Si l’étude de la campagne d’Afrique du Nord en 1940-43 adopte bien souvent le point de vue du DAK, le propos de cet article est d’esquisser un portrait de son adversaire principal, la 8th Army britannique. L’aura de la 8th Army est sans pareille au sein des armées britanniques de la Seconde Guerre mondiale, mis à part le 21th Army Group qui débarque en Normandie en 1944. De ce fait, elle occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif britannique.Quels sont ses caractéristiques, ses atouts et ses faiblesses ?
Un rôle majeur tenu par la 8th Army
Certains des chefs britanniques qui se sont illustrés dans le désert sont eux-aussi passés à la postérité. Le plus célèbre est incontestablement Bernard Montgomery, « Monty », le vainqueur de la seconde bataille d’El Alamein. Le premier commandant de la 8th Army est le général Cunningham, remplacé par Neil Ritchie pendant l’opération Crusader avant que le général Auchinleck, par ailleurs chef du Middle East Command, en assume personnellement le commandement. Devant son incapacité à détruire l’armée ennemie et ses refus réitérés de lancer une offensive qu’il juge prématurée, Churchill, décide, en août 1942, de le relever de son commandement. Le général Gott, tué prématurément, n’aura pas le temps d’assumer ce poste et c’est le général Montgomery qui prend la tête de l’armée du désert.
La 8th Army proprement dite est mise sur pied le 24 septembre 1941. Elle tire son origine de la Western Desert Force de Richard O’Connor. Cette force, équivalente à celle d’un corps, est celle qui remporte les victoires retentissantes sur les Italiens à Sidi Barrani en décembre 1940 puis à Beda Fomm en février 1941. La Western Desert Force (un temps renommée 13th Corps puis Cyrenaica Command avant de retrouver son nom originel) a en effet gagnée en puissance, de telle sorte qu’elle peut désormais prétendre accéder au rang d’armée. Ce sera la 8th, constituée des 13th et 30th Corps. Ce n’est qu’au cours de l’été 1942 qu’elle se voit adjoindre un troisième corps, le 10th, d’abord déployé dans le Delta.
La constitution de cette armée en Egypte découle de l’importance stratégique que le Royaume-Uni attache à cette région du globe et particulièrement au canal de Suez et à Aden. Rempart protecteur du Moyen-Orient (et de ses richesses pétrolières) et défenseur de ce canal qui met en relation l’océan Indien et la Méditerranée, la 8th Army est un rouage essentiel de la politique impériale britannique. L’Egypte occupe de fait une position centrale au sein de l’empire et tire son importance de sa position au sein du réseau mondial de câbles sous-marins et de celui des lignes aériennes. Politiquement, le Royaume-Uni doit persuader son allié soviétique, mais aussi les Etats-Unis ainsi que d’autres partenaires éventuels –comme la Turquie- qu’il se bat contre les forces de l’Axe et représente un allié fiable. Il importe également à Churchill que l’armée de terre britannique ne demeure pas l’arme au pied en ne menant guère plus que des opérations de commandos de faible envergure.
Des insuffisances d’ordre tactique ?
L’absence apparente de succès significatif sur les forces de l’Axe en Afrique du Nord entre Beda Fomm (février 1941) et El Alamein (novembre 1942) laisserait supposer que la 8th Army souffre d’un handicap sur le plan de la doctrine de combat. De fait, la victoire de l’hiver 1941-42 (l’opération Crusader) tient en partie aux difficultés logistiques qui accablent son adversaire, trop affaibli par ses pertes. Les carences structurelles de l’arme blindée britannique en Afrique[1] et ses tactiques de combats inadaptées face au duo Pak/Panzer ont mené de nombreux régiments de chars au désastre au cours de l’opération Battleaxe (juin 1941), pendant Crusader (novembre-décembre 1941), lors du repli de Rommel en Cyrénaïque (décembre 1941), à Gazala (mai-juin 1942) et au cours de la première bataille d’El Alamein (juillet 1942). Plusieurs éléments sont ici à prendre en compte : la dispersion des brigades blindées (au début de Crusader ou dans le dispositif en retrait de la ligne de Gazala), l’éloignement de celles-ci de tout support d’infanterie significatif (Support Group de la 7th Armoured Division parfois isolé pendant Crusader, brigades motorisées dispersées dans le désert à Gazala) et, plus encore, l’absence de coopération efficace entre les chars, l’infanterie et l’artillerie (opération Aberdeen contre le « Chaudron » à Gazala en juin 1942 et les deux batailles de Ruweisat à Alamein en juillet 1942) ainsi que le refus d’obéir aux ordres de la part de certains officiers supérieurs (l’Australien Morshead à El Alamein par exemple).
Pour autant, la 8th Army peut faire preuve d’efficience tactique. Ses positions défensives s’avèrent difficiles à réduire, que ce soit la 150th Brigade à Gott el Oualeb et la 1ère Brigade FFL à Bir Hakeim au cours de la bataille de Gazala, la 18th Indian Brigade à Deir el Shein ou encore les Sud-Africains à El Alamein en juillet 1942 et, surtout, la célèbre défense de Tobrouk menée d’abord par les Australiens en 1941. Quelques faits d’armes méritent l’attention : l’artillerie et les Sud-Africains stoppant net la 90. Leichte devant El Alamein (juillet 1942), les Australiens surprenant les Italiens sur Tell el Eisa (juillet 1942), les antichars de 6 livres décimant les formations de Panzer uniquement préoccupées par la menace des tanks britanniques (Ruweisat en juillet 1942, position « Snipe » en octobre 1942), l’audacieux assaut mené par la 4th Indian Division contre les hauteurs sur lesquelles s’est retranché l’ennemi à l’oued Akarit (avril 1943). La méticuleuse préparation de l’opération Lightfoot lancée le 23 octobre 1942 par Montgomery, sonnant le lever de rideau de la 2nde bataille d’El Alamein, son exécution, bien que difficile et plusieurs fois amendée, témoignent une fois pour toute des capacités tactiques de la 8th Army. Ainsi, le barrage d’artillerie préliminaire à l’offensive, l’assaut nocturne, l’avance progressive des unités bien que fastidieuse et coûteuse ainsi qu’une meilleure coopération de l’infanterie avec les tanks et les antichars sont autant de réussites à mettre au crédit du soldat britannique. Enfin, Les raids efficaces menés en profondeur sur les arrières de l’ennemi par les patrouilles du LRDG, les commandos du SAS et les autres « armées privées », à l’instar des commandos de la Brigade Popski et des Indiens de l’ILRS, sont autant de marques de l’inventivité et des capacités opérationnelles des forces du Commonwealth au Moyen-Orient.
