Seconde Guerre Mondiale WWII

LE COMMANDEMENT ALLEMAND ET ALLIE PENDANT LA CAMPAGNE 

Un essai de comparaison entre deux systèmes de commandement

La continuité dans le commandement 

            Si les commandants de groupes d’armées et d’armées alliés sont restés en poste pendant toute la durée de la bataille (ils le seront d’ailleurs jusqu’à la victoire), si ce n’est qu’Hodges succède à Omar Bradley à la 1st US Arly lorsque ce dernier assume le commandement du 12th US Army Group, force est de constater qu’il en va tout autrement dans le camp adverse. Trois chefs pour l’OB West : Rundstedt, Kluge, Model ; trois chefs pour le Heeresgruppe B : Rommel, Kluge, Model ; quatre chefs pour la 7. Armee : Dollmann, Hausser, Funck, Eberbach; trois chefs pour le Panzergruppe West/5. Panzerarmee : Geyr von Schweppenburg, Eberbach, Dietrich. Ce sujet soulève une question : qui a recours au limogeage ? Au niveau du corps et de la division, les changements qui s’opèrent chez les Allemands sont presque toujours liés à des pertes au combat (mis à part Fahrmbacher, le 18 juin, éphémère remplaçant de Marcks au LXXXIV Korps), tandis que dans la camp allié, on n’hésite pas à relever des officiers de leur fonction (Bucknall au XXX British Corps, Landrum puis à la 90th US ID, Erskine à la 7th Armoured Division, à la 51st Highland, etc). 

Différends entre généraux 

On imagine volontiers que l’opposition intestine entre généraux d’un camp est la caractéristique des armées alliées, notamment la rivalité Patton/Montgomery, en fait plutôt l’aversion de tous les généraux américains pour le vainqueur d’El Alamein. Les tensions sont en fait multiples : Montgomery méprise le Canadien Crerar, qu’il n’a pu choisir ; les officiers de la RAF comme Tedder méprisent autant « Monty » que les Américains ; Montgomery n’apprécie que modérément O’Connor ; Bradley jalouse et se méfie de Patton ; Eisenhower et Bradley n’ont que faire de l’expérience acquise par Corlett dans le Pacifique… Dans le camp adverse, loin de l’idée de rigueur germanique qui peut leur être accolée, les principaux commandants allemands se heurtent sur le plan stratégique (Rommel face à Rundstedt/Geyr von Schweppenburg/Guderian quant à l’utilisation des unités de Panzer) ou personnel (Eberbach méprise Dietrich ; Funck est en opposition avec Schwerin…). 

Des chefs expérimentés et des novices 

            Si la majeure partie de la troupe est inexpérimentée chez les Alliés, ainsi qu’une forte proportion des soldats allemands qui leur font face, la situation est plus contrastée au niveau du commandement. Les campagnes menées en Méditerranée ont testé le haut-commandement allié. Quant aux Allemands, la plupart des cadres ont bénéficié de l’expérience des premières campagnes, mais aussi et surtout de l’Ostfront, ou de l’Afrique du Nord, voire, pour certains (comme Fritz Bayerlein, le Kommandeur de la Panzer Lehr), de l’ensemble de ces fronts. Certains font exception, et non des moindres : ainsi, le General Dollmann est à la tête de la 7. Armee depuis la campagne de 1940, au cours de laquelle il n’a guère brillé, n’ayant ensuite connu que quatre années d’occupation en France… L’expérience acquise est parfois trompeuse, à tout le moins non adaptée : ainsi, la plupart des généraux allemands qui ont fait leurs armes à l’Est ne perçoivent pas combien la maîtrise absolue du ciel par les Alliés change radicalement la donne, au grand dam d’Erwin Rommel qui a subit cette écrasante domination en Afrique. 

