Libye un peu trop précipitée, reste réticent. Un compromis est bien maladroitement trouvé au cours de la conférence du 9 février, qui réunit Kesselring, Rommel, Arnim et Messe. Il est décidé que les deux commandants d’armées mèneront leurs opérations indépendamment tout en coordonnant leurs actions. Arnim doit attaquer Sidi-bou-Zid, juste au-delà de Faïd, puis rétrocéder la 21. Panzer à Rommel pour que celui-ci s’empare de Gafsa puis remonte vers le nord pour prendre l’ennemi à revers. Le plan de Rommel –Morgenluft- prévoit la prise de Gafsa, Tozeur et Metlaoui, tandis que l’attaque concomitante d’Arnim – Frühlingswind – doit permettre de détruire les forces américaines à Sidi-bou-Zid. La Pz AOK 5 engagera la 10. Panzer-Division (environ 50 Panzer (III et IV); 15 Panzer du 1./sPzAbt-501 (6 Tiger ; 9 Pz III) ; Quelques Marder III ; 4 Sturmgeschutze de la Sturmgeschütz-Batterie/Panzer-Artillerie-Regiment 90) et la 21. Panzer-Division ( 85 Panzer -64 Pz III et 21 Pz IV) ; 69 Pz III-IV en état le 17/2 devant Sbeïtla ; Panzer-Divisionnen (les deux unités disposent alors respectivement de 91 et 111 Panzer), placées sous le commandement du général Ziegler. Rommel engagera le Kampfgruppe de l’Afrika-Korps, confié au général von Liebenstein et organisé autour d’unités de la 15. Panzer-Division, dela 164. Leichte-Division, ainsi que de la Centauro (26 Panzer-16 Pz III et 10 Pz IV- , 22 M14/41 et environ 20 Semoventi M41 da 75/18).
Face aux assaillants, le IIUS Corps du général Fredendall, démesurément étiré sur 150 kilomètres de front, les effectifs dispersé pour corseter les unités françaises malmenées au cours du mois de janvier. Fredendall, dans l’idée de pouvoir lancer des attaques locales de faible envergure, néglige de constituer des réserves conséquentes en maintenant trop d’unités en première ligne. S’attendant à une attaque, la 1st Armored Division du général Ward (202 Sherman etLee et 85 Stuart) fortifie Sidi-bou-Zid avec le CCA de McQuillin et, sur ses deux flancs, les Djebels Lessouda et Kaisaira, défendus par des bataillons de la 34th US ID. Ces positions, conçus comme retardatrices, s’avèrent très vulnérables. Le CCC du colonel Starck est positionné en réserve à Sbeitla, 60 kilomètres plus à l’ouest. Le CCB de Robinett, est déployé dans le secteur d’Ousseltia, où il a opéré en janvier. Fredendall dispose en outre de la Division de Marche de Constantine du général Welvert et de plusieurs autres unités américaines. Inquiet de ces dispositions, Eisenhower, qui inspecte le secteur de Kasserine et de Sidi-bou-Zid le 13 février, émet des réserves, mais, conformément à l’usage dans l’armée américaine, outre son manque d’expérience en tant qu’officier de terrain, il ne se permet pas d’intervenir dans la répartition locale des troupes d’un subordonné à qui a été confiée une mission. Anderson, de son côté, est concentré sur sa future offensive en direction de Tunis. Il s’inquiète toutefois des capacités combattives des Américains et des Français en raison des piètres performances des Américains et de l’équipement par trop désuet des Français. Il enjoint Koeltz, le chef du 19e corps français, et Fredendall de préparer des plans de repli sur la dorsale occidentale en cas d’offensive d’envergure ennemie. Toutefois, une mauvaise interprétation des services de renseignements alliés ajoute au sentiment de relative assurance dans le secteur de Sidi-bou-Zid, puisque l’effort principal ennemi est attendu en direction du col de Fondouk. Enfin, la personnalité même du chef du II US Corps pose problème. Fredendall, qui ne sait pas déléguer, dont les messages sont agressifs et exprimés dans un jargon difficilement compréhensible, n’est pas en mesure d’inspirer confiance ni de diriger un corps d’armée avec efficacité en s’abritant à distance du front dans un complexe souterrain édifié à grands frais aux alentours de Tébessa.
