Cinéma

FILMS DE GUERRE / WAR MOVIES: ZOULOU

Un film épique et haletant

Je m’écarte de la Seconde Guerre mondiale pour apporter un sujet que vous retrouverez dans une publication majeure de 2024…

Je vous recommande vivement ce film, qui n’a rien de colonialiste, même si le contexte est bien celui de la grande époque de conquêtes impérialistes en Afrique.

“Zoulou” est un film remarquable, l’exemple même d’une superbe mise en scène offrant de grandioses scènes de bataille, le tout dans une atmosphère tendue qui place remarquablement bien le spectateur aux côtés des soldats britanniques encerclés. La superbe et envoûtante musique de John Barry y contribue largement, ainsi que les bruitages (l’armée zouloue en marche dans le lointain…”comme un train”). Le réalisme tient aussi des lieux du tournage: en Afrique du Sud, dans le Dakensberg (un cadre magnifique).

Une ambiance qui n’est pas sans rappeler certains vieux westerns: changez la “thin red line” et les Zoulous avec des Tuniques bleues et des Indiens.

Cette grande réussite du 7e Art en matière de films de guerre a été réalisée en 1963 par Cyril Endfield. Il met en scène un épisode célèbre de la guerre anglo-zoulou de 1879, à savoir le combat pour Rorke’s Drift. Ce dernier se déroula les 22-23 janvier 1879 et c’est un 22 janvier, en 1964, que le film sort sur les écrans britanniques.

Des officiers “so British”, en particulier Broomhead alias Michael Caine, ainsi que des sous-officiers remarquables (ah! l’excellent Nigel Greene que l’on voit ici de dos, sur la gauche).

Le révérend joué par Jack Hawkins m’est toujours apparu comme un personnage en trop, particulièrement pénible, sans doute “en trop”…

Des scènes d’action palpitantes

Les sons, les prises de vues, les tactiques employées par les assaillants, les réponses tactiques des défenseurs, la multiplicité des cas de figure (corps à corps, combats derrière remparts ou non, tirs depuis des hauteurs, combats intramuros dans l’hôpital, etc), le tout selon un rythme haletant : on ne s’ennuie pas…

Le film rend hommage au courage et à la combattivité des Zoulous. Il met également en scène, en guise de prologue, une cérémonie traditionnelle de mariage collectifs de toute beauté.

Stanley Backer (le lieutenant Chard, qui assume le commandement) et Michael Caine : remarquables. On s’identifie facilement avec la poignée de défenseurs.

Le film débute par une évocation d’Isandlwhana, la grande défaite subie par l’armée britannique la veille de l’épisode de Rorke’s Drift, et qui fait l’objet d’un autre film tourné par le même Enfield, mais 15 ans plus tard (en 1979), à ne pas confondre avec “Zoulou”: “L’Ultime attaque” (“Zulu Dawn” comme titre original), moins réussi mais qui a durablement marqué mon enfance.

Ci-dessus: deux fameux tableaux représentant la bataille de Rorke’s Drift.

Bref, un magnifique film de guerre épique, qui n’a rien de colonialiste (rappelons-le) relatant des moments de bravoure, de camaraderie sans jamais tomber dans l’excès ou le pathos, une oeuvre qui souligne le courage des combattants des deux camps, soit un peu plus d’un centaine de Britanniques et 4000 guerriers zoulous.

Je ne m’en lasse pas.

Pour un aspect de la civilisation zouloue, je vius invite à voir la superbe série “Shaka Zoulou”.

Vous en saurez plus, dans un de mes ouvrages, sur les origines de cette campagne, et partant de cette bataille, ainsi que sur les forces impériales britanniques de cette époque victorienne.