Introduction
La bataille de Normandie est un immense succès pour la coalition anglo-américaine. Le bilan du Kessel de Falaise et les pertes essuyées par la Panzerwaffe en font foi. Mais la question se pose de savoir si cette brillante victoire ne dissimule pas des opportunités qui, si elles avaient été saisies, auraient bouleversé le déroulement de la campagne.
6 juin. Caen : un échec majeur évitable
La première de ces occasions que laisse échapper Montgomery est la prise de Caen le soir même du Jour J. Las, divers obstacles font échec au plan. Les attaques lancées par le Kampfgruppe Luck de la 21. Panzer-Division contre la tête de pont aéroportée de la 6th Airborne ont obligé d’ailleurs le général Crocker, le commandant du I Corps, à envoyer une brigade en soutien, de même que des tanks, en sus des Commandos.
L’échec subi devant Caen est à mettre avant tout au crédit des défenseurs de l’Atlantikwall. La remarquable défense menée par les soldats tenant le WN 17 -le site « Hillman » pour les Alliés- , PC de l’Oberst Ludwig Krug, le commandant du Grenadier-Regiment 736, tient un rôle essentiel. La position fortifiée, qui jouit d’un panorama exceptionnel, devait être neutralisée à 13 heures par le 1st Suffolk, mais les Allemands s’accrochent, puisque ce n’est n’est finalement qu’à 22 heures que la position est prise. Il est alors trop tard pour s’emparer de Caen. Enfin, le dernier élément décisif en faveur des Allemands tient au déploiement d’éléments de la 21. Panzer-Division du General Feuchtinger au nord de Caen, à commencer par ses puissants antichars Pak 43 ainsi que des Panzergrenadiere. 17 canons automoteurs de la Sturmgeschütze-Abteilung 200 du Major Becker sont également en lice près d’Epron.
Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pourtant pour les Anglais jusqu’en début d’après-midi : le front n’est tenu que par quelques faibles éléments, d’autant plus qu’une partie de la 21. Panzer-Division est engagée contre les parachutistes, tandis qu’une partie de ses moyens antichars affronte les Canadiens. Il aurait fallu que les troupes débarquées soient plus déterminées à aller de l’avant plutôt que de consolider leurs positions ou de tergiverser. Quant aux rares unités envoyées en pointe, elles manquent singulièrement d’allant. En effet, plutôt que de lancer les fantassins du 1st South Lancashire et les Sherman du 13/18th Hussars dans une attaque déterminée, le Brigadier Cass, le commandant de la 8th Brigade, préfère temporiser et attendre les renforts de la 185th Brigade. Quand ces derniers arrivent avec de nouveaux blindés, il est trop tard. La prise de Caen dès le Jour J aurait offert un plus vaste espace de manœuvre à la 2nd British Army et conféré un autre aspect à la campagne avec une bataille menée sur la plaine Caen-Falaise dès les premiers jours…
7-13 juin. Le « trou » entre la Pointe-du-Hoc et Bayeux
Dès le soir du 6 juin, la faiblesse du dispositif défensif devant le secteur Caen/Bayeux et celui de la zone Carentan/Isigny est source d’inquiétude pour les Allemands, tandis que la 21. Panzer est elle-même étalée sur un large front au nord de Caen où nombre de ses unités sont contraintes d’assurer la défense du secteur. Si les Anglais manquent une opportunité devant Caen, l’opportunité manquée par les Américains est encore plus incroyable. Le front allemand est pour ainsi dire un gouffre béant à l’ouest de Bayeux, en direction de Caumont, face au débarquement américain sur Omaha Beach. Le 7 juin, le front de la 352. ID s’étire sur une cinquantaine de kilomètres. Contrainte de passer sur la défensive dans l’attente de l’arrivée d’hypothétiques renforts, la division de Kraiss fait montre d’une capacité de résilience peu commune. Quelques troupes de l’échelon arrière renforcées par une poignée d’égarés sont ainsi en mesure de retarder l’avance des Américains suffisamment longtemps pour permettre l’évacuation des dépôts de ravitaillement de la division à La Forêt sans devoir procéder à la moindre destruction ni à l’abandon de matériel. Certains villages (comme Saint-Jean-de-Savigny) sont âprement disputés et donnent lieu à de terribles combats de rues. Le manque d’expérience des GI’s et le fait que le bataillon de transmission de la 352.ID soit en mesure d’écouter les messages radio américains tout en assurant les transmissions au sein de son unité, vont être un atout pour Kraiss. C’est bien le seul dont il dispose. Le rapport de force est particulièrement défavorable : quelques milliers de fantassins allemands, 20 canons et 6 blindés contre le V Corps américain ainsi qu’une partie des forces Britanniques du XXX Corps… Pendant plusieurs jours, le front entre Balleroy et Tilly ne résisterait pas à une attaque résolue. Il manque alors aux Américains la fougue d’un cavalier comme Patton… Certes, le 13 juin, la Big Red One est enfin à Caumont, la plus grande poussée vers l’intérieur des forces alliées en Normandie, mais c’est avec cinq jours de retard sur les plans : comme devant Caen, trop de temps et d’énergie est consacré à la consolidation de tête de pont et au nettoyage des poches de résistance encore actives. Le service de renseignement allié semble incompétent, alors même que son aviation domine le champ de bataille… Quid aussi de la supériorité numérique et matérielle des Alliés ?