Certes, l’expérience acquise procure bien entendu des réflexes salvateurs lorsqu’on se trouve sous le feu de l’ennemi. On saura aussi fortifier en profondeur les villages de la plaine de Caen transformés en hérissons défensifs à l’instar des tactiques mis en oeuvre en Russie. On pourra certes exclure Rommel de ce constat affligeant: il n’a eu de cesse de répéter l’importance qu’aura l’aviation alliée sur le cours de la bataille (que certains auteurs, à l’encontre de tout bon sens, essaient de minimiser). L’expérience issue de plusieurs années de guerre face aux Alliés occidentaux  n’a pas été transmise avec efficacité, faute d’avoir pu convaincre des généraux issus de front de l’Est, habitués aux grandes manoeuvres d’unités mobiles dans des espaces ouverts et qui, de surcroît, ont surtout retenu, de la guerre en Méditerranée, l’impact de l’artillerie navale alliée sur le cours des événements au moment des débarquements. Or, si l’importance de celle-ci ne saurait être négligée, elle est loin d’avoir été le facteur déterminant et unique expliquant la réussite de “Husky”, “Avalanche” et “Shingle”. On est en droit également de se demander si les Américains ne sont pas sous-estimés. Les Allemands, ayant compris l’importance de Caen, ne sont sans doute pas surpris de constater que ce secteur si crucial est dévolu aux Britanniques, jugés plus expérimentés et plus combattifs bien qu’en Afrique Rommel ait constaté la qualité du matériel américain et sa disponibilité en quantité. Après Kasserine, sa demi-victoire obtenue en Tunisie, il avait également prédit que les GI’s apprendront vite.  

De l’autre côté de la colline, la situation est à l’avenant. Bien des généraux des Home Forces n’ont pas connu le combat depuis 1940, voire ne l’ont pas connu mis à part des missions de maintien de l’ordre dans l’empire avant guerre. La guerre en Méditerranée, particulièrement dans le désert, a fourni une indéniable expérience, mais le plus souvent non applicable dans les nouvelles conditions de combat en Normandie. Quant aux Américains, seuls une poignée ont connu l’expérience de la guerre en Méditerranée, en Tunisie, en Sicile et en Italie, mais ils en ont retiré une expérience et un enseignement beaucoup plus profitables que chez les Britanniques. Ces campagnes en Méditerranée ont aussi permis d’écarter les incompétents notoires comme Fredendall, le grand vaincu de Kasserine. Quant aux interventions des Américains Collins et Corlett dans le Pacifique, elles ne sont d’aucun intérêt pour la Normandie, ce qu’Eisenhower et Bradley ont compris lors de la phase préparatoire au D-Day.  

Les différences d’approches sur le plan de la doctrine et les variations d’expérience et des leçons qui en sont tirées impliquent de forts contrastes dans la façon de commander. Les généraux allemands, par ailleurs soumis à la constante menace de l’aviation ennemie donnent souvent davantage de leur personne, une manière de procéder qui peut mener à des pertes (Rommel, Marcks ou encore Stegmann de la 77. ID, entre autres, en seront pour leurs frais…). 

Les généraux d’armées, de corps et de divisions 

Schweppenburg est certes un bon commandant de blindés, on ne peut guère en douter, mais son expérience en Russie ne lui est que de peu d’utilité. Il se leurre complètement sur les possibilités des Anglo-Saxons. Il n’a, in fine, tenu qu’un rôle d’arrière-plan. Après son limogeage, il sera remplacé par Eberbach puis Dietrich. Si le premier est un authentique général de Panzer, le second est plus sujet à controverse. Les deux hommes sauront pourtant faire face aux forces anglo-canadiennes avant de relever le défi de sauver la 7. Armee de la destruction dans la poche de Falaise. Le SS Hausser, qui succède à Dollmann ne compte pas non plus au nombre des meilleurs commandants d’armée : il n’écoute pas Kluge qui aimerait qu’il dispose davantage d’unités de la Panzer Lehr en réserve et, pis, après le lancement de « Cobra », il donne l’ordre de percer hors de la poche de Roncey en direction de l’ouest ou du sud-ouest, ce qui ouvre un boulevard aux Américains en direction d’Avranches. Avranches constitue en revanche le premier grand succès du meilleur général d’armée du côté allié : George Patton, « patron » de la 3rd Army américaine, loin d’être timoré, hésitant et prudent comme les deux commandants successifs de la 1st Army, à savoir Bradley et Hodges. La Canadien Crerar, qui n’a pas la confiance de Montgomery, ne brille pas particulièrement. Quant à Miles Dempsey, qui préside aux destinées de la 2nd Army britannique, il reste dans l’ombre de Montgomery, même s’il ose suggérer des audaces comme l’idée de percer le front adverse dans le cadre de « Goodwood », sans pour autant s’en donner les moyens sur le plan tactique.  

