Site icon Benoit Rondeau

Mon nouveau livre “GI. Le grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale”.

GI. Le grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale. (170 photographies)

1945 : les forces armées américaines victorieuses sont les plus puissantes du monde.

Le GI, l’icône de la Libération, est le grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, celui qui a tenu la première place, décisive, dans la restauration de la démocratie et des droits de l’Homme en Europe de l’Ouest, un rôle majeur dans la chute du IIIe Reich, mais aussi dans la destruction de l’Empire du Japon.

Quelle était sa motivation ? Comment a-t-il été préparé aux grands enjeux qui l’attendaient ? Comment s’est-il comporté au cours de chaque campagne ? Le matériel de légende qui l’équipe était-il de qualité ?  Que sait-on de ses relations avec les civils ? Quelle était la valeur des icônes de l’histoire militaire telles que les généraux Eisenhower, MacArthur, Patton ou encore l’amiral Nimitz qui l’ont mené à la victoire ? 

Je réponds à toutes ces questions en étudiant l’ensemble des composantes des forces américaines : l’US Army, l’USAAF, l’US Navy et les Marines.

Après avoir passé en revu l’ensemble des théâtres des opérations, l’ouvrage se conclut par une analyse de l’image durable du GI, tant comme libérateur que comme figure complexe dans la mémoire collective.

Demeurant dans son âme un citoyen libre et en quelque sorte un civil en arme, le GI est une icône de la Seconde Guerre mondiale. C’est bien sûr le libérateur. Dans l’image d’Épinal, le soldat d’Outre-Atlantique est beau comme un acteur d’Hollywood, riche, bien équipé, plein de bons sentiments et respectueux du code de la guerre. Il a un uniforme seyant, roule en Jeep et mâche le chewing-gum. Il est sympathique et généreux. On considère facilement qu’il a libéré l’Europe à lui tout seul. Beaucoup considèrent encore que les Américains sont entrés en guerre et ont débarqué en Normandie pour libérer la France. Bien plus, il s’est porté volontaire pour le faire. Comme nous le verrons, cette image stéréotypée passe sous silence des aspects moins reluisants et constitue un raccourci bien hasardeux.

« Je ne connais pas un soldat sur mille qui soit désireux de combattre, écrit le reporter Ernie Pyle après avoir rencontré les GI’s d’une compagnie de la 34th Infantry Division. Ils ne veulent certainement pas dans cette compagnie. Les anciens en en assez du combat et les nouveaux remplaçants sont mort de peur à son idée. Et pourtant, la compagnie est partie combattre et c’était une compagnie fière. » De fait, les soldats américains de la Seconde Guerre mondiale n’étaient peut-être pas mus dans leur immense majorité par de nobles motivations reposant sur des concepts qui pouvaient leur sembler abstraits -la liberté, la justice, les droits de l’Homme- , mais leur combat, face au nazisme, au fascisme et à l’impérialisme nippon, a été celui d’une lutte juste, un lutte qu’il valait la peine de mener, une lutte -n’ayant pas peur du mot même – du Bien contre le Mal, étant entendu, et nous le verrons, qu’on ne saurait absoudre les Alliés, et notamment les Américains, d’écarts avec les idéaux généreux et humanistes qu’ils présentent comme les leurs.

Il est de bon ton, au sein du large spectre de ces Français imbus d’un antiaméricanisme par trop forcé (j’entends ici, vis-à-vis des Américains des années 1940), pour ne pas dire qu’il frôle l’ingratitude, que la majeure partie de nos compatriotes (une « écrasante majorité » osent-ils affirmer, dans un déni total de la réalité) estimaient, en 1945, que le principal vainqueur du Reich était l’Union soviétique. Qu’on me permette de douter de l’exactitude des sondages avancés, reflétant sans doute la vision du monde d’une certaine frange de la population, très politisée. Ces mêmes individus, sachant que désormais c’est aux Etats-Unis qu’est accordée la primauté du rôle tenu dans la victoire, avancent, sûrs de leur fait, que cette nouvelle perception, qu’ils jugent biaisée, n’est que la résultante de la « propagande » américaine, assénée depuis des décennies, exploitant tous les vecteurs, en particulier le média de masse que représente le cinéma, l’œuvre emblématique étant ici Le Jour le plus long.

            Tout reste une affaire de perspective, d’angle de vue. La Seconde Guerre mondiale offre autant de mémoires qu’il y a de pays, ce qui doit nous amener à faire montre de prudence. Pour les nations d’Europe de l’Est, tombées de Charybde en Scylla en passant de la barbarie nazie au joug soviétique, la geste des forces armées américaines n’a guère de signification. Pourtant, comme nous allons le montrer, le GI est le grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, celui qui a permis la victoire. La guerre germano-soviétique, pour titanesque qu’elle soit, ne peut résumer le conflit à lui seul ni prétendre en avoir été l’unique facteur déterminant. Le souvenir, qui a cours actuellement en Russie, chez les historiens mais aussi chez les vétérans, affirme que les Soviétiques ont gagné la guerre à eux-seuls (antienne repris par leurs thuriféraires dans l’Hexagone). Nombre d’historiens talentueux, passionnés par un front -Est, Ouest, Méditerranée, Pacifique-, semblent obnubilés par celui-ci et en oublient les autres théâtres d’opérations. Il est pourtant impératif de saisir la Seconde Guerre mondiale dans sa globalité pour comprendre avec justesse l’importance stratégique des différents fronts et leur articulation. Le Second Front n’a-t-il été réellement ouvert qu’à partir du 6 juin 1944 sur les plages de Normandie ? Le GI n’a-t-il donc joué qu’un rôle auxiliaire dans la victoire ? Pour répondre à ces interrogations, notre étude, en examinant les différents théâtres d’opérations -tout en se posant la question de leur incidence sur le front russe– nous permettra de reconsidérer la place à accorder à la guerre à l’Est. 

