Le mythique Tiger : une des images d’Epinal du blindé en Normandie. Les Allemands engagent en Normandie d’autres engins tout aussi redoutables, et pourtant négligés : les canons d’assaut ou Sturmgeschütze (qui relèvent de la Sturmartillerie) ainsi que les Panzerjäger, toujours oubliés lorsqu’on dresse le rapport de force des engins blindés disponible à l’Ouest, alors que les tanks obsolètes sont décomptés. Un Panzer stricto sensu est un blindé de la Panzerwaffe entièrement chenillé à tourelle pivotante. Au sens large, un Panzer est un blindé. Dans cet article, nous nous intéresserons à ces « Panzer » qui retiennent moins l’attention que sont les Sturmgeschütze et les Panzerjäger.
Les unités et le matériel
Où trouve-t-on ces blindés? Pour les chasseurs de chars : Panzerjager-Abteilung des ID, unités indépendantes de Panzerjäger ou encore éléments organiques antichars de Panzer-Divisionen. Plusieurs unités participent à la bataille de Normandie avec des Sturmgeschütze, que ce soit des formations indépendantes, à l’image de la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 (ex-Sturmgeschutz-Brigade 2 der Luftwaffe), ou encore comme composante d’une division, telle que le Sturmgeschütz Abteilung 1243. Dans ce dernier cas, les canons d’assaut sont engerbés dans des unités de Sturmgeschütze (« Götz von Berlichingen »), plus souvent de Panzerjäger (ID mais aussi « Das Reich » et « LAH ») ou voire en remplacement de Panzer IV dans un bataillon de chars (« Hohenstaufen », « Frundsberg »).
Hormis des StuG IV à la « Götz von Berlichingen », les StuG III et les StuH III sont les plus représentés. Des StuG particuliers sont conçus par le Bau Kommando Becker, unatelier de la Wehrmacht chargé de la conversion du parc blindé français tombé entre les mains allemandes en juin 1940. Les ateliers allemands de Versailles produisent ainsi des automoteurs à partir de châssis d’engins devenus obsolètes. Equipés de pièces de Pak 40, de 105 mm ou de 150 mm, ces nouveaux blindés gagnent en puissance de feu et en efficacité. Des Nebelwerfer automoteurs et des transports de troupes sont aussi conçus. La plupart de ces engins rejoignent la Panzer Artillerie Brigade, rebaptisée Schnelle Brigade West qui sert de noyau à la reconstitution de la 21.Panzer-Division.
On observe une grande variété au sein des unités de Panzerjäger : Marder I et III, Jagdpanzer IV et Jagdpanther, voire même StuG. Les unités de Panzerjäger des divisions blindées doivent en effet être dotées du Jagdpanzer IV, dont 104 exemplaires combattent en Normandie. Le terrible Jagdpanther, très bien armé, très bien protégé et possède de belles capacités d’évolution en tout terrain, n’est engagé qu’au sein d’une unité indépendante. Les Marder ne sont normalement attribués qu’aux ID, exception faite de la 9. et 116. Panzer-Divisionen. Les StuG se retrouvent au sein du Panzerjäger-Abteilung des ID. car celui-ci, outre son stab (état-major), est composé de trois compagnies de combat, chacune d’elle étant dotée d’un matériel différent, qui témoigne par ailleurs de la polyvalence d’emploi du StuG, ici officiellement destiné à un rôle antichar : la 1. Kompanie est équipée de 14 Pak automoteurs sur châssis chenillés, le plus souvent sur châssis de Panzer 38 (t), donc des Marder III, ausf.H ou M ; la 2. Kompanie a 10 Sturmgeschütze III ; 3. Kompanie est en fait une unité de Flak motorisée, mais on dénombre aussi 9 Pak 35/36 montés sur camions Opel-Blitz à la 352. ID.
Les choses n’étant jamais simples au sein de l’armée allemande, certaines ID statiques (bodenständige), telles que les 709., 711. et 716. ID n’ont pas été pourvues en StuG ni en Marder III, réservés aux ID standards, mais ont perçu en revanche des Marder I, certes armés du Pak 40 comme le Marder III, mais sur châssis de chenillettes françaises Lorraine. Contrairement aux autres blindés considérés ici, les Sturmgeschütze de Becker (sur châssis Hotchkiss) et les Marder, par ailleurs avec un habitacle de combat sans toit, sont trop peu blindés pour se risquer dans un combat trop rapproché : la tactique d’emploi doit donc en tenir compte. Quant au Panzerjäger-Abteilung 50 de la 9. Panzer-Division, il doit monter en ligne avec des StuG et des Marder au lieu de Jagdpanzer IV.
Premiers blindés au feu
Panzerjäger et Sturmgeschütze sont les premiers blindés à affronter l’Invasion, avant même les Panzer proprement dits, ceux de la 21. Panzer, qui n’interviennent que quelques heures plus tard, si on met de côté les quelques tanks obsolètes qui font face aux aéroportés américains. Ce sont en effet des Sturmgeschütze et des Panzerjäger qui appuient les fantassins dans une vaine contre-attaque sur Sainte-Mère-Eglise. A 10h30, l’Infanterie-Regiment 1058 de la 91. Luftlande-Division attaque depuis le nord avec l’appui de 9 StuG et d’une compagnie de FLAK, ainsi que de quelques autres blindés du Panzer-Abteilung 100, dont les vieux chars obsolètes peuvent encore s’avérer dangereux contre des parachutistes. Au sud, c’est l’Ost-Bataillon 795, appuyés notamment par deux PanzerJäger, qui échoue. Depuis l’est, l’attaque menée depuis Beuzeville-au-Plain par le Sturmabteilung AOK 7 et quelques blindés du Panzerjäger-Abteilung 709 échoue pareillement.
A l’autre extrémité du front, la 6th Airborne affronte victorieusement les Sturmgeschütze bricolés du Major Becker. Au cours de cette journée fatidique, les éléments blindés de la 352. ID, engagés dans le cadre du Kampfgruppe Meyer, se font étriller en s’opposant aux Britanniques débarqués sur Gold Beach : à peine 90 hommes et 6 Sturmgeschütze se rassemblent à Ducy-Sainte-Marguerite à 22h55. Le 10 juin, si la 352. ID surprend un bataillon de la 29th US ID au bivouac à la nuit tombée, elle perd deux automoteurs sous les coups des bazookas.
Parmi les renforts expédiés vers le front le 7 juin, deux unités indépendantes : la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 et la Sturmgeschütze-Brigade 902, la 1ère pour le II. Fallschirm-Korps et la 2nde pour le LXXXXIV. Korps. Ce même jour, la 346. ID attaque de façon fort résolue la tête de pont aéroportée à l’est de l’Orne. Les combats s’éternisent pendant des jours, l’intervention de l’artillerie navale alliée contribuant largement à l’échec final des Allemands. Le commandant des StuG de la 346. ID revendique personnellement la destruction de 11 chars alliés, ce qui semble beaucoup. La 346. ID ne compte plus qu’un StuG en état le 18 juin, 9 étant en réparation. Toutefois, au 15 juillet, elle ne déplore encore aucune perte définitive.
La « Hitlerjugend » est sur le front dès le 7 juin, mais sans son 1./ SS-Panzerjäger-Abteilung 12 et ses 11 Jagdpanzer qui ne serait entrée en lice que le 19 juillet. Seuls 10 engins ont été perçus par la division avant le Débarquement.