            Dans chaque armée, le meilleur côtoie le pire. Chez les Américains, « Lighting » Joe Collins, le conquérant de Cherbourg et le maître d’oeuvre de « Cobra », semble être le meilleur, mais Middleton, Gerow et Corlett ne sont pas incompétents pour autant. Les chefs de corps britanniques, bridés par Montgomery, ne se distingue pas par le moindre fait d’armes. Bucknall sera limogé au pied levé au cours de l’opération « Bluecoat ». O’Connor, si brillant à la tête de la Western Desert Force, a repris du service sans avoir la possibilité de développer son talent. Quant à Ritchie, l’ancien commandant de la 8th Army jusqu’au désastre de Tobrouk, il reste à l’image de ce qu’il a été dans le désert : sans relief ni trait de génie. 

Marcks, Choltitz, Meindl, Dietrich, Funck, Bittrich, Obstfelder… les généraux de corps d’armée allemands en Normandie sont souvent des officiers de talent, vétérans de nombreuses campagnes, mais dont l’impact réel dans les opérations n’est pas toujours aisé à déterminer suite aux interventions provenant de la hiérarchie, mais aussi car, à l’inverse, une certaine latitude est laissée à leurs propres subordonnés, les chefs de divisions. Le manque de réserve et la puissance des forces alliées ont souvent obligé les chefs de corps à tenter de redresser une situation compromise malgré un manque crucial de moyens. Marcks ne semble pas avoir brillé le 6 juin. Mais l’envoi des réserves stratégique a tardé et il doit parer à de multiples menaces à la fois. S’il parvient à édifier un front solide dans le secteur Valognes/Montebourg en y dépêchant des réserves (dont des éléments de la 243. ID), trop peu de troupes sont envoyées rapidement à l’ouest du Merderet et, surtout, à Carentan tandis qu’une partie de la 243. ID reste à surveiller la côte ouest et nord. Autour de Caen, au même moment, Dietrich semble pusillanime lorsqu’il préconise de retarder la contre-offensive au cours des premières journées cruciales de la campagne. Hausser, l’autre chef de corps SS, dont nous avons évoqué le rôle en tant que chef d’armée, semble également manquer d’audace à son arrivée dans le secteur de l’Odon. La coordination de ses divisions n’a guère été assurée, mais, à sa décharge, il fait face à un adversaire nouveau (ce ne sont plus les Soviétiques), doté de moyens impressionnants. Certains chefs de corps se distinguent pourtant, ne serait-ce que par les combats qu’ils ont dû mener. C’est le cas d’Eugen Meindl, chef du II. Fallschirm-Korps, qui a eu la lourde charge de tenir Saint-Lô. 