13 juin-20 juillet. De Perch à Goodwood : Montgomery n’exploite pas ses succès
Le 13 juin, les Britanniques sont sur le point de réaliser une manœuvre d’enveloppement remarquable via Villers-Bocage : la Panzer Lehr est en danger de destruction. Las, l’intervention bien connue des Tiger de Wittmann compromet l’offensive qui se termine en fiasco… Mais que serait-il advenu de Wittmann et de ses Tiger s’ils avaient dû affronter les 200 chars de la 22th Armoured Brigade et non les quelques dizaines d’engins de l’avant-garde ? Il s’en est fallu de davantage de sens de l’urgence et de l’audace des Britanniques, ainsi que de plus de professionnalisme si on songe à l’impéritie de stopper une colonne en rase campagne et de faire une pause comme à l’exercice, et ce sans la moindre sécurité. L’aviation tactique n’aurait-elle pas pu se montrer plus active ? En forçant une Panzer Lehr sérieusement amoindrie au repli, la configuration de la tête de pont, gagnant en profondeur et permettant le contrôle de positions clés qu’il sera coûteux de conquérir, aurait été à l’avantage des Britanniques.
Parmi ces offensives coûteuses qui ne débouchent pas sur un résultat aussi tangible qu’espéré, la troisième attaque de Montgomery sur Caen : l’opération Epsom, déclenchée le 26 juin. Les Britanniques attaquent à six contre un. Pourtant, même si une attaque de diversion et préparatoire a lieu sur Rauray, la doctrine britannique préconise un secteur d’attaque étroit, en l’occurrence celui de la 15th Scottish Division. La défense énergique de la Hitlerjugend permet de gagner le temps nécessaire à la montée en ligne des renforts. Fanatiques, les jeunes allemands ne se rendent pas et luttent jusqu’au bout. Nonobstant, l’Odon est atteinte et franchie. La 11th Amoured Division entre alors dans la danse mais seuls quelques éléments parviennent au sommet de la cote 112. Celle-ci offre un point de vue remarquable sur tout l’arrière du front allemand, notamment le long de la vallée de l’Orne. Un excellent tremplin vers le sud et vers l’ouest, au-delà de l’Orne et vers la plaine de Caen-Falaise ! Avec un peu plus d’audace, les Britanniques pourraient réaliser la percée : mais ils se contentent de mettre en défendre la crête. Aucune unité n’est alors en mesure d’exploiter plus en avant. Au même moment, une autre opportunité de percée, cette fois-ci sur le flanc de la Panzer Lehr, est manquée… Dempsey et Montgomery ont failli à changer la donne de la campagne.
18-22 juin. Pas de poussée vers le sud pour le VIII Corps américain.
Il serait bien hasardeux de découvrir des opportunités manquées par les Américains devant Cherbourg et Saint-Lô. Si l’ennemi manque de moyens, il sait remarquablement user de ce dont il dispose, et, pour les GI’s, il faut découvrir la guerre des haies… En revanche, le 19 juin, au moment même où la coupure du Cotentin est effective et que le VII Corps se lance immédiatement à l’assaut de Cherbourg, les Américains manquent une belle occasion. Sur le front sis au sud de la percée américaine en direction de Portbail/Carteret, on ne dénombre en première ligne que 3 500 Allemands désorganisés dans la zone de La Haye-du-Puits et au-delà. . La chance sourit à Dollmann, le Kommandeur de la 7. Armee, et à Choltitz, celui du LXXXIV AK. Après le V Corps devant Balleroy et Caumont, les Américains manquent l’occasion d’opérer une avancée en profondeur, voire une rupture du front allemand. Les ressources de la 1st US Army -limitées en raison de la tempête qui se déchaîne dans la Manche- sont en effet allouées en priorité vers Cherbourg, et non en direction de Lessay, Saint-Lô ou Caumont. Si la logistique allemande ne pâtit pas de cette tempête, le flanc gauche de la 7. Armee en Normandie n’est pas en bonne posture pour autant. En effet, les GIs auraient pu tirer profit de la faiblesse du front et s’assurer de positions qui vont coûter de lourdes pertes à la 1st US Army quinze jours plus tard, notamment le mont Castre. Rommel met à profit ce répit inespéré pour étoffer le dispositif en faisant monter en ligne des renforts venus de Bretagne : le 22 juin, ce sont donc désormais 12 divisions allemandes (LXXXIV. Korps et II. Fallschirm-Korps) qui font face à la 1st US Army sur un front s’étirant sur 80 kilomètres. A décharge des Américains, si la 90th ID n’avait pas été aussi médiocre lors de son entrée en lice, Bradley n’aurait pas eu besoin d’engager la 9th ID pour couper la péninsule. Mieux : il n’aurait pas eu à l’engager sur Cherbourg. Notons au passage qu’il a fallu aux Américains consacrer pas moins de trois divisions avec leurs nombreuses unités rattachées et un soutien aérien massif pour réduire une Festung dont on se gausse bien rapidement des unités qui la composent. Encore une fois, nonobstant l’urgence de s’emparer de la rade de Cherbourg, une poussée –voire une percée ?- du VIII Corps de Middleton vers le sud était du domaine du possible.