Il n’en demeure pas moins que nombre d’occasions manquées jalonnent le parcours opérationnel de la 8th Army. Celle-ci s’avère ainsi incapable de mettre à profit l’encerclement partiel du DAK, bien inconfortablement isolé dans le « Chaudron », à Gazala. Fin juin 1942, à Mersa Matrouh, un adversaire plus résolu aurait sans aucun doute anéanti la 90. Leichte, voir le DAK, imprudemment avancés au cœur du dispositif ennemi. Si la 1ère bataille d’El Alamein, en juillet 1942, se conclut par la fin de l’avancée apparemment irrésistible de Rommel vers le Nil, elle demeure un combat au cours duquel les Britanniques ne parviennent pas à repousser un adversaire pourtant très affaibli. Le mois suivant, lors de l’affrontement d’Alam Halfa, Montgomery manque l’occasion d’écraser son adversaire. Pareille opportunité est manquée à plusieurs reprises au cours de l’incroyable retraite opérée par la Panzerarmee d’El Alamein à la Tunisie. L’histoire se répète par deux fois sur ce nouveau champ de bataille puisque l’habileté des forces de l’Axe et leur combattivité sauve à nouveau le gros des effectifs de l’armée germano-italienne lors des retraites effectuées depuis la ligne Mareth (fin mars 1943) et la position de l’oued Akarit (début avril).
Des troupes insuffisamment préparées
Après Crusader, Auchinleck et Gott comprennent la nécessité de mieux équilibrer la parité infanterie/tanks et de l’appui d’artillerie au sein des formations blindées. Mais le temps fait défaut pour entraîner les troupes et disséminer ces nouvelles conceptions tactiques. Par ailleurs, l’armée britannique admet difficilement la nécessité de se remettre en cause et le bien-fondé de la position d’Auchinleck. Au moment de leur arrivée au Moyen-Orient, les hommes doivent apprendre à combattre dans un environnement désertique alors que l’entraînement en Grande Bretagne reste insuffisant et inadapté. Ils doivent aussi s’acclimater au terrain. Les troupes des Indes et, dans une moindre mesure, certains Australiens sont sur ce point plus favorisés que les Britanniques de la métropole. Le matériel doit lui aussi être préparé au service dans le désert : filtres et autres accessoires doivent être mis en place. Tout ceci cadre mal avec l’urgence de la situation et les injonctions à l’offensive répétées de Churchill. En juin 1941, Battleaxe est lancé prématurément avec les nouveaux chars Crusader à la mécanique bien fragile. En juillet 1942, la 23rd Armoured Brigade, engagée à peine débarquée, court à la destruction à El Alamein. Ses équipages de chars, novices et non acclimates, ont chargé vaillamment avec des Valentine, dont beaucoup avaient souffert de l’humidité au cours du long périple qui les avait emmenés en Egypte. Le refus d’Auchinleck et de Dorman-Smith, qui fait office de chef d’état-major de ce dernier, de faire monter en ligne la 44th Infantry Division en août 1942 n’a pu que raffermir la volonté de Churchill de démettre ces deux officiers de leurs fonctions.
Avant El Alamein, la 8th Army réalise vite que l’Afrika Korps la surpasse en terme de doctrine et de tactique. Pourtant, le DAK, loin d’être formé de troupes rompues au combat en terrain désertique, n’est devenu un corps d’élite adapté à la guerre du désert qu’avec l’expérience. Ses succès à répétition lui ont permis de prendre un ascendant moral sur la 8th Army. Bien que la poursuite jusqu’en Tunisie et la phase finale de la campagne aient été loin de montrer que les forces de Montgomery aient atteint une parité tactique avec celles de Romme, la seconde bataille d’El Alamein a su sortir l’armée britannique de ce sentiment d’infériorité. Notons toutefois que ce dernier est loin d’avoir été ressenti par toutes les formations de la 8th Army. Les Néo-Zélandais ne souffrent pas de ce complexe, encore moins les Australiens, qui n’ont pas connu les déboires de Crusader ni le désastre de Gazala. D’autres ont en revanche toutes les raisons de se sentir surclassés par leur adversaire: ceux qui ont vécu cette défaite et la grande retraite qui s’ensuivit ainsi que les tankistes, qui n’ont cessé de subir des revers humiliants depuis Battleaxe en juin 1941.
Des atouts non négligeables pour autant
En dépit de ces réserves constatées, il est plusieurs domaines dans lesquels la 8th Army excelle. On observe ainsi la maîtrise des opérations dans les profondeurs du désert par le LRDG et les autres « armées privées » évoquées précédemment. On peut affirmer que la 8th Army s’avère excellente au niveau logistique. Les offensives d’O’Connor en décembre 1940 (Compass), de Cunningham en novembre 1941 (Crusader) et de Montgomery en octobre 1942 (Lightfoot) sont déclenchées avec le bénéfice d’une préparation logistique adaptée et réfléchie. Elle ne constituent en aucune manière des avances téméraires sans aucun égard vis à vis de la question du ravitaillement, pratique dangereuse à laquelle Rommel s’est risqué à plusieurs reprises : reconquête de la Cyrénaïque en mars 1941, contre-attaque en février 1942, avance en Egypte fin juin 1942, Alam Halfa en août 1942. L’immense base logistique constituée peu à peu en Egypte, notamment dans le Delta, prend ici toute son importance. Et c’est tout le mérite d’Auchinleck et de ses subordonnés d’avoir su la préserver mais aussi d’avoir surmonté le chaos logistique qui a suivi la retraite opérée vers El Alamein après la chute de Tobrouk. Décriés lorsqu’on les compare à ceux de l’armée de Rommel en matière de récupération du matériel endommagé sur le terrain, les services d’intendance de la 8th Army, RASC et RAOC, n’en effectuent pas moins des prouesses et un travail remarquable, le moindre n’étant pas le maintien d’une base logistique viable en Egypte après le flottement consécutif à la défaite de Tobrouk.
L’opportunisme est pourtant parfois de mise. Ainsi, en décembre 1940, le raid de cinq jours envisagé d’abord par O’Connor et Wavell, son supérieur au GQG du Moyen-Orient, se mue en conquête de la Cyrénaïque qui aboutit à la destruction de la 10ème armée italienne à Beda Fomm en février 1941. Si la poursuite opérée par la 8th Army après Alamein et un échec dans la mesure où Rommel parvient in fine à rallier la Tunisie, elle représente en revanche un chef d’œuvre logistique à mettre au crédit de l’état-major du Moyen-Orient du général Alexander. Cette donnée logistique impose d’ailleurs son tempo à la poursuite, explique l’importance de Benghazi puis de Tripoli pour le ravitaillement et explique également la relative modestie des effectifs de Monty en première ligne si on compare ceux-ci à l’ordre de bataille au 23 octobre 1942 à El Alamein.
Les renseignements constituent un autre atout notable Le Middle East Command et la 8th Army bénéficient de l’appoint non négligeable mais parfois surestimé des informations fournies par ULTRA. Outre des détails d’ordre tactique, la 8th Army est informée de la situation des colonnes de ravitaillement ainsi que des routes qu’elles empruntent, de la position et de la force des unités ennemies ainsi que des pertes et des intentions de ses adversaires. Le 12 juillet, les décrypteurs britanniques basés à Héliopolis commencent à déchiffrer le code Enigma « Scorpion » utilisé pour les messages radio entre la Luftwaffe et la Panzerarmee Afrika, l’Afrika Korps et les divisions de Panzer. Plus crucial encore, grâce à la réception des précieuses informations d’ULTRA, les untés de la RAF et la Royal Navy basées à Malte sèment le chaos sur les lignes de communications maritimes des forces de l’Axe en Afrique.
