Le concept de Tank Destroyers, qui a la faveur du général McNair, découle des enseignements tirés par l’US Army des premières campagnes victorieuses de la Wehrmacht. Illustration du passage à la pratique par l’US Army à partir d’un rapport après combat…
Si les versions sur semi-chenillés du Tank Destroyers montrent vite leurs limites dès la campagne de Tunisie, c’est dans la tête de pont d’Anzio, alors que se profile à l’horizon le débarquement en Normandie, que le Tank Destroyer M-10 subit le test ultime : l’affrontement face aux Tiger I du s.Pz.Abt. 508 et aux Tiger Elefant du s.Pz.Abt. 653. C’est un rapport sur l’engagement du 601st Tank Destroyer Battalion, rédigé en octobre 1944 par le major Raymond dans l’optique d’une utilisation optimale de cette arme, qui nous permet d’appréhender pleinement les capacités et défauts de l’engin. Les campagnes de Méditerranée démontrent le caractère versatile du Tank Destroyer : l’engin, loin de ne jouer qu’un rôle antichar, se prête à d’autres actions et les unités apprennent à coopérer avec l’infanterie, avec l’artillerie et avec les tanks.
Face aux Tiger à Anzio
Débarqué le 22 janvier, le 601st Tank Destroyer Battalion illustre dès le lendemain la variété des missions pouvant être assignées à un Tank Destroyer : un engin détruit un Panzer avec un perforant (APC), et un autre neutralise un point de résistance ennemi établi dans une maison à coup d’obus explosifs (HE). Un Panzer sera détruit à 300 mètres par un obus traversant les murs d’un bâtiment derrière lequel il se jugeait à l’abri… Une mésaventure qui faillit perdre un Tank Destroyer –celui du lieutenant Bell- en une autre occasion, lorsqu’une pièce de 88 mm frappe à cinq reprises à travers une maison derrière laquelle il est dissimulé. Le blindé Tank Destroyer M-10 fait office de canon d’assaut au profit de l’infanterie, sa mitrailleuse de Calibre 50 s’avérant à cet égard un excellent complément à son canon de 76 mm.
En cette saison de l’année, la zone des marais pontins est inondée, transformant les champs en océans de boue. Les blindés doivent en conséquence privilégier l’évolution sur les routes. Sur ce terrain désespérément plat, il est dès lors difficile de se positionner à défilement de tourelles. Les Tank DestroyersM-10 mettent donc à profit les fermes à des fins de camouflage et de dissimulation. Les blindés, à l’affût en embuscade opèrent par paires, se couvrant l’un-l’autre en cas de mouvemen et déployés de manière à prendre toute cible sous des tirs croisés.
Le 1er février, le 3rd Platoon de la B Company se résume à un seul Tank Destroyer, celui du sergent Nesmith. Ce dernier va s’avérer des plus efficients car il va parvenir à endiguer une percée blindée ennemi. Nesmith revendique la mise hors de combat d’un Tiger suit à trois tirs à une distance de près d’un kilomètre. Le 3 février, un assaut est lancé par le flanc par de l’infanterie allemande accompagnée d’une vingtaine de Panzer. Alors qu’il sort de sa cachette derrière une maison pour prendre une position de tir, l’un de ses deux moteurs tombe en rade, mais, avec le second, il parvient à amener son blindé au-delà de l’angle de la bâtisse. Le Panzer de tête, qui n’est alors plus distant que d’environ 900 mètres, le découvre et ouvre immédiatement le feu : le coup manque le Tank Destroyer, mais un pan de mur s’écroule dans le compartiment de combat ouvert, tandis qu’un autre obus ricoche sur le blindage incliné du Tank Destroyer. Nesmith ouvre alors le feu et affirme avoir détruit un Tiger, se payant le luxe d’en endommager un autre, qu’il ne pourra réduire à l’état de carcasse, faute de pour voir manoeuvrer. Les autres Panzer se dissimule à l’abri de bâtiments avant de se retirer à la nuit tombante. On connaît la propension des Alliés à confondre les Pz IV avec les Tiger et on ne peut qu’être surpris qu’un 88 glisse sur le blindage d’un Tank Destroyer sur un tir effectué à moins de 1 000 mètres.