31 juillet-1er août . Bluecoat ou l’impossible redite de Cobra
L’opération Bluecoat est apparemment celle au cours de laquelle les Britanniques saisissent enfin les opportunités qui s’offrent à eux. En effet, le 31 juillet, l’incroyable survient : une unité de reconnaissance, le 2nd Household Cavalry, découvre un pont intact sur la Souleuvre. L’ouvrage d’art est intact et non défendu car les 3. FJD et 326. ID croient toutes deux que le pont se situe dans le secteur de l’autre ! Le General Roberts saisit l’occasion au vol et fait franchir l’ouvrage par sa 11th Arm. Div. qui s’empare de Bény-Bocage le 1er août. Malheureusement, cette initiative si peu caractéristique des Britanniques n’est pas pleinement exploitée. Une brèche de 10 km s’ouvre pourtant entre la 7. Armee, aux abois après la percée américaine de Cobra, et la 5. Panzerarmee qui affronte les Anglo-Canadiens. L’avance atteint 12 km de profondeur. Pourtant, l’offensive est aussi le cadre d’une belle occasion manquée : alors que Vire est mûre pour tomber entre les mains des Britanniques dès le 1er août – des éléments du 2nd Household Cavalry poussent jusqu’à la ville avant de rebrousser chemin-, il faut attendre huit jours pour que la ville tombe. La faute incombe à une délimitation malheureuse des secteurs dévolus aux armées américaine et britannique : Vire doit être prise par les Américains… La faute en incombe à Montgomery, qui n’ordonne pas à Dempsey de s’emparer d’un objectif majeur prêt à tomber entre ses mains… Pour la Guards Armoured Division et la 11th Armoured Division, il n’y a donc pas de réédition de l’exploitation incroyable des 2nd et 3rd Armored Divisions, qui se sont enfoncées en profondeur lors de la rupture initiale du front allemand le 26 juillet, accélérant la percée. Pis, les Alliés ont manqué l’occasion de bloquer tout repli de la 7. Armee malmenée par Cobra : prise à revers et avec le verrou de Vire entre les mains des Alliés, un nouveau désastre se serait abattu sur l’aile gauche allemande.
Pour la 2nd British Army, passé l’incroyable « coup » du pont sur la Souleuvre, l’incroyable conquête du Mont-Pinçon, (à la faveur d’un véritable coup de main audacieux mené par un groupe de blindés) , l’avance est mesurée et ne donne lieu à aucun coup d’éclat des divisions blindées dont les unités sont victimes à répétition des embuscades tendues par les Allemands. La progression ne se réalise par ailleurs qu’à la faveur d’une débauche d’artillerie et d’un soutien aérien conséquent, deux appuis décisifs qui ont brisé toutes les contre-attaques allemandes.
13-19 août. L’occasion manquée à Argentan et Falaise
Avec les Panzer concentrés sur le flanc gauche du front allemand pour la contre-offensive de Mortain, et grâce à l’avancée de la 3rd Army de Patton, les Alliés peuvent envisager d’encercler les forces ennemies. Montgomery estime que les Allemands vont s’accrocher à Alençon, leur base arrière, et propose donc qu’Argentan soit libérée par les Canadiens.
Leclerc libère Alençon le 12 août au moment même où la 5th Armored Division s’empare de Sées. La route d’Argentan semble ouverte. Mais Leclerc fait perdre 6 heures précieuses à la 5th Armored Division que les Allemands mettent à profit pour fortifier Argentan. Tandis que Patton donne son accord pour une avance sur Falaise, Argentan résiste. C’est alors que, le 13 août, « Blood and Guts » Patton reçoit un ordre aux conséquences gravissimes sur le reste de la campagne : il doit stopper son avance.