Un matériel et un équipement abondant plus efficaces que généralement admis
La supériorité qualitative du matériel allemand est souvent l’explication première retenue pour analyser les déboires répétés subis par les Britanniques. Certes, l’insuffisant canon de 2 livres arme la plupart des tanks britanniques (Valentine, Matilda, Cruisers divers dont le Crusader) et reste en dotation au sein des régiments antichars pendant plus d’un an et demi de guerre en Afrique. Toutefois, à partir de Gazala au printemps 1942, il est remplacé au sein des Antitank-Regiments par l’excellente pièce de 6 livres, qui soutient la comparaison avec le Pak 38 allemand. Ce nouveau canon équipe ensuite des Crusader en nombre de plus en plus important bien que l’étroitesse et la configuration de la tourelle ne laisse alors plus la place qu’à deux hommes. C’est également à partir de Gazala qu’entre en lice le char américain M3 Lee/Grant doté d’un canon de 75 mm en casemate dont l’allonge de tir permet d’engager les Panzer à distance. Un saut qualitatif est franchi avec l’intégration de M4 Sherman américains pour la seconde bataille d’El Alamein. Ce char moyen, armé d’un 75 mm en tourelle cette fois-ci, surclasse enfin tous les engins dont dispose l’adversaire, mis à part la quarantaine de Panzer IV F2 à canon long de 75 mm L/43. La redoutable pièce antichar de 17 livres participe à la bataille de Médenine : les Britanniques ont désormais l’arme pour dominer les Panzer sur le champ de bataille. La 8th Army disposait bien du canon antiaérien de 3,7 Inch. Rarement employé dans un rôle antichar à l’instar du 88 mm allemand, ce canon a pourtant démontré tout son potentiel à Tobrouk et dans le sud tunisien.
Dans le domaine de l’artillerie, l’excellente pièce polyvalente de 25 livres est disponible en quantité. Elle est également appréciée par les Germano-Italiens, qui ne s’y trompent pas, n’hésitant pas à la réemployer à leur profit. Il en va de même pour les multiples camions en dotation au sein de la 8th Army : Morris, Ford, Chevrolet, Bedford, Fordson … mieux adaptés aux conditions du désert que leurs homologues allemands et que l’ennemi réutilisera dans ses rangs par milliers. Les transporteurs de chars qui préservent la mécanique et le train de roulement des tanks sont également appréciés. Les chenillettes Bren Carrier rendent de leur côté bien des services, du transport des munitions à la traction des antichars en passant par l’emport de troupes d’assaut. Les automitrailleuses de divers modèles, Marmon-Herrington, Humber ou Daimler, sont de bonne facture et s’avèrent efficaces en terrain sablonneux. Leur armement peut faire parfois faire pâle figure vis à vis de leurs homologues allemands, mis à part le Daimler Mk II équipé d’un canon de 2 livres. L’équipement individuel n’est pas en reste. Les tenues khaki, issues de l’expérience coloniale, témoignent du savoir-faire britannique en la matière. Encore une fois, les forces de l’Axe ne se privent pas pour réutiliser les stocks qui tombent entre leurs mains. L’armement individuel, fusil-mitrailleur Bren, fusil Lee-Enfield Mk III et mitraillette Thompson, et l’armement collectif, mitrailleuses Vickers et mortiers, sont tout à fait satisfaisants.
Une armée britannique ?
S’il a bien été de tout temps une armée composite, il s’agit bien de l’armée britannique. La 8th Army ne fait en aucune manière exception. Aux contingents anglais, écossais, gallois et irlandais s’ajoutent les alliés français, grecs, polonais et tchécoslovaques, les troupes des Dominions australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines, ainsi que les forces provenant des colonies et de l’empire, à savoir des unités de l’armée des Indes, de Rhodésie et du Soudan. Si les contingents alliés restent modestes, ils n’en tiennent pas moins un rôle politique essentiel pour leurs nations, mais aussi militaire : songeons aux Français à Bir Hakeim ou aux Polonais et aux Tchécoslovaques à Tobrouk.
Les commandants de la 8th Army doivent compter avec des subordonnés pouvant en référer à leurs gouvernements respectifs. L’Australien Morshead et le Néo-Zélandais Freyberg ont ainsi une grande latitude pour faire part de leurs réticences à l’emploi de leurs divisions. Si les Sud-Africains qui ne peuvent en appeler aussi facilement à leur gouvernement en cas de litige, Pienaar (qui commande la 1st SA ID) ne se montrera guère coopératif avec Gott. Les troupes australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines ont aussi pour point commun de ne pas disposer de réserves humaines inépuisables en raison, d’une part, du potentiel démographique relativement limité des Dominions concernés, et, d’autre part, en ce qui concerne les Australiens et les Néo-Zélandais, de la nécessité de pourvoir à l’effort de guerre contre le Japon. Corollaire direct, il est impossible d’amalgamer ces troupes entre-elles. Ce constat vaut aussi pour les forces alliées présentes dans le désert et l’armée des Indes dont les contingents respectifs ne peuvent en aucun cas être mixés au sein d’unités communes.
Les Australiens se considèrent eux-mêmes comme des combattants de première classe, sinon les meilleurs. De fait, ce sont des combattants redoutables et faisant preuve d’initiative au feu. Très décontractés, ils affectent de renoncer à une discipline trop stricte et les relations entre hommes du rang et officiers restent souvent informelles. La participation des troupes australiennes à la campagne du désert sera déterminante. En 1941, la 6th Australian Divisionparticipe à la destruction de la 10ème armée italienne en Cyrénaïque. Le plus brillant fait d’armes qui leur est rattaché restant bien sûr l’héroïque résistance à Tobrouk en 1941, sous le commandement du général Leslie Morshead. Retirée au Proche-Orient, la 9th Australian Division retourne au front à l’été 1942 et participe à la bataille d’El Alamein de juillet à novembre 1942 puis quitte définitivement le théâtre des opérations de Méditerranée.
Autres soldats venant des Antipodes, les Néo-Zélandais s’avèrent être des combattants tout aussi coriaces. Les relations entre les officiers et les hommes du rang chez les Néo-Zélandais sont en général également très décontractées. L’unique division que la Nouvelle-Zélande déploie sur le théâtre d’opération méditerranéen, la 2nd New Zealand Division, qui inclut d’ailleurs un bataillon d’indigènes, des Maoris, s’illustre au cours de l’opération Crusader avant de combattre à nouveau de la fin juin 1942 à la Tunisie. Rommel la considère comme la meilleure unité alliée. De fait, elle participe avec brio à la majeure partie de ses engagements.
Moins renommés, les Sud-Africains participent eux-aussi à la guerre du désert après la victoire en Afrique orientale. La reddition de Tobrouk le 21 juin 1942 leur porte un coup sévère en annihilant la 2ndSouth African ID. La 1stSouth African ID s’illustre à El Alamein, tenant un rôle de premier plan début juillet et lors du déclenchement de l’offensive de Montgomery le 23 octobre.
L’armée des Indes se distingue des troupes des Dominions par sa composition particulière. Les Indes appartenant à l’Empire britannique, son statut est différent des armées des Dominions. En effet, dans chaque brigade, un bataillon sur trois est exclusivement composé de Britanniques, qui forment également en général les effectifs des unités d’artillerie. En outre, les officiers supérieurs sont toujours britanniques. La contribution de l’armée des Indes à la guerre du désert sera de première importance avec la mise en lice de trois divisions (4th ,5thet 10th ).