La « Götz von Berlichingen » met une semaine à rejoindre le front. Sa contre-attaque du 13 juin pourtant essentielle sur Carentan manque de punch et de puissance. Un StuG a déjà été perdu sur sa plateforme ferroviaire au cours d’une attaque aérienne survenue au cours de la remontée vers la Normandie : détruit par l’explosion de bidons d’essence. Le 15 juin, seuls 24 StuG sont opérationnels et 13 sont en ateliers : les pertes sont déjà lourdes.
A cette date, la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 vient d’arriver à son tour sur le front. Combattant en appui de la 3. FJD, elle a 11 blindés en état au 27 juin. La Sturmgeschütze-Brigade 902 se déploie dans le Cotentin ou elle participe immédiatement à la guerre des haies. Le 15 juin, elle est stationnée autour de La Haye-du-Puits avec 13 canons d’assaut opérationnels.
Un soutien blindé efficace
Alors qu’un Panzer est d’emblée polyvalent, capable d’affronter les tanks tout aussi bien que neutraliser l’infanterie ennemie ou parfois même les fortifications légères ennemies. Un Panzerjäger est un engin blindé destiné à combattre et à détruire les autres blindés. Le StuG n’a pas été conçu initialement pour s’opposer à des chars, mais pour soutenir l’infanterie à coups d’obus explosif. Pourtant, avec des obus perforants, il s’avère être un excellent chasseur de char, au point que la distinction d’emploi entre Panzer et StuG disparaît.
Pendant les trois mois de bataille en Normandie, on observe à de nombreuses reprises une étroite coopération entre les unités de Panzerjäger et de Sturmgeschütze et les fantassins, Panzergrenadiere compris. A la mi-juillet, les divisions d’infanterie de la Wehrmacht en position au sud et au sud-ouest de Caen sont épaulées par les Panzerjäger de la 21. Panzer et de la « Hitlerjugend ». De même, les Jagdpanthers du 654. Schweres Panzerjäger Abteilung seront d’une aide précieuse pour la 326. ID au cours de l’offensive Bluecoat. Combattant à l’est de l’Orne au mois d’août, la 277. ID est renforcée elle-aussi par des Jagdpanthers. Il s’avère que, dans de nombreux cas, le soutien d’un canon d’assaut solitaire ou de quelques blindés s’avère décisif pour endiguer un assaut : le 4 juillet, au Mont-Castre, un unique Sturmgeschutz et deux semi-chenillés tiennent en respect tout un bataillon de la 90th US ID… Dans le bocage du Cotentin, les tactiques défensives prennent en compte cette intégration des chars dispersés en autant de point d’appui ou, le plus souvent, disposés en réserves prêtes à intervenir, pour contrer les assauts des GIs.
La 91. Lutflande-Division apparaît particulièrement bien lotie. Outre deux batteries de la Sturmgeschütz-Brigade 902, elle dispose un moment du Sturmgeschütz-Abteilung 1353, issu de la 353. ID. De façon remarquable, les StuG sont tous encore en lice au 1er juillet : 30 en ordre de combat et un seul en atelier. Alors que les combats de l’enfer du bocage se déchaînent du Mont-Castre à Saint-Lô, elle ne compte que 3 engins définitivement détruits au 11 juillet. En revanche, comme toutes les unités blindées déployées dans le Cotentin, les combats menés pendant l’opération « Cobra » génèrent des pertes considérables : au 1er août, il n’y a plus que 8 blindés dans l’unité, dont un seul opérationnel. 3 SturmHaubitze sont à ajouter à ce total, ce qui prouve que des remplacements ont été perçus par l’unité.
Les effectifs des unités ne cessent en effet de s’effriter, faute de renforts suffisants. Le 30 juillet, la 352. ID ne possède plus que 2 StuG. Le 23 juillet, la 353. ID compte encore 8 Stug opérationnels, ainsi que des Marder. Le 23 juillet, la 243. ID exsangue depuis la mi-juin et la bataille de Cherbourg, n’aligne plus que 3 StuG. Engagée fin juin, la 326. ID a déjà perdu 32 Pak lourds le 30 juin, dont nombre de ses 24 StuG et Marder. La Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 compte 10 StuG et StuH en état le 29 juillet.
La situation est tout aussi préoccupante au sein des divisions motorisées et blindées. Le 27 juin, la « Götz von Berlichingen » n’a plus que 18 StuG opérationnels, total qui s’effondre à 10 le 21 juillet, alors que l’opération « Cobra » n’a pas encore été lancée. Les équipages ne manquent pourtant pas d’audace : 4 de ses engins auront participé à un raid spectaculaire contre un pont situé à 10 km derrière les lignes américaines. Au 1er juillet, la 2. Panzer possède encore 17 de ses Jagdpanzer IV, mais seuls 5 sont opérationnels au 11 août. Si, le 5 août, on dénombre encore 27 StuG opérationnels à la « LAH », ils ne sont plus que 8 le 13 août, avant même l’épreuve du « chaudron » de Falaise. La « Das Reich » en aligne encore 17, mais seulement 8 sont en état de combattre. A la « Hohenstauffen », on en dénombre 14 opérationnels. Ces deux dernières divisions ne seront pas prises dans la nasse et contre-attaqueront dans le secteur du Montormel pour maintenir un corridor d’évacuation ouvert. A la « Frundsberg », on ne totalise que 8 StuG définitivement détruit en date du 14 août. C’est peu, mais seuls 9 engins sont opérationnels tandis que 21 sont en ateliers. Une unité aussi tardivement engagée que la 116.Panzer voit son parc de StuG et de Jagdpanzer IV opérationnels baisser très rapidement : s’ils sont 25 le 25 juillet, il ne sont plus que 15 le 30 juillet et seulement 3 le 22 août.
De redoutables tueurs de tanks
Les Sturmgeschütze et les Panzerjäger se sont avérés terriblement létaux dans la lutte contre les blindés alliés. L’efficacité est immédiate : le 11 juin, dans le secteur de Tilly-sur-Seulles, 6 Jagdpanzer IV de la Panzer Lehr mettent en déroute un fort parti de Cromwell. Au 29 juin, sur les 154 tanks détruits revendiqués par la Panzer Lehr, 18 le sont par les Jagdpanzer IV (85 pour les chars pourtant bien plus nombreux). A la 21. Panzer, les StuG ont détruit 15 chars sur les 101 revendiqués par la division (mais seulement un score de 37 pour les Panzer). A la 352. ID, les Panzerjäger ont détruit 21 chars sur 97. A la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12, l’Oberwachtmeister Grünwald revendique à lui seul 20 chars ennemis.
Les StuG sont engagés dans de durs combats de chars à la fin du mois de juin lorsque le II. SS-Panzerkorps est jeté prématurément dans la bataille de l’Odon, pour contrer l’opération « Epsom ». A cette occasion, bien que les canons d’assaut soient plutôt conçus pour l’embuscade, ils acceptent le combat en terrain ouvert en frappant avec leurs pièces de 75 mm. Les engins de la « Frundsberg » se distinguent notamment face aux Sherman de 3 RTR dans le secteur de la cote 113. C’est aussi le temps des premières pertes. La 9. SS-Panzer perd 22 chars et 10 StuG. La « Frundsberg » n’a cependant que 3 StuG définitivement détruits.