Bradley craint aussi que les forces américaines, trop étirées, soient bousculées par les troupes allemandes en retraite. Un argument qui est sans doute retenu par Montgomery : depuis Kasserine, l’Anglais sous-estime les capacités de l’armée américaine. Monty permet toutefois aux Américains d’ignorer la limite assignée entre les deux groupes d’armées, ce qui permet en théorie à ces derniers de pousser en direction de Falaise. Pourtant, on ne peut raisonnablement pas imaginer que les forces initialement engagées par les Américains dans cette manœuvre d’encerclement auraient été bousculées. En effet, un certain nombre d’unités de renforts, par ailleurs largement soutenues par l’aviation, auraient eu le temps de parvenir en ligne en soutien avant que les premiers contingents qui auraient bouclé la poche ne soient submergés.
Lorsque, trois jours plus tard, le 16 août, Bradley ordonne cependant d’attaquer en direction de Trun, le passage de commandement dans le secteur entre la Patton et la 1st Army provoque des délais. Une aubaine pour les Allemands qui gagnent ainsi 24 heures pour se replier hors du « chaudron » de Falaise. Quelques jours plus tard, c’est avec amertume que Patton écrit à sa femme : « La famille [il parle des Canadiens] a pris Falaise… J’aurais pu m’en emparer il y a une semaine mais la modestie via le destin m’a fait arrêter ».
Quel est le résultat ? Le 22 août au matin la bataille de la poche de Falaise est finie. Au lieu d’enfermer 100 000 encerclés, dont les pertes se montent à 60 000 hommes, ce sont plus de 150 000 hommes qui se seraient retrouvés dans le Kessel et tous auraient été perdus, faute de disposer d’unités de Panzer pour venir les secourir pour ouvrir une brèche (les 30 000 hommes évacués de la Hitlerjugend, Das Reich et de la Hohenstaufen auraient été pris dans la nasse) … Le sort du front de l’Ouest aurait été scellé…
19-29 août. Dernière opportunité manquée sur la Seine
Le devenir du front de l’Ouest et, partant, la suite du conflit, se joue également sur la Seine. Le 19 août, Patton se rend de nouveau au QG de Bradley qui sort d’un entretien avec Montgomery et Eisenhower. Il découvre un nouveau plan, en fait une manœuvre qui s’accorde avec le projet d’un grand encerclement sur la Seine auquel il songe lui-même depuis le début du mois. Patton fait traverser la Seine dans la nuit même par un régiment de la 79th ID, la première unité alliée à le faire. Mais l’Américain, loin de se concentrer sur ce front, porte aussi son regard vers l’Est : il lance le XX Corps sur Melun et Montereau et le XII sur Sens. De plus, Bradley refuse de céder la 6th Armored Division, bien inutile en Bretagne, prétextant le risque (tout à fait improbable) d’une contre-attaque allemande depuis la Loire. Bref, la possibilité d’effectuer un repli à travers la Seine reste possible pour les Allemands.
Pendant ce temps, les combats se poursuivent dans la poche de Falaise tandis que les Britanniques piétinent dans le Pays d’Auge où les 711., 346. et 272. ID entament leur repli vers la Dives, la Touques et la Risle, dans le Pays d’Auge, après plus de deux mois de guerre de position. Ces divisions allemandes, apparemment de second ordre, s’acquittent admirablement de leur tâche et ne sont ni détruites ni capturées… Lorsqu’un bataillon de la 711. ID -qui n’a pas encore connu le feu !- est bousculé : le front de la division est enfoncé mais les Britanniques n’exploitent pas leur succès qui aurait condamné une partie non négligeable de la 711. ID à la destruction avant le franchissement de la Seine .
L’incroyable se produit : numériquement surclassés, sans soutien aérien digne de ce nom : des Kamfgruppen et des unités fraîches de la 15. Armee tiennent partout. Le 25 août, alors que Paris acclame ses libérateurs, Model, qui chapeaute à la fois l’OB West et le Heeresgruppe B, ordonne à toutes les unités de franchir la Seine. Les arrière-gardes allemandes s’acquittent avec brio de leur mission en contenant l’avance alliée. L’armée allemande réussit en conséquence l’exploit de faire traverser la Seine à 240 000 hommes et 39 000 véhicules jusqu’au 30 août, mais seulement à peine plus d’une centaine de Panzer opérationnels (peut-être 150). Les Alliés ont manqué l’opportunité d’obtenir une victoire totale et définitive.
Conclusion :
Dès les premiers jours de juin, les Alliés ont manqué à plusieurs reprises de saisir des opportunités qui auraient pu infléchir le cours de la campagne de façon dramatique pour les Allemands, voire même de l’abréger. Il s’en est aussi fallu de peu que la grande victoire de Normandie ne résulte en une bataille d’anéantissement total de la Westheer, ce qui aurait eu pour corollaire de raccourcir la guerre de six mois. En définitive, le professionnalisme de la Wehrmacht et les erreurs et le manque d’allant des Alliés ont largement contribué à accroître l’inévitable « brouillard de la guerre ».