Pour ne s’en tenir qu’aux hommes, puisque le matériel made in USA à l’instar des M4 Sherman tient un rôle essentiel dans l’équipement, la 8th Army n’est pas seulement une armée de Grande Bretagne, c’est une formation issue du Commonwealth appuyée de quelques contingents alliés. Un constat similaire pourrait être fait à propos de la Desert Air Force et des autres forces aériennes engagées en soutien de cette 8th Army au cours de la campagne.
Un esprit de corps forgé par une expérience commune ?
Il est difficile d’affirmer qu’il ait existé au sein de la 8th Army un esprit de corps comparable à ce qui a eu cours au sein du DAK. La multiplicité des nations engagées en son sein ne milite guère en faveur d’une telle thèse. Australiens et Néo-Zélandais sont quelque peu dédaigneux vis-à-vis de leurs camarades du Royaume-Uni. Les unités britanniques ne sont pas elles mêmes exemptes de tensions, les Ecossais et les Gallois marquent leurs différences avec les Anglais, qui eux-mêmes se divisent entre Anglais du Nord et ceux du Sud. Les Irlandais forment un groupe à part, ayant tendance à ne parler qu’entre eux. Par ailleurs, l’armée des Indes est une entité à elle-seule. De même, l’antagonisme croissant entre les fantassins, les tankistes et les artilleurs constitue à cet égard un handicap de taille. Il atteint un paroxysme au moment de la 1ère bataille d’El Alamein. Les divisions du Commonwealth en particulier sont exaspérées par le manque de coopération efficace entre leurs troupes et les unités blindées, celles-ci étant toujours britanniques.
Toutefois, il semble que la victoire d’Alamein et l’aura qui entoure alors l’armée de désert en Grande Bretagne aient forgé quelque chose d’unique. Ce souvenir, presque romantique, perdure dans l’esprit des vétérans. Il résulte de la conscience d’avoir en commun une expérience particulière. Trois divisions –7th Armoured, 50th Northumbrian et 51th Highlands- participent à la bataille de Normandie, conscientes de leur statut d’unités de vétérans, pouvant les rendre parfois hautaines, voire blasées par un conflit pour lequel elles estiment avoir fait leur part. Mise sur pied en Egypte et, ses combattants ayant adopté le surnom de « Desert Rats », la 7th Armoured Division usurpe un peu la mémoire de la campagne d’Afrique du Nord qu’elle a presque connue dans son intégralité. De nombreuses divisions ont en effet combattu dans le désert. D’autres combattants ont reçu un sobriquet similaire. Les premiers « rats du désert » sont ainsi les Australiens de la 9th Australian Division qualifiés de « rats de Tobrouk » par Lord Haw-Haw, passé chez l’ennemi sur Radio-Berlin.
Conclusion
La 8th Army britannique est indéniablement une armée au statut à part. Sa victoire d’El Alamein, politiquement essentielle avant la prédominance prévisible des Etats-Unis dans la Grande Alliance, la propulse au rang des unités mythiques du conflit, grâce notamment à la simultanéité providentielle de la bataille de Stalingrad. Elle a indéniablement fait montre à maintes reprises de qualités tactiques et opérationnelles. Bénéficiant de toutes les priorités en dehors des impératifs de défense des îles britanniques, la 8th Army constitue l’armée britannique la plus favorisée entre 1941 et 1943. En face, son adversaire principal, l’Afrika Korps, est au contraire une force d’importance relativement limitée reléguée à un théâtre d’opérations longtemps jugé secondaire par Hitler. Pourtant, l’ascendant tactique acquis par l’Afrika Korps, ce dernier n’étant pas sans avoir connu bien des déboires à ses débuts, ne s’est cependant réellement jamais démenti.
Principales unités engagées au sein de la 8th Army
17 divisions ont combattu au sein de la Western Desert Force puis de la 8th Army:
3 divisions indiennes : 4th, 5th et 10th Indian Divisions
2 divisions sud-africaines : 1st et 2nd South African Divisions
Un certain nombre de brigade, citons :
18th Australian Brigade (de la 7th Australian Division)
Brigade Polonaise des Carpathes
1ère et 2ème Brigades FFL
Brigade Grecque
3rd Indian Motor Brigade
18th Indian Brigade
201st Guards Brigade
1st et 32nd Army Tank Brigades
De nombreuses unités indépendantes ensuite amalgamées au sein d’autres formations : 4th Armoured Brigade, 4th RTR, régiments d’artillerie, unités d’automitrailleuses…
Diverses unités spéciales servant aux côtés de la 8th Army mais souvent rattachées au Middle East Command, citons:
Long Range Desert Group, Special Air Service (ex L-Detachment), Indian Longe Range Squadron, Middle East Commandos, Popski’s Private Army
1La 8th Arm.Div. ne sera pas engagée en tant que telle
Pour aller plus loin:
Pour aller plus loin: mon livre sur la 8TH Army (à me commander directement par email, je ne touche aucun droit sur les exemplaires vendus en librairie, et ce avant même que l’éditeur ne ferme son entreprise)
Je recommande vivement l’étude de Jonathan Fennel: “Combat and Morale in the North African Campaign. The Eighth Army and the Path to El Alamein”, Cambridge University Press, 2011. Le lecteur pourra lire les journaux ou les ouvrages d’auteurs ayant servi dans le desert, comme R.L. Crimp (“The Diary of a Desert Rat”, Leo Cooper, 1971) ou Robert Crisp (“Brazen Chariots”, 1958). Thompson Julian Thompson a pour sa part rassemblé des témoignages (“Forgotten Voices. Desert Victory”, 2011). L’ouvrage de Forty George (“Desert Rats at War”, Ian Allan, 1975) comprend de nombreuses photos dans des conditions très variées. Pour un panorama de l’ensemble de la campagne du point de vue britannique, on se reportera aux histoires officielles (notamment celle du Royaume-Uni dirigée par I.S.O. Playfair) ou à Robin Neillands, (“Eighth Army. The Triumphant desert Army that held the Axis at Bay from North Africa to the Alps, 1939-45”, The Overlook Press, 2005). Je recommande aussi les ouvrages de Tim Moreman chez Osprey (“Desert Rat 1940-43”, Warrior n°160, 2011 et “Desert Rats. British 8th Army in North Africa 1941-43”, Battle Ordrers n°28, 2007) ainsi que le livre d’Adrian Converse (“Armies of Empire. The 9th Australian and 50th British Divisions in battle 1939-1945”, Cambridge University Press, 2011). Pour les généraux, on pourra se reporter à V. Schoffield (Wavell), A.Stewart (Alexander), P.Warner (Auchinleck), D.Feldmann et C.Mas (Montgomery) et N.S. Nash (Gott).
Benoît Rondeau Copyright
Si l’étude de la campagne d’Afrique du Nord en 1940-43 adopte bien souvent le point de vue du DAK, le propos de cet article est d’esquisser un portrait de son adversaire principal, la 8th Army britannique. L’aura de la 8th Army est sans pareille au sein des armées britanniques de la Seconde Guerre mondiale, mis à part le 21th Army Group qui débarque en Normandie en 1944. De ce fait, elle occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif britannique. Quels sont ses caractéristiques, ses atouts et ses faiblesses ?
