Histoire de l’Europe, Passés Composés, 2024
Les éditions Passés Composés nous offrent vraiment de superbes livres d’Histoire. J’ai eu maintes fois l’occasion d’en faire état. Ce livre est passionnant, même si je note quelques phrases qui s’écartent du sujet en distillant ça-et-là des remarques qui n’y ont pas leur place (cf la 6e extinction, ou encore le couplet hostile à la technologie et la dépendance des sociétés contemporaines à son égard, etc), qui tiennent plus de l’idéologie que de l’Histoire. L’expression “ceux qui s’affirment comme des Occidentaux” est ridicule : non sommes bien des Occidentaux.
Fort heureusement, ces écarts ne nuisent absolument en rien à la grande qualité du propos. Ce livre est une mine d’informations. Il fournit de multiples précisions sur les civilisations antiques (les Celtes, par exemple), mais aussi les sociétés préhistoriques qui les ont précédées. Personnellement, j’estime qu’il s’agit du type même de livre qu’un enseignant en histoire-géo doit lire pour mettre à jour ses connaissances et peaufiner ses cours (étant entendu qu’un enseignant d’histoire-géo qui se respecte se doit de lire abondamment : cela fait parti de son métier…).
On apprécie l’effort didactique fourni pour expliquer les mouvements de populations et les multiples brassages à l’œuvre en Europe et dans le bassin méditerranéen, à même de tordre le cou à tous les délires raciaux d’une certaine extrême-droite (cf aussi l’encadré. “La race: un terme anachronique pour l’Antiquité”). Les auteurs ont également raison de souligner l’insistance depuis des siècles à ne retenir que le legs gréco-romain, oublieux que nous sommes des Égyptiens, des celtes, des Mésopotamiens et autres Phéniciens… Mais notre culture et notre civilisation doivent avant tout à ce monde gréco-romain, et ce beaucoup plus que pour toute autre civilisation.
Le passage sur la place des femmes dans les sociétés antiques est très intéressant, mais trop survolé -en raison de l’ambition du livre, qui embrasse de multiples sujets- et laisse sur sa faim. Mais le lecteur admettra la justesse du propos : c’est moins le sexe qui prime que la distinction libre/non-lire ainsi que les distinction citoyen/non-citoyen.
Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit-là d’un livre majeur, de nombreux chapitres étant particulièrement passionnants. L’un des intérêt majeur de l’ouvrage réside dans sa structure, puisque s’il est chronologique, il adopte aussi parallèlement une approche thématique, sur des sujets essentiels et très variés. Loin se cantonner à l’histoire politique, avec notamment de bonnes pages sur l’émergence des Etats, l’ouvrage offre au lecteur a le plaisir de longs développement sur le divin, l’économie, le livre et l’écrit, le banquet, les inventions et techniques (et en particulier la question du blocage technologique)…Il est en outre particulièrement bienvenu d’avoir choisi de débuter, après une introduction faisant office d’entame assez réussie, par la période préhistorique.
L’autre intérêt est celui de questionner, bien à propos, l’idée d’Europe, ses limites géographiques, sa signification politique, ses valeurs. Cette Europe et l’idée qu’on s’en fait est très liée à la période et au lieu considérés.
On ne peut nier l’indéniable legs gréco-romain et judéo-chrétien dans la culture européenne, que les territoires considérés aient été ou non partie de l’empire romain. Il est cependant souhaitable de ne pas tout relativiser à l’envi. Quelqu’en soient leurs origines, les droits de l’homme, le libéralisme, la démocratie, la notion d’égalité entre les peuples et entre les individus sont bien nos valeurs, certes loin d’avoir été toujours respectées dans le passé comme dans le présent, mais qui sont bien occidentales, dans un système de pensée actuellement minoritaire sur le globe et que d’autres civilisations n’ont jamais approché autrement qu’au contact, souvent brutal et contraignant, de ces Etats qui ont hérité de l’essentiel du legs gréco-romain et, par les Grecs et les Romains, des autres civilisations antiques.