La tête de pont d’Anzio est alors soumise à une contre-offensive, les attaques s’avérant particulièrement acharnées entre le 16 et le 19 février. Fin février et début mars, les défenses américaines du secteur du Tank Destroyer sont sévèrement engagées. Les 36 Tank Destroyers affrontent l’ennemi sur un front de 25 kilomètres, revendiquant un palmarès de 25 chars allemands pour aucun blindé en contrepartie. Les tankistes américains ont été considérablement avantagés par l’impossibilté aux Panzer ennemi de se déployer hors des routes. Les différents bâtiments du champ de bataille ont également constitué autant de cachettes permettant d’obtenir un effet de surprise : dans un combat entre blindés, tirer le premier est souvent décisif.
C’est au cours de ces affrontements que survient un fait d’armes remarquable. Le 29 février, les Tank Destroyers des sergents Ritchie et Christian sont en position derrière des bâtiments à Isola Bella, le 3d Plat Co B étant déployé de façon à interdire à l’ennemi la route de Cisterna. Un Tiger Elefant et un Tiger I passent à l’attaque directement sur la position, soutenus par les tirs de couverture de trois autres Tiger I à 250 mètres en arrière, ainsi qu’une autre paire Elefant-Tiger I, dans la cours d’une ferme à 250 m plus à l’est. Les deux blindés qui mènent l’attaque se rapprochent dangereusement jusqu’à 300 de l’endroit où se tient Ritchie dans son Tank-Destroyer. Ce dernier s’expose en terrain découvert au-delà de la bâtisse et ouvre le feu à trois reprises en succession rapide sur le premier Panzer, alors à 550 mètres. Coups au but ! Ce faisant, le Tank Destroyer est lui-même la cible d’un feu nourri, qui le manque de peu. L’engin recule alors pour reprendre sa position initiale, à l’abri du bâtiment providentiel qui le cache. Lorsque les tirs allemands ont cessé, Ritchie ordonne de retourner en position pour ouvrir le feu. Le Tank Destroyer envoie deux obus sur un Elefant à 250 m, mais sans pénétrer le blindage. Les Américains sont alors soumis de nouveau à une densité de tirs bien inconfortable, des éclats trouvant leur chemin jusqu’à l’intérieur du compartiment de combat à l’air libre, faute de toit fermant la tourelle. La mitrailleuse Calibre 50 est endommagé et le tireur blessé à la tête. Ritchie replace sont engin à couvert. Il reçoit alors un appel radio du sergent Christian, à l’affût avec son Tank Destroyer, dissimulé derrière une autre maison. Ce dernier se dévoile à son tour et ouvre le feu sur le Tiger I et l’Elefant, les réduisant tous deux définitivement au silence. Seuls deux Panzerschütze s’extraient des deux carcasses en flammes. Le blindé de Christian attire l’attention de l’ennemi qui déverse un feu d’enfer sur sa position, réduisant davantage la bâtisse qui le protège à l’état de ruine. Christian ne manque pourtant pas de cran et se présente de nouveau au combat ce qui lui permet d’ajouter un autre Tiger à son tableau de chasse. Un exploit d’autant plus méritoire que le chef de char devait se tenir la tête hors de la tourelle pour diriger les tirs avec ses jumelles : l’organe de visée du canon était en effet endommagé.
