Livre Seconde Guerre Mondiale WWII

Recension “Le général Olry”

Un récit passionnant sur un homme de valeur

Max Schiavon, Le général Olry. Vainqueur des Alpes, Pierre de Taillac, 2024

Deux valeurs sûres pour la genèse de cet ouvrage: un auteur, Max Schiavon, et un éditeur, Pierre de Taillac. Max Schiavon est l’un de nos militaires qui comptent aussi parmi les historiens de talent dont on suit avec intérêt les ouvrages. On lui doit -entre autres- une belle série de biographies des plus hauts gradés français de 1940, mais aussi des études de la bataille des Alpes, dont il est incontestablement le spécialiste.

Qui était donc mieux placé que lui pour nous offrir une brillante biographie du général Olry, le vainqueur des Alpes. cet officier remarquable est trop méconnu du grand public, beaucoup sachant certes que nos troupes ont repoussé les Italiens en juin 1940, mais rarement avec plus de détail.

Le travail de Max Schiavon bénéficie de l’accès à des documents familiaux et personnels ayant appartenu au général Olry ou à ses proches et il s’agit-là du point de départ qui a permis d’envisager une biographie digne de ce nom.

Comme toujours, c’est très bien écrit. Le lecteur découvrira avec bonheur les coulisses de l’institution militaire française, les réseaux et les relations qu’il convient de tisser, mais aussi les codes et la vie d’une certaine bourgeoisie française de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du siècle.

Suivre la vie de René Orly c’est découvrir et comprendre le développement d’une arme maîtresse au sein de l’armée française: l’artillerie. Le parcours du général est l’occasion de croiser nombre de personnalités illustres, ces hommes qui ont détecté en lui un officier de valeur et qui ont pesé de tout leur poids dans la réussite d’une carrière exceptionnelle.

On ne s’ennuie pas un instant, même en dehors des épisodes guerriers plus propices à l’action. A ce propos, le récit de la Grande Guerre d’Olry est vraiment intéressant car l’homme s’est déplacé (notamment en Méditerranée) et a connu nombre d’échelons de responsabilité de commandement (terrain, état–majors divers).

Le coeur du livre est évidemment la campagne de 1940 et tout ce qui la précède et la prépare. Max Schiavon sait reconnaître les mérites et les limites des protagonistes, français comme italiens, et surtout mettre en valeur la présence et les décisions d’Olry : Herr, Pétain, Fayolle, Weygand, … On ne compte plus les célébrités qu’il rencontre, politiques ou militaires, même quand ces dernières n’étaient que des officiers subalternes. Son grand moment est 1940. Le dispositif face à l’Italie est remarquable, son intervention pour contrer les Allemands la marque d’un grand chef. Certes, si l’armistice n’était pas intervenu, ses troupes n’auraient pas soutenu le choc de la Wehrmacht bien longtemps.

Bref, un récit passionnant sur un homme de valeur, catholique convaincu, mari fidèle, père aimant, patriote et général d’exception.