Benoît Rondeau Copyright
Un plan pour retourner le cours de la campagne
L’arrivée en Tunisie, sur la ligne « Mareth », de la Panzerarmee Afrika modifie la donne pour la campagne. La tête de pont de l’Axe et certes étroite, mais les Germano-italiens peuvent désormais combiner leurs forces pour lancer une offensive, tandis que la 8th Army et la 1th Army demeurent encore séparées par l’ennemi. Kesselring est le premier à comprendre qu’une opportunité s’offre d’attaquer successivement les forces alliées sur et au-delà du col du Faïd, avant de frapper la 8th Army en force. Approuvée par le Comando Supremo, puis par l’OKW, cette stratégie voit un début de mise en œuvre avec Eilbote II, mais alors que le Comando Supremo lui ordonne de contrôler la zone de Gafsa et de détruire les Américains à Tébessa, Arnim repousse ce plan au motif qu’il est impossible à mener à bien. De son côté, soucieux de voir les Alliés le couper de la Pz AOK 5 en poussant jusqu’à la mer depuis Gafsa, Rommel propose le 4 février de lancer une attaque préventive avec les deux armées germano-italiennes. Toutefois, les Italiens et Arnim estiment que l’objectif majeur doit être la destruction des forces alliées et non la conquête de nouveaux territoires, faute de disposer des munitions et du carburant nécessaire pour viser des objectifs plus ambitieux, ce qui ne semble alors pas encore préconisé par Rommel. Kesselring souhaite confier la direction des opérations à ce dernier, qui est de toute façon le seul maréchal en Afrique, mais le Comando Supremo, contrarié par l’abandon de Tripoli et jugeant la retraite du « Renard du Désert » à travers la Libye un peu trop précipitée, reste réticent. Un compromis est bien maladroitement trouvé au cours de la conférence du 9 février, qui réunit Kesselring, Rommel, Arnim et Messe. Il est décidé que les deux commandants d’armées mèneront leurs opérations indépendamment tout en coordonnant leurs actions. Arnim doit attaquer Sidi-bou-Zid, juste au-delà de Faïd, puis rétrocéder la 21. Panzer à Rommel pour que celui-ci s’empare de Gafsa puis remonte vers le nord pour prendre l’ennemi à revers. Le plan de Rommel –Morgenluft- prévoit la prise de Gafsa, Tozeur et Metlaoui, tandis que l’attaque concomitante d’Arnim – Frühlingswind – doit permettre de détruire les forces américaines à Sidi-bou-Zid. La Pz AOK 5 engagera la 10. Panzer-Division (environ 50 Panzer (III et IV); 15 Panzer du 1./sPzAbt-501 (6 Tiger ; 9 Pz III) ; Quelques Marder III ; 4 Sturmgeschutze de la Sturmgeschütz-Batterie/Panzer-Artillerie-Regiment 90) et la 21. Panzer-Division ( 85 Panzer -64 Pz III et 21 Pz IV) ; 69 Pz III-IV en état le 17/2 devant Sbeïtla ; Panzer-Divisionnen (les deux unités disposent alors respectivement de 91 et 111 Panzer), placées sous le commandement du général Ziegler. Rommel engagera le Kampfgruppe de l’Afrika-Korps, confié au général von Liebenstein et organisé autour d’unités de la 15. Panzer-Division, de la 164. Leichte-Division, ainsi que de la Centauro (26 Panzer-16 Pz III et 10 Pz IV- , 22 M14/41 et environ 20 Semoventi M41 da 75/18).
Face aux assaillants, le II US Corps du général Fredendall, démesurément étiré sur 150 kilomètres de front, les effectifs dispersé pour corseter les unités françaises malmenées au cours du mois de janvier. Fredendall, dans l’idée de pouvoir lancer des attaques locales de faible envergure, néglige de constituer des réserves conséquentes en maintenant trop d’unités en première ligne. S’attendant à une attaque, la 1st Armored Division du général Ward (202 Sherman etLee et 85 Stuart) fortifie Sidi-bou-Zid avec le CCA de McQuillin et, sur ses deux flancs, les Djebels Lessouda et Kaisaira, défendus par des bataillons de la 34th US ID. Ces positions, conçus comme retardatrices, s’avèrent très vulnérables. Le CCC du colonel Starck est positionné en réserve à Sbeitla, 60 kilomètres plus à l’ouest. Le CCB de Robinett, est déployé dans le secteur d’Ousseltia, où il a opéré en janvier. Fredendall dispose en outre de la Division de Marche de Constantine du général Welvert et de plusieurs autres unités américaines. Inquiet de ces dispositions, Eisenhower, qui inspecte le secteur de Kasserine et de Sidi-bou-Zid le 13 février, émet des réserves, mais, conformément à l’usage dans l’armée américaine, outre son manque d’expérience en tant qu’officier de terrain, il ne se permet pas d’intervenir dans la répartition locale des troupes d’un subordonné à qui a été confiée une mission. Anderson, de son côté, est concentré sur sa future offensive en direction de Tunis. Il s’inquiète toutefois des capacités combattives des Américains et des Français en raison des piètres performances des Américains et de l’équipement par trop désuet des Français. Il enjoint Koeltz, le chef du 19e corps français, et Fredendall de préparer des plans de repli sur la dorsale occidentale en cas d’offensive d’envergure ennemie. Toutefois, une mauvaise interprétation des services de renseignements alliés ajoute au sentiment de relative assurance dans le secteur de Sidi-bou-Zid, puisque l’effort principal ennemi est attendu en direction du col de Fondouk. Enfin, la personnalité même du chef du II US Corps pose problème. Fredendall, qui ne sait pas déléguer, dont les messages sont agressifs et exprimés dans un jargon difficilement compréhensible, n’est pas en mesure d’inspirer confiance ni de diriger un corps d’armée avec efficacité en s’abritant à distance du front dans un complexe souterrain édifié à grands frais aux alentours de Tébessa.
Independant Tank Battalions en Normandie. Premiers combats, juin 1944.
LE “TOMMY” EN NORMANDIE. LE QUOTIDIEN.
Avril-mai 1943, l’offensive et la victoire finale des Alliés. “Strike” et “Vulcan”
Avril 1943, échec à Foundouk
Avril 1943, l’oued Akarit