Leçons tirées des combats en Italie
Au cours de ces combats, les Américians ont découvert que les Allemands attaquent après avoir dûment noté et repéré les positions, ce qui implique de changer régulièrement les Tank Destroyers de place. L’effet de surprise est en effet cardinal au cours d’un affrontement entre blindés. Les Tanks Destroyers ont le plus souvent été engagés aux côtés de l’infanterie, au sein des positions tenues par les fantassins. Leurs équipages ont aussi appris à réitérer les tirs sur les Panzer endommagés qui ne s’étaient pas enflammés : les Landser peuvent en effet les réutiliser en guise de casemate ou, pis, les récupérer. Ces missions de soutien de l’infanterie se heurtent au danger que représentent les mortiers, d’autant plus létaux que la tourelle n’est pas fermée. Les GI’s servant à bord des Tank Destroyers ont également conscience des faiblesses du blindage de leurs engins, mais aussi de celles de leur armement, notamment lorsqu’il faut repousser des infiltrations de l’infanterie ennemie. En effet, il faut effectuer une rotation à 360° de la tourelle pour permettre d’user de la 12,7 mm vers l’avant, et encore le débatement de la pièce ne permet pas de viser les cibles trop rapprochées. L’absence de mitrailleuse de caisse ou de mitrailleuse coaxiale au niveau du masque du canon est donc durement ressentie. On déplore aussi l’absence de meurtières sur la tourelle. Quand à disposer de grenades pour repousser des fantassins, les entreposer dans la tourelle est trop danger en raison du risque qu’un écalt d’obus ne les atteignent et ne déclanche une explosion aux conséquences dramatiques. L’autre désavantage de la tourelle ouverte réside dans une plus forte exposition aux tirs de snipers.
La coordination avec l’infanterie américaine a pu poser problème. Les chefs d’unités de Tank Destroyers déplorent que les officiers de l’infanterie ne leur donne pas systématiquement des positins jouissant d’un angle de tir suffisant. Par ailleurs, les Tank Destroyers ne sont pleinement efficace qu’à condition de jouir d’une certaine liberté de manoeuvre (sans que les missions soient prescrites de façon trop précises), le tir indirect étant préférable lorsqu’il est engagé dans un rôle de canon d’assaut au profit des fantassins. Artilleurs de formation pour beaucoup, les officiers des unités de Tank Destroyers aimeraient être plutôt rattachés à l’artillerie divisionnaire, la pièce de 76 mm (3’) a d’ailleurs la même propriété que le 88 mm allemand : il frappe la cible avant qu’on ne t’entende venir, c’est-à-dire sans le moindre préavis. Les officiers de Tank Destroyers estiment par ailleurs qu’ils seraient plus efficaces en assurant eux-mêmes les observations avancées, la direction de tirs et le repérage du terrain. Chaque Tank Destroyer étant doté d’une radio, son chef de bord est à même de faire office d’observateur d’artillerie et de coordonner les tirs de l’artillerie divisionnaire.
En tout état de cause, en phase d’attaque, il importe d’engager les blindés par paires, l’un couvrant l’autre, la tactique du feu et du mouvement étant impérative. Las, pour les chefs de bord des Tank Destroyers, nombre d’officiers supérieurs voient dans ces blindés une arme avant tout défensive, alors qu’ils ont leur importance pour soutenir les chars lors d’un assaut. Il importe donc que les unités de tanks et de Tank Destroyers servent suffisamment longtemps côte à côte pour qu’ils apprennent à coopérer, d’autant que le terrain, en Italie, empêche d’engager les chars en grand nombre ensemble, ce qui confère un ratio important de Tank Destroyers par rapport aux tanks, en suivant uen approche vers l’objectif faite d’avances d’une position à défilement de tourelle vers une autre, toujours sous la couverture d’autres blindés.
On déplore toutefois le calibre de la pièce et on souhaite de doter le Tank Destroyer du canon le plus puissant dont on puisse le doter. Ce sera le M-36 Jackson, armé d’un 90 mm.
Conclusion :
Le Tank Destroyer s’est donc avéré particulièrement polyvalent : un antichar en rôle défensif, un canon d’assaut d’infanterie sur l’offensive, une pièce d’artillerie mobile et un soutien essentiel alors des attaques de chars. Entre le 22 janvier et le 31 mars, le 601st Tank Destroyer Battalion revendique la destruction de 51 Panzer et automoteurs, outre 6 probables. Les pertes se limitent à trois M-10 endommagés pour plus de 24 heures.
Copyright ©benoitrondeau.com, tous droits réservés.
