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GEORG BRIEL

Benoît Rondeau Copyright

Bir Hacheim, 10-11 juin 1942

Le Major Georg Briel est le commandant du Heeres-Flak-Batallion 606. Les conditions qui lui ont valu de se voir décerner la croix de chevalier de la croix de fer sont intéressantes, car elles montrent combien la mémoire d’une bataille –en l’occurrence Bir Hacheim- et la vision des événements peut être biaisée par des considérations nationales.

Le 9 juin, le leichte Infanterie-Regiment 115 de l’Oberst Baade réussit à pénétrer assez profondément dans le dispositif français. La situation devient alors critique pour les FFL de Pierre Koenig. Ce dernier apprend de ses supérieurs que sa peut désormais être évacuée. C’est dans la nuit du 10 au 11 juin que s’effectue la périlleuse sortie. La citation de Briel rapporte qu’il reçoit la double mission d’empêcher toute évacuation des Français, ainsi que toute aide puisse parvenir aux FFL depuis l’extérieur. A cet effet est constitué le Stützpunkt Briel, constitué des 1./le.Inf.Rgt. 155, 1./Fla 613 and 4./le.Inf.Rgt.155, soit 5 Pak de 7.62 cm, 8 Flak de 2 cm, 1 Panzerbüsche, 1 mortier lourd et 8 mitrailleuses. Le rapport affirme que le leadership de Briel lui a permis de mener sa mission à bien, en dépit de l’obscurité et de la largeur de front qui lui a été assigné. La bataille s’éternise plus de quatre heures et Briel, faisant montre de courage personnel, aurait repoussé les tentatives ennemies pour se frayer un passage. Les traçantes fusent de toutes part. Les rafales de MG se mêlent aux tirs d’antichars et de Flak. Les pertes des assiégés sont lourdes, d’autant que les voies de sorties à travers les champs de mines sont congestionnées. De nombreux véhicules sont incendiés sous la lueur des fusées éclairantes. Néanmoins, les FFL forcent le passage en parvenant à neutraliser suffisamment de nids de défenses adverses, ce qui ne s’est pas fait sans difficultés. 

La citation affirme que l’ennemi a presqu’été intégralement annihilé… et de préciser les pertes essuyées par les Français : 50 tués, 124 blessés et 418 blessés, outre 19 canons, une pièce de DCA et 110 véhicules. On sait qu’il en est allé tout autrement : Koenig a perdu 1 200 hommes, essentiellement lors de la sortie (au total environ 140 tués, 230 blessés et 800 disparus, dont au moins 600 prisonniers), ainsi que 53 canons et 250 véhicules, une centaine de véhicules étant en outre sérieusement endommagés. Des pertes conséquentes, certes, mais l’unité française n’est pas détruite. Mais si la brigade de Koenig parvient à s’extirper de la nasse et que la bataille de Bir Hacheim est terminée, l’issue de celle-ci est perçue comme une succès par les Allemands : après tout, le « box » est tombé, leurs lignes de communications définitivement assurées, et ils peuvent désormais se consacrer pleinement à la destruction des forces encore déployées sur la ligne de Gazala, dans le « box » de Knightsbridge et en direction d’El Adem.

Le Major Briel, dont la conduite avait déjà été remarqué au cours des combats de l’opération « Crusader », se distingue de nouveau lors de la poursuite qui suit la chute de Tobrouk (le 21 juin), jusqu’à Mersa Matrouh, poursuite qu’il mène à la tête d’un Vorausabteilung avec lequel il continue de faire preuve d’audace. Le rapport pour se voit décerner sa croix de chevalier mentionne qu’une attaque de nuit a dispersé l’arrière-garde ennemie, permettant à la 90. Leichte-Afrika-Division d’effectuer un bond en avant de 120 kilomètres, au bénéfice de l’intégralité de la Panzerarmee Afrika. Alors que débute la bataille d’El Alamein, le score revendiqué de son Heeres-Flak-Batallion 606  annonce la destruction ou la prise de 62 avions, 48 véhicules blindés, 48 canons, 253 véhicules et 1 300 prisonniers.

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