La retraite d’El Alamein à la Tunisie, 4 novembre 1942-janvier 1943
Le Graf von Sponeck assume le commandement de la 90. Leichte-Afrika-Division à partir du 22 septembre 1942, l’unité étant alors déployée en Egypte où est muté cet officier qui s’est taillé une flatteuse réputation sur l’Ostfront. Excellent commandant de division, il fait montre de tous ses talents au cours de l’incroyable retraite menée par la I. Deutsche-Italienische Panzerarmee (ex-Panzerarmee Afrika) à la suite de la défaite essuyée à El Alamein, en Egypte.
Au cours de la deuxième bataille d’El Alamein, la 90. Leichte est disposée en retrait sur la côte pour de prémunir les arrières de la Panzerarmee Afrika de toute tentative de débarquement allié jusqu’à Mersa Matrouh. Ceci fait sens car les réserves les plus proches du front doivent être au contraire les unités blindées allemandes et italiennes afin de pouvoir intervenir immédiatement. La 90. Leichte peut donc se voir confier une mission qui l’éloigne de la ligne de front. Faisant office de réserve, elle est engagée sur la côte face aux Australiens, infligeant de lourdes pertes à ces derniers. Relativement préservée, elle reçoit la lourde tâche d’assurer la sécurité de la retraite de l’armée en organisant une arrière-garde. L’unité semble bien adaptée à ce type de mission puisque motorisée et bien dotée en armes antichars (à la veille de l’offensive de Montgomery elle compte dans ses rangs 14 Panzerjäger I, 52 Pak 36-38 et 63 Panzerbüsche, dont 18 du type 41), aussi bien au sein du Panzerjäger-Abteilung (mot.) 90 que de ses trois régiments de Panzergrenadiere (Panzer-Grenadier Regiment 155, Panzer-Grenadier Regiment 200, Panzer-Grenadier Regiment 361), outre le Sonderverband 288.
Sponeck s’est acquitté avec brio de sa mission de ralentissement de la trop peu vigoureuse poursuite de la 8th Army, alors commandée par le pusillanime Bernard Montgomery. Ce faisant, Sponeck doit chaque jour mener des opérations de retardement pour permettre au reste de l’armée de s’esquiver, se désengageant dès que nécessaire, mais jamais trop rapidement. L’armée de Rommel n’est ni anéanti à Fouka, ni à Mersa-Matrouh, pas plus que lors du délicat passage de la frontière à la passe d’Halfaya et à Solloum où les colonnes en retraite de la Panzerarmee qui s’étirent sur une quarantaine de kilomètres risquent la congestion. La timidité de la poursuite menée par Montgomery facilite donc la 90. Leichte dans sa mission mais celle-ci reste périlleuse devant la disproportion des effectifs et les problèmes de carburant qui handicapent Rommel et son armée. La 90. Leichte a cependant reçu l’appoint d’une autre formation très bien équipée et entrainée devenue également une des légendes du désert : le Sonderverband 288, unité spéciale commandée par l’Oberst Menton initialement mise sur pied une opération contre les champs pétrolifères du Moyen-Orient.