Le concept de Tank Destroyers, qui a la faveur du général McNair, découle des enseignements tirés par l’US Army des premières campagnes victorieuses de la Wehrmacht. Illustration du passage à la pratique par l’US Army à partir d’un rapport après combat…
Si les versions sur semi-chenillés du Tank Destroyers montrent vite leurs limites dès la campagne de Tunisie, c’est dans la tête de pont d’Anzio, alors que se profile à l’horizon le débarquement en Normandie, que le Tank Destroyer M-10 subit le test ultime : l’affrontement face aux Tiger I du s.Pz.Abt. 508 et aux Tiger Elefant du s.Pz.Abt. 653. C’est un rapport sur l’engagement du 601st Tank Destroyer Battalion, rédigé en octobre 1944 par le major Raymond dans l’optique d’une utilisation optimale de cette arme, qui nous permet d’appréhender pleinement les capacités et défauts de l’engin. Les campagnes de Méditerranée démontrent le caractère versatile du Tank Destroyer : l’engin, loin de ne jouer qu’un rôle antichar, se prête à d’autres actions et les unités apprennent à coopérer avec l’infanterie, avec l’artillerie et avec les tanks.
Face aux Tiger à Anzio
Débarqué le 22 janvier, le 601st Tank Destroyer Battalion illustre dès le lendemain la variété des missions pouvant être assignées à un Tank Destroyer : un engin détruit un Panzer avec un perforant (APC), et un autre neutralise un point de résistance ennemi établi dans une maison à coup d’obus explosifs (HE). Un Panzer sera détruit à 300 mètres par un obus traversant les murs d’un bâtiment derrière lequel il se jugeait à l’abri… Une mésaventure qui faillit perdre un Tank Destroyer –celui du lieutenant Bell- en une autre occasion, lorsqu’une pièce de 88 mm frappe à cinq reprises à travers une maison derrière laquelle il est dissimulé. Le blindé Tank Destroyer M-10 fait office de canon d’assaut au profit de l’infanterie, sa mitrailleuse de Calibre 50 s’avérant à cet égard un excellent complément à son canon de 76 mm.
En cette saison de l’année, la zone des marais pontins est inondée, transformant les champs en océans de boue. Les blindés doivent en conséquence privilégier l’évolution sur les routes. Sur ce terrain désespérément plat, il est dès lors difficile de se positionner à défilement de tourelles. Les Tank DestroyersM-10 mettent donc à profit les fermes à des fins de camouflage et de dissimulation. Les blindés, à l’affût en embuscade opèrent par paires, se couvrant l’un-l’autre en cas de mouvemen et déployés de manière à prendre toute cible sous des tirs croisés.
Le 1er février, le 3rd Platoon de la B Company se résume à un seul Tank Destroyer, celui du sergent Nesmith. Ce dernier va s’avérer des plus efficients car il va parvenir à endiguer une percée blindée ennemi. Nesmith revendique la mise hors de combat d’un Tiger suit à trois tirs à une distance de près d’un kilomètre. Le 3 février, un assaut est lancé par le flanc par de l’infanterie allemande accompagnée d’une vingtaine de Panzer. Alors qu’il sort de sa cachette derrière une maison pour prendre une position de tir, l’un de ses deux moteurs tombe en rade, mais, avec le second, il parvient à amener son blindé au-delà de l’angle de la bâtisse. Le Panzer de tête, qui n’est alors plus distant que d’environ 900 mètres, le découvre et ouvre immédiatement le feu : le coup manque le Tank Destroyer, mais un pan de mur s’écroule dans le compartiment de combat ouvert, tandis qu’un autre obus ricoche sur le blindage incliné du Tank Destroyer. Nesmith ouvre alors le feu et affirme avoir détruit un Tiger, se payant le luxe d’en endommager un autre, qu’il ne pourra réduire à l’état de carcasse, faute de pour voir manoeuvrer. Les autres Panzer se dissimule à l’abri de bâtiments avant de se retirer à la nuit tombante. On connaît la propension des Alliés à confondre les Pz IV avec les Tiger et on ne peut qu’être surpris qu’un 88 glisse sur le blindage d’un Tank Destroyer sur un tir effectué à moins de 1 000 mètres.
