Seconde Guerre Mondiale WWII

Phalange africaine

La Légion des Volontaires Français (LVF) de Tunisie

Benoît Rondeau Copyright

Commandants

Lieutenant-Colonel Cristofini

Commandant Curnier

Une Phalange Africaine, rebaptisée Légion des Volontaires Français (LVF) de Tunisie à la fin de la campagne, est cependant mise sur pied en Tunisie sous l’égide de Vichy et avec l’accord des Allemands le 20 novembre 1942. Darnant, le futur chef de la Milice, alors dirigeant du SOL (Le Service d’Ordre Légionnaire) n’hésite pas à préconiser de « déclarer la guerre immédiatement à l’Amérique et de lever des légions impériales pour combattre en Afrique ».Les cadres sont en partie issus de métropole (à peine 5 officiers) ainsi que du SOL local, dont le capitaine de réserve Pierre Dupuis, qui rallie avec certains de ses hommes et qui prendra le commandement de l’unique compagnie à être engagée au feu. 450 hommes rejoignent l’unité (dont 300 Français), soit bien moins que les 20 000 volontaires attendus. Rattachée à la 334. ID après un entraînement à Bordj Cédria, l’unité forme la compagnie « Frankonia » ou encore Französische Freiwilligen-Legion, cette dernière, fractionnée en six sections. Si l’uniforme de base orné de la francisque est français, les soldats touchent des casques allemands (avec écussons tricolores) ainsi que des K 98, des brodequins et des capotes de la Wehrmacht (les armes lourdes restent cependant françaises). Comme tous les soldats de l’armée allemande, c’est à Adolf Hitler, le chef suprême des forces militaires du Reich, que les Français prêtent serment. Le 8 avril, les 253 volontaires partent relever une compagnie allemande dans la vallée de la rivière Medjerda, au nord-est de Medjez-el-Bab. 170 affrontent l’ennemi en première ligne, le reste de l’unité assurant des tâches de ravitaillement La première confrontation armée se produit le 10, lorsque les phalangistes sont pris sous le feu de l’artillerie britannique. Ces bombardements seront quotidiens. Le 16 avril, deux jours après avoir subi les premières pertes, un petit succès est remporté avec l’aide des Allemands au détriment d’une patrouille britannique (cette action rapportera 3 Eizerne Kreuze aux Français). L’attaque alliée est lancée le 23 avril, et la Französische Freiwilligen-Legion, encerclée par des forces largement supérieures, parvient pourtant à se replier à la faveur de contre-attaques. Elle perd 62 hommes dans l’opération. Les pertes s’alourdissent et l’unité est finalement mise en réserve puis relevée le 27 avril. La Phalange africaine se replie d’abord près de Massicault puis vers Tunis. En dépit de l’arrivée de quelques renforts, elle ne compte alors plus que 89 hommes, n’a plus ni armes lourdes ni munitions. Les phalangistes sont démobilisés le 7 mai 1943 sur ordre du commandement allemand. Le lendemain, toute la Phalange africaine est citée à l’ordre de la LVF, organisation à laquelle elle sera assimilée par la loi du 19 mai 1943. Considérés comme des traîtres par la France Libre, les combattants de la LVF de Tunisie qui survivront aux combats seront condamnés à de lourdes peines de prison, voire exécutés.