            Au niveau divisionnaire, d’excellent généraux américains de la trempe de Huebner (qui a eu la lourde tâche de succéder à Terry de la Mesa Allen à la 1st ID) Gerhardt (de la 29th ID), de Gavin (de la 82nd Airborne après Ridgway) ou encore de  Wood (de la 4th Arm Div), côtoient des médiocres comme MacKelvie et Landrum (de la 90th ID,  ce dernier étant surnommé « Oral Null » par ses hommes…). Même constat chez les Britanniques, quoique les « bons » semblent peu nombreux : Gale (6th Airborne) et Roberts (11th Arm Div) et se détachent du lot. Mais que dire de Rennie (3rd ID), Erskine (7th Arm Div, relevé de son commandement) ou de Bullen-Smith (51st ID, finalement limogé lui aussi) ? Davantage de noms se distinguent chez les Allemands parmi les généraux de divisions qui ont su tirer le meilleur parti de leurs unités compte tenu des circonstances : Kraiss (352.ID) pendant toute la campagne, Lüttwitz (2. Pz) devant Caumont, Schimpf (3. FJD) pendant toute la bataille, Mahlmann (353. ID) devant le Mont Castre, Bayerlein (Pz Lehr) et Meyer (« Hitlerjugend ») à l’ouest de Caen. On constate aussi que de nombreux généraux ou des colonels ont été capables de tenir le front avec des unités parfois très réduites, de l’ordre d’un Kampfgruppe, mais aussi parfois très bien dotées en armes lourdes et bénéficiant d’un terrain favorable. Même dispersés, les différentes composantes d’une division sont aptes à combattre de façon très efficace. La « Das Reich », la 5. FJD (surtout le FJR 15) et les 91., 243. et 352. ID (encore une fois) en sont la preuve L’habileté tactique des Kampfgruppen ne se démentira pas, et ce jusqu’à la fin de la bataille de Normandie. Les opérations de retardement menées par la 343. ID et la 17. Luftwaffe-Feld-Division (appuyées par des éléments blindés) devant la Seine en sont l’illustration. D’autres commandants de divisions sont en revanche moins convaincants. Bien qu’un mois et demi de combats défensifs devant Caen aient démontrés la valeur de la 21 Panzer-Division, Feuchtinger porte la lourde responsabilité, certes partagée, d’un mauvais emploi de sa division le 6 juin. Schlieben est-il pour sa part l’homme de la situation pour Cherbourg ? D’autres exemples peuvent être cités. Schimpf (3. FJD) et Drabisch-Waechter (326. ID) portent la lourde responsabilité d’avoir négligé le fameux pont sur la Souleuvre pris intact et sans défense par la 11th Armoured Division au début de l’opération « Bluecoat ». 

Des chefs de groupe d’armées 

Le général Montgomery, auréolé de la gloire acquise en Méditerranée, entend imposer ses conceptions aux Home Forces. Sa pratique du commandement suppose une surveillance étroite de ses grands subordonnés. Sa doctrine du « Colossal Cracks », misant sur la puissance matérielle, sans souci d’exploitation ni de guerre de mouvement, mais visant erronément à préserver son capital humain Son homologue allemand, Rommel, a su mettre à mal sa stratégie, mais l’aveuglement stratégique du « Renard du Désert » reste entier : jusqu’au bout, il demeure apparemment certain qu’un deuxième débarquement se prépare plus au nord. Il a su, cependant, mesurer l’importance du secteur de Carentan et la menace que les Américains faisaient planer sur Cherbourg. Il étoffe du mieux qu’il peu un front menacé dans de nombreux secteurs à la fois. Il doit aussi compter avec une contrainte qui n’handicap nullement Montgomery : le problème Hitler. Le Führer bride ses généraux. Le 17 juin, à Margival, puis le 29 juin, à Berchtesgaden, le dictateur nazi refuse de lui octroyer, ainsi qu’à Rundstedt, toute la liberté de mouvement qui requiert. Kluge ne dispose pas de plus de latitude d’action mais Model, qui accède au commandes du Heeresgruppe B en un moment dramatique (le 17 août), sait composer avec les directives de Hitler.  Le 1er août, un second général allié accède au commandement d’un groupe d’armée : Omar Bradley. L’homme ne va pas se montrer davantage inspiré que Montgomery dans ce rôle, restant lui aussi trop prudent, et commettant des erreurs d’appréciations alors qu’une victoire totale, absolue et définitive est à portée de Montgomery et de Bradley suite à la décision inconsidérée de Hitler de contre-attaquer sur Avranches et à l’incroyable exploitation de la percée par Patton qui est le seul à envisager un tempo et des possibilités d’encerclement qui échappent aux deux chefs de groupes d’armées qui ne raisonnent qu’en termes de manœuvre sur le flanc d’un adversaire pourtant aux abois. 