La tête de pont d’Anzio est alors soumise à une contre-offensive, les attaques s’avérant particulièrement acharnées entre le 16 et le 19 février. Fin février et début mars, les défenses américaines du secteur du Tank Destroyer sont sévèrement engagées. Les 36 Tank Destroyers affrontent l’ennemi sur un front de 25 kilomètres, revendiquant un palmarès de 25 chars allemands pour aucun blindé en contrepartie. Les tankistes américains ont été considérablement avantagés par l’impossibilté aux Panzer ennemi de se déployer hors des routes. Les différents bâtiments du champ de bataille ont également constitué autant de cachettes permettant d’obtenir un effet de surprise : dans un combat entre blindés, tirer le premier est souvent décisif.
C’est au cours de ces affrontements que survient un fait d’armes remarquable. Le 29 février, les Tank Destroyers des sergents Ritchie et Christian sont en position derrière des bâtiments à Isola Bella, le 3d Plat Co B étant déployé de façon à interdire à l’ennemi la route de Cisterna. Un Tiger Elefant et un Tiger I passent à l’attaque directement sur la position, soutenus par les tirs de couverture de trois autres Tiger I à 250 mètres en arrière, ainsi qu’une autre paire Elefant-Tiger I, dans la cours d’une ferme à 250 m plus à l’est. Les deux blindés qui mènent l’attaque se rapprochent dangereusement jusqu’à 300 de l’endroit où se tient Ritchie dans son Tank-Destroyer. Ce dernier s’expose en terrain découvert au-delà de la bâtisse et ouvre le feu à trois reprises en succession rapide sur le premier Panzer, alors à 550 mètres. Coups au but ! Ce faisant, le Tank Destroyer est lui-même la cible d’un feu nourri, qui le manque de peu. L’engin recule alors pour reprendre sa position initiale, à l’abri du bâtiment providentiel qui le cache. Lorsque les tirs allemands ont cessé, Ritchie ordonne de retourner en position pour ouvrir le feu. Le Tank Destroyer envoie deux obus sur un Elefant à 250 m, mais sans pénétrer le blindage. Les Américains sont alors soumis de nouveau à une densité de tirs bien inconfortable, des éclats trouvant leur chemin jusqu’à l’intérieur du compartiment de combat à l’air libre, faute de toit fermant la tourelle. La mitrailleuse Calibre 50 est endommagé et le tireur blessé à la tête. Ritchie replace sont engin à couvert. Il reçoit alors un appel radio du sergent Christian, à l’affût avec son Tank Destroyer, dissimulé derrière une autre maison. Ce dernier se dévoile à son tour et ouvre le feu sur le Tiger I et l’Elefant, les réduisant tous deux définitivement au silence. Seuls deux Panzerschütze s’extraient des deux carcasses en flammes. Le blindé de Christian attire l’attention de l’ennemi qui déverse un feu d’enfer sur sa position, réduisant davantage la bâtisse qui le protège à l’état de ruine. Christian ne manque pourtant pas de cran et se présente de nouveau au combat ce qui lui permet d’ajouter un autre Tiger à son tableau de chasse. Un exploit d’autant plus méritoire que le chef de char devait se tenir la tête hors de la tourelle pour diriger les tirs avec ses jumelles : l’organe de visée du canon était en effet endommagé.
Leçons tirées des combats en Italie
Au cours de ces combats, les Américians ont découvert que les Allemands attaquent après avoir dûment noté et repéré les positions, ce qui implique de changer régulièrement les Tank Destroyers de place. L’effet de surprise est en effet cardinal au cours d’un affrontement entre blindés. Les Tanks Destroyers ont le plus souvent été engagés aux côtés de l’infanterie, au sein des positions tenues par les fantassins. Leurs équipages ont aussi appris à réitérer les tirs sur les Panzer endommagés qui ne s’étaient pas enflammés : les Landser peuvent en effet les réutiliser en guise de casemate ou, pis, les récupérer. Ces missions de soutien de l’infanterie se heurtent au danger que représentent les mortiers, d’autant plus létaux que la tourelle n’est pas fermée. Les GI’s servant à bord des Tank Destroyers ont également conscience des faiblesses du blindage de leurs engins, mais aussi de celles de leur armement, notamment lorsqu’il faut repousser des infiltrations de l’infanterie ennemie. En effet, il faut effectuer une rotation à 360° de la tourelle pour permettre d’user de la 12,7 mm vers l’avant, et encore le débatement de la pièce ne permet pas de viser les cibles trop rapprochées. L’absence de mitrailleuse de caisse ou de mitrailleuse coaxiale au niveau du masque du canon est donc durement ressentie. On déplore aussi l’absence de meurtières sur la tourelle. Quand à disposer de grenades pour repousser des fantassins, les entreposer dans la tourelle est trop danger en raison du risque qu’un écalt d’obus ne les atteignent et ne déclanche une explosion aux conséquences dramatiques. L’autre désavantage de la tourelle ouverte réside dans une plus forte exposition aux tirs de snipers.