Un rôle majeur tenu par la 8th Army
Certains des chefs britanniques qui se sont illustrés dans le désert sont eux-aussi passés à la postérité. Le plus célèbre est incontestablement Bernard Montgomery, « Monty », le vainqueur de la seconde bataille d’El Alamein. Le premier commandant de la 8th Army est le général Cunningham, remplacé par Neil Ritchie pendant l’opération Crusader avant que le général Auchinleck, par ailleurs chef du Middle East Command, en assume personnellement le commandement. Devant son incapacité à détruire l’armée ennemie et ses refus réitérés de lancer une offensive qu’il juge prématurée, Churchill, décide, en août 1942, de le relever de son commandement. Le général Gott, tué prématurément, n’aura pas le temps d’assumer ce poste et c’est le général Montgomery qui prend la tête de l’armée du désert.
La 8th Army proprement dite est mise sur pied le 24 septembre 1941. Elle tire son origine de la Western Desert Force de Richard O’Connor. Cette force, équivalente à celle d’un corps, est celle qui remporte les victoires retentissantes sur les Italiens à Sidi Barrani en décembre 1940 puis à Beda Fomm en février 1941. La Western Desert Force (un temps renommée 13th Corps puis Cyrenaica Command avant de retrouver son nom originel) a en effet gagnée en puissance, de telle sorte qu’elle peut désormais prétendre accéder au rang d’armée. Ce sera la 8th, constituée des 13th et 30th Corps. Ce n’est qu’au cours de l’été 1942 qu’elle se voit adjoindre un troisième corps, le 10th, d’abord déployé dans le Delta.
La constitution de cette armée en Egypte découle de l’importance stratégique que le Royaume-Uni attache à cette région du globe et particulièrement au canal de Suez et à Aden. Rempart protecteur du Moyen-Orient (et de ses richesses pétrolières) et défenseur de ce canal qui met en relation l’océan Indien et la Méditerranée, la 8th Army est un rouage essentiel de la politique impériale britannique. L’Egypte occupe de fait une position centrale au sein de l’empire et tire son importance de sa position au sein du réseau mondial de câbles sous-marins et de celui des lignes aériennes. Politiquement, le Royaume-Uni doit persuader son allié soviétique, mais aussi les Etats-Unis ainsi que d’autres partenaires éventuels –comme la Turquie- qu’il se bat contre les forces de l’Axe et représente un allié fiable. Il importe également à Churchill que l’armée de terre britannique ne demeure pas l’arme au pied en ne menant guère plus que des opérations de commandos de faible envergure.
Des insuffisances d’ordre tactique ?
L’absence apparente de succès significatif sur les forces de l’Axe en Afrique du Nord entre Beda Fomm (février 1941) et El Alamein (novembre 1942) laisserait supposer que la 8th Army souffre d’un handicap sur le plan de la doctrine de combat. De fait, la victoire de l’hiver 1941-42 (l’opération Crusader) tient en partie aux difficultés logistiques qui accablent son adversaire, trop affaibli par ses pertes. Les carences structurelles de l’arme blindée britannique en Afrique[1] et ses tactiques de combats inadaptées face au duo Pak/Panzer ont mené de nombreux régiments de chars au désastre au cours de l’opération Battleaxe (juin 1941), pendant Crusader (novembre-décembre 1941), lors du repli de Rommel en Cyrénaïque (décembre 1941), à Gazala (mai-juin 1942) et au cours de la première bataille d’El Alamein (juillet 1942). Plusieurs éléments sont ici à prendre en compte : la dispersion des brigades blindées (au début de Crusader ou dans le dispositif en retrait de la ligne de Gazala), l’éloignement de celles-ci de tout support d’infanterie significatif (Support Group de la 7th Armoured Division parfois isolé pendant Crusader, brigades motorisées dispersées dans le désert à Gazala) et, plus encore, l’absence de coopération efficace entre les chars, l’infanterie et l’artillerie (opération Aberdeen contre le « Chaudron » à Gazala en juin 1942 et les deux batailles de Ruweisat à Alamein en juillet 1942) ainsi que le refus d’obéir aux ordres de la part de certains officiers supérieurs (l’Australien Morshead à El Alamein par exemple).
Pour autant, la 8th Army peut faire preuve d’efficience tactique. Ses positions défensives s’avèrent difficiles à réduire, que ce soit la 150th Brigade à Gott el Oualeb et la 1ère Brigade FFL à Bir Hakeim au cours de la bataille de Gazala, la 18th Indian Brigade à Deir el Shein ou encore les Sud-Africains à El Alamein en juillet 1942 et, surtout, la célèbre défense de Tobrouk menée d’abord par les Australiens en 1941. Quelques faits d’armes méritent l’attention : l’artillerie et les Sud-Africains stoppant net la 90. Leichte devant El Alamein (juillet 1942), les Australiens surprenant les Italiens sur Tell el Eisa (juillet 1942), les antichars de 6 livres décimant les formations de Panzer uniquement préoccupées par la menace des tanks britanniques (Ruweisat en juillet 1942, position « Snipe » en octobre 1942), l’audacieux assaut mené par la 4th Indian Division contre les hauteurs sur lesquelles s’est retranché l’ennemi à l’oued Akarit (avril 1943). La méticuleuse préparation de l’opération Lightfoot lancée le 23 octobre 1942 par Montgomery, sonnant le lever de rideau de la 2nde bataille d’El Alamein, son exécution, bien que difficile et plusieurs fois amendée, témoignent une fois pour toute des capacités tactiques de la 8th Army. Ainsi, le barrage d’artillerie préliminaire à l’offensive, l’assaut nocturne, l’avance progressive des unités bien que fastidieuse et coûteuse ainsi qu’une meilleure coopération de l’infanterie avec les tanks et les antichars sont autant de réussites à mettre au crédit du soldat britannique. Enfin, Les raids efficaces menés en profondeur sur les arrières de l’ennemi par les patrouilles du LRDG, les commandos du SAS et les autres « armées privées », à l’instar des commandos de la Brigade Popski et des Indiens de l’ILRS, sont autant de marques de l’inventivité et des capacités opérationnelles des forces du Commonwealth au Moyen-Orient.
Il n’en demeure pas moins que nombre d’occasions manquées jalonnent le parcours opérationnel de la 8th Army. Celle-ci s’avère ainsi incapable de mettre à profit l’encerclement partiel du DAK, bien inconfortablement isolé dans le « Chaudron », à Gazala. Fin juin 1942, à Mersa Matrouh, un adversaire plus résolu aurait sans aucun doute anéanti la 90. Leichte, voir le DAK, imprudemment avancés au cœur du dispositif ennemi. Si la 1ère bataille d’El Alamein, en juillet 1942, se conclut par la fin de l’avancée apparemment irrésistible de Rommel vers le Nil, elle demeure un combat au cours duquel les Britanniques ne parviennent pas à repousser un adversaire pourtant très affaibli. Le mois suivant, lors de l’affrontement d’Alam Halfa, Montgomery manque l’occasion d’écraser son adversaire. Pareille opportunité est manquée à plusieurs reprises au cours de l’incroyable retraite opérée par la Panzerarmee d’El Alamein à la Tunisie. L’histoire se répète par deux fois sur ce nouveau champ de bataille puisque l’habileté des forces de l’Axe et leur combattivité sauve à nouveau le gros des effectifs de l’armée germano-italienne lors des retraites effectuées depuis la ligne Mareth (fin mars 1943) et la position de l’oued Akarit (début avril).