Introduction
La bataille de Normandie est un immense succès pour la coalition anglo-américaine. Le bilan du Kessel de Falaise et les pertes essuyées par la Panzerwaffe en font foi. Mais la question se pose de savoir si cette brillante victoire ne dissimule pas des opportunités qui, si elles avaient été saisies, auraient bouleversé le déroulement de la campagne.
6 juin. Caen : un échec majeur évitable
La première de ces occasions que laisse échapper Montgomery est la prise de Caen le soir même du Jour J. Las, divers obstacles font échec au plan. Les attaques lancées par le Kampfgruppe Luck de la 21. Panzer-Division contre la tête de pont aéroportée de la 6th Airborne ont obligé d’ailleurs le général Crocker, le commandant du I Corps, à envoyer une brigade en soutien, de même que des tanks, en sus des Commandos.
L’échec subi devant Caen est à mettre avant tout au crédit des défenseurs de l’Atlantikwall. La remarquable défense menée par les soldats tenant le WN 17 -le site « Hillman » pour les Alliés- , PC de l’Oberst Ludwig Krug, le commandant du Grenadier-Regiment 736, tient un rôle essentiel. La position fortifiée, qui jouit d’un panorama exceptionnel, devait être neutralisée à 13 heures par le 1st Suffolk, mais les Allemands s’accrochent, puisque ce n’est n’est finalement qu’à 22 heures que la position est prise. Il est alors trop tard pour s’emparer de Caen. Enfin, le dernier élément décisif en faveur des Allemands tient au déploiement d’éléments de la 21. Panzer-Division du General Feuchtinger au nord de Caen, à commencer par ses puissants antichars Pak 43 ainsi que des Panzergrenadiere. 17 canons automoteurs de la Sturmgeschütze-Abteilung 200 du Major Becker sont également en lice près d’Epron.
Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pourtant pour les Anglais jusqu’en début d’après-midi : le front n’est tenu que par quelques faibles éléments, d’autant plus qu’une partie de la 21. Panzer-Division est engagée contre les parachutistes, tandis qu’une partie de ses moyens antichars affronte les Canadiens. Il aurait fallu que les troupes débarquées soient plus déterminées à aller de l’avant plutôt que de consolider leurs positions ou de tergiverser. Quant aux rares unités envoyées en pointe, elles manquent singulièrement d’allant. En effet, plutôt que de lancer les fantassins du 1st South Lancashire et les Sherman du 13/18th Hussars dans une attaque déterminée, le Brigadier Cass, le commandant de la 8th Brigade, préfère temporiser et attendre les renforts de la 185th Brigade. Quand ces derniers arrivent avec de nouveaux blindés, il est trop tard. La prise de Caen dès le Jour J aurait offert un plus vaste espace de manœuvre à la 2nd British Army et conféré un autre aspect à la campagne avec une bataille menée sur la plaine Caen-Falaise dès les premiers jours…
7-13 juin. Le « trou » entre la Pointe-du-Hoc et Bayeux
Dès le soir du 6 juin, la faiblesse du dispositif défensif devant le secteur Caen/Bayeux et celui de la zone Carentan/Isigny est source d’inquiétude pour les Allemands, tandis que la 21. Panzer est elle-même étalée sur un large front au nord de Caen où nombre de ses unités sont contraintes d’assurer la défense du secteur. Si les Anglais manquent une opportunité devant Caen, l’opportunité manquée par les Américains est encore plus incroyable. Le front allemand est pour ainsi dire un gouffre béant à l’ouest de Bayeux, en direction de Caumont, face au débarquement américain sur Omaha Beach. Le 7 juin, le front de la 352. ID s’étire sur une cinquantaine de kilomètres. Contrainte de passer sur la défensive dans l’attente de l’arrivée d’hypothétiques renforts, la division de Kraiss fait montre d’une capacité de résilience peu commune. Quelques troupes de l’échelon arrière renforcées par une poignée d’égarés sont ainsi en mesure de retarder l’avance des Américains suffisamment longtemps pour permettre l’évacuation des dépôts de ravitaillement de la division à La Forêt sans devoir procéder à la moindre destruction ni à l’abandon de matériel. Certains villages (comme Saint-Jean-de-Savigny) sont âprement disputés et donnent lieu à de terribles combats de rues. Le manque d’expérience des GI’s et le fait que le bataillon de transmission de la 352.ID soit en mesure d’écouter les messages radio américains tout en assurant les transmissions au sein de son unité, vont être un atout pour Kraiss. C’est bien le seul dont il dispose. Le rapport de force est particulièrement défavorable : quelques milliers de fantassins allemands, 20 canons et 6 blindés contre le V Corps américain ainsi qu’une partie des forces Britanniques du XXX Corps… Pendant plusieurs jours, le front entre Balleroy et Tilly ne résisterait pas à une attaque résolue. Il manque alors aux Américains la fougue d’un cavalier comme Patton… Certes, le 13 juin, la Big Red One est enfin à Caumont, la plus grande poussée vers l’intérieur des forces alliées en Normandie, mais c’est avec cinq jours de retard sur les plans : comme devant Caen, trop de temps et d’énergie est consacré à la consolidation de tête de pont et au nettoyage des poches de résistance encore actives. Le service de renseignement allié semble incompétent, alors même que son aviation domine le champ de bataille… Quid aussi de la supériorité numérique et matérielle des Alliés ?