Histoire de l’Europe, Passés Composés, 2024
Les éditions Passés Composés nous offrent vraiment de superbes livres d’Histoire. J’ai eu maintes fois l’occasion d’en faire état. Ce livre est passionnant, même si je note quelques phrases qui s’écartent du sujet en distillant ça-et-là des remarques qui n’y ont pas leur place (cf la 6e extinction, ou encore le couplet hostile à la technologie et la dépendance des sociétés contemporaines à son égard, etc), qui tiennent plus de l’idéologie que de l’Histoire. L’expression “ceux qui s’affirment comme des Occidentaux” est ridicule : non sommes bien des Occidentaux.
Fort heureusement, ces écarts ne nuisent absolument en rien à la grande qualité du propos. Ce livre est une mine d’informations. Il fournit de multiples précisions sur les civilisations antiques (les Celtes, par exemple), mais aussi les sociétés préhistoriques qui les ont précédées. Personnellement, j’estime qu’il s’agit du type même de livre qu’un enseignant en histoire-géo doit lire pour mettre à jour ses connaissances et peaufiner ses cours (étant entendu qu’un enseignant d’histoire-géo qui se respecte se doit de lire abondamment : cela fait parti de son métier…).
On apprécie l’effort didactique fourni pour expliquer les mouvements de populations et les multiples brassages à l’œuvre en Europe et dans le bassin méditerranéen, à même de tordre le cou à tous les délires raciaux d’une certaine extrême-droite (cf aussi l’encadré. “La race: un terme anachronique pour l’Antiquité”). Les auteurs ont également raison de souligner l’insistance depuis des siècles à ne retenir que le legs gréco-romain, oublieux que nous sommes des Égyptiens, des celtes, des Mésopotamiens et autres Phéniciens… Mais notre culture et notre civilisation doivent avant tout à ce monde gréco-romain, et ce beaucoup plus que pour toute autre civilisation.
Le passage sur la place des femmes dans les sociétés antiques est très intéressant, mais trop survolé -en raison de l’ambition du livre, qui embrasse de multiples sujets- et laisse sur sa faim. Mais le lecteur admettra la justesse du propos : c’est moins le sexe qui prime que la distinction libre/non-lire ainsi que les distinction citoyen/non-citoyen.
Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit-là d’un livre majeur, de nombreux chapitres étant particulièrement passionnants. L’un des intérêt majeur de l’ouvrage réside dans sa structure, puisque s’il est chronologique, il adopte aussi parallèlement une approche thématique, sur des sujets essentiels et très variés. Loin se cantonner à l’histoire politique, avec notamment de bonnes pages sur l’émergence des Etats, l’ouvrage offre au lecteur a le plaisir de longs développement sur le divin, l’économie, le livre et l’écrit, le banquet, les inventions et techniques (et en particulier la question du blocage technologique)…Il est en outre particulièrement bienvenu d’avoir choisi de débuter, après une introduction faisant office d’entame assez réussie, par la période préhistorique.
L’autre intérêt est celui de questionner, bien à propos, l’idée d’Europe, ses limites géographiques, sa signification politique, ses valeurs. Cette Europe et l’idée qu’on s’en fait est très liée à la période et au lieu considérés.
On ne peut nier l’indéniable legs gréco-romain et judéo-chrétien dans la culture européenne, que les territoires considérés aient été ou non partie de l’empire romain. Il est cependant souhaitable de ne pas tout relativiser à l’envi. Quelqu’en soient leurs origines, les droits de l’homme, le libéralisme, la démocratie, la notion d’égalité entre les peuples et entre les individus sont bien nos valeurs, certes loin d’avoir été toujours respectées dans le passé comme dans le présent, mais qui sont bien occidentales, dans un système de pensée actuellement minoritaire sur le globe et que d’autres civilisations n’ont jamais approché autrement qu’au contact, souvent brutal et contraignant, de ces Etats qui ont hérité de l’essentiel du legs gréco-romain et, par les Grecs et les Romains, des autres civilisations antiques.
Independant Tank Battalions en Normandie. Premiers combats, juin 1944.
LE “TOMMY” EN NORMANDIE. LE QUOTIDIEN.
Avril-mai 1943, l’offensive et la victoire finale des Alliés. “Strike” et “Vulcan”
Avril 1943, échec à Foundouk
Avril 1943, l’oued Akarit