Le Sonderverband 288, rebaptisé Panzergrenadier Regiment Afrika le 31 octobre, n’est pas engagé au cours de la bataille d’El Alamein. C’est donc tout naturellement à cette unité fraîche qu’est confiée la mission d’assurer l’arrière-garde de la Panzerarmee Afrika lorsque Rommel se met en retraite à partir du 4 novembre. Pour se faire, l’unité décroche successivement de position en position avec bataillon couvrant le repli des autres. H.W. Schmidt explique clairement la difficulté de la mission. « Nous atteignîmes Mersa Matrouh le 6 novembre. Je reçus l’ordre de m’établir provisoirement sur la ligne de défense aménagée au sud de l’agglomération, de part et d’autre de la piste menant à l’oasis de Siwa. Mes compagnies étaient dotées chacune de cinq à six pièces antichars. Je plaçai celles-ci aux points les plus sensibles. Nos positions se trouvaient entre des casemates, en un endroit où les réseaux de barbelés et les champs de mines étaient restés tels qu’Auchinleck les avait laissés en juin, lorsqu’il avait envisagé de s’y défendre. Vers la fin de l’après-midi, j’aperçus des chars anglais sur une crête située au sud de Matrouh. A la tombée de la nuit, ils ouvrirent le feu contre nos emplacements de pièces, le long de la piste de l’oasis. L’ennemi nous poursuivait sans désemparer. Profitant de l’obscurité, les derniers éléments qui subsistaient encore de nos unités blindées quittèrent la place fortifiée et se remirent en route vers l’ouest. Quelques heures plus tard, une estafette m’apporta un bulletin opérationnel. Les éléments d’avant-garde de Montgomery se trouvaient déjà à l’ouest de Matrouh. Dès lors, je pouvais m’attendre à recevoir vers minuit l’ordre de décrocher. L’opération s’avérait délicate ; nous n’avions d’autre solution que de gagner à la boussole le seul couloir encore accessible dans un champ de mines. Pour bien faire, il eût fallu que nous puissions reconnaître et jalonner ce passage en plein jour. A quoi bon regretter ? A tout prendre, mieux valait encore un espoir d’échapper à l’ennemi cette nuit-là que la certitude de nous faire prendre au piège si nous restions plus longtemps au voisinage de Matrouh ».
Outre les combats retardateurs, les risques de débordement et d’annihilation sont donc bien réels. L’unité atteint pourtant la frontière égypto-libyenne, puis continue le repli à travers la Cyrénaïque. Tandis que la 90. Leichte assure l’arrière-garde dans la plaine, les restes de l’Afrika-Korps et du 20°Corpo d’Armata di Manovra italien assurent la sécurité du flanc sud afin de tenir à distance les Anglais du sommet de l’escarpement d’Halfaya, ce qui bloquerait l’unique voie de retraite. Le 18 novembre, le Sonderverband 288 repousse des automitrailleuses ennemies à Sceleidima et Antelat avant de décrocher vers Agedabia. A cette date, la 90. Leichte compte encore 5 118 hommes avec 322 mitrailleuses, 22 mortiers, 31 Pak, 4 véhicules blindés et 7 canons. Un nouveau combat retardateur est remporté dans cette dernière localité. Schmidt rapporte « Le duel entre chars et antichars battit son plein. Il dura deux heures. Deux de mes pièces furent balayées, mais nous détruisîmes bon nombre de chars. De plus, nous avions bloqué l’avance ennemie. » Le mouvement d’enveloppement anglais via Msus est ainsi contrecarré par l’action conjuguée de la 90. Leichte, des troupes de reconnaissance et de la pluie. Il n’y aura pas de redite de l’exploit de Beda Fomm de février 1941… A Agedabia, la 90. Leichte forme toujours l’arrière-garde. Le Sonderverband 288 établit des positions défensives dans un secteur accidenté et sablonneux. Un guetteur annonce soudain : « Chars ennemi en vue… au nord-est ! ». La Flak ouvre le feu sur les chasseurs anglais qui soutiennent la formation blindée britannique. Celle-ci offre un spectacle saisissant et angoissant mais les soldats de Rommel gardent leur calme et leur sang froid tandis que les obus de l’artillerie de l’Afrika-Korps sifflent au-dessus de leur tête avant de s’abattre sur les rangs adverses. Les puissants Sherman s’avancent ainsi vers les positions allemandes, apparemment invulnérables jusqu’à ce qu’une pièce antichar frappe un blindé de flanc et l’incendie. Le duel s’éternise : deux heures avant que les Anglais ne rompent le combat. Toutefois, la position allemande n’est plus tenable.
En Tripolitaine, la division de Sponeck fait toujours office de couverture pour le repli de l’armée de Rommel, à commencer par l’évacuation des positions de Mersa el Brega dans la nuit du 12 décembre. A cette occasion, des pertes sensibles sont puisqu’une compagnie est presque anéantie lors d’un combat acharné l’opposant aux blindés britanniques.L’assaut lancé le long de la côte par les 7th Armoured et 51st Highland Divisions est toutefois suffisamment contenu pour que l’armée soit sauvegardée, d’autant que la manoeuvre d’enveloppement de la 2nd New-Zealand Division, bien que menaçant, est en grande partie conjuré par l’intervention des Italiens de l’ « Ariete ».