Des troupes insuffisamment préparées
Après Crusader, Auchinleck et Gott comprennent la nécessité de mieux équilibrer la parité infanterie/tanks et de l’appui d’artillerie au sein des formations blindées. Mais le temps fait défaut pour entraîner les troupes et disséminer ces nouvelles conceptions tactiques. Par ailleurs, l’armée britannique admet difficilement la nécessité de se remettre en cause et le bien-fondé de la position d’Auchinleck. Au moment de leur arrivée au Moyen-Orient, les hommes doivent apprendre à combattre dans un environnement désertique alors que l’entraînement en Grande Bretagne reste insuffisant et inadapté. Ils doivent aussi s’acclimater au terrain. Les troupes des Indes et, dans une moindre mesure, certains Australiens sont sur ce point plus favorisés que les Britanniques de la métropole. Le matériel doit lui aussi être préparé au service dans le désert : filtres et autres accessoires doivent être mis en place. Tout ceci cadre mal avec l’urgence de la situation et les injonctions à l’offensive répétées de Churchill. En juin 1941, Battleaxe est lancé prématurément avec les nouveaux chars Crusader à la mécanique bien fragile. En juillet 1942, la 23rd Armoured Brigade, engagée à peine débarquée, court à la destruction à El Alamein. Ses équipages de chars, novices et non acclimates, ont chargé vaillamment avec des Valentine, dont beaucoup avaient souffert de l’humidité au cours du long périple qui les avait emmenés en Egypte. Le refus d’Auchinleck et de Dorman-Smith, qui fait office de chef d’état-major de ce dernier, de faire monter en ligne la 44th Infantry Division en août 1942 n’a pu que raffermir la volonté de Churchill de démettre ces deux officiers de leurs fonctions.
Avant El Alamein, la 8th Army réalise vite que l’Afrika Korps la surpasse en terme de doctrine et de tactique. Pourtant, le DAK, loin d’être formé de troupes rompues au combat en terrain désertique, n’est devenu un corps d’élite adapté à la guerre du désert qu’avec l’expérience. Ses succès à répétition lui ont permis de prendre un ascendant moral sur la 8th Army. Bien que la poursuite jusqu’en Tunisie et la phase finale de la campagne aient été loin de montrer que les forces de Montgomery aient atteint une parité tactique avec celles de Romme, la seconde bataille d’El Alamein a su sortir l’armée britannique de ce sentiment d’infériorité. Notons toutefois que ce dernier est loin d’avoir été ressenti par toutes les formations de la 8th Army. Les Néo-Zélandais ne souffrent pas de ce complexe, encore moins les Australiens, qui n’ont pas connu les déboires de Crusader ni le désastre de Gazala. D’autres ont en revanche toutes les raisons de se sentir surclassés par leur adversaire: ceux qui ont vécu cette défaite et la grande retraite qui s’ensuivit ainsi que les tankistes, qui n’ont cessé de subir des revers humiliants depuis Battleaxe en juin 1941.
Des atouts non négligeables pour autant
En dépit de ces réserves constatées, il est plusieurs domaines dans lesquels la 8th Army excelle. On observe ainsi la maîtrise des opérations dans les profondeurs du désert par le LRDG et les autres « armées privées » évoquées précédemment. On peut affirmer que la 8th Army s’avère excellente au niveau logistique. Les offensives d’O’Connor en décembre 1940 (Compass), de Cunningham en novembre 1941 (Crusader) et de Montgomery en octobre 1942 (Lightfoot) sont déclenchées avec le bénéfice d’une préparation logistique adaptée et réfléchie. Elle ne constituent en aucune manière des avances téméraires sans aucun égard vis à vis de la question du ravitaillement, pratique dangereuse à laquelle Rommel s’est risqué à plusieurs reprises : reconquête de la Cyrénaïque en mars 1941, contre-attaque en février 1942, avance en Egypte fin juin 1942, Alam Halfa en août 1942. L’immense base logistique constituée peu à peu en Egypte, notamment dans le Delta, prend ici toute son importance. Et c’est tout le mérite d’Auchinleck et de ses subordonnés d’avoir su la préserver mais aussi d’avoir surmonté le chaos logistique qui a suivi la retraite opérée vers El Alamein après la chute de Tobrouk. Décriés lorsqu’on les compare à ceux de l’armée de Rommel en matière de récupération du matériel endommagé sur le terrain, les services d’intendance de la 8th Army, RASC et RAOC, n’en effectuent pas moins des prouesses et un travail remarquable, le moindre n’étant pas le maintien d’une base logistique viable en Egypte après le flottement consécutif à la défaite de Tobrouk.
L’opportunisme est pourtant parfois de mise. Ainsi, en décembre 1940, le raid de cinq jours envisagé d’abord par O’Connor et Wavell, son supérieur au GQG du Moyen-Orient, se mue en conquête de la Cyrénaïque qui aboutit à la destruction de la 10ème armée italienne à Beda Fomm en février 1941. Si la poursuite opérée par la 8th Army après Alamein et un échec dans la mesure où Rommel parvient in fine à rallier la Tunisie, elle représente en revanche un chef d’œuvre logistique à mettre au crédit de l’état-major du Moyen-Orient du général Alexander. Cette donnée logistique impose d’ailleurs son tempo à la poursuite, explique l’importance de Benghazi puis de Tripoli pour le ravitaillement et explique également la relative modestie des effectifs de Monty en première ligne si on compare ceux-ci à l’ordre de bataille au 23 octobre 1942 à El Alamein.
Les renseignements constituent un autre atout notable Le Middle East Command et la 8th Army bénéficient de l’appoint non négligeable mais parfois surestimé des informations fournies par ULTRA. Outre des détails d’ordre tactique, la 8th Army est informée de la situation des colonnes de ravitaillement ainsi que des routes qu’elles empruntent, de la position et de la force des unités ennemies ainsi que des pertes et des intentions de ses adversaires. Le 12 juillet, les décrypteurs britanniques basés à Héliopolis commencent à déchiffrer le code Enigma « Scorpion » utilisé pour les messages radio entre la Luftwaffe et la Panzerarmee Afrika, l’Afrika Korps et les divisions de Panzer. Plus crucial encore, grâce à la réception des précieuses informations d’ULTRA, les untés de la RAF et la Royal Navy basées à Malte sèment le chaos sur les lignes de communications maritimes des forces de l’Axe en Afrique.