13 juin-20 juillet. De Perch à Goodwood : Montgomery n’exploite pas ses succès
Le 13 juin, les Britanniques sont sur le point de réaliser une manœuvre d’enveloppement remarquable via Villers-Bocage : la Panzer Lehr est en danger de destruction. Las, l’intervention bien connue des Tiger de Wittmann compromet l’offensive qui se termine en fiasco… Mais que serait-il advenu de Wittmann et de ses Tiger s’ils avaient dû affronter les 200 chars de la 22th Armoured Brigade et non les quelques dizaines d’engins de l’avant-garde ? Il s’en est fallu de davantage de sens de l’urgence et de l’audace des Britanniques, ainsi que de plus de professionnalisme si on songe à l’impéritie de stopper une colonne en rase campagne et de faire une pause comme à l’exercice, et ce sans la moindre sécurité. L’aviation tactique n’aurait-elle pas pu se montrer plus active ? En forçant une Panzer Lehr sérieusement amoindrie au repli, la configuration de la tête de pont, gagnant en profondeur et permettant le contrôle de positions clés qu’il sera coûteux de conquérir, aurait été à l’avantage des Britanniques.
Parmi ces offensives coûteuses qui ne débouchent pas sur un résultat aussi tangible qu’espéré, la troisième attaque de Montgomery sur Caen : l’opération Epsom, déclenchée le 26 juin. Les Britanniques attaquent à six contre un. Pourtant, même si une attaque de diversion et préparatoire a lieu sur Rauray, la doctrine britannique préconise un secteur d’attaque étroit, en l’occurrence celui de la 15th Scottish Division. La défense énergique de la Hitlerjugend permet de gagner le temps nécessaire à la montée en ligne des renforts. Fanatiques, les jeunes allemands ne se rendent pas et luttent jusqu’au bout. Nonobstant, l’Odon est atteinte et franchie. La 11th Amoured Division entre alors dans la danse mais seuls quelques éléments parviennent au sommet de la cote 112. Celle-ci offre un point de vue remarquable sur tout l’arrière du front allemand, notamment le long de la vallée de l’Orne. Un excellent tremplin vers le sud et vers l’ouest, au-delà de l’Orne et vers la plaine de Caen-Falaise ! Avec un peu plus d’audace, les Britanniques pourraient réaliser la percée : mais ils se contentent de mettre en défendre la crête. Aucune unité n’est alors en mesure d’exploiter plus en avant. Au même moment, une autre opportunité de percée, cette fois-ci sur le flanc de la Panzer Lehr, est manquée… Dempsey et Montgomery ont failli à changer la donne de la campagne.
18-22 juin. Pas de poussée vers le sud pour le VIII Corps américain.
Il serait bien hasardeux de découvrir des opportunités manquées par les Américains devant Cherbourg et Saint-Lô. Si l’ennemi manque de moyens, il sait remarquablement user de ce dont il dispose, et, pour les GI’s, il faut découvrir la guerre des haies… En revanche, le 19 juin, au moment même où la coupure du Cotentin est effective et que le VII Corps se lance immédiatement à l’assaut de Cherbourg, les Américains manquent une belle occasion. Sur le front sis au sud de la percée américaine en direction de Portbail/Carteret, on ne dénombre en première ligne que 3 500 Allemands désorganisés dans la zone de La Haye-du-Puits et au-delà. . La chance sourit à Dollmann, le Kommandeur de la 7. Armee, et à Choltitz, celui du LXXXIV AK. Après le V Corps devant Balleroy et Caumont, les Américains manquent l’occasion d’opérer une avancée en profondeur, voire une rupture du front allemand. Les ressources de la 1st US Army -limitées en raison de la tempête qui se déchaîne dans la Manche- sont en effet allouées en priorité vers Cherbourg, et non en direction de Lessay, Saint-Lô ou Caumont. Si la logistique allemande ne pâtit pas de cette tempête, le flanc gauche de la 7. Armee en Normandie n’est pas en bonne posture pour autant. En effet, les GIs auraient pu tirer profit de la faiblesse du front et s’assurer de positions qui vont coûter de lourdes pertes à la 1st US Army quinze jours plus tard, notamment le mont Castre. Rommel met à profit ce répit inespéré pour étoffer le dispositif en faisant monter en ligne des renforts venus de Bretagne : le 22 juin, ce sont donc désormais 12 divisions allemandes (LXXXIV. Korps et II. Fallschirm-Korps) qui font face à la 1st US Army sur un front s’étirant sur 80 kilomètres. A décharge des Américains, si la 90th ID n’avait pas été aussi médiocre lors de son entrée en lice, Bradley n’aurait pas eu besoin d’engager la 9th ID pour couper la péninsule. Mieux : il n’aurait pas eu à l’engager sur Cherbourg. Notons au passage qu’il a fallu aux Américains consacrer pas moins de trois divisions avec leurs nombreuses unités rattachées et un soutien aérien massif pour réduire une Festung dont on se gausse bien rapidement des unités qui la composent. Encore une fois, nonobstant l’urgence de s’emparer de la rade de Cherbourg, une poussée –voire une percée ?- du VIII Corps de Middleton vers le sud était du domaine du possible.