Les contre-attaques de la « Das Reich » sur le front de Saint-Lô en juillet impliquent également des StuG et se soldent par des pertes sensibles. Au cours de ces combats, et jusqu’au 23 juillet, juste avant « Cobra », la 2. SS Panzer-Division perd 44 Panzer pour 14 StuG. Il est en effet malaisé pour un assaillant, quel qu’il soit, de mouvoir ses blindés dans le dédale des chemins creux qui les laisse à la merci des antichars. La bataille des haies révèle ici les limites d’emploi en attaque des StuG, dans un constat également valable pour les Panzerjäger IV : le blindage latéral est trop faible et, surtout, le canon en casemate, et donc l’absence de tourelle, couplée à une silhouette trop basse, rendent les tirs à travers les haies et leurs hauts talus bien problématiques. Leur efficacité sera d’ailleurs plus avérée en plaine. En revanche, dans le bocage, la silhouette ramassée (sauf le Marder) les rend plus facile à dissimuler que les Panzer ou les 88, ce qui le rend redoutable à l’affût.
Ces difficultés rejaillissent fin juillet-début août, pendant l’opération « Bluecoat », au cours de laquelle 31 StuG III sont détruits pour 85 Panzer. Les Britanniques ont certes plus soufferts, accusant la perte de 236 tanks, dont une partie sous les coups des Pak et des armes portatives. Néanmoins, les lourdes pertes allemandes s’expliquent par des contre-attaques trop rapidement montées. Quant à la part relativement importante de StuG parmi les engins détruits, elle ne saurait surprendre : elle est liée à l’intervention de la « Frundsberg » et de la « Hohenstaufen », deux unités dotées de nombreux canons d’assaut.
C’est pourtant au cours de cette bataille que se distingue le meilleur chasseur de char allemand du conflit : le Jagdpanther. Commandé par l’Hauptmann Noak, le 654. schweres Panzerjäger-Abteilung est la première unité à engager des Jagdpanther contre les Alliés. En ligne depuis la mi-juillet, les scores restent d’abord modestes avec 6 chars anglais détruits entre le 17 et le 30 juillet. Les Jagdpanther réalisent une contre-attaque désastreuse pour les Britanniques le 31 juillet : 14 Churchill sont incendiés en quelques minutes mais deux Jagdpanther, les chenilles endommagées, sont abandonnés par leurs équipages. Au 14 août, les pertes totales infligées aux forces blindées alliées se limitent à 42 chars, ce qui semble bien faible devant l’excellence du Jagdpanther. Si 20 Jagdpanther sont encore présents dans les effectifs, seuls deux sont en mesure d’opérer sur le front, faute de pièces détachées.
« Goodwood » ou les Sturmgeschütze du Major Becker au pinacle
85 Sturmgeschütze -35 StuG III de la « LAH » et 50 StuG « bricolés » par le Major Becker- sont impliqués dans la plus grande bataille de blindés de la bataille de Normandie, à savoir l’opération « Goodwood », les 18-20 juillet. Les 50 StuG de la 21. Panzer correspondent à 30 conversions sur châssis Hotchkiss armés de Pak 40 et 20 autres engins équipés de 105 mm, qui sont donc plus des pièces d’artillerie automotrice. En sus de cela, outre des pièces attelées, les régiments de Panzergrenadiere ont chacun 4 semi-chenillés Somua équipés eux-aussi de Pak 40. Les Sturmgeschütze de Becker sont organisés en 5 batteries de 10 engins répartis dans cinq villages fortifiés représentant la 2nde ligne de défense mis en place par Rommel. Le 18 juillet, les régiments blindés de la 11th Arm, de la Guards puis de la 7th Arm Div se heurtent successivement à ces redoutables antichars devant Démouville, Grentheville, Le Mesnil-Frémentel, Le Poirier, Four, Le Prieuré, Soliers… Plus que les Flak 88 et les Tiger, ce sont ces Sturmgeschütze qui brisent l’offensive, de concert avec les Pak 43 des Panzerjäger-Abteilungen (notamment le 1039e), ainsi que dans une moindre mesure les Panzer de la « LAH ». Après le passage de la voie ferrée Caen-Paris, les blindés britanniques pénètrent dans une zone plus épargnée par le carpet bombing qui a sonné le lever de rideau de l’offensive, zone qui est par ailleurs hors de portée de l’artillerie britannique… Des dizaines de tanks sont incendiés par les artilleurs de Becker… En fin d’après-midi, les StuG III de la « LAH » surprennent le Northants Yeomanry à Bras : 16 Cromwell sont incendiés en quelques instants. Mais 16 StuG de la « LAH » ont été touchés à la date du 20 juillet. Dans la journée du 19 juillet, ce sont quelques Jagdpanzer IV du SS-Panzerjäger-Abteilung 12 de la « Hitlerjugend » qui entrent dans la danse. Ces engins vont faire montre de leur potentiel le mois suivant.
« Totalize » et « Tractable » : l’heure de gloire des Panzerjäger
C’est dans la plaine de Caen que les Panzerjäger démontrent leur valeur. A l’instar des Pak et des Panzer, les compartiments de combats profonds des openfields leur permettent de mettre à profit l’excellent pouvoir de pénétration de leur armement principal. Leur taille leur permet en outre de se dissimuler aisément dans les ruines des fermes ou des villages, à l’orée des bois et derrière les quelques haies qui scarifient le territoire.
L’opération « Totalize » est lancée dans la soirée du 7 août. Le déferlement de puissance et l’ingéniosité des Canadiens ne débouche pourtant pas sur la percée espérée. Une pause inespérée dans l’avance canadienne permet aux Allemands d’éviter le désastre annoncé en rameutant tous les renforts possibles regroupés au sein du Kampfgruppe Waldmuller de la « Hitlerjugend ». Le KG compte 37 Panzer et 10 Jagdpanzer IV et se met en position sur la crête au sud de Saint-Aignan-de-Crasmesnil et qui coure jusqu’à Saint-Sylvain. C’est ici que les Panzerjäger vont se distinguer le 8 août dans l’après-midi. Les Jagdpanzer IV foncent à pleine vitesse, contre-attaquant sur St-Aignan et prenant de flanc le C Squadron du 1st Northants Yeomanry tandis que d’autres Jagdpanzer, déployé sur une hauteur à un kilomètre, prennent les Canadiens sous leurs tirs. La riposte canadienne oblige les blindés allemands à se mettre à couvert mais de nouveaux Panzerjäger surgissent. La bataille s’éternise toute l’après-midi, permettant aux Allemands de faire revenir de Grimbosq le Kampfgruppe Wunsche et ses Panther. 16 tanks auraient été détruits pour 20 Panzer revendiqués par les Canadiens, dont 5 Jagdpanzer IV.
Mais l’intervention de ces derniers est encore plus couronnée de succès dans l’affrontement concomitant avec la 1st Polish Arm Div qui subit de lourdes pertes au cours de son baptême du feu. Près de Saint-Sylvain, le 10th Mounted Rifles perd 3 chars sous les coups des Panzerjäger qui tente ntde prendre le 2nd Tank Regiment de flanc. Le soir, jusqu’à 22 heures, deux Jagdpanzer IV se risquent dans Saint-Aignan même, sans support d’infanterie, et prennent sous leurs tirs la plaine aux alentours. Les Jagdpanzer revendiquent 28 tanks pour cette journée, surtout polonais, tandis que 3 Tiger n’ont détruits que 7 tanks.