Un matériel et un équipement abondant plus efficaces que généralement admis
La supériorité qualitative du matériel allemand est souvent l’explication première retenue pour analyser les déboires répétés subis par les Britanniques. Certes, l’insuffisant canon de 2 livres arme la plupart des tanks britanniques (Valentine, Matilda, Cruisers divers dont le Crusader) et reste en dotation au sein des régiments antichars pendant plus d’un an et demi de guerre en Afrique. Toutefois, à partir de Gazala au printemps 1942, il est remplacé au sein des Antitank-Regiments par l’excellente pièce de 6 livres, qui soutient la comparaison avec le Pak 38 allemand. Ce nouveau canon équipe ensuite des Crusader en nombre de plus en plus important bien que l’étroitesse et la configuration de la tourelle ne laisse alors plus la place qu’à deux hommes. C’est également à partir de Gazala qu’entre en lice le char américain M3 Lee/Grant doté d’un canon de 75 mm en casemate dont l’allonge de tir permet d’engager les Panzer à distance. Un saut qualitatif est franchi avec l’intégration de M4 Sherman américains pour la seconde bataille d’El Alamein. Ce char moyen, armé d’un 75 mm en tourelle cette fois-ci, surclasse enfin tous les engins dont dispose l’adversaire, mis à part la quarantaine de Panzer IV F2 à canon long de 75 mm L/43. La redoutable pièce antichar de 17 livres participe à la bataille de Médenine : les Britanniques ont désormais l’arme pour dominer les Panzer sur le champ de bataille. La 8th Army disposait bien du canon antiaérien de 3,7 Inch. Rarement employé dans un rôle antichar à l’instar du 88 mm allemand, ce canon a pourtant démontré tout son potentiel à Tobrouk et dans le sud tunisien.
Dans le domaine de l’artillerie, l’excellente pièce polyvalente de 25 livres est disponible en quantité. Elle est également appréciée par les Germano-Italiens, qui ne s’y trompent pas, n’hésitant pas à la réemployer à leur profit. Il en va de même pour les multiples camions en dotation au sein de la 8th Army : Morris, Ford, Chevrolet, Bedford, Fordson … mieux adaptés aux conditions du désert que leurs homologues allemands et que l’ennemi réutilisera dans ses rangs par milliers. Les transporteurs de chars qui préservent la mécanique et le train de roulement des tanks sont également appréciés. Les chenillettes Bren Carrier rendent de leur côté bien des services, du transport des munitions à la traction des antichars en passant par l’emport de troupes d’assaut. Les automitrailleuses de divers modèles, Marmon-Herrington, Humber ou Daimler, sont de bonne facture et s’avèrent efficaces en terrain sablonneux. Leur armement peut faire parfois faire pâle figure vis à vis de leurs homologues allemands, mis à part le Daimler Mk II équipé d’un canon de 2 livres. L’équipement individuel n’est pas en reste. Les tenues khaki, issues de l’expérience coloniale, témoignent du savoir-faire britannique en la matière. Encore une fois, les forces de l’Axe ne se privent pas pour réutiliser les stocks qui tombent entre leurs mains. L’armement individuel, fusil-mitrailleur Bren, fusil Lee-Enfield Mk III et mitraillette Thompson, et l’armement collectif, mitrailleuses Vickers et mortiers, sont tout à fait satisfaisants.
Une armée britannique ?
S’il a bien été de tout temps une armée composite, il s’agit bien de l’armée britannique. La 8th Army ne fait en aucune manière exception. Aux contingents anglais, écossais, gallois et irlandais s’ajoutent les alliés français, grecs, polonais et tchécoslovaques, les troupes des Dominions australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines, ainsi que les forces provenant des colonies et de l’empire, à savoir des unités de l’armée des Indes, de Rhodésie et du Soudan. Si les contingents alliés restent modestes, ils n’en tiennent pas moins un rôle politique essentiel pour leurs nations, mais aussi militaire : songeons aux Français à Bir Hakeim ou aux Polonais et aux Tchécoslovaques à Tobrouk.
Les commandants de la 8th Army doivent compter avec des subordonnés pouvant en référer à leurs gouvernements respectifs. L’Australien Morshead et le Néo-Zélandais Freyberg ont ainsi une grande latitude pour faire part de leurs réticences à l’emploi de leurs divisions. Si les Sud-Africains qui ne peuvent en appeler aussi facilement à leur gouvernement en cas de litige, Pienaar (qui commande la 1st SA ID) ne se montrera guère coopératif avec Gott. Les troupes australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines ont aussi pour point commun de ne pas disposer de réserves humaines inépuisables en raison, d’une part, du potentiel démographique relativement limité des Dominions concernés, et, d’autre part, en ce qui concerne les Australiens et les Néo-Zélandais, de la nécessité de pourvoir à l’effort de guerre contre le Japon. Corollaire direct, il est impossible d’amalgamer ces troupes entre-elles. Ce constat vaut aussi pour les forces alliées présentes dans le désert et l’armée des Indes dont les contingents respectifs ne peuvent en aucun cas être mixés au sein d’unités communes.
Les Australiens se considèrent eux-mêmes comme des combattants de première classe, sinon les meilleurs. De fait, ce sont des combattants redoutables et faisant preuve d’initiative au feu. Très décontractés, ils affectent de renoncer à une discipline trop stricte et les relations entre hommes du rang et officiers restent souvent informelles. La participation des troupes australiennes à la campagne du désert sera déterminante. En 1941, la 6th Australian Divisionparticipe à la destruction de la 10ème armée italienne en Cyrénaïque. Le plus brillant fait d’armes qui leur est rattaché restant bien sûr l’héroïque résistance à Tobrouk en 1941, sous le commandement du général Leslie Morshead. Retirée au Proche-Orient, la 9th Australian Division retourne au front à l’été 1942 et participe à la bataille d’El Alamein de juillet à novembre 1942 puis quitte définitivement le théâtre des opérations de Méditerranée.
Autres soldats venant des Antipodes, les Néo-Zélandais s’avèrent être des combattants tout aussi coriaces. Les relations entre les officiers et les hommes du rang chez les Néo-Zélandais sont en général également très décontractées. L’unique division que la Nouvelle-Zélande déploie sur le théâtre d’opération méditerranéen, la 2nd New Zealand Division, qui inclut d’ailleurs un bataillon d’indigènes, des Maoris, s’illustre au cours de l’opération Crusader avant de combattre à nouveau de la fin juin 1942 à la Tunisie. Rommel la considère comme la meilleure unité alliée. De fait, elle participe avec brio à la majeure partie de ses engagements.
Moins renommés, les Sud-Africains participent eux-aussi à la guerre du désert après la victoire en Afrique orientale. La reddition de Tobrouk le 21 juin 1942 leur porte un coup sévère en annihilant la 2ndSouth African ID. La 1stSouth African ID s’illustre à El Alamein, tenant un rôle de premier plan début juillet et lors du déclenchement de l’offensive de Montgomery le 23 octobre.
L’armée des Indes se distingue des troupes des Dominions par sa composition particulière. Les Indes appartenant à l’Empire britannique, son statut est différent des armées des Dominions. En effet, dans chaque brigade, un bataillon sur trois est exclusivement composé de Britanniques, qui forment également en général les effectifs des unités d’artillerie. En outre, les officiers supérieurs sont toujours britanniques. La contribution de l’armée des Indes à la guerre du désert sera de première importance avec la mise en lice de trois divisions (4th ,5th et 10th ).