31 juillet-1er août . Bluecoat ou l’impossible redite de Cobra
L’opération Bluecoat est apparemment celle au cours de laquelle les Britanniques saisissent enfin les opportunités qui s’offrent à eux. En effet, le 31 juillet, l’incroyable survient : une unité de reconnaissance, le 2nd Household Cavalry, découvre un pont intact sur la Souleuvre. L’ouvrage d’art est intact et non défendu car les 3. FJD et 326. ID croient toutes deux que le pont se situe dans le secteur de l’autre ! Le General Roberts saisit l’occasion au vol et fait franchir l’ouvrage par sa 11th Arm. Div. qui s’empare de Bény-Bocage le 1er août. Malheureusement, cette initiative si peu caractéristique des Britanniques n’est pas pleinement exploitée. Une brèche de 10 km s’ouvre pourtant entre la 7. Armee, aux abois après la percée américaine de Cobra, et la 5. Panzerarmee qui affronte les Anglo-Canadiens. L’avance atteint 12 km de profondeur. Pourtant, l’offensive est aussi le cadre d’une belle occasion manquée : alors que Vire est mûre pour tomber entre les mains des Britanniques dès le 1er août – des éléments du 2nd Household Cavalry poussent jusqu’à la ville avant de rebrousser chemin-, il faut attendre huit jours pour que la ville tombe. La faute incombe à une délimitation malheureuse des secteurs dévolus aux armées américaine et britannique : Vire doit être prise par les Américains… La faute en incombe à Montgomery, qui n’ordonne pas à Dempsey de s’emparer d’un objectif majeur prêt à tomber entre ses mains… Pour la Guards Armoured Division et la 11th Armoured Division, il n’y a donc pas de réédition de l’exploitation incroyable des 2nd et 3rd Armored Divisions, qui se sont enfoncées en profondeur lors de la rupture initiale du front allemand le 26 juillet, accélérant la percée. Pis, les Alliés ont manqué l’occasion de bloquer tout repli de la 7. Armee malmenée par Cobra : prise à revers et avec le verrou de Vire entre les mains des Alliés, un nouveau désastre se serait abattu sur l’aile gauche allemande.
Pour la 2nd British Army, passé l’incroyable « coup » du pont sur la Souleuvre, l’incroyable conquête du Mont-Pinçon, (à la faveur d’un véritable coup de main audacieux mené par un groupe de blindés) , l’avance est mesurée et ne donne lieu à aucun coup d’éclat des divisions blindées dont les unités sont victimes à répétition des embuscades tendues par les Allemands. La progression ne se réalise par ailleurs qu’à la faveur d’une débauche d’artillerie et d’un soutien aérien conséquent, deux appuis décisifs qui ont brisé toutes les contre-attaques allemandes.
13-19 août. L’occasion manquée à Argentan et Falaise
Avec les Panzer concentrés sur le flanc gauche du front allemand pour la contre-offensive de Mortain, et grâce à l’avancée de la 3rd Army de Patton, les Alliés peuvent envisager d’encercler les forces ennemies. Montgomery estime que les Allemands vont s’accrocher à Alençon, leur base arrière, et propose donc qu’Argentan soit libérée par les Canadiens.
Leclerc libère Alençon le 12 août au moment même où la 5th Armored Division s’empare de Sées. La route d’Argentan semble ouverte. Mais Leclerc fait perdre 6 heures précieuses à la 5th Armored Division que les Allemands mettent à profit pour fortifier Argentan. Tandis que Patton donne son accord pour une avance sur Falaise, Argentan résiste. C’est alors que, le 13 août, « Blood and Guts » Patton reçoit un ordre aux conséquences gravissimes sur le reste de la campagne : il doit stopper son avance.