Le 5 janvier, la 90. Leichte retrouve le 21° Corpo italien auquel elle avait été rattaché au moment de sa première bataille, l’opération « Crusader » en novembre 1941. A Bouerat, Sponeck assure de nouveau avec talent la couverture du flanc gauche de l’armée, face aux 51st Highland et 50th Northumbrian ID. L’unité est toutefois en passe d’être débordée elle-aussi par le nord, en raison de la poussée de la 7th Armoured Division en direction de Beni Ulid. Rommel décide de se replier sur la ligne Tarhouna-Homs, l’arrière-garde du DAK atteignant Tes Maamura et le Point 408, où le Panzergrenadier-Regiment Afrika de l’Oberst Menton tient position. Pour contrer la menace que font peser les « Desert Rats » et les Néo-Zélandais, le « Renard du Désert » ne dispose plus que de Sponeck pour assurer le front à hauteur de Homs. H.W. Schmidt raconte : « Bien que l’adversaire fut très supérieur en nombre, nous continuâmes à lui tenir tête, profitant des avantages du terrain, plus accidenté en cette région. A Tarhouna, Montgomery se vit opposer une résistance farouche de la part de nos éléments. » De fait, la 90. Leichte Division se défend farouchement et ne concède que difficilement Corradini à la 51st ID. Le « Renard du désert » abandonne alors Tripoli, qui tombe le 23 janvier 1943, la 8th Army se montrant de nouveau incapable d’anéantir un adversaire pourtant à sa portée. Le 27 janvier 1943, un dernier combat oppose la 8th Army et ses adversaires en Libye. Après quatre jours de lutte, la 90. Leichte Division rompt le combat avec la 7th Armoured Division. A son arrivée en Tunisie, elle ne compte plus que 2 000 combattants. Theodor von Sponeck a donc fait montre de qualités rares dans les conditions les plus ardues, son action aux premiers jours de la retraite, du 5 au 11 novembre, ayant été particulièrement déterminante.
Benoît Rondeau Copyright
La retraite d’El Alamein à la Tunisie, 4 novembre 1942-janvier 1943
Le Graf von Sponeck assume le commandement de la 90. Leichte-Afrika-Division à partir du 22 septembre 1942, l’unité étant alors déployée en Egypte où est muté cet officier qui s’est taillé une flatteuse réputation sur l’Ostfront. Excellent commandant de division, il fait montre de tous ses talents au cours de l’incroyable retraite menée par la I. Deutsche-Italienische Panzerarmee (ex-Panzerarmee Afrika) à la suite de la défaite essuyée à El Alamein, en Egypte.
Au cours de la deuxième bataille d’El Alamein, la 90. Leichte est disposée en retrait sur la côte pour de prémunir les arrières de la Panzerarmee Afrika de toute tentative de débarquement allié jusqu’à Mersa Matrouh. Ceci fait sens car les réserves les plus proches du front doivent être au contraire les unités blindées allemandes et italiennes afin de pouvoir intervenir immédiatement. La 90. Leichte peut donc se voir confier une mission qui l’éloigne de la ligne de front. Faisant office de réserve, elle est engagée sur la côte face aux Australiens, infligeant de lourdes pertes à ces derniers. Relativement préservée, elle reçoit la lourde tâche d’assurer la sécurité de la retraite de l’armée en organisant une arrière-garde. L’unité semble bien adaptée à ce type de mission puisque motorisée et bien dotée en armes antichars (à la veille de l’offensive de Montgomery elle compte dans ses rangs 14 Panzerjäger I, 52 Pak 36-38 et 63 Panzerbüsche, dont 18 du type 41), aussi bien au sein du Panzerjäger-Abteilung (mot.) 90 que de ses trois régiments de Panzergrenadiere (Panzer-Grenadier Regiment 155, Panzer-Grenadier Regiment 200, Panzer-Grenadier Regiment 361), outre le Sonderverband 288.