La coordination avec l’infanterie américaine a pu poser problème. Les chefs d’unités de Tank Destroyers déplorent que les officiers de l’infanterie ne leur donne pas systématiquement des positins jouissant d’un angle de tir suffisant. Par ailleurs, les Tank Destroyers ne sont pleinement efficace qu’à condition de jouir d’une certaine liberté de manoeuvre (sans que les missions soient prescrites de façon trop précises), le tir indirect étant préférable lorsqu’il est engagé dans un rôle de canon d’assaut au profit des fantassins. Artilleurs de formation pour beaucoup, les officiers des unités de Tank Destroyers aimeraient être plutôt rattachés à l’artillerie divisionnaire, la pièce de 76 mm (3’) a d’ailleurs la même propriété que le 88 mm allemand : il frappe la cible avant qu’on ne t’entende venir, c’est-à-dire sans le moindre préavis. Les officiers de Tank Destroyers estiment par ailleurs qu’ils seraient plus efficaces en assurant eux-mêmes les observations avancées, la direction de tirs et le repérage du terrain. Chaque Tank Destroyer étant doté d’une radio, son chef de bord est à même de faire office d’observateur d’artillerie et de coordonner les tirs de l’artillerie divisionnaire.
En tout état de cause, en phase d’attaque, il importe d’engager les blindés par paires, l’un couvrant l’autre, la tactique du feu et du mouvement étant impérative. Las, pour les chefs de bord des Tank Destroyers, nombre d’officiers supérieurs voient dans ces blindés une arme avant tout défensive, alors qu’ils ont leur importance pour soutenir les chars lors d’un assaut. Il importe donc que les unités de tanks et de Tank Destroyers servent suffisamment longtemps côte à côte pour qu’ils apprennent à coopérer, d’autant que le terrain, en Italie, empêche d’engager les chars en grand nombre ensemble, ce qui confère un ratio important de Tank Destroyers par rapport aux tanks, en suivant uen approche vers l’objectif faite d’avances d’une position à défilement de tourelle vers une autre, toujours sous la couverture d’autres blindés.
On déplore toutefois le calibre de la pièce et on souhaite de doter le Tank Destroyer du canon le plus puissant dont on puisse le doter. Ce sera le M-36 Jackson, armé d’un 90 mm.
Conclusion :
Le Tank Destroyer s’est donc avéré particulièrement polyvalent : un antichar en rôle défensif, un canon d’assaut d’infanterie sur l’offensive, une pièce d’artillerie mobile et un soutien essentiel alors des attaques de chars. Entre le 22 janvier et le 31 mars, le 601st Tank Destroyer Battalion revendique la destruction de 51 Panzer et automoteurs, outre 6 probables. Les pertes se limitent à trois M-10 endommagés pour plus de 24 heures.
Recension “Les Spartiates”
Recension “La Grande Guerre du Péloponnèse” de Luciano Canfora
SOURCES PRIMAIRES : UNE QUALITE DE TRAVAIL HISTORIQUE ASSUREE ?
PORTER L’UNIFORME ALLEMAND DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE : LA RECONSTITUTION HISTORIQUE EN QUESTION
SITES HISTORIQUES : SENTIR VIBRER LE SOUFFLE DE L’HISTOIRE !