Bradley craint aussi que les forces américaines, trop étirées, soient bousculées par les troupes allemandes en retraite. Un argument qui est sans doute retenu par Montgomery : depuis Kasserine, l’Anglais sous-estime les capacités de l’armée américaine. Monty permet toutefois aux Américains d’ignorer la limite assignée entre les deux groupes d’armées, ce qui permet en théorie à ces derniers de pousser en direction de Falaise. Pourtant, on ne peut raisonnablement pas imaginer que les forces initialement engagées par les Américains dans cette manœuvre d’encerclement auraient été bousculées. En effet, un certain nombre d’unités de renforts, par ailleurs largement soutenues par l’aviation, auraient eu le temps de parvenir en ligne en soutien avant que les premiers contingents qui auraient bouclé la poche ne soient submergés.
Lorsque, trois jours plus tard, le 16 août, Bradley ordonne cependant d’attaquer en direction de Trun, le passage de commandement dans le secteur entre la Patton et la 1st Army provoque des délais. Une aubaine pour les Allemands qui gagnent ainsi 24 heures pour se replier hors du « chaudron » de Falaise. Quelques jours plus tard, c’est avec amertume que Patton écrit à sa femme : « La famille [il parle des Canadiens] a pris Falaise… J’aurais pu m’en emparer il y a une semaine mais la modestie via le destin m’a fait arrêter ».
Quel est le résultat ? Le 22 août au matin la bataille de la poche de Falaise est finie. Au lieu d’enfermer 100 000 encerclés, dont les pertes se montent à 60 000 hommes, ce sont plus de 150 000 hommes qui se seraient retrouvés dans le Kessel et tous auraient été perdus, faute de disposer d’unités de Panzer pour venir les secourir pour ouvrir une brèche (les 30 000 hommes évacués de la Hitlerjugend, Das Reich et de la Hohenstaufen auraient été pris dans la nasse) … Le sort du front de l’Ouest aurait été scellé…
19-29 août. Dernière opportunité manquée sur la Seine
Le devenir du front de l’Ouest et, partant, la suite du conflit, se joue également sur la Seine. Le 19 août, Patton se rend de nouveau au QG de Bradley qui sort d’un entretien avec Montgomery et Eisenhower. Il découvre un nouveau plan, en fait une manœuvre qui s’accorde avec le projet d’un grand encerclement sur la Seine auquel il songe lui-même depuis le début du mois. Patton fait traverser la Seine dans la nuit même par un régiment de la 79th ID, la première unité alliée à le faire. Mais l’Américain, loin de se concentrer sur ce front, porte aussi son regard vers l’Est : il lance le XX Corps sur Melun et Montereau et le XII sur Sens. De plus, Bradley refuse de céder la 6th Armored Division, bien inutile en Bretagne, prétextant le risque (tout à fait improbable) d’une contre-attaque allemande depuis la Loire. Bref, la possibilité d’effectuer un repli à travers la Seine reste possible pour les Allemands.
Pendant ce temps, les combats se poursuivent dans la poche de Falaise tandis que les Britanniques piétinent dans le Pays d’Auge où les 711., 346. et 272. ID entament leur repli vers la Dives, la Touques et la Risle, dans le Pays d’Auge, après plus de deux mois de guerre de position. Ces divisions allemandes, apparemment de second ordre, s’acquittent admirablement de leur tâche et ne sont ni détruites ni capturées… Lorsqu’un bataillon de la 711. ID -qui n’a pas encore connu le feu !- est bousculé : le front de la division est enfoncé mais les Britanniques n’exploitent pas leur succès qui aurait condamné une partie non négligeable de la 711. ID à la destruction avant le franchissement de la Seine .
L’incroyable se produit : numériquement surclassés, sans soutien aérien digne de ce nom : des Kamfgruppen et des unités fraîches de la 15. Armee tiennent partout. Le 25 août, alors que Paris acclame ses libérateurs, Model, qui chapeaute à la fois l’OB West et le Heeresgruppe B, ordonne à toutes les unités de franchir la Seine. Les arrière-gardes allemandes s’acquittent avec brio de leur mission en contenant l’avance alliée. L’armée allemande réussit en conséquence l’exploit de faire traverser la Seine à 240 000 hommes et 39 000 véhicules jusqu’au 30 août, mais seulement à peine plus d’une centaine de Panzer opérationnels (peut-être 150). Les Alliés ont manqué l’opportunité d’obtenir une victoire totale et définitive.
Conclusion :
Dès les premiers jours de juin, les Alliés ont manqué à plusieurs reprises de saisir des opportunités qui auraient pu infléchir le cours de la campagne de façon dramatique pour les Allemands, voire même de l’abréger. Il s’en est aussi fallu de peu que la grande victoire de Normandie ne résulte en une bataille d’anéantissement total de la Westheer, ce qui aurait eu pour corollaire de raccourcir la guerre de six mois. En définitive, le professionnalisme de la Wehrmacht et les erreurs et le manque d’allant des Alliés ont largement contribué à accroître l’inévitable « brouillard de la guerre ».
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