Sponeck s’est acquitté avec brio de sa mission de ralentissement de la trop peu vigoureuse poursuite de la 8th Army, alors commandée par le pusillanime Bernard Montgomery. Ce faisant, Sponeck doit chaque jour mener des opérations de retardement pour permettre au reste de l’armée de s’esquiver, se désengageant dès que nécessaire, mais jamais trop rapidement. L’armée de Rommel n’est ni anéanti à Fouka, ni à Mersa-Matrouh, pas plus que lors du délicat passage de la frontière à la passe d’Halfaya et à Solloum où les colonnes en retraite de la Panzerarmee qui s’étirent sur une quarantaine de kilomètres risquent la congestion. La timidité de la poursuite menée par Montgomery facilite donc la 90. Leichte dans sa mission mais celle-ci reste périlleuse devant la disproportion des effectifs et les problèmes de carburant qui handicapent Rommel et son armée. La 90. Leichte a cependant reçu l’appoint d’une autre formation très bien équipée et entrainée devenue également une des légendes du désert : le Sonderverband 288, unité spéciale commandée par l’Oberst Menton initialement mise sur pied une opération contre les champs pétrolifères du Moyen-Orient.
Le Sonderverband 288, rebaptisé Panzergrenadier Regiment Afrika le 31 octobre, n’est pas engagé au cours de la bataille d’El Alamein. C’est donc tout naturellement à cette unité fraîche qu’est confiée la mission d’assurer l’arrière-garde de la Panzerarmee Afrika lorsque Rommel se met en retraite à partir du 4 novembre. Pour se faire, l’unité décroche successivement de position en position avec bataillon couvrant le repli des autres. H.W. Schmidt explique clairement la difficulté de la mission. « Nous atteignîmes Mersa Matrouh le 6 novembre. Je reçus l’ordre de m’établir provisoirement sur la ligne de défense aménagée au sud de l’agglomération, de part et d’autre de la piste menant à l’oasis de Siwa. Mes compagnies étaient dotées chacune de cinq à six pièces antichars. Je plaçai celles-ci aux points les plus sensibles. Nos positions se trouvaient entre des casemates, en un endroit où les réseaux de barbelés et les champs de mines étaient restés tels qu’Auchinleck les avait laissés en juin, lorsqu’il avait envisagé de s’y défendre. Vers la fin de l’après-midi, j’aperçus des chars anglais sur une crête située au sud de Matrouh. A la tombée de la nuit, ils ouvrirent le feu contre nos emplacements de pièces, le long de la piste de l’oasis. L’ennemi nous poursuivait sans désemparer. Profitant de l’obscurité, les derniers éléments qui subsistaient encore de nos unités blindées quittèrent la place fortifiée et se remirent en route vers l’ouest. Quelques heures plus tard, une estafette m’apporta un bulletin opérationnel. Les éléments d’avant-garde de Montgomery se trouvaient déjà à l’ouest de Matrouh. Dès lors, je pouvais m’attendre à recevoir vers minuit l’ordre de décrocher. L’opération s’avérait délicate ; nous n’avions d’autre solution que de gagner à la boussole le seul couloir encore accessible dans un champ de mines. Pour bien faire, il eût fallu que nous puissions reconnaître et jalonner ce passage en plein jour. A quoi bon regretter ? A tout prendre, mieux valait encore un espoir d’échapper à l’ennemi cette nuit-là que la certitude de nous faire prendre au piège si nous restions plus longtemps au voisinage de Matrouh ».