Le lendemain, 9 août, une attaque polonaise sur Soignelles est brisée par les tirs de deux Jagdpanzer IV : à l’exception de deux engins, tous les tanks engagés sont détruits. La compagnie de Panzerjäger des SS revendique 22 chars ce jour-là. 19 des engins sont détruits par seulement deux Jagdpanzer IV de la 1ère compagnie. Les tireurs des deux blindés sont décorés pour leur exploit. Fritz Eckstein aurait incendié 21 tanks en deux jours.
Le 10 août, les tanks des Grenadier Guards sont stoppés dans leur tentative pour aller à la rescousse du British Columbia Regiment isolé et décimé sur la crête 195. Les tirs des Tiger depuis le bois de Quesnay sont dévastateurs mais l’exploit revient au même deux Jagdpanzer IV de la veille : les deux blindés parviennent en effet à surprendre les Canadiens sur leurs arrières et s’arrogent la bagatelle de 13 nouveaux Sherman à leur tableau de chasse.
Au même moment, « Lüttich », la contre-offensive de Mortain, ne met en lice que peu de StuG et très peu de Panzerjäger , puisque seuls 15 Jagdpanzer IV sont impliqués dans une opération où interviennent avant tout des Panzer.
La percée et la spectaculaire exploitation de la 3rd Army de Patton annonce la fin de la bataille de Normandie. Montgomery décide d’accélérer le mouvement en direction de Falaise et, au-delà, vers Argentan. Les troupes allemandes combattants en Normandie seraient ainsi encerclées puis annihilées. La nouvelle offensive, « Tractable », est lancée le 14 août. La « Hitlerjugend » n’aligne plus en première ligne que 5 Jagdpanzer IV opérationnels. Appartenant à la 2e compagnie, ces engins sont déployés dans des vergers entre Ouilly-le-Tesson et Rouvres. Les 5 Jagdpanzer IV de la 1ère compagnie sont pour leur part en embuscade dans les bois autour d’Epancy et des Monts-d’Eraines pour contrecarrer toute velléité de percée dans ce secteur. C’est le 15 août que les Jagdpanzer démontrent de nouveau leur dangerosité pour les Alliés. Les Tiger et les Panzerjäger opèrent des coupes sombres dans les rangs des régiments blindés adverses. 118 tanks seront touchés pendant la bataille. 3 Jagdpanzer IV sont détruits (sur 35 Panzer perdus). Les Panzerjäger n’ont pas dits leur dernier mot et ils vont continuer à mener la vie dure à leurs adversaires au cours de la suite de leur progression vers Chambois et Argentan.
Derniers engagés dans la bataille
Certaines formations n’interviendront pas avant la fin du mois de juillet : les Sturmgeschütze-Brigade 341 et 394 et les StuG. Abt. 1344 et 1348. Le 28 juillet 1944, l’OB West ordonne à la 15. Armee de transférer les StuG. Abt. 1344 et 1348 à la 7. Armee. La première unité est avec la 89. ID au sud d’Elbeuf tandis que la seconde doit se rendre auprès de la 331. ID dans le secteur de Gacé en date du 12 août. La 331. ID possède sa propre compagnie organique de StuG, le StuG Abt 1331, qui perd son premier blindé que le 16 août, sous les coups d’un bazooka.
Lorsque la 4th US Arm. Div. caracole vers Rennes, la seule unité blindée qui lui fait face est la Sturmgeschutz-Brigade 341, trop peu puissante pour endiguer le déferlement. L’unité, intégré au Kampfgruppe Bacherer, a participé à la vaine tentative pour reprendre Avranches. La 1./Sturmgeschütze-Brigade 341 perd rapidement 12 de ses 14 engins. La 2e batterie est elle-aussi rapidement balayée par la puissance de la 3rd Army. Il reste donc peu de canons d’assaut pour défendre à la fois le secteur de Saint-Malo et celui de Rennes. La Sturmgeschütz-Brigade 394 rallie le front le 1 août, dans le secteur de La Flèche puis celui de Mortain. Les premiers combats, aux côtés de la 116. Panzer près de Juvigny-le-Tertre, surviennent le 3 août. Ces StuG restent redoutables jusqu’au bout : le 6 août, la seule 3. Batterie revendique la destruction de 26 Sherman.
Décimés mais le devoir accompli
Fin août, seuls une poignée des 900 Sturmgeschütze et Panzerjäger engagés en Normandie retraversent la Seine en état. Le Panzerjäger-Abteilung 654 se voit ainsi refuser le passage du pont du génie de Poses par des SS. Le bataillon de Jagdpanther est donc contraint de tenter sa chance à Orival où, pour son malheur, le bac sombre avec un Tiger à son bord. 11 Jagdpanther doivent être sabordés au cours de la retraite. En revanche, après la traversée de la Seine, la 346. ID compte encore 3 StuG. Ces unités, moins célébrées que les Panzer proprement dits, ont pourtant tenu un rôle d’appui-feu mais aussi antichar conséquent pendant la bataille.
PANZERJÄGER
304 Panzerjäger sont déployés en Normandie.
Unités indépendantes :
Schwere Panzerjäger-Abteilung 654 : 25
Composantes des Panzer-Divisionen :
« Götz von Berlichingen » : 12 Marder III (les Jagdpanzer IV n’ont pas été engagés en Normandie)
Panzer Lehr-Division : 31 Jagdpanzer IV
2. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV
9. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV (envoyés après que la division se soit mise en route pour la Normandie) et 9 Marder
116. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV en juillet et 9 Marder
« Hitlerjugend » : 21 Jagdpanzer IV
Composantes des divisions d’infanterie :
243. ID : 14 Marder III
326. ID : 14 Marder III.
331.ID : 14 Marder III.
346.ID : 14 Marder III
352. ID : 14 Marder III et 9 Pak 36 montés sur camions Opel-Blitz.
353. ID : 14 Marder III.
709. ID : 9 Marder I
711. ID: 10 Marder I
716. ID : 10 Marder I
STURMGESCHÜTZE
485 StuG dont 435 StuG III-IV et StuH III déployés en Normandie, sans compter les engins envoyés combler les pertes (sans doute moins de 100 blindés de remplacement).
Unités indépendantes
Sturmgeschutz-Brigade 341 : 45 StuG III et StuH
Sturmgeschutz-Brigade 394 : 31 StuG III
Sturmgeschutz-Brigade 902 : 31 StuG III
Fallschirm-Sturmgeschutz-Brigade 12 : 22 ou 31 StuG
4./Pz Abt 301 (Fkl) : 6 StuG III (combat auprès de la 2. Panzer-Division)
Pz-Kpnie 316 (Fkl) :10 StuG III (combat auprès de la Panzer-Lehr-Division)
StuG. Abt. 1348 (provenant de la 348. ID) : 10 StuG III
StuG. Abt. 1344 (provenant de la 344. ID) : 10 StuG III
Composantes des Panzer-Divisionen :
« Götz von Berlichingen » : 42 StuG IV
« LAH » : 45 StuG III
« Das Reich » : 45 StuG III
« Hohenstaufen » : 40 StuG III
« Frundsberg » : 38 StuG III
9. Panzer-Division : 5 StuG III
21. Panzer-Division : 50 StuG III
116. Panzer-Division : 6 StuG III
Composantes des divisions d’infanterie :
16. Luftwaffe-Feld-Division : 10 StuG III
243. ID : 10 StuG III
326. ID : 10 StuG III
331.ID : 10 StuG III
346.ID : 10 StuG III
352. ID : 10 StuG III
353. ID : 10 StuG III
Le mythique Tiger : une des images d’Epinal du blindé en Normandie. Les Allemands engagent en Normandie d’autres engins tout aussi redoutables, et pourtant négligés : les canons d’assaut ou Sturmgeschütze (qui relèvent de la Sturmartillerie) ainsi que les Panzerjäger, toujours oubliés lorsqu’on dresse le rapport de force des engins blindés disponible à l’Ouest, alors que les tanks obsolètes sont décomptés. Un Panzer stricto sensu est un blindé de la Panzerwaffe entièrement chenillé à tourelle pivotante. Au sens large, un Panzer est un blindé. Dans cet article, nous nous intéresserons à ces « Panzer » qui retiennent moins l’attention que sont les Sturmgeschütze et les Panzerjäger.