Le lecteur averti sait déjà que la victoire remportée par les Alliés est la résultante d’un effort combiné par l’ensemble de leurs forces, et nullement uniquement le fait d’une seule puissance : la « Grande Alliance » s’est avérée impérative pour écraser l’ennemi. Nul n’oserait contester que les Etats-Unis sont les grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Son sol préservé et ses pertes humaines relativement modérées, l’Amérique du président Truman multiplie les superlatifs : 1ère armée du monde, 1ère marine, 1ère puissance économique, 1ère puissance financière… La contribution de l’Oncle Sam à la victoire sur l’Allemagne nazie, et plus encore contre l’empire du Japon, n’a pas seulement été nécessaire, elle a constitué l’élément indispensable et décisif qui a permis de vaincre les forces de l’Axe. S’il n’a pas été seul en lutte contre le Japon d’Hiro Hito, c’est lui qui a assumé le poids essentiel de la lutte. A l’Ouest et en Méditerranée, les Britanniques, dans l’incapacité de l’emporter seuls, sont contraints de tenir les seconds rôles. Il n’est qu’à l’Est qu’elle cède le pas à l’Armée rouge, même si celle-ci, par ailleurs soutenu par le Prêt-Bail, n’aurait pu vaincre à elle seule. Par ailleurs, l’armée de Staline, qui, bien que devant surveiller d’immenses frontières, a tout loisir de concentrer ses ressources sur un seul front, face aux Allemands, les Américains doivent gérer une seconde guerre parallèle, contre le Japon. 

Dominant les mers, soutenue par une armada aérienne sans équivalent, seule à détenir l’arme atomique, à l’issu d’un programme de recherches d’une ampleur et d’un coût jusqu’alors inégalés, l’armée américaine, par ailleurs très bien équipée et motorisée et à l’origine de bien des innovations (du bazooka à la bombe atomique en passant par la péniche Higgins, le B-29, la jeep, etc), n’a pas d’adversaire à sa mesure. Le niveau de formation des hommes est sans équivalent avec celui des autres armées (niveau d’étude, temps passé à l’entraînement, … tout le contraire des Soviétiques): les meilleurs, les plus aptes sont mobilisés (l’Allemagne nazie et l’Union soviétique ont quant à elles mobilisé TOUS ses hommes).

            A l’heure de la critique -justifiée- de ses interventions extérieures et , il est parfois jugé de mauvais goût de célébrer la puissance américaine, le courage de ses boys des années 1940 et les idéaux qu’elle prétend défendre à cette époque : il est au contraire avisé de multiplier à l’envi les ouvrages qui semblent découvrir la ségrégation et le fait que dans toutes les armées des soldats de basse moralité se livrent à des exactions. Ces faits sont certes bien avérés, mais l’historien se doit de présenter et expliquer des faits bruts, au-delà des passions, a fortiori idéologiques, et éviter d’orienter sa recherche et ses propos en fonctions de présupposés. L’aura du soldat Américain demeure réelle et chargée de connotations positives, nullement associée à une idéologie liberticide et à une litanie de crimes comme l’offrent les images du soldat soviétique de Staline et du soldat allemand de Hitler.

Il ne s’agit dans cet ouvrage aucunement de traiter d’un pays et d’une société en guerre, comme dans la très belle somme que Christophe Prime consacre à L’Amérique en guerre (Perrin, 2024), ni de décrypter le mythe et les faits d’armes d’une unité particulière, mais de raconter la Seconde Guerre mondiale de l’intégralité des forces armées américaines, sur tous les fronts, après avoir expliqué leur mise sur pied. Le lecteur comprendra leurs spécificités et leur modus operandi allié à des capacités en constante évolution. Il saisira les nombreux défis relevés pour remporter la guerre et comprendra, au fil des pages, l’action et le rôle des troupes américaines ainsi que, concrètement, le quotidien au combat au cours des diverses campagnes. Le cœur du propos est donc bien le GI, le soldat et le marin américains, ce qui mettra en exergue le rôle de premier plan qui est le sien dans la victoire. 

Comme, je consacre ma partie finale à la postérité, à savoir, ici, à la pérennité du mythe qui entoure la figure du GI, un mythe entretenu jusqu’à nos jours.

Depuis ma plus tendre enfance passée à Caen, en Normandie, les soldats américains, sublimés à mes yeux par le cinéma et par les jeux, et dont l’image n’a eu de cesse d’être entretenue par les livres et les lieux du souvenir, représentent des héros positifs fascinants. Je vous invite à suivre leurs pas dans la Seconde Guerre mondiale. J’ai donc toujours éprouvé de la sympathie pour les GI’s. Je me suis pourtant efforcé de demeurer objectif. Les interprétations, les erreurs ou les choix effectués ne sont que de ma seule responsabilité. 

C’est à la découverte du rôle prééminent des soldats américains dans la victoire envers laquelle la dette de notre pays est immense que nous invite cet ouvrage (qui contient 170 photographies).

SOMMAIRE DE L’OUVRAGE

1. La levée et l’entrainement des forces américaines

2. Le GI dans la guerre du Pacifique

3. Le GI dans la guerre en Méditerranée. De l’Afrique du nord à l’Italie

4. Le GI sur le théâtre des opérations de l’Europe du Nord-Ouest. De la France à l’Allemagne

5. Le GI de la postérité. La légende de 1945 à nos jours

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