Outre les combats retardateurs, les risques de débordement et d’annihilation sont donc bien réels. L’unité atteint pourtant la frontière égypto-libyenne, puis continue le repli à travers la Cyrénaïque. Tandis que la 90. Leichte assure l’arrière-garde dans la plaine, les restes de l’Afrika-Korps et du 20° Corpo d’Armata di Manovra italien assurent la sécurité du flanc sud afin de tenir à distance les Anglais du sommet de l’escarpement d’Halfaya, ce qui bloquerait l’unique voie de retraite. Le 18 novembre, le Sonderverband 288 repousse des automitrailleuses ennemies à Sceleidima et Antelat avant de décrocher vers Agedabia. A cette date, la 90. Leichte compte encore 5 118 hommes avec 322 mitrailleuses, 22 mortiers, 31 Pak, 4 véhicules blindés et 7 canons. Un nouveau combat retardateur est remporté dans cette dernière localité. Schmidt rapporte « Le duel entre chars et antichars battit son plein. Il dura deux heures. Deux de mes pièces furent balayées, mais nous détruisîmes bon nombre de chars. De plus, nous avions bloqué l’avance ennemie. » Le mouvement d’enveloppement anglais via Msus est ainsi contrecarré par l’action conjuguée de la 90. Leichte, des troupes de reconnaissance et de la pluie. Il n’y aura pas de redite de l’exploit de Beda Fomm de février 1941… A Agedabia, la 90. Leichte forme toujours l’arrière-garde. Le Sonderverband 288 établit des positions défensives dans un secteur accidenté et sablonneux. Un guetteur annonce soudain : « Chars ennemi en vue… au nord-est ! ». La Flak ouvre le feu sur les chasseurs anglais qui soutiennent la formation blindée britannique. Celle-ci offre un spectacle saisissant et angoissant mais les soldats de Rommel gardent leur calme et leur sang froid tandis que les obus de l’artillerie de l’Afrika-Korps sifflent au-dessus de leur tête avant de s’abattre sur les rangs adverses. Les puissants Sherman s’avancent ainsi vers les positions allemandes, apparemment invulnérables jusqu’à ce qu’une pièce antichar frappe un blindé de flanc et l’incendie. Le duel s’éternise : deux heures avant que les Anglais ne rompent le combat. Toutefois, la position allemande n’est plus tenable.
En Tripolitaine, la division de Sponeck fait toujours office de couverture pour le repli de l’armée de Rommel, à commencer par l’évacuation des positions de Mersa el Brega dans la nuit du 12 décembre. A cette occasion, des pertes sensibles sont puisqu’une compagnie est presque anéantie lors d’un combat acharné l’opposant aux blindés britanniques. L’assaut lancé le long de la côte par les 7th Armoured et 51st Highland Divisions est toutefois suffisamment contenu pour que l’armée soit sauvegardée, d’autant que la manoeuvre d’enveloppement de la 2nd New-Zealand Division, bien que menaçant, est en grande partie conjuré par l’intervention des Italiens de l’ « Ariete ».
Le 5 janvier, la 90. Leichte retrouve le 21° Corpo italien auquel elle avait été rattaché au moment de sa première bataille, l’opération « Crusader » en novembre 1941. A Bouerat, Sponeck assure de nouveau avec talent la couverture du flanc gauche de l’armée, face aux 51st Highland et 50th Northumbrian ID. L’unité est toutefois en passe d’être débordée elle-aussi par le nord, en raison de la poussée de la 7th Armoured Division en direction de Beni Ulid. Rommel décide de se replier sur la ligne Tarhouna-Homs, l’arrière-garde du DAK atteignant Tes Maamura et le Point 408, où le Panzergrenadier-Regiment Afrika de l’Oberst Menton tient position. Pour contrer la menace que font peser les « Desert Rats » et les Néo-Zélandais, le « Renard du Désert » ne dispose plus que de Sponeck pour assurer le front à hauteur de Homs. H.W. Schmidt raconte : « Bien que l’adversaire fut très supérieur en nombre, nous continuâmes à lui tenir tête, profitant des avantages du terrain, plus accidenté en cette région. A Tarhouna, Montgomery se vit opposer une résistance farouche de la part de nos éléments. » De fait, la 90. Leichte Division se défend farouchement et ne concède que difficilement Corradini à la 51st ID. Le « Renard du désert » abandonne alors Tripoli, qui tombe le 23 janvier 1943, la 8th Army se montrant de nouveau incapable d’anéantir un adversaire pourtant à sa portée. Le 27 janvier 1943, un dernier combat oppose la 8th Army et ses adversaires en Libye. Après quatre jours de lutte, la 90. Leichte Division rompt le combat avec la 7th Armoured Division. A son arrivée en Tunisie, elle ne compte plus que 2 000 combattants. Theodor von Sponeck a donc fait montre de qualités rares dans les conditions les plus ardues, son action aux premiers jours de la retraite, du 5 au 11 novembre, ayant été particulièrement déterminante.
MARIE-PIERRE KOENIG
Recension de “Eighth Army versus Rommel” de James Colvin
SERGIO BRESCIANI
RUDOLPH BARLOW
Recension « La Guerre du Désert. 1940-1943 », ouvrage collectif, Editions Perrin, 2019