Les unités et le matériel
Où trouve-t-on ces blindés? Pour les chasseurs de chars : Panzerjager-Abteilung des ID, unités indépendantes de Panzerjäger ou encore éléments organiques antichars de Panzer-Divisionen. Plusieurs unités participent à la bataille de Normandie avec des Sturmgeschütze, que ce soit des formations indépendantes, à l’image de la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 (ex-Sturmgeschutz-Brigade 2 der Luftwaffe), ou encore comme composante d’une division, telle que le Sturmgeschütz Abteilung 1243. Dans ce dernier cas, les canons d’assaut sont engerbés dans des unités de Sturmgeschütze (« Götz von Berlichingen »), plus souvent de Panzerjäger (ID mais aussi « Das Reich » et « LAH ») ou voire en remplacement de Panzer IV dans un bataillon de chars (« Hohenstaufen », « Frundsberg »).
Hormis des StuG IV à la « Götz von Berlichingen », les StuG III et les StuH III sont les plus représentés. Des StuG particuliers sont conçus par le Bau Kommando Becker, unatelier de la Wehrmacht chargé de la conversion du parc blindé français tombé entre les mains allemandes en juin 1940. Les ateliers allemands de Versailles produisent ainsi des automoteurs à partir de châssis d’engins devenus obsolètes. Equipés de pièces de Pak 40, de 105 mm ou de 150 mm, ces nouveaux blindés gagnent en puissance de feu et en efficacité. Des Nebelwerfer automoteurs et des transports de troupes sont aussi conçus. La plupart de ces engins rejoignent la Panzer Artillerie Brigade, rebaptisée Schnelle Brigade West qui sert de noyau à la reconstitution de la 21.Panzer-Division.
On observe une grande variété au sein des unités de Panzerjäger : Marder I et III, Jagdpanzer IV et Jagdpanther, voire même StuG. Les unités de Panzerjäger des divisions blindées doivent en effet être dotées du Jagdpanzer IV, dont 104 exemplaires combattent en Normandie. Le terrible Jagdpanther, très bien armé, très bien protégé et possède de belles capacités d’évolution en tout terrain, n’est engagé qu’au sein d’une unité indépendante. Les Marder ne sont normalement attribués qu’aux ID, exception faite de la 9. et 116. Panzer-Divisionen. Les StuG se retrouvent au sein du Panzerjäger-Abteilung des ID. car celui-ci, outre son stab (état-major), est composé de trois compagnies de combat, chacune d’elle étant dotée d’un matériel différent, qui témoigne par ailleurs de la polyvalence d’emploi du StuG, ici officiellement destiné à un rôle antichar : la 1. Kompanie est équipée de 14 Pak automoteurs sur châssis chenillés, le plus souvent sur châssis de Panzer 38 (t), donc des Marder III, ausf.H ou M ; la 2. Kompanie a 10 Sturmgeschütze III ; 3. Kompanie est en fait une unité de Flak motorisée, mais on dénombre aussi 9 Pak 35/36 montés sur camions Opel-Blitz à la 352. ID.
Les choses n’étant jamais simples au sein de l’armée allemande, certaines ID statiques (bodenständige), telles que les 709., 711. et 716. ID n’ont pas été pourvues en StuG ni en Marder III, réservés aux ID standards, mais ont perçu en revanche des Marder I, certes armés du Pak 40 comme le Marder III, mais sur châssis de chenillettes françaises Lorraine. Contrairement aux autres blindés considérés ici, les Sturmgeschütze de Becker (sur châssis Hotchkiss) et les Marder, par ailleurs avec un habitacle de combat sans toit, sont trop peu blindés pour se risquer dans un combat trop rapproché : la tactique d’emploi doit donc en tenir compte. Quant au Panzerjäger-Abteilung 50 de la 9. Panzer-Division, il doit monter en ligne avec des StuG et des Marder au lieu de Jagdpanzer IV.
Premiers blindés au feu
Panzerjäger et Sturmgeschütze sont les premiers blindés à affronter l’Invasion, avant même les Panzer proprement dits, ceux de la 21. Panzer, qui n’interviennent que quelques heures plus tard, si on met de côté les quelques tanks obsolètes qui font face aux aéroportés américains. Ce sont en effet des Sturmgeschütze et des Panzerjäger qui appuient les fantassins dans une vaine contre-attaque sur Sainte-Mère-Eglise. A 10h30, l’Infanterie-Regiment 1058 de la 91. Luftlande-Division attaque depuis le nord avec l’appui de 9 StuG et d’une compagnie de FLAK, ainsi que de quelques autres blindés du Panzer-Abteilung 100, dont les vieux chars obsolètes peuvent encore s’avérer dangereux contre des parachutistes. Au sud, c’est l’Ost-Bataillon 795, appuyés notamment par deux PanzerJäger, qui échoue. Depuis l’est, l’attaque menée depuis Beuzeville-au-Plain par le Sturmabteilung AOK 7 et quelques blindés du Panzerjäger-Abteilung 709 échoue pareillement.
A l’autre extrémité du front, la 6th Airborne affronte victorieusement les Sturmgeschütze bricolés du Major Becker. Au cours de cette journée fatidique, les éléments blindés de la 352. ID, engagés dans le cadre du Kampfgruppe Meyer, se font étriller en s’opposant aux Britanniques débarqués sur Gold Beach : à peine 90 hommes et 6 Sturmgeschütze se rassemblent à Ducy-Sainte-Marguerite à 22h55. Le 10 juin, si la 352. ID surprend un bataillon de la 29th US ID au bivouac à la nuit tombée, elle perd deux automoteurs sous les coups des bazookas.
Parmi les renforts expédiés vers le front le 7 juin, deux unités indépendantes : la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 et la Sturmgeschütze-Brigade 902, la 1ère pour le II. Fallschirm-Korps et la 2nde pour le LXXXXIV. Korps. Ce même jour, la 346. ID attaque de façon fort résolue la tête de pont aéroportée à l’est de l’Orne. Les combats s’éternisent pendant des jours, l’intervention de l’artillerie navale alliée contribuant largement à l’échec final des Allemands. Le commandant des StuG de la 346. ID revendique personnellement la destruction de 11 chars alliés, ce qui semble beaucoup. La 346. ID ne compte plus qu’un StuG en état le 18 juin, 9 étant en réparation. Toutefois, au 15 juillet, elle ne déplore encore aucune perte définitive.
La « Hitlerjugend » est sur le front dès le 7 juin, mais sans son 1./ SS-Panzerjäger-Abteilung 12 et ses 11 Jagdpanzer qui ne serait entrée en lice que le 19 juillet. Seuls 10 engins ont été perçus par la division avant le Débarquement.
