Luciano Canfora, La Grande Guerre du Péloponnèse. 447-394 av. J.-C., Perrin, 2026
La guerre du Péloponnèse est, avec Sparte, l’un de mes sujets de lecture de prédilection concernant la Grèce ancienne, parmi certes tant d’autres tant cette civilisation est fascinante.
Le grand Thucydide ambitionnait d’en narrer le déroulement, mais aussi d’en fournir les causes exactes et réelles, tout en exposant sa méthode, que l’on considère à l’origine de la science historique (c’est amusant, d’ailleurs, de constater à quel point on ne lui tient guère rigueur d’avoir reconstitué les discours…).
Le très intéressant ouvrage que Luciano Canfora accorde à ce conflit a retenu mon attention, car il s’avère constituer un excellent complément à Thucydide.
Luciano Canfora insiste sur les causes avancées, supposées et avérées de cette guerre grecque aux dimensions “mondiales” dans la perpective grecque de l’époque, insistant en particulier sur la volonté de puissance et l’inévitable heurt qui aurait eu lieu tôt ou tard entre Athènes et Sparte. Qu’on en juge : il s’agit de la matière des cent premières pages, autant dire que la question n’est pas bâclée. Le débat sur les causes de la guerre se double, corollaire direct, sur la date de commencement à lui attribuer, ce qui pose la question de la pertinence du choix de -431. En outre, Thucydide a bien fait le lien entre la guerre dite d’Archidamos et celle de Sicile.
L’un des intérêts majeurs de l’ouvrage est de replacer, dès le début, la Perse au centre des événements, à tout le moins lui redonner une importance trop souvent oubliée, mais aussi de replacer ce conflit dans le cadre méditerranéen.
Le texte de Canfora est loin d’être une banale narration des événements, ou faire double-emploi avec le travail de Donald Kagan par exemple, mais est le cadre d’analyses des plus intéressantes des événements les plus marquants : Sphactérie, Amphipolis, paix de Nicias, la Sicile, etc. On apprécie les éléments de réflexion qui élargissent notre perspective et enrichissent notre compréhension des événements, en tout cas peuvent nous les faire découvrir sous des aspects différents. J’ai apprécié tout ce qui a trait à la guerre civile, à la diplomatie, aux alliances. J’ai été sensibilisé à de nombreux aspects souvent traité trop rapidement par ailleurs et c’est là une des forces du livre de Canfora. Je reprocherai juste à ce dernier ses trop nombreuses comparaisons avec des évènements du XIXe siècle ou du XXe siècle qui, s’ils se justifient parfois, peuvent au contraire être discutables (notamment en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale et l’entrée en guerre de certains belligérants, ainsi sur les prétendues offres de paix acceptables formulées par l’Allemagne lors de la Grande Guerre: Canfora est ou bien peu au fait des choses, ou bien peu objectif).
L’auteur décortique aussi la manière dont a été écrite la guerre du Péloponnèse dans l’Antiquité, à commencer par l’ouvrage de Thucydide. Il questionne l’exil supposé de celui qui fût un stratège d’Athènes, rappel ses liens avec la Thrace, sa connaissance méticuleuse des faits, les détails qui ne peuvent provenir d’un absent… Il pose aussi la question d’un éventuel second auteur, mais présente également le rôle et le travail de Xénophon, et le lien réel entre celui-ci et la matière qu’a pu lui laisser Thucydide. des indices montrent que ce dernier a vécu bien après -404.
Pour bien appréhender le déroulé de cette guerre, il faut bien entendu commencer par lire Thucydide et Xénophon, puis compléter avec Luciano Canfora et d’autres.
Le texte de Luciano Canfora est vraiment intéressant et je recommande ce livre, forcément un “+” pour celui qui s’intéresse à la question. Les termes grecs et certaines pistes de réflexion exposées plus ou moins clairement peuvent être en apparence ardus pour un simple amateur, mais je pense que la difficulté est aisément surmontable.
Un seul bémol pour cet ouvrage que j’ai vraiment apprécié: le traducteur ne semble pas y connaître grand chose. Il y a pourtant des conventions d’écriture qui s’imposent. C’est bien la première fois que nous avons la traduction “grandes murailles” en lieu et place de l’usuel “Longs Murs” bizarrement la bonne expression réapparaît en fin d’ouvrage…), le “cinquantenaire” à la place de la “pentécontaétie”, mais surtout, et c’est inexplicable, l’usage systématique de “Persan/persan” au lieu de “Perse/perse” : le traducteur ignore que, pour l’Antiquité, c’est la seconde graphie qui s’impose, la première devant être réservée à une période ultérieure, à l’ère musulmane… Des premières, pour moi, dans un livre sur l’Antiquité en langue française…
Luciano Canfora, La Grande Guerre du Péloponnèse. 447-394 av. J.-C., Perrin, 2026
La guerre du Péloponnèse est, avec Sparte, l’un de mes sujets de lecture de prédilection concernant la Grèce ancienne, parmi certes tant d’autres tant cette civilisation est fascinante.