Un haut-commandement allié qui  tire pleinement parti de son avantage ? 

Lorsque la bataille s’est engagée, les Allemands ont été dépassé par les événements et se sont montrés incapables de mobiliser efficacement leurs forces, pourtant redoutables. Le haut-commandement a su comprendre l’importance du front de Caen. Mais il n’a pas su -ou pu- tirer profit de l’avantage de disposer de voies de communications terrestres pour assurer sa logistique et l’arrivée à temps des renforts. Jamais, au cours de la campagne, les Allemands n’ont été en mesure de prendre l’initiative : les généraux de la Wehrmacht ont dû sans cesse subir les événements, ils n’ont fait que réagir aux offensives de leurs adversaires. Après la destruction le 10 juin du QG du Panzergruppe West, sui scelle la possibilité de contre-attaque de Panzer pour repousser l’Invasion, Epsom, à la fin du mois de juin, sonne le glas du projet de vaste contre-offensive depuis la zone Balleroy-Caen. Montgomery a su habilement multiplier les offensives de part et d’autre du front, en secteur américain et britannique, souvent en plusieurs zones en même temps, condamnant les Allemands à céder l’initiative. Certes, rien ne se déroule comme prévu dans le camp allié. Et on décèle là une faillite de la stratégie alliée, ainsi que des capacités des subordonnés d’Eisenhower. Les succès défensifs remportés dans le secteur de Caen sont de nature à nous faire penser que c’est le plan de Montgomery – le « Master Plan »- qui a été contré par Rommel car Caen résiste et il n’y aura pas de poussée simultanée vers Falaise et Avranches au cours des premières semaines de la campagne. Par la force des choses les divisions de Panzer sont concentrées sur Caen, puisque les Allemands veulent en faire le pivot leur contre-offensive et car il importe de pouvoir à la fois interdire la porte de Paris et de l’Allemagne, et de pouvoir transférer rapidement des Panzer vers le Nord, quand le véritable débarquement y aura lieu. Montgomery n’a pas empêché l’envoi de davantage de formations de Panzer dans la Manche, face aux Américains. La seule Panzer-Division qui va être transférée avant la percée en zone américaine, la Panzer Lehr, l’est sans que cela ne mette en difficulté le front établi face aux Anglo-Canadiens. Certes, les 2., 9. SS, 10. SS et 12. SS Panzer-Divisionen furent tour à tour mises en réserve pour très peu de temps avant d’être renvoyées en première ligne pour contrer Montgomery. Mais aucune de ces divisions n’était supposée être redéployée face à la 1st US Army. 

Le haut-commandement allemand à l’Ouest, qui n’est pas sans compter dans ses rangs nombre d’officiers talentueux, doit faire face à trop de difficultés qui, conjuguées, rendent la Wehrmacht impotente. Bien plus, certains généraux n’ont pas été à la hauteur de leur tâche au cours de cette bataille jugée pourtant comme décisive. Une fois la tête de pont assurée, l’adversaire est trop puissant pour être vaincu. Rommel a donc vu vrai: les 24 premières heures de l’Invasion ont été décisives… En face, si des généraux se distinguent, comme Patton ou Collins, force est de constater que le haut-commandement allié s’est montré incapable de capitaliser l’extraordinaire avantage en effectifs et en matériel dont il dispose, en sus d’une logistique à la mécanique bien huilée et d’un système de renseignements des plus efficient, doublé d’un art dans l’intoxication de l’adversaire.