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L’uniforme ennemi selon la Wehrmacht…

Deux planches intéressantes, datant du début de l’année 1941, à destination des troupes de la Wehrmacht, récupérées à la Libération en Normandie…

Si la silhouette du « Tommy » et des soldats de l’Empire est globalement correcte, on discerne quelques détails erronés, à tout le moins un certain nombre de précision.

Sur la première planche, les deux personnages en tenue de campagne sont des silhouettes dignes du BEF de 1940 (ce qui est logique puisque le document date de 1941), avec masque à gaz 1er modèle sur la poitrine et couvre-casque en toile avant l’introduction de filets de camouflage, outre le webbing (équipement en toile) de l’ancien modèle de la Grande Guerre pour le soldat en tenue tropicale (de fait, cet ancien webbing sera en dotation dans les unités de second rang des Homes Forces au Royaume-Uni, mais aussi dans les Dominions). Le soldat au second plan porte un uniforme qui n’est plus caractéristique de la Seconde Guerre mondiale, ayant cédé la place au fameux Battle Dress. On notera également la tenure noire complète des tankistes, qui rappelle celles des Panzerschützen allemands.

La seconde planche a le mérite d’illustrer un fait essentiel: l’armée britannique est une armée impériale, ainsi qu’une armée polyglotte avec l’intégration de contingents des différentes nations alliées vaincues par la Wehmacht, présentés ici en uniformes britanniques (ce qui est le cas), mais avec des coiffures nationales (ce qui est moins vrai). La nuance verdâtre du Battle Dress canadien n’est pas rendue. Quant aux redoutables soldats des Antipodes, Australiens et Néo-Zélandais, ils sont évidement représentés avec leurs couvre-chefs nationaux caractéristiques (on notera aussi les Tam O’Shanters écossais). L’uniforme, de coupe dépassée à cette date, est en effet encore en dotation un temps. Les Allemands n’ont pas oublié de représenter un cipaye de l’armée des Indes, en vus-à-vis d’un Tommy coiffé d’un casque colonial de type Wolseley, jamais populaire sur la ligne de front au cours de la Seconde Guerre mondiale, pour des raisons évidentes.

Quelques approximations, mais la Wehrmacht n’est pas isolée à ce sujet: ainsi, en ce même début d’année 1941, les services de renseignements britanniques établissent les caractéristiques d’une « division tropicale » allemande, dénomination inexistante au sein de la Heer, bien que la 5. Leichte-Division, première division de l’Afrika-Korps, ait un organigramme atypique au sein de l’armée.