Pour ne s’en tenir qu’aux hommes, puisque le matériel made in USA à l’instar des M4 Sherman tient un rôle essentiel dans l’équipement, la 8th Army n’est pas seulement une armée de Grande Bretagne, c’est une formation issue du Commonwealth appuyée de quelques contingents alliés. Un constat similaire pourrait être fait à propos de la Desert Air Force et des autres forces aériennes engagées en soutien de cette 8th Army au cours de la campagne.
Un esprit de corps forgé par une expérience commune ?
Il est difficile d’affirmer qu’il ait existé au sein de la 8th Army un esprit de corps comparable à ce qui a eu cours au sein du DAK. La multiplicité des nations engagées en son sein ne milite guère en faveur d’une telle thèse. Australiens et Néo-Zélandais sont quelque peu dédaigneux vis-à-vis de leurs camarades du Royaume-Uni. Les unités britanniques ne sont pas elles mêmes exemptes de tensions, les Ecossais et les Gallois marquent leurs différences avec les Anglais, qui eux-mêmes se divisent entre Anglais du Nord et ceux du Sud. Les Irlandais forment un groupe à part, ayant tendance à ne parler qu’entre eux. Par ailleurs, l’armée des Indes est une entité à elle-seule. De même, l’antagonisme croissant entre les fantassins, les tankistes et les artilleurs constitue à cet égard un handicap de taille. Il atteint un paroxysme au moment de la 1ère bataille d’El Alamein. Les divisions du Commonwealth en particulier sont exaspérées par le manque de coopération efficace entre leurs troupes et les unités blindées, celles-ci étant toujours britanniques.
Toutefois, il semble que la victoire d’Alamein et l’aura qui entoure alors l’armée de désert en Grande Bretagne aient forgé quelque chose d’unique. Ce souvenir, presque romantique, perdure dans l’esprit des vétérans. Il résulte de la conscience d’avoir en commun une expérience particulière. Trois divisions –7th Armoured, 50th Northumbrian et 51th Highlands- participent à la bataille de Normandie, conscientes de leur statut d’unités de vétérans, pouvant les rendre parfois hautaines, voire blasées par un conflit pour lequel elles estiment avoir fait leur part. Mise sur pied en Egypte et, ses combattants ayant adopté le surnom de « Desert Rats », la 7th Armoured Division usurpe un peu la mémoire de la campagne d’Afrique du Nord qu’elle a presque connue dans son intégralité. De nombreuses divisions ont en effet combattu dans le désert. D’autres combattants ont reçu un sobriquet similaire. Les premiers « rats du désert » sont ainsi les Australiens de la 9th Australian Division qualifiés de « rats de Tobrouk » par Lord Haw-Haw, passé chez l’ennemi sur Radio-Berlin.
Conclusion
La 8th Army britannique est indéniablement une armée au statut à part. Sa victoire d’El Alamein, politiquement essentielle avant la prédominance prévisible des Etats-Unis dans la Grande Alliance, la propulse au rang des unités mythiques du conflit, grâce notamment à la simultanéité providentielle de la bataille de Stalingrad. Elle a indéniablement fait montre à maintes reprises de qualités tactiques et opérationnelles. Bénéficiant de toutes les priorités en dehors des impératifs de défense des îles britanniques, la 8th Army constitue l’armée britannique la plus favorisée entre 1941 et 1943. En face, son adversaire principal, l’Afrika Korps, est au contraire une force d’importance relativement limitée reléguée à un théâtre d’opérations longtemps jugé secondaire par Hitler. Pourtant, l’ascendant tactique acquis par l’Afrika Korps, ce dernier n’étant pas sans avoir connu bien des déboires à ses débuts, ne s’est cependant réellement jamais démenti.
Principales unités engagées au sein de la 8th Army
17 divisions ont combattu au sein de la Western Desert Force puis de la 8th Army:
5 divisions blindées : 1st, 2nd, 7th, 8th1 et 10th Armoured Divisions
4 divisions d’infanterie : 44th, 50th, 51st et 70th Infantry Divisions
2 divisions australiennes : 6th et 9th Australian Divisions
1 division néo-zélandaise : 2nd New-Zealand Division
3 divisions indiennes : 4th, 5th et 10th Indian Divisions
2 divisions sud-africaines : 1st et 2nd South African Divisions
Un certain nombre de brigade, citons :
18th Australian Brigade (de la 7th Australian Division)
Brigade Polonaise des Carpathes
1ère et 2ème Brigades FFL
Brigade Grecque
3rd Indian Motor Brigade
18th Indian Brigade
201st Guards Brigade
1st et 32nd Army Tank Brigades
De nombreuses unités indépendantes ensuite amalgamées au sein d’autres formations : 4th Armoured Brigade, 4th RTR, régiments d’artillerie, unités d’automitrailleuses…
Diverses unités spéciales servant aux côtés de la 8th Army mais souvent rattachées au Middle East Command, citons:
Long Range Desert Group, Special Air Service (ex L-Detachment), Indian Longe Range Squadron, Middle East Commandos, Popski’s Private Army
1La 8th Arm.Div. ne sera pas engagée en tant que telle
Pour aller plus loin:
Pour aller plus loin: mon livre sur la 8TH Army (à me commander directement par email, je ne touche aucun droit sur les exemplaires vendus en librairie, et ce avant même que l’éditeur ne ferme son entreprise)
Je recommande vivement l’étude de Jonathan Fennel: “Combat and Morale in the North African Campaign. The Eighth Army and the Path to El Alamein”, Cambridge University Press, 2011. Le lecteur pourra lire les journaux ou les ouvrages d’auteurs ayant servi dans le desert, comme R.L. Crimp (“The Diary of a Desert Rat”, Leo Cooper, 1971) ou Robert Crisp (“Brazen Chariots”, 1958). Thompson Julian Thompson a pour sa part rassemblé des témoignages (“Forgotten Voices. Desert Victory”, 2011). L’ouvrage de Forty George (“Desert Rats at War”, Ian Allan, 1975) comprend de nombreuses photos dans des conditions très variées. Pour un panorama de l’ensemble de la campagne du point de vue britannique, on se reportera aux histoires officielles (notamment celle du Royaume-Uni dirigée par I.S.O. Playfair) ou à Robin Neillands, (“Eighth Army. The Triumphant desert Army that held the Axis at Bay from North Africa to the Alps, 1939-45”, The Overlook Press, 2005). Je recommande aussi les ouvrages de Tim Moreman chez Osprey (“Desert Rat 1940-43”, Warrior n°160, 2011 et “Desert Rats. British 8th Army in North Africa 1941-43”, Battle Ordrers n°28, 2007) ainsi que le livre d’Adrian Converse (“Armies of Empire. The 9th Australian and 50th British Divisions in battle 1939-1945”, Cambridge University Press, 2011). Pour les généraux, on pourra se reporter à V. Schoffield (Wavell), A.Stewart (Alexander), P.Warner (Auchinleck), D.Feldmann et C.Mas (Montgomery) et N.S. Nash (Gott).
SITES HISTORIQUES : SENTIR VIBRER LE SOUFFLE DE L’HISTOIRE !
Transmettre l’Histoire: enseigner, publier…
Independant Tank Battalions en Normandie. Premiers combats, juin 1944.
LE “TOMMY” EN NORMANDIE. LE QUOTIDIEN.
Avril-mai 1943, l’offensive et la victoire finale des Alliés. “Strike” et “Vulcan”