Le grand Thucydide ambitionnait d’en narrer le déroulement, mais aussi d’en fournir les causes exactes et réelles, tout en exposant sa méthode, que l’on considère à l’origine de la science historique (c’est amusant, d’ailleurs, de constater à quel point on ne lui tient guère rigueur d’avoir reconstitué les discours…).
Le très intéressant ouvrage que Luciano Canfora accorde à ce conflit a retenu mon attention, car il s’avère constituer un excellent complément à Thucydide.
Luciano Canfora insiste sur les causes avancées, supposées et avérées de cette guerre grecque aux dimensions “mondiales” dans la perpective grecque de l’époque, insistant en particulier sur la volonté de puissance et l’inévitable heurt qui aurait eu lieu tôt ou tard entre Athènes et Sparte. Qu’on en juge : il s’agit de la matière des cent premières pages, autant dire que la question n’est pas bâclée. Le débat sur les causes de la guerre se double, corollaire direct, sur la date de commencement à lui attribuer, ce qui pose la question de la pertinence du choix de -431. En outre, Thucydide a bien fait le lien entre la guerre dite d’Archidamos et celle de Sicile.
L’un des intérêts majeurs de l’ouvrage est de replacer, dès le début, la Perse au centre des événements, à tout le moins lui redonner une importance trop souvent oubliée, mais aussi de replacer ce conflit dans le cadre méditerranéen.
Le texte de Canfora est loin d’être une banale narration des événements, ou faire double-emploi avec le travail de Donald Kagan par exemple, mais est le cadre d’analyses des plus intéressantes des événements les plus marquants : Sphactérie, Amphipolis, paix de Nicias, la Sicile, etc. On apprécie les éléments de réflexion qui élargissent notre perspective et enrichissent notre compréhension des événements, en tout cas peuvent nous les faire découvrir sous des aspects différents. J’ai apprécié tout ce qui a trait à la guerre civile, à la diplomatie, aux alliances. J’ai été sensibilisé à de nombreux aspects souvent traité trop rapidement par ailleurs et c’est là une des forces du livre de Canfora. Je reprocherai juste à ce dernier ses trop nombreuses comparaisons avec des évènements du XIXe siècle ou du XXe siècle qui, s’ils se justifient parfois, peuvent au contraire être discutables (notamment en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale et l’entrée en guerre de certains belligérants, ainsi sur les prétendues offres de paix acceptables formulées par l’Allemagne lors de la Grande Guerre: Canfora est ou bien peu au fait des choses, ou bien peu objectif).
L’auteur décortique aussi la manière dont a été écrite la guerre du Péloponnèse dans l’Antiquité, à commencer par l’ouvrage de Thucydide. Il questionne l’exil supposé de celui qui fût un stratège d’Athènes, rappel ses liens avec la Thrace, sa connaissance méticuleuse des faits, les détails qui ne peuvent provenir d’un absent… Il pose aussi la question d’un éventuel second auteur, mais présente également le rôle et le travail de Xénophon, et le lien réel entre celui-ci et la matière qu’a pu lui laisser Thucydide. des indices montrent que ce dernier a vécu bien après -404.
Pour bien appréhender le déroulé de cette guerre, il faut bien entendu commencer par lire Thucydide et Xénophon, puis compléter avec Luciano Canfora et d’autres.
Le texte de Luciano Canfora est vraiment intéressant et je recommande ce livre, forcément un “+” pour celui qui s’intéresse à la question. Les termes grecs et certaines pistes de réflexion exposées plus ou moins clairement peuvent être en apparence ardus pour un simple amateur, mais je pense que la difficulté est aisément surmontable.
Un seul bémol pour cet ouvrage que j’ai vraiment apprécié: le traducteur ne semble pas y connaître grand chose. Il y a pourtant des conventions d’écriture qui s’imposent. C’est bien la première fois que nous avons la traduction “grandes murailles” en lieu et place de l’usuel “Longs Murs” bizarrement la bonne expression réapparaît en fin d’ouvrage…), le “cinquantenaire” à la place de la “pentécontaétie”, mais surtout, et c’est inexplicable, l’usage systématique de “Persan/persan” au lieu de “Perse/perse” : le traducteur ignore que, pour l’Antiquité, c’est la seconde graphie qui s’impose, la première devant être réservée à une période ultérieure, à l’ère musulmane… Des premières, pour moi, dans un livre sur l’Antiquité en langue française…
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