La « Götz von Berlichingen » met une semaine à rejoindre le front. Sa contre-attaque du 13 juin pourtant essentielle sur Carentan manque de punch et de puissance. Un StuG a déjà été perdu sur sa plateforme ferroviaire au cours d’une attaque aérienne survenue au cours de la remontée vers la Normandie : détruit par l’explosion de bidons d’essence. Le 15 juin, seuls 24 StuG sont opérationnels et 13 sont en ateliers : les pertes sont déjà lourdes.
A cette date, la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 vient d’arriver à son tour sur le front. Combattant en appui de la 3. FJD, elle a 11 blindés en état au 27 juin. La Sturmgeschütze-Brigade 902 se déploie dans le Cotentin ou elle participe immédiatement à la guerre des haies. Le 15 juin, elle est stationnée autour de La Haye-du-Puits avec 13 canons d’assaut opérationnels.
Un soutien blindé efficace
Alors qu’un Panzer est d’emblée polyvalent, capable d’affronter les tanks tout aussi bien que neutraliser l’infanterie ennemie ou parfois même les fortifications légères ennemies. Un Panzerjäger est un engin blindé destiné à combattre et à détruire les autres blindés. Le StuG n’a pas été conçu initialement pour s’opposer à des chars, mais pour soutenir l’infanterie à coups d’obus explosif. Pourtant, avec des obus perforants, il s’avère être un excellent chasseur de char, au point que la distinction d’emploi entre Panzer et StuG disparaît.
Pendant les trois mois de bataille en Normandie, on observe à de nombreuses reprises une étroite coopération entre les unités de Panzerjäger et de Sturmgeschütze et les fantassins, Panzergrenadiere compris. A la mi-juillet, les divisions d’infanterie de la Wehrmacht en position au sud et au sud-ouest de Caen sont épaulées par les Panzerjäger de la 21. Panzer et de la « Hitlerjugend ». De même, les Jagdpanthers du 654. Schweres Panzerjäger Abteilung seront d’une aide précieuse pour la 326. ID au cours de l’offensive Bluecoat. Combattant à l’est de l’Orne au mois d’août, la 277. ID est renforcée elle-aussi par des Jagdpanthers. Il s’avère que, dans de nombreux cas, le soutien d’un canon d’assaut solitaire ou de quelques blindés s’avère décisif pour endiguer un assaut : le 4 juillet, au Mont-Castre, un unique Sturmgeschutz et deux semi-chenillés tiennent en respect tout un bataillon de la 90th US ID… Dans le bocage du Cotentin, les tactiques défensives prennent en compte cette intégration des chars dispersés en autant de point d’appui ou, le plus souvent, disposés en réserves prêtes à intervenir, pour contrer les assauts des GIs.
La 91. Lutflande-Division apparaît particulièrement bien lotie. Outre deux batteries de la Sturmgeschütz-Brigade 902, elle dispose un moment du Sturmgeschütz-Abteilung 1353, issu de la 353. ID. De façon remarquable, les StuG sont tous encore en lice au 1er juillet : 30 en ordre de combat et un seul en atelier. Alors que les combats de l’enfer du bocage se déchaînent du Mont-Castre à Saint-Lô, elle ne compte que 3 engins définitivement détruits au 11 juillet. En revanche, comme toutes les unités blindées déployées dans le Cotentin, les combats menés pendant l’opération « Cobra » génèrent des pertes considérables : au 1er août, il n’y a plus que 8 blindés dans l’unité, dont un seul opérationnel. 3 SturmHaubitze sont à ajouter à ce total, ce qui prouve que des remplacements ont été perçus par l’unité.
Les effectifs des unités ne cessent en effet de s’effriter, faute de renforts suffisants. Le 30 juillet, la 352. ID ne possède plus que 2 StuG. Le 23 juillet, la 353. ID compte encore 8 Stug opérationnels, ainsi que des Marder. Le 23 juillet, la 243. ID exsangue depuis la mi-juin et la bataille de Cherbourg, n’aligne plus que 3 StuG. Engagée fin juin, la 326. ID a déjà perdu 32 Pak lourds le 30 juin, dont nombre de ses 24 StuG et Marder. La Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12 compte 10 StuG et StuH en état le 29 juillet.
La situation est tout aussi préoccupante au sein des divisions motorisées et blindées. Le 27 juin, la « Götz von Berlichingen » n’a plus que 18 StuG opérationnels, total qui s’effondre à 10 le 21 juillet, alors que l’opération « Cobra » n’a pas encore été lancée. Les équipages ne manquent pourtant pas d’audace : 4 de ses engins auront participé à un raid spectaculaire contre un pont situé à 10 km derrière les lignes américaines. Au 1er juillet, la 2. Panzer possède encore 17 de ses Jagdpanzer IV, mais seuls 5 sont opérationnels au 11 août. Si, le 5 août, on dénombre encore 27 StuG opérationnels à la « LAH », ils ne sont plus que 8 le 13 août, avant même l’épreuve du « chaudron » de Falaise. La « Das Reich » en aligne encore 17, mais seulement 8 sont en état de combattre. A la « Hohenstauffen », on en dénombre 14 opérationnels. Ces deux dernières divisions ne seront pas prises dans la nasse et contre-attaqueront dans le secteur du Montormel pour maintenir un corridor d’évacuation ouvert. A la « Frundsberg », on ne totalise que 8 StuG définitivement détruit en date du 14 août. C’est peu, mais seuls 9 engins sont opérationnels tandis que 21 sont en ateliers. Une unité aussi tardivement engagée que la 116.Panzer voit son parc de StuG et de Jagdpanzer IV opérationnels baisser très rapidement : s’ils sont 25 le 25 juillet, il ne sont plus que 15 le 30 juillet et seulement 3 le 22 août.
De redoutables tueurs de tanks
Les Sturmgeschütze et les Panzerjäger se sont avérés terriblement létaux dans la lutte contre les blindés alliés. L’efficacité est immédiate : le 11 juin, dans le secteur de Tilly-sur-Seulles, 6 Jagdpanzer IV de la Panzer Lehr mettent en déroute un fort parti de Cromwell. Au 29 juin, sur les 154 tanks détruits revendiqués par la Panzer Lehr, 18 le sont par les Jagdpanzer IV (85 pour les chars pourtant bien plus nombreux). A la 21. Panzer, les StuG ont détruit 15 chars sur les 101 revendiqués par la division (mais seulement un score de 37 pour les Panzer). A la 352. ID, les Panzerjäger ont détruit 21 chars sur 97. A la Fallschirm-Sturmgeschütze-Brigade 12, l’Oberwachtmeister Grünwald revendique à lui seul 20 chars ennemis.
Les StuG sont engagés dans de durs combats de chars à la fin du mois de juin lorsque le II. SS-Panzerkorps est jeté prématurément dans la bataille de l’Odon, pour contrer l’opération « Epsom ». A cette occasion, bien que les canons d’assaut soient plutôt conçus pour l’embuscade, ils acceptent le combat en terrain ouvert en frappant avec leurs pièces de 75 mm. Les engins de la « Frundsberg » se distinguent notamment face aux Sherman de 3 RTR dans le secteur de la cote 113. C’est aussi le temps des premières pertes. La 9. SS-Panzer perd 22 chars et 10 StuG. La « Frundsberg » n’a cependant que 3 StuG définitivement détruits.
Les contre-attaques de la « Das Reich » sur le front de Saint-Lô en juillet impliquent également des StuG et se soldent par des pertes sensibles. Au cours de ces combats, et jusqu’au 23 juillet, juste avant « Cobra », la 2. SS Panzer-Division perd 44 Panzer pour 14 StuG. Il est en effet malaisé pour un assaillant, quel qu’il soit, de mouvoir ses blindés dans le dédale des chemins creux qui les laisse à la merci des antichars. La bataille des haies révèle ici les limites d’emploi en attaque des StuG, dans un constat également valable pour les Panzerjäger IV : le blindage latéral est trop faible et, surtout, le canon en casemate, et donc l’absence de tourelle, couplée à une silhouette trop basse, rendent les tirs à travers les haies et leurs hauts talus bien problématiques. Leur efficacité sera d’ailleurs plus avérée en plaine. En revanche, dans le bocage, la silhouette ramassée (sauf le Marder) les rend plus facile à dissimuler que les Panzer ou les 88, ce qui le rend redoutable à l’affût.
Ces difficultés rejaillissent fin juillet-début août, pendant l’opération « Bluecoat », au cours de laquelle 31 StuG III sont détruits pour 85 Panzer. Les Britanniques ont certes plus soufferts, accusant la perte de 236 tanks, dont une partie sous les coups des Pak et des armes portatives. Néanmoins, les lourdes pertes allemandes s’expliquent par des contre-attaques trop rapidement montées. Quant à la part relativement importante de StuG parmi les engins détruits, elle ne saurait surprendre : elle est liée à l’intervention de la « Frundsberg » et de la « Hohenstaufen », deux unités dotées de nombreux canons d’assaut.
C’est pourtant au cours de cette bataille que se distingue le meilleur chasseur de char allemand du conflit : le Jagdpanther. Commandé par l’Hauptmann Noak, le 654. schweres Panzerjäger-Abteilung est la première unité à engager des Jagdpanther contre les Alliés. En ligne depuis la mi-juillet, les scores restent d’abord modestes avec 6 chars anglais détruits entre le 17 et le 30 juillet. Les Jagdpanther réalisent une contre-attaque désastreuse pour les Britanniques le 31 juillet : 14 Churchill sont incendiés en quelques minutes mais deux Jagdpanther, les chenilles endommagées, sont abandonnés par leurs équipages. Au 14 août, les pertes totales infligées aux forces blindées alliées se limitent à 42 chars, ce qui semble bien faible devant l’excellence du Jagdpanther. Si 20 Jagdpanther sont encore présents dans les effectifs, seuls deux sont en mesure d’opérer sur le front, faute de pièces détachées.
« Goodwood » ou les Sturmgeschütze du Major Becker au pinacle
85 Sturmgeschütze -35 StuG III de la « LAH » et 50 StuG « bricolés » par le Major Becker- sont impliqués dans la plus grande bataille de blindés de la bataille de Normandie, à savoir l’opération « Goodwood », les 18-20 juillet. Les 50 StuG de la 21. Panzer correspondent à 30 conversions sur châssis Hotchkiss armés de Pak 40 et 20 autres engins équipés de 105 mm, qui sont donc plus des pièces d’artillerie automotrice. En sus de cela, outre des pièces attelées, les régiments de Panzergrenadiere ont chacun 4 semi-chenillés Somua équipés eux-aussi de Pak 40. Les Sturmgeschütze de Becker sont organisés en 5 batteries de 10 engins répartis dans cinq villages fortifiés représentant la 2nde ligne de défense mis en place par Rommel. Le 18 juillet, les régiments blindés de la 11th Arm, de la Guards puis de la 7th Arm Div se heurtent successivement à ces redoutables antichars devant Démouville, Grentheville, Le Mesnil-Frémentel, Le Poirier, Four, Le Prieuré, Soliers… Plus que les Flak 88 et les Tiger, ce sont ces Sturmgeschütze qui brisent l’offensive, de concert avec les Pak 43 des Panzerjäger-Abteilungen (notamment le 1039e), ainsi que dans une moindre mesure les Panzer de la « LAH ». Après le passage de la voie ferrée Caen-Paris, les blindés britanniques pénètrent dans une zone plus épargnée par le carpet bombing qui a sonné le lever de rideau de l’offensive, zone qui est par ailleurs hors de portée de l’artillerie britannique… Des dizaines de tanks sont incendiés par les artilleurs de Becker… En fin d’après-midi, les StuG III de la « LAH » surprennent le Northants Yeomanry à Bras : 16 Cromwell sont incendiés en quelques instants. Mais 16 StuG de la « LAH » ont été touchés à la date du 20 juillet. Dans la journée du 19 juillet, ce sont quelques Jagdpanzer IV du SS-Panzerjäger-Abteilung 12 de la « Hitlerjugend » qui entrent dans la danse. Ces engins vont faire montre de leur potentiel le mois suivant.
« Totalize » et « Tractable » : l’heure de gloire des Panzerjäger
C’est dans la plaine de Caen que les Panzerjäger démontrent leur valeur. A l’instar des Pak et des Panzer, les compartiments de combats profonds des openfields leur permettent de mettre à profit l’excellent pouvoir de pénétration de leur armement principal. Leur taille leur permet en outre de se dissimuler aisément dans les ruines des fermes ou des villages, à l’orée des bois et derrière les quelques haies qui scarifient le territoire.
L’opération « Totalize » est lancée dans la soirée du 7 août. Le déferlement de puissance et l’ingéniosité des Canadiens ne débouche pourtant pas sur la percée espérée. Une pause inespérée dans l’avance canadienne permet aux Allemands d’éviter le désastre annoncé en rameutant tous les renforts possibles regroupés au sein du Kampfgruppe Waldmuller de la « Hitlerjugend ». Le KG compte 37 Panzer et 10 Jagdpanzer IV et se met en position sur la crête au sud de Saint-Aignan-de-Crasmesnil et qui coure jusqu’à Saint-Sylvain. C’est ici que les Panzerjäger vont se distinguer le 8 août dans l’après-midi. Les Jagdpanzer IV foncent à pleine vitesse, contre-attaquant sur St-Aignan et prenant de flanc le C Squadron du 1st Northants Yeomanry tandis que d’autres Jagdpanzer, déployé sur une hauteur à un kilomètre, prennent les Canadiens sous leurs tirs. La riposte canadienne oblige les blindés allemands à se mettre à couvert mais de nouveaux Panzerjäger surgissent. La bataille s’éternise toute l’après-midi, permettant aux Allemands de faire revenir de Grimbosq le Kampfgruppe Wunsche et ses Panther. 16 tanks auraient été détruits pour 20 Panzer revendiqués par les Canadiens, dont 5 Jagdpanzer IV.
Mais l’intervention de ces derniers est encore plus couronnée de succès dans l’affrontement concomitant avec la 1st Polish Arm Div qui subit de lourdes pertes au cours de son baptême du feu. Près de Saint-Sylvain, le 10th Mounted Rifles perd 3 chars sous les coups des Panzerjäger qui tente ntde prendre le 2nd Tank Regiment de flanc. Le soir, jusqu’à 22 heures, deux Jagdpanzer IV se risquent dans Saint-Aignan même, sans support d’infanterie, et prennent sous leurs tirs la plaine aux alentours. Les Jagdpanzer revendiquent 28 tanks pour cette journée, surtout polonais, tandis que 3 Tiger n’ont détruits que 7 tanks.
Le lendemain, 9 août, une attaque polonaise sur Soignelles est brisée par les tirs de deux Jagdpanzer IV : à l’exception de deux engins, tous les tanks engagés sont détruits. La compagnie de Panzerjäger des SS revendique 22 chars ce jour-là. 19 des engins sont détruits par seulement deux Jagdpanzer IV de la 1ère compagnie. Les tireurs des deux blindés sont décorés pour leur exploit. Fritz Eckstein aurait incendié 21 tanks en deux jours.
Le 10 août, les tanks des Grenadier Guards sont stoppés dans leur tentative pour aller à la rescousse du British Columbia Regiment isolé et décimé sur la crête 195. Les tirs des Tiger depuis le bois de Quesnay sont dévastateurs mais l’exploit revient au même deux Jagdpanzer IV de la veille : les deux blindés parviennent en effet à surprendre les Canadiens sur leurs arrières et s’arrogent la bagatelle de 13 nouveaux Sherman à leur tableau de chasse.
Au même moment, « Lüttich », la contre-offensive de Mortain, ne met en lice que peu de StuG et très peu de Panzerjäger , puisque seuls 15 Jagdpanzer IV sont impliqués dans une opération où interviennent avant tout des Panzer.
La percée et la spectaculaire exploitation de la 3rd Army de Patton annonce la fin de la bataille de Normandie. Montgomery décide d’accélérer le mouvement en direction de Falaise et, au-delà, vers Argentan. Les troupes allemandes combattants en Normandie seraient ainsi encerclées puis annihilées. La nouvelle offensive, « Tractable », est lancée le 14 août. La « Hitlerjugend » n’aligne plus en première ligne que 5 Jagdpanzer IV opérationnels. Appartenant à la 2e compagnie, ces engins sont déployés dans des vergers entre Ouilly-le-Tesson et Rouvres. Les 5 Jagdpanzer IV de la 1ère compagnie sont pour leur part en embuscade dans les bois autour d’Epancy et des Monts-d’Eraines pour contrecarrer toute velléité de percée dans ce secteur. C’est le 15 août que les Jagdpanzer démontrent de nouveau leur dangerosité pour les Alliés. Les Tiger et les Panzerjäger opèrent des coupes sombres dans les rangs des régiments blindés adverses. 118 tanks seront touchés pendant la bataille. 3 Jagdpanzer IV sont détruits (sur 35 Panzer perdus). Les Panzerjäger n’ont pas dits leur dernier mot et ils vont continuer à mener la vie dure à leurs adversaires au cours de la suite de leur progression vers Chambois et Argentan.
Derniers engagés dans la bataille
Certaines formations n’interviendront pas avant la fin du mois de juillet : les Sturmgeschütze-Brigade 341 et 394 et les StuG. Abt. 1344 et 1348. Le 28 juillet 1944, l’OB West ordonne à la 15. Armee de transférer les StuG. Abt. 1344 et 1348 à la 7. Armee. La première unité est avec la 89. ID au sud d’Elbeuf tandis que la seconde doit se rendre auprès de la 331. ID dans le secteur de Gacé en date du 12 août. La 331. ID possède sa propre compagnie organique de StuG, le StuG Abt 1331, qui perd son premier blindé que le 16 août, sous les coups d’un bazooka.
Lorsque la 4th US Arm. Div. caracole vers Rennes, la seule unité blindée qui lui fait face est la Sturmgeschutz-Brigade 341, trop peu puissante pour endiguer le déferlement. L’unité, intégré au Kampfgruppe Bacherer, a participé à la vaine tentative pour reprendre Avranches. La 1./Sturmgeschütze-Brigade 341 perd rapidement 12 de ses 14 engins. La 2e batterie est elle-aussi rapidement balayée par la puissance de la 3rd Army. Il reste donc peu de canons d’assaut pour défendre à la fois le secteur de Saint-Malo et celui de Rennes. La Sturmgeschütz-Brigade 394 rallie le front le 1 août, dans le secteur de La Flèche puis celui de Mortain. Les premiers combats, aux côtés de la 116. Panzer près de Juvigny-le-Tertre, surviennent le 3 août. Ces StuG restent redoutables jusqu’au bout : le 6 août, la seule 3. Batterie revendique la destruction de 26 Sherman.
Décimés mais le devoir accompli
Fin août, seuls une poignée des 900 Sturmgeschütze et Panzerjäger engagés en Normandie retraversent la Seine en état. Le Panzerjäger-Abteilung 654 se voit ainsi refuser le passage du pont du génie de Poses par des SS. Le bataillon de Jagdpanther est donc contraint de tenter sa chance à Orival où, pour son malheur, le bac sombre avec un Tiger à son bord. 11 Jagdpanther doivent être sabordés au cours de la retraite. En revanche, après la traversée de la Seine, la 346. ID compte encore 3 StuG. Ces unités, moins célébrées que les Panzer proprement dits, ont pourtant tenu un rôle d’appui-feu mais aussi antichar conséquent pendant la bataille.
PANZERJÄGER
304 Panzerjäger sont déployés en Normandie.
Unités indépendantes :
Schwere Panzerjäger-Abteilung 654 : 25
Composantes des Panzer-Divisionen :
« Götz von Berlichingen » : 12 Marder III (les Jagdpanzer IV n’ont pas été engagés en Normandie)
Panzer Lehr-Division : 31 Jagdpanzer IV
2. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV
9. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV (envoyés après que la division se soit mise en route pour la Normandie) et 9 Marder
116. Panzer-Division : 21 Jagdpanzer IV en juillet et 9 Marder
« Hitlerjugend » : 21 Jagdpanzer IV
Composantes des divisions d’infanterie :
243. ID : 14 Marder III
326. ID : 14 Marder III.
331.ID : 14 Marder III.
346.ID : 14 Marder III
352. ID : 14 Marder III et 9 Pak 36 montés sur camions Opel-Blitz.
353. ID : 14 Marder III.
709. ID : 9 Marder I
711. ID: 10 Marder I
716. ID : 10 Marder I
STURMGESCHÜTZE
485 StuG dont 435 StuG III-IV et StuH III déployés en Normandie, sans compter les engins envoyés combler les pertes (sans doute moins de 100 blindés de remplacement).
Unités indépendantes
Sturmgeschutz-Brigade 341 : 45 StuG III et StuH
Sturmgeschutz-Brigade 394 : 31 StuG III
Sturmgeschutz-Brigade 902 : 31 StuG III
Fallschirm-Sturmgeschutz-Brigade 12 : 22 ou 31 StuG
4./Pz Abt 301 (Fkl) : 6 StuG III (combat auprès de la 2. Panzer-Division)
Pz-Kpnie 316 (Fkl) :10 StuG III (combat auprès de la Panzer-Lehr-Division)
StuG. Abt. 1348 (provenant de la 348. ID) : 10 StuG III
StuG. Abt. 1344 (provenant de la 344. ID) : 10 StuG III
Composantes des Panzer-Divisionen :
« Götz von Berlichingen » : 42 StuG IV
« LAH » : 45 StuG III
« Das Reich » : 45 StuG III
« Hohenstaufen » : 40 StuG III
« Frundsberg » : 38 StuG III
9. Panzer-Division : 5 StuG III
21. Panzer-Division : 50 StuG III
116. Panzer-Division : 6 StuG III
Composantes des divisions d’infanterie :
16. Luftwaffe-Feld-Division : 10 StuG III
243. ID : 10 StuG III
326. ID : 10 StuG III
331.ID : 10 StuG III
346.ID : 10 StuG III
352. ID : 10 StuG III
353. ID : 10 StuG III
Division « von Broich »/« von Manteuffel » (novembre 1942)
Novembre 1942, premiers combats pour Tunis (1)
GEORG BRIEL
JOHN COMBE